‹ Étude sur les épendymites cérébralesChapitre 16 sur 45 · END · texte numérisé non relu

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02 ÉPENDYMITES CHRONIQUES

bordent la brèche au travers de laquelle s’échappent les fibrilles sont souvent inaltérées ; leur pycnose, leur plasmolyse, leur vacuolisation sont légères ou inconstantes, leur dégénérescence graisseuse est exceptionnelle.

Proliférations épithéliales. — Formations glanduliformes. .— Elles s'effectuent: suivant le mode amitosique, car s'il existe quelques noyaux étirés ou étranglés en bissac, quelques cellules binucléées, on ne voit aucune caryocinèse, Elles peuvent aboutir exceptionnellement, à la production de

F1G. 14. — Glandules en voie de formation ; l'amas cellulaire résulte de la prolifération amitosique des cellules épithéliales, la cavilé centrale de la fusion et de l'accroissement progressifs des vacuoles.

petites élèvures purement épithéliales, fréquemment à celle de cordons cellulaires qui s’enfoncent plus ou moins obliquement dans la profondeur et se terminent par une extrémité libre effilée, arrondie ou ampullaire.

Parmi ces boyaux cellulaires, les uns sont pleins, les autres sont creux ou en train d'acquérir une lumière. Tandis que les cellules de la périphérie se disposent en une rangée bordante, le protoplasme des éléments centraux présente des vacuoles qui, peu à peu, grandissent, confluent et, bientôt, ne sont plus sépa-

ÉPENDYMITES GRANULEUSES 83

oo

rées les unes des autres que par quelques minces filaments protoplasmiques, pourvus ou non de noyaux amincis et pycnotiques. Lorsque ces derniers vestiges cellulaires ont disparu, la cavité centrale se montre unique et définitivement constituée.

Ces productions jettent une grande lumière sur la signification

et la provenance des amas cellulaires irréguliers arrondis ou en fer à cheval qui, dans le tiers des cas, à peu près, se rencontrent à une certaine distance du revêtement épithélial avec lequel ils n'ont aucune connexion.

Irréguliers ou pleins, ces amas semblent, au premier abord, n'avoir rien d’épithélial et, n'étaient leurs évidentes analogies avec le segment terminal des cordons épithéliaux précédemment décrits, on serait tenté de les prendre pour de simples groupements de celluies rondes.

Arrondis et creusés d'une cavité contenant un coagulum filamenteux ou des boules de sécrétion et bordés d'une assise de cellules cylindriques, à gros noyaux ovoïdes et périphériques, leur apparence glandulaire est évidente, leur provenance épithéliale certaine.

Pour expliquer cette provenance, il est au moins inutile d'invoquer, sans l'ombre d'une preuve,l'inclusion fœtale de quelques cellules du canal neural primitif.

Dans l'épendymite granuleuse, c'est incontestablement le bourgeonnement de l’épithélium qui, le plus souvent, est responsable de l'apparition des formations glanduliformes (fig. 14).

Est-il besoin de remarquer qu'au point de vue de l'anatomie pathologique générale, ces bourgeonnements épithéliaux n'ont rien d’insolite et prouvent simplement que l’épendyme, chroniquement irrité, retrouve en partie et l’activité et les aptitudes de l’ectoderme dont il procède. Il réagit, en‘somme à la manière des autres surfaces épithéliales, qui peuvent, en pareilles circonstances, édifier des adénomes susceptibles de subir une transformation maligne. Or, à ce propos, il est bon de rappeler que les glandules sous-épendymaires se rencontrent dans les gliomes (A. Proebe), et l'on a pu se demander si elles ne jouaient pas un certain rôle dans le développement des glioses syringomyéliques.

84 ÉPENDYMITES CHRONIQUES

eee,

Dans le but d’élucider cette dernière question, nous avons examiné l'épendyme d'un syringomyélique qui présentait une hydrocéphalie et une dilatation ventriculaire considérables ; notre espoir a été déçu, car nous avons bien observé une légère épendymite granuleuse mais pas l'ombre d'une prolifératiou épithéliale glanduliforme: RE

$ 8. — Ependymites réticulées, pachyépendymites insulaires et diffuses, .

Chez le vieillard, l'épendymite réticulée est, pour le moins, aussi fréquente que l’état granuleux avec lequel, très souvent, elle coexiste. On la voit plus facilement sur les pièces chromées que sur Les pièces fraiches ou formolées et c’est là, sans nul doute l’une des raisons pourquoi cette altération, si magistralement décrite par des anatomopathologistes tels que Rokitanski et Virchow, est à peine indiquée par les traités allemands et complètement passée sous silence par les Français.

