‹ Étude sur les écoles techniques de l'industrie du bâtiment et de l'industrie du bois en AllemagneChapitre 60 sur 61 · Les concours et les expositions · texte numérisé non relu

Les concours et les expositions

Des concours organisés par les communes, les provinces et le Gouvernement seraient un encouragement puissant et permanent pour les travailleurs de tous les métiers. Un appel fait chaque année aux écoles professionnelles et aux artisans provoquerait une émulation de bon aloi parmi l'élite des ouvriers et des futurs ouvriers. Si l'idée d'un concours annuel et général paraît peu pratique, on pourrait tout au moins organiser pour les travailleurs du bois, de la pierre, du métal, du tissus, etc., des concours spéciaux qui se succéderaient d^année en année. Projets et travaux seraient exposés; le public apprendrait à connaître nos industries nationales et les artisans pourraient comparer la technique et les procédés nouveaux. Ces expositions et concours renseigneraient les pouvoirs publics sur la situation exacte des industries et métiers, et leur permettraient de régler, en connaissance de cause, l'enseignement et l'apprentissage qu'ils patronnent, de manière à faire disparaître les défauts et à combler les lacunes que présenterait le travail des gens de métier.

Les lauréats seraient chargés de continuer leurs études dans un établissement belge ou étranger. Rentrés dans l'industrie, ils

apporteraient de nouvelles connaissances dans les ateliers et contribueraient à stimuler et à améliorer la fabrication.

Ces concours révéleraient des talents supérieurs et permettraient de recruter à bon escient un personnel d'élite pour les écoles professionnelles.

Les objets primés seraient acquis par l'État, les provinces et les communes et serviraient à constituer un jnmée de travail modernej complément nécessaire des musées anciens.

6. -T- L'unité dans l'administration supérieure des écoles professionnelles, industrielles et d'art industriel.

Nous avons fait ressortir en maint endroit de nos études les inconvénients du régime actuel de nos écoles de dessin et d'industrie. Ces écoles ont une tendance à enseigner comme des branches isolées le dessin et les sciences; la partie industrielle est du ressort du Ministère de l'industrie et du travail; l'élément artistique, toujours prédominant, est du domaine du Département des beauxarts. Ce dualisme a pour effet de séparer les deux branches du travail qui devraient, au contraire, être intimement unies. Le progrès dans l'industrie poussera certes les écoles à fusionner plus intimement l'art et la science, bases essentielles du travail moderne. Mais pour réaliser cette unité, en harmonie avec les besoins commerciaux et industriels du pays, il sera nécessaire de placer dans les attributions du Département de l'industrie les écoles de dessin, les écoles de dessin et d'industrie, les écoles professionnelles, les écoles d'art industriel et toutes les institutions qui, en dehors des académies des beaux -arts, s'appliquent à perfectionner le travail .

7. — La Commission de l'enseignement professionnel et industriel.

Pour concilier les exigences respectives de l'enseignement artistique et de l'enseignement technique, il serait utile de créer une Commission de Venseignetnent professionnel et industriel, composée de fabricants, d'artistes industriels, de professeurs, de représentants des autorités supérieures et de gens de métier.

Cette Commission serait consultative. Elle se réunirait à des époques variables pour examiner le régime, les programmes, les

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tendances des écoles professionnelles ; elle étudierait les questions administratives et pét'agogiques qui lui seraient soumises et élaborerait les avant-projets des lois et règlements sur la matière. Les industriels et les artistes- industriels exposeraient les besoins de l'industrie, ses lacunes et ses défauts; les esthètes feraient valoir les droits de Tart en toutes choses ; les professeurs donneraient un corps à ces idées et les adapteraient aux exigences de l'enseignement; les représentants des autorités administratives rechercheraient les formules les plus pratiques pour faire accepter les desiderata par les pouvoirs législatifs et communaux.

De son côté, le Gouvernement les réaliserait dans la mesure des ressources budgétaires et en tenant compte des intérêts généraux de l'industrie et du commerce.

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