‹ Étude sur les embolies de l'aorte abdominaleChapitre 15 sur 35 · FEMME 40 ANS. BONNE SANTÉ ANTÉRIEURE. À EU SEPT ENFANTS · texte numérisé non relu

FEMME 40 ANS. BONNE SANTÉ ANTÉRIEURE. À EU SEPT ENFANTS

Sans cause appréciable, il y a trois mois, en descendant son escalier, elle sentit les jambes fléchir tout à coup sous

elle, comme si elles étaient fortement engourdies. Dès ce moment, incapable de marcher, elle garda le lit pendant trois semaines. Cette faiblesse se dissipa, puis fut suivie d'accès de fièvre très intense, revenant à intervalles égaux, dans la journée ou dans la nuit, avec un frisson des plus marqué, et cela durant un mois ou six semaines. À cette même époque la malade rapporte la sensation d’un grand feu à la région précordiale qu’elle indique elle-même.Les jambess’ædématient de plus en plus, et la faiblesse allait croissant. Il n’y aurait eu aucune douleur au niveau des reins. Point de diarrhée, mais une constipation habituelle. De vives souffrances parcouraient l’une et l’autre jambe, surtout la gauche qui s’est notablement refroidie depuis un mois. De temps en temps, palpitations, vomissements.

A l'entrée (31 janvier 1848), anémie prononcée, pouls filiforme, déprimè.

Au cœur, souffle au {er temps à la base, se prolongeant dans les vaisseaux, très sensible dans les carotides.

La jambe gauche peut à peine quitter le plan de lit. Fortement œdématiée, elle présente sur le dos du pied, au niveau et à la partie externe de l'articulation tibio-tarsienne, une plaque de peau mortifiée. Pied très froid au toucher. Teinte livide, comme violacée des trois premiers orteils s'étendant environ à deux pouces au-dessus.

Albumine dans l’urine.

Douleur à la pression au niveau de l’artère poplitée gauche.

Mort 4 jours après l’entrée.

Autopsie. — À la jambe gauche, ni l’artère poplitée, ni la tibiale postérieure, ni la pédieuse ne présentent de trace inflammatoire, ni de caillot. Leur tissu n’a pas unerésistance sensiblement accrue. L’artère fémorale présente à 1 centimètre au-dessous de la naissance de la fémorale profonde, un petit caillot cylindrique, long de 3 centimètres, obturant le vaisseau. Les parois qui l’entourent sont épaissies et enflammées.

Au niveau de Ja bifurcation de l'aorte abdominale, on trouve le commencement d’un caillot long de 8 centimètres, occupant l'iliaque primitive droite et se continuant dans l’hypogastrique droite. Ce caillot, tout à fait organisé, est cylindrique, d'aspect fibrineux, d’une consistance moindre à la partie inférieure.

Cœur : Sur la face antérieure, au-dessus du sillon longitudinal, au niveau du sillon de séparation situé entre les ventricules et les oreillettes est une tumeur globuleuse, allongée, un peu plus volumineuse qu’un œuf de pigeon. Elle est située entre l’aorte et l’artère pulmonaire. Cette tumeur comprime l'aorte. Elle est fluctuante et renferme du pus mêlé à une matière grenue comme tuberculeuse.

Dans le point comprimé par la tumeur, l'aorte renferme un caillot volumineux, adhérent, consistant, fibrineux. C’est

une petite masse sans forme descriptible, qui occupe les deux tiers de la largeur de l’orifice, au-dessus des valvules sigmoiïdes et ne laisse à droite qu’un étroit passage pour la colonne sanguine.

Les valvules ne semblent pas altérées.

Rien de particulier dans le foie, ni le tube digestif.

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