‹ Étude sur les embolies de l'aorte abdominaleChapitre 16 sur 35 · OBLITÉRATION DE L'AORTE ABDOMINALE · texte numérisé non relu

OBLITÉRATION DE L'AORTE ABDOMINALE

PARAPLEGIE CONSÉCUTIVE.

J. B. 34 ans, employé aux docks de Wolwich, porte avec l’aide d’autres ouvriers de lourds fardeaux, et comme il a 6

pieds de haut, c’est lui qui supporte la plus grande partie de ces fardeaux. |

En mars 1855, travaillant le tronc courbé en avant, il est pris subitement de douleurs à la région lombaire. Après quélques minutes de repos, cette douleur disparaît, mais elle reparaît dès que B. veut reprendre son travail et elle s’étend aux jambes qui sont engourdies. Bientôt suivirent une paralysie de la sensibilité et de la motilité dans les membres inférieurs. La paralysie gagne les sphincters.

Après quelques jours la sensibilité revient et le malade peut faire quelques pas. L'amélioration continue, mais la marche reste incertaine et l’usage des jambes provoque de la faiblesse et de l’engourdissement.

C’est à ce moment qu’il est amené dans le service du Dr Gull.

La colonne vertébrale ne présente rien de particulier. Mais il y a un bruit doux de soufflet le long du dos, surtout à l’angle inférieur de l’omoplate du côté gauche. Pas de douleurs sur le trajet des nerfs intercostaux. Matité dans les points où le souffle s'entend le mieux. A la partie inférieure de la poitrine, au-dessous du tiers inférieur du sternum, il y à un bruit de souffiet prolongé qui ne s’entend bien qu’en ce point.

Le pouls de l’aorte abdominale est supprimé.

Les jambes sont amaigries. Il n’y a pas d’œdème ni de turgescence veineuse.

L’artère épigastrique droite est volumineuse, Ses pulsations sont visibles sur une étendue de 2 pouces. Du reste les artères du dos et de l'abdomen ont ‘augmenté de volume. A la limite postérieure de l’aisselle de shaque côté, il y a une sorte de plexus artériel.

A la partie postérieure, on trouve que les artères des 2°, 40 et 5° espaces intercostaux sont plus volumineux au dos et sur les côtés du tronc qu’à l’abdomen.

L’aorte abdominale, les fémorales et leurs branches ne battent plus.

Le malade a été repris plusieurs fois de faiblesse et d’engourdissement dans les jambes. Cependant ses forces revien-

nent peu à peu. Les pieds sont encore froids, humides, Malgré un aspect languissant et un amaïigrissement notable, le malade peut marcher et faire un travail pas trop fatiguant.

Le pouls des artères des extrémités est plein, bondissant. L'impulsion cardiaque a augmenté de force. Il n’y a pas d’oblitération veineuse.

Le malade est resté environ 3 mois dans le service du Dr Gull et son état s’est amélioré à mesure que la circulation collatérale se développait.

Le Dr Gull attribue le murmure qu’on entendait dans le dos au cours du sang dans les nombreuses anastomoses artérielles sous cutaées qu’on constatait à ce niveau.

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