CHAPITRE PREMIER
ÉTIOLOGIE
$S 4. — Ependymites aiguës : purulentes :
séropurulentes.
Il s’agit là d'infection aiguë,que l'épendymite accompagne une méningite aiguë ou qu'elle constitue une inflammation localisée aux ventricules cérébraux.
On peut trouver le microbe en cause dans les exsudats ventrieulaires, ou ne constater seulement que la présence de globules de pus et de leucocytes divers.
Nous avons insisté dans le précédent chapitre sur les rapports existant entre l’inflammation épendymaire et l'inflammation méningée. La méningite paraît souvent être l’origine d'une épendymite capable d'évoluer ensuite pour son propre compte et d’acquérir l'importance d'une maladie autonome (cas [). Il est probable cependant que l'épendyme s'infecte parfois primitive- , ment sans intermédiaire de méningite. Nous avons pu obtenir des lésions très marquées d'épendymite chez plusieurs animaux par injection intracarotidienne de microbes (Cf. Expérimentation). Dans les cas que nous avons étudiés, l'infection était causée surtout par le pneumocoque, le méningocoque, un diplocoque intracellulaire gardant le gram (type Jäger) (cas 1), le streptocoque (provenant d’un abcès cérébral (cas X VIT).
Certains faits rapportés par les auteurs indiquent la présence
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de microbes dans les ventricules sans préciser les lésions épendymaires. Ces faits sont néanmoins importants à signaler. C'est ainsi qu'ont été trouvés le pneumocoque (Lévi, Ch. Leroux, Birnbaum, Knox et Sladen), le bacille d'Eberth (Tictine).
S 2. — Ependymites à évolution subaigué ou lente. Ependymites séreuses.
Infections. — Le caractère des lésions est encore ici nettement, inflammatoire, mais il s'agit d'infection subaiguë ou lente, atténuée. La syphilis et la tuberculose mises à part, il est difficile des ‘savoir quelle est l'origine de l'infection. Le microbe échappes généralement aux recherches. Dans les cas où les phénomènes infectieux s’atténuent et où l'inflammation subaiguë ou chronique succède à l’'épendymite aiguë, quand une méningite cérébro spinale, par exemple, a été le fait initial, la cause de l’épendymite, on, peut penser vraisemblablement que la cause de l'infection ventriculaire est la même que celle de l'infection méningée.
Il est utile de rappeler les principales infections qui ont été relevées comme cause des hydrocéphalies acquises inflammatoires, des méningites séreuses, bien que l'absence de documents histologiques précis ne nous permette pas toujours de dire s'il y avait réellement épendymite dans les cas envisagés.
Les infections gastro-intestinales sont tout particulièrement importantes à ce point de vue. Marfan à insisté sur les hydrocéphalies consécutives à ces infections et après lui Merklen et Devaux. Baginski considère l’hydrocéphalie aiguë comme pouvant survenir au cours de divers processus morbides chroniques où aigus telle que la bronchite, la coqueluche. Schilling inerimine l'influenza. {’otite purulente, l’otite chronique sont invoquées par de très nombreux auteurs (Bernhard de Beck, Levi, Joel, Kretschmann, Oppenheim, Lucae, Waldvogel, Hammerschlag, R. Müller, Brieger, Hegener, Hansen, cités par Oppenheim, Traité) ; l'infection des cavités nasales par Herzfeld : la convalescence de néphrite par Oppenheim. Quincke pense que dans ces cas, la virulence du microbe est atténuée et donne un
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épanchement séreux au lieu de provoquer la formation de pus.
Hutinel, Netter, Mya ont montré le rôle prépondérant d’une infection atténuée (pneumocoque. bacille d'Eberth) dans les cas de méningite séreuse.
Les fractures du crâne, les infections chirurgicales (d'Astros) sont aussi à citer. De même l'opération d’un spina bifida (Maygrier et Lemeland : à la suite de l'opération, pratiquée quatre
jours après la naissance, apparut une hydrocéphalie qui amena
rapidement la mort).
Les infections obstétricales et les infections intra-utérines du produit de conception peuvent aboutir à des infections ventrieulaires (Véritable pyocéphalie dans un cas de d’Astros).
Ependymites parasitaires dues à la présence de cysticerques dans les ventricules. — Elles sont caractérisées par des lésions qui appartiennent plutôt au type des lésions chroniques : proliférations épithéliales, végétations glanduliformes, nécroses épithéliales, cellules géantes de corps étranger (Mennicke, Stieda, Van Kahlden, Sato, Chotzen). L'hypersécrétion irritative qui en résulte peut atteindre un degré considérable et aboutir à un véritable syndrome ventriculaire. Sato fait remarquer que la cysticercose, latente presque toujours quand le parasite est situé en pleine substance cