Multiplier les écoles ouvrières
Il y aurait lieu de :
a) Transformer et réorganiser notre enseignement pour adultes en un enseignement industriel, professionnel et commercial élémentaire destiné aux artisans, aux ouvriers et autres auxiliaires de l'industrie (p. 49, ouvrage cité) ;
b) Créer dans les centres les plus importants des écoles secondaires professionnelles et industrielles et des écoles de métiers artistiques avec ateliers, dans lesquelles les contremaîtres, les patrons, les directeurs et les négociants puiseraient les vrais principes du travail ;
c) Organiser pour les créateurs d'industries et pour les inventeurs de formes décoratives un enseignement supérieur de l'industrie et des arts industriels qui, tout en s'inspirant de la science et des grands principes de l'art décoratif, serait ramené dans le domaine du travail par les applications pratiques des métiers.
Le travail sous toutes ses formes peut être élevé et perfectionné par un enseignement approprié; la science et le dessin apportent aux plus modestes métiers des procédés plus rationnels, la solution plus intelligente des cas qui se présentent dans la pratique.
L'Allemagne possède des écoles pour les professions en apparence les moins susceptibles de perfectionnement : au ramonage des cheminées, à la vannerie, à la boulangerie, etc.
Le savoir professionnel est un meilleur moyen d'éducation
populaire que rinstruction générale. Former les ouvriers au point de vue pofessionnel, c'est relever leur dignité et leur amour-propre, c'est augmenter leur jouissance intellectuelle et introduire dans leur travail, trop matériel, une plus grande part d'activité de l'esprit*
Les nations industrielles puisent dans les écoles professionnelles l'énergie dont elles ont besoin pour mener la lutte contre leurs rivaux sur le terrain économique : l'école seule peut rendre le travail plus productif par la mise en œuvre des sciences et des arts qui constituent la base des industries et des métiers.
Nous sommes loin d'avoir atteint le maximum de productivité.
Dans la population ouvrière sommeillent tant de forces latentes qu'un enseignement bien entendu mettrait en valeur pour le plus grand bien de l'artisan et de la généralité.
Des écoles professionnelles jusque dans les moindres villages, tel est l'idéal. Partout l'enseignement pour vivifier la production, pour stimuler les facultés inventives de nos travailleurs.
Mais, pour que ces écoles produisent des effets bienfaisants, il faut qu'elles forment réellement des travailleurs, des artisans, sachant manier la matière sans négliger la forme, et non des pédants tout au plus capables de faire un tracé sur le papier.
L'effet serait absolument désastreux si, par une fausse organisation, les écoles de métiers, multipliées dans tout le pays, contribuaient à former, en grand, des artistes dévoyés à côté des déclassés intellectuels déjà si nombreux qui sortent des autres écoles.
Pour éviter cet écueil, il est nécessaire de fixer le but final de tout l'enseignement : râtelier^ et de préciser les méthodes et les moyens à mettre en œuvre, lesquels consistent à développer les aptitudes manuelles et les facultés intellectuelles et esthétiques dans l'exécution du travail.
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