Comme la granuleuse, l’épendymite réticulée atteint aussi bien le quatrième ventricule que les ventricules latéraux. Elle varie sensiblement aux diverses phases de sa longue évolution.

Au début, il s'agit moins d nn é{a{ réticulé que d'un éfat granulo-réticulé dans lequel manifestement prédomine l'élément granuleux ; l'ébauche du réseau est encore très partielle et très incomplète. |

Ultérieurement les granulations n'apparaissent plus que comme les renflements nodaux d'un réticulum dont les mailles sont inégales, irrégulières, arrondies ou polygonales et dont les travées, encore fines mais déjà très nettes et très nombreuses, recouvrent une étendue plus ou moins considérable de la surface ventriculaire.

L'apparence est parfois celle d’un réseau lymphatique, irrégu-. lièrement bosselé. Après, en s aplatissant et en s'élargissant de façon progressive, les travées tendent peu à peu à confluer et finissent par n'être séparées les unes des autres que par quelques dépressions, d'abord irrégulières puis arrondies et qui semblent

ÉPENDYMITES RÉTICUEÉES 59

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creusées à l’emporte-pièce dans la zone épaissie et ne sont en réalité que des îlots relativements sains. Il arrive que ces îlots épargnés par la réticulation se couvrent à leur tour de fines granulations (fig. 15).

Ainsi, de réticulaire, l'épendymite est devenue aréolaire et, tandis qu'elle est encore partielle, on peut constater que les bords de la zone malade sont aussi capricieusement découpés que ceux de certaines côtes abondantes en caps et en criques.

16. 15. — Zpendymite granulo-réticulée des ventricules laléraux. En A, les granulations sont encore isolées ; en B, les cordons intermédiaires grêles, rares, ébauchent un réseau très incomplet ; en C, les granulations ne sont plus perceptibles, les travées unitives sont plus nombreuses, plus larges, plus anostomosées et dessinent un réseau à mailles irrégulières, arrondies ou polygonales.

Finalement tout se simplifie : au moment où la conflaence des travées unitives est un fait accompli, on ne trouve plus que de loin en loin une dépression circulaire et peu profonde qui, disparaissant à son tour, laisse un épendyme épaissi de facon uniforme dur, coriace, et d’un grain assez comparable à celui du cuir de Russie. Souvent alors la surface ventriculaire est lisse, mais parfois aussi, elle est plissée, cannelée, ou soulevée de place en place par des saillies cylindriques, véritables piliers qui rappellent les « colonnes » de la vessie des vieux prostatiques. Il importe, en passant, de remarquer que ces « états plissés », ou

86 ÉPENDYMITES CHRONIQUES

ue ie nn RES columnaires », n'ont, en réalité, et malgré les apparences. rien de commun avec le processus de sclérose névroglique qui nous occupe, car ils se produisent en dehors de celui-ci dans des venvricules qui, après avoir été fortement et momentanément distendus, reviennent en partie sur eux-mêmes,à cause, par exemple, de la diminution‘d'une hydrocéphalie interne. Quoi qu'il en

Mic. 16. — Ependyÿmite réticulée du quatrième ventricule, remarquable par l’extension et Ia ténuité du réséau.

soit, l'épendymite alvéolaire a fait place à une pachyépendymite qui, d’abord localisée (pachyépendymite insulaire ou en plaques), s’est progressivement généralisée (pachyépendymite diffuse), et entre ce stade ultime de pachyépendymite diffuse et le stade initial d'épendymite granulo-réticulée, tous les intermédiaires existent, il est donc bien évident que les diverses apparences, successivement étudiées, représentent les diverses phases évolutives d'un seul et même processus.

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S8 ÉPENDYMITES CHRONIQUES

Le microscope, au lieu de montrer, comme dans l'épendymite granuleuse, une surface ventriculaire hérissée de petites saillies pointues ou arrondies, décèle une paroi épendymaire crénelée à la manière des vieilles fortifications : les parties saillantes qui répondent aux travées unitives sont plus larges que hautes el souvent anguleuses ; plus étroites, les dépressions intermédiaires ont une paroi inférieure horizontale, oblique ou légèrement curviligne (fig. 17).

Comme dans l’état granuleux, on se trouve en présence d'un double processus névroglique et épithélial.

