OBSERVATION XII
Publiée par Chvostek in Allg. Wien. Med, Zeit. 1876. OBLITÉRATION INCOMPLÈTE DE L'AORTE ABDOMINALE PAR EMBOLIE
Yvan Chaczuk, soldat âgé de 21 ans, ne souffrait que d’un peu de gène de la respiration, quand il fut pris dans la nuit du 6 au 7 août 1876, de violentes douleurs dans le membre inférieur droit et une heure après dans le membre correspondant gauche, puis de douleurs à l’hypogastre. Des compresses froides appliquées sur le ventre calment ces douleurs. Mais elles persistent dans les membres inférieurs, qui sont le siège de fourmillements. La motilité est diminuée. La peau des extrémités inférieures a une coloration blafarde etles jambes et les pieds sont enflés.
Le lendemain 7 août, l'extrémité inférieure gauche a une coloration livide, elle est froide, A droite, la température est à
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peu près normale. Les battements des crurales sont très faibles, surtout à gauche.
Des frictions avec l'alcool camphré ramènent un peu de chaleur aux extrémités inférieures. |
La température générale est élevée. La faiblesse est très grande. Le premier bruit du cœur est prolongé; le second bruit est renforcé. ï
L'hypogastre est gonflé, douloureux à la pression. Pas de selles depuis plusieurs jours. Urines peu abondantes.
Les extrémités inférieures sont enflées à partir des genoux. La peau est luisante, chaude.
A droite, à partir des orteils jusqu’au tiers inférieur de la jambe on trouve une coloration d’un rouge bleuâtre, dû à l’épanchement sanguin. Les parties voisines ont une couleur jaune sale. |
A gauche, au-dessous de la malléole interne, il y a une grande vésicule d’un rouge bleuâtre. Ontrouve quelques autres vésicules rougeâtres sur la jambe.
Il y a des douleurs à la pression. Le malade peut cependant remuer les genoux, mais les mouvements sont très limités.
Le pouls des crurales est très faible, en retard sur celui des radiales. Pouls 76.
Température le soir, 8904.
8 août. Apparition de nouveaux épanchements sanguins et . de nouvelles vésicules. Le pouls est cependant un peu plus fort et le malade souffre moins.
Pouls : 84. Température : le matin, 38 ; le soir, 386.
10 août. La peau des pieds se ride. Les jambes et les pieds sont très chauds. Au niveau des épanchements, la peau est d'un vert jaunâtre. Les ganglions inguinaux sont enflammés.
Température : le matin, 874 ; le soir, 3718.
11 août. L’enflure du pied et de la jambe diminue. Les vésicules se rident. Le sang commence à se résorber. Température, le matin 3702 : le soir, 3705.
Les battements du cœur ont augmenté d'énergie.
Les vésicules ont beaucoup diminué. A la base de quelques unes on trouve des eschares gangréneux.
21 août. Les ganglions inguinaux sont enflammés et douloureux à la pression.
2#août. Les eschares gangréneux se cicatrisent. La faiblesse est toujours très grande et c’est avec beaucoup de peine que le malade, soutenu par deux hommes, peut faire quelques pas.
27 août. Ces tentatives ont amené la production de nouveaux épanchements aux pieds. Il y à eu une selle involontaire pendant la nuit.
Les battements des crurales sont très faibles. Le ventre est déprimé et on peut arriver sur la colonne vertébrale. L’aorte abdominale, à partir de l’épigastre jusqu’au nombril, bat très fort. Au-dessous, les pulsations ne sont plus perçues.
15 septembre. L’amaigrissement est considérable, Les parties supérieures de la jambe ne sont plus enfiées. Les parties inférieures sont modérément infiltrées. L’œdème est dur.
La marche est encore impossible. Le malade couché peut remuer cependant ses membres. Les extrémités inférieures se cyanosent facilement, si le malade les laisse pendre hors du lit.
L'irritabilité électrique est augmentée dans les muscles de la cuisse et diminuée dans ceux de la jambe. Les ganglions inguinaux sont très enflés.
A droite, les parties molles de l’extrémité de la jambe sont un peu racornies, ainsi qu’à l'articulation tibio-tarsienne et au dos du pied.
Ce racornissement est plus pronononcé à gauche.
: Le malade se sert de béquilles. Il peut avec beaucoup de peine faire de la sorte quelques pas.
Les battements des crurales sont toujours très faibles et les pulsations de l’aorte ne sont perçues qu'à un pouce audessus de l’ombilic.
Los 2e et 3° vertèbres lombaires proéminent fortement en arrière, même quand le malade est couché. Les autres ver-
tèbres lombaires font une saillie moindre. Les apophyses épineuses semblent être augmentées de volume. Pas de douleur à la pression. Les apophyses transverses de ces deux vertèbres sont volumineuses et leur largeur dépasse cinq pouces. Elles forment une tumeur dure, arrondie sur les côtés, recouverte par une couche mince de parties molles. Le bord externe est douloureux à la pression. Cette tumeur semble élargie du côté des lombes. L'irritabilité réflexe des membres inférieurs n’est pas augmentée,
Quant à l'explication des phénomènes, pour Chvostek, elle serait la suivante: 41° carie vertébrale et compression de l'aorte déterminant la formation d’un thrombus ; 2° déplacement du thrombus d’où : embolie de l’aorte à sa partie inférieure, suppression incomplète de la circulation dans les iliaques, simple parésie et phénomènes gangréneux peu profonds des membres inférieurs; enfin, SHORSRENE des accidents.