La sclérose névroglique est ici fee qu'elle est dans les vieilles

F1G. 18. — Invagination épithéliale active : la névroglie voisine est dense:

granulations ; il en va de même pourla majorité des altérations épithéliales (desquamation, bourgeonnement, glandules).

Les invaginalions de l'épithélium méritent une mention spéciale : en des points totalement dépourvus de nodules névrogliques ou de cordons intermédiaires, l'épithélium refoule, sur une étendue minime et variable, la névroglie sous-jacente et s'enfonce dans la profondeur, déterminant de petits récessus digitiformes, cylindriques, tronconiques ou semi-annulaires (fig. 18).

Lorsque les deux extrémités supérieures des culs-de-sac ainsi formés se rejoignent et se soudent, il en résulte des cavités épithéliales closes qui perdent toute connexion avec leurs points d'origine et ne différent pas des vésicules épithéliales qui proviennent de la prolifération du revêtement épendymaire.

ÉTAT CRYPTIQUE : 89 RE

Outre qu'il prouve que toutes les glandules n'émanent pas d’un seul et même phénomène : de bourgeonnement, ce fait démontre qu'à côté d'états réticulés, engendrés par l'anastomose des granulations névrogliques, ilen est qui proviennent d'une série d'invaginations épithéliales. | | ;

Nous avons observé de tels états réticulés et sur le plancher du 4° ventricule et sur la paroi des ventricules latéraux, notamment au voisinage des corps striés. +

Il est . formes de pachyépendyimite « où l'épaississement de la couche névroglique sous-épithéliale est Le fait essentiel et exclusif. Les fibres sont tassées parallèlement et forment une couche dense et épaisse, très pauvre en noyaux. L'épaississement des fibres prédomine fréquemment dans ces cas autour des vais-

. seaux.

S $. — Etat cryptique.

Chez cinq sujets dont les ventricules étaient par ailleurs normaux ou ne présentaient que des granulations minuscules et ra-

-rissimes, nous avons observé, à la partie antérieure du ventricule

latéral au-dessus du corps strié, une ou deux petites cryptes peu excavées, capables tout au plus de loger un grain de chénevis, à fond grisätre, à orifice circulaire, bordé par un liseré blanchâtre ordinairement plat ou à peine surélevé.

L'analyse histologique montre qu'il y a dépression et non ulcération. Cette dépression est moins le fait d'une invagination épithéliale active, refoulant la névroglie marginale que d’un effondrement, en quelque sorte passif, déterminé par la raréfaction des tissus sous jacents. Elle se produit, en ellet, toujours au-dessus d'une gaine périvasculaire extrèmement dilatée etentourée d’une zone de névroglie très raréfiée, à éléments dissociés. Généralement vide, la gaine péri-vasculaire ectasiée est parfois remplie de wlobules rouges extravasés. Parfois sclérosé ou infiltré de cellules AR dans son adventice, le vaisseau qui occupe la gaine en question n'est jamais oblitéré.

90 ÉPENDYMITES CHRONIQUES

On peut dire, sans aucune exagération, que l'épithélium épendymaire s'enfonce dans la zone raréfiée absolument comme font les méninges et la couche superficielle de l'écorce dans les pseudo-kystes de l'état vermoulu de Pierre Marie. Nous ne savons pas encore de façon positive si cette analogie ne cache pas une identité entre les deux processus et si, en d’autres termes, des recherches plus approfondies ne permettront pas de considérer l'état cryptique comme un état vermoulu incipiens de l’épendyme. Il nous faut, pour l'instant, nous contenter de noter que nos

Fi. 19, — Etat cryptique.

En À. crypte isolée sur un ventrieule par ailleurs normal : en B, plexus choroïdes.

cryptes paraissent se rencontrer, avec prédilection mais incons: tance, sur les cerveaux atteints d'états vermoulu ou lacunaire.

En définitive, de même qu'il y a deux sortes de granulations : les unes, très fréquentes, névrogliques, les autres, très rares, épithéliales, il y a également deux sortes de dépressions : celles,

F1G. 20. — Coupe histologique d'une crypte ventriculaire. Invagination épithéliale passive au niveau d’une gaine périvasculaire dilatée et entourée d'une zone de névroglie raréfiée.

banales et relatives, qui sont intermédiaires aux proéminences vasculaires ou névrogliques et celles, plus rares, qui résultent des déplacements actifs ou passifs de lépithélium.

$ 5. — Etat varioliforme de Pierre Marie.

Aspect macroscopique. — Il n'est pas rare de trouver sur des ventricules latéraux sains, réticulés ou partiellement symphysés, quelques plaques très spéciales dont la teinte blanche tranche vivement sur la coloration brune du matériel chromé, alors qu'elle se devine fort malaisément sur les pièces fraiches ou formolées.

Quandelles sont peu abondantes, et c’est le cas de beaucoup

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le plus habituel, les plaques varioliformes apparaissent de préférence sur le trajet des arborisations vasculaires qui se dessi-

Fra, 21. — Ælal varioliforme sur un ventricule latéral atteint d'épendymile réliculée (D, D’).

En Bet B’, éléments typiques ; en À, pustule au centre de laquelle se trouve un pelit nodule. En B’, début d’un accolement marginal ; en F, début d'une coalescence polaire ; en C, C’, plaques résullant de la confluence d'éléments primitivement isolés. En E, E’, éléments superposés qui se chevauchent et se soudent par l’une de leurs extrémités. |

nent à travers le revêtement de la corne occipitale où l’on peut

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ÉTAT VARIOLIFORME DE PIERRE MARIE 93 SR ER En ie à ne en voir une, deux, trois, quatre ou six, qui sont grandes comme des grains de millet ou des lentilles et séparées les unes des au- tres par des espaces plus ou moins considérables de tissu normal. Si leur nombre augmente, elles se disséminent sur toute l'étendue des ventricules latéraux, elles atteignent le septum lucidum, mais ne parviennent jamais aux troisième et quatrième ventricules. Elles se rapprochent, se répartissent en amas ou se chevauchent et se soudent par leurs bords devenus mitoyens.

Arrondis et ombiliqués comme des pustules de variole, les éléments typiques sont plats et bruns en leur centre tandis qu'à la périphérie ils sont cerclés par une collerette argentée, de largeur et d'épaisseur variables, à peine saillante et presque toujours parseunée de fines stries transversales ou obliques.

À côté de cette morphologie quasi-schématique de la pustule adulte qui est ronde, ombiliquée et souvent para ou épivasculaire, on trouve d’autres figures et plus simples et plus complexes, qui résultent de l’évolution des éléments ou de leur confluence. |

La forme la plus simple est os par les éléments très : Jeunes, minuscules boutons dont l'ombilication est nulle ou à peine perceptible.

Que, par son développement centripète, la collerette atteigne le centre de la plaque, et l'on se trouve en présence d'une Le. tion dénuée d’ombilication et, par suite, simplifiée, qui ne laisse pas d'offrir quelque ressemblance avec une tache de bougie.

Un premier type complexe et, de prime abord, assez déconcertant, se trouve réalisé par l'apparition d’un bouton initial dans le centre d’une pustulepréalablementombiliquée(fig.21,A).La fusion consécutive du bouton central et de la collerette marginale engendre un élément analogue à celui qui vient d’être décrit.

La superposition de deux pustules qui se chevauchent sous des incidences variables engendre une seconde variété complexe ; la soudure de deux pustules voisines en produit une troisième. De la soudure résulte un élément polycyclique allongé ; ou polycyclique élargi, assez semblable aux moisissures serpigineuses . qui recouvrent le tronc des vieux arbres. Il va sans dire que tout

94 ; ÉPENDYMITES CHRONIQUES I SPORE RE EE ortie TES

se borne à cette grossière analogie, et que, sur ce point, les recherches de Kattwinkel s'accordent avec les nôtres pour démontrer l'absence de tout champignon et de tout microbe.

Un quatrième et dernier aspect, apparemment très éloigné du type schématique se réalise par la coalescence de plusieurs pustules. Ce phénomène provoque l'apparition d'une vaste plaque irrégulière et inégale, opalescente par places, transparente par endroits et qui ressemble aux trainées muqueuses que les limaces laissent sur le sol. |

Ces multiples apparences sont intéressantes en ce qu'elles montrent que, dans l'épendymite de Pierre Marie comme dans les autres inflammations ventriculaires, la polymorphie est essentiellement fonction de la tendance extensive du processus. Il est d’ailleurs indispensable de les connaître afin d'éviter les plus complexes d’entre elles au début de l'étude histologique.

£n effet, si les premières rechérches microscopiques portent sur les coupes sériées d'une pustule ombiliquée, indépendante et siégeant sur un ventricule normal, on saisit immédiatement la différence structurale des zones périphériques et centrale, sans risquer de compter parmi les lésions fondamentales de l'état varioliforme des altérations accessoires ou contingentes, ni d’être désorienté par des images variables ou embrouillées.

Structure histologique. — Prenons une coupe colorée avec l’hématoxyline d'Ehrlich etle mélange de van Gieson et passant par l'équateur d'une plaque franchement ombiliquée. De suite, nous voyons que la surface ventriculaire se déprime un peu au niveau de l’ombilication centrale et se relève au niveau des bords de la plaque varioliforme, où la section rencontre les segments de la collerette périphérique. :

Lorsque la pièce est bien fixée et dépourvue d’ suteos altérations, l’épithélium apparaît quelquefois entièrement normal. Mais ces conditions étant loin d'être toujours réunies, il n’est pas rare de constater que, soit au centre, soit dans toute l'étendue de la plaque et même dans ses alentours, les cellules de revêtement ont desquamé ou se sont aplaties. Il est par contre beaucoup plus exceptionnel de les voir proliférer et produire des ÉÉe

pins

sous-jacentes à la plaque varioliforme. Ce processus fréquent des

- épendymites granulo-réticulées n'a été enregistré qu'une fois dans

l’'épendymite varioliforme et nous croyons titine de le tenir pour l'effet d’une coïncidence fortuite.

L’ « endothélisation » est ici, comme ailleurs, la conséquence,

en quelque sorte obligatoire, de l'intumescence et nous sommes

"Fic. 22, — Trois sections d'une pustule varioliforme coupée en série. La coupe moyenne passe au niveau de la zone centrale ombiliquée, au niveau de laquelle les baudes conjonctives s’interrompent ; les coupes extrêmes passent au niveau des pôles.

portés à l’envisager comme un phénomène essentiellement secondaire et d'ordfe purement mécanique.

Quant à la desquamation, outre qu'elle peut être d’origine cadavérique ou liée à l'évolution d'une pachyépendymite, son absence dans les plaques bien fixées, la possibilité de son existence dans l'intervalle des pustules, nous autorise à ne pas la . ranger parmi les caractères fondamentaux de l’état varioliforme qui, primitivement au moins, n'a rien d’un processus épithélial

érosif.

96 ÉPENDYMITES CHRONIQUES

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L'étude de la couche sous-épithéliale révèle l'existence d'une bande fibrillaire, longitudinale parfois . ondulée, qui s’épaissit et forme des bourrelets plus ou moins saillants aux extrémités de la plaque. Elle s’amincit au centre et peut s'interrom: pre à ce niveau. Les bourrelets périphériques donnent leur relief aux collerettes bordantes et, de fait, si, au lieu d'examiner une coupe équatoriale de pustule ombiliquée, on resaree une section polaire, passant par le bourrelet pé SHpHprique on n'a plus qu'une bande fibrillaire ininterrompue, à légère convexité su-

périeure. L'image est identique lorsqu'on es les coupes d’une plaque devenue homogène grâce à l'accroissement centripète de la ceinture Hoi

L'épaisseuretlalongueur des bandes fibr illaires sontdirectement proportionnelles aux dimensions de la pustule et de son bourrelet. Minces et courtes aux pôles d’une petite plaque, à peine surélevée, elles deviennent très épaisses et très longues sur les pustules grandes ou confluentes ; on peut les voir se souder bout à bout ou face par face suivant qu'ils'agit d'une coalescence marginale ou d’une superposilion. Généralement très homogènes, constituées par des fibres tassées les unes contre les autres et pauvres en noyaux, ces bandes sont quelquefois formées d'amas fibrillaires plus lâches, séparés par des fentes allongées, contenant des files irrégulières de noyaux allongés ou aplatis à la manière des éléments endothéliaux. Parfois régulières et pourvues d’un! double contour, à bords parallèles, les bandes fibreuses deviennent souventirrégulières et se hérissent, surtout en bas, de nodosités assez volumineuses. Lorsque l’épithélinm a complètement disparu les fibres superficielles s’écartent de leur direction primitive et font saillie dans la cavité ventriculaire. Quant au décollement en masse il est au moins en grande partie, l’œuvre du rasoir.

Le caractère constant et majeur de ces faisceaux fibreux est, sans contredit, leur colorabilité par les principau* réactifs du tissu conjonctif: comme lui ils se teignent en rouge par le van Gieson qui jaunit Ja névroglie, en bleu par le carmin d'indigo picriqué de Cajal qui jaunit la névroglie, en bleu par le Mallory

qui roùgit la névroglie. Jointes aux caractères morphologiques déjà énumérés, de telles affinités tinctoriales permettent d'affirmer la nature conjonctive des tractus auxquels les plaques varioliformes doivent probablement leur blancheur nacrée et leur relief.

L'emploi de l'orcéine ou de la fuchsine de Weigert peut montrer la présence de fibres élastiques comme l’a vu Achucarro (dans une récente publication) (1). Cette présence n’est pas constante, malgré nos recherches par l’orcéine, nous n’avons pu en mettre en évidence dans aucun de nos cas.

Pour expliquer la présence du tissu conconctif-on ne peut vuère invoquer une transformation collagène des fibres de la névroglie marginale ; il est plus simple de chercher du côté. des vaisseaux. Les veines et les artères sont en général intactes, mais fréquemment les capillaires superficiels sont très épaissis, presque oblitérés par une sclérose fibreuse. Il n'est pas rare d'en voir partir un ou plusieurs faisceaux conjonctifs qui irradient horizontalement dans la névroglie adjacente et semblent représenter le premier stade du processus qui nous occupe. L'étude des coupes sériées montre le bien fondé d’une semblable supposition en laissant, de temps à autre, apercevoir l'indiscutable continuité d'une bande conjonctive sous-épithéliale avec l’adventice d’un vaisseau sclérosé.

La méthode de coloration de la névroglie de Lhermitte et Guccione, employée pour l’état varioliforme confirme pleinement cette facon d’en concevoir la structure.La bande scléreuse (colorée en rouge par le Van Gieson) n'est pas colorée et on voit les fibrilles névrogliques voisines se terminer sous forme de chevelu sur ses bords. L'épaisseur de cette bande est variable. Ses extrémités se terminent souvent par des sortes de bourrelets correspondant au cercle limitant de la plaque varioliforme. Tantôt la

(1) Dans ce travail paru peu après la publication de nos conclusions à la Société de Neurologie (G. Decamare et Pierre Merce, Sociélé de Neurologie, 10 juin 1909). Cet auteur confirmait notre façon de voir concernant la nature conjonctive des plaques varioliformes de Pierre Marie . j

Merle : 1

98 ÉPENDYMITES CHRONIQUES x mm mm bande pâle apparaît noyée au milieu de fibrilles névrogliques, tantôt elle est superficielle, le revêtement épithélial ayant disparu sur les coupes, avec la mince couche névroglique sus-jacente.

Ainsi, au point de vue histologique, l'épendymite varioliforme se peut définir une sclérose conjonctive pure, d'origine vasculaire, Mais n’est-elle vraiment que cela et ne comporte-t-elle pas un certain degré de sclérose névroglique, témoin de sa parenté avec les autres inflammations ventriculaires ? Il est hors de doute qu’en pareil cas, on trouve mainte fois une condensation de la névroglie marginale qui se montre hyperchromatique et peu riche en cellules. Cette zone densifiée semble même, en certains cas, s'amincir au niveau de l’ombilication et s'épaissir au niveau du hourrelet. Tandis que l'épithélium décrit une courbe de très grand rayon dont la cavité regarde en haut, le bord inférieur de la névroglie tassée et surcolorée dessine une courbe à concavité tournée en bas, de telle sorte que l’ensemble figure une lentille biconcave. La majorité des fibres névrogliques est longitudinale; il en est seulement quelques-unes qui, obliques ou presque verticales, constituent de petites colonnettes rétrécies à leur partie inoyénne, épanoulies en gerbe à leurs deux extrémités superficielle et profonde. Lorsque cette particularité se produit au niveau du bourrelet, les fibres névrogliques s'arrêtent juste au-dessous de la bande conjonctive. De prime abord, ces altérations de pachyépendymite paraissent très importantes ; on aurait néanmoins tort de leur attribuer une grande valeur, car elles sont inconstantes et ne se localisent’pas exclusivement au territoire des plaques. Nous avons d’ailleurs observé des états varioliformes dans lesquels la névroglie était lâche et vacuolisée, Les vacuoles contenaient, les unes, d'assez grandes cellules à contours arrondis, les autres, soit des granulations graisseuses, soit des corps amyloïdes.

Alors que les cellules névrogliques sont, en règle générale, peu nombreuses et que les lymphocytes, les plasmazellen manquent, les corps amyloïdes abondent, sinon dans les plaques, du moins à leurs côtés. |

ne faut pas terminer ce chapitre sans indiquer l’analogie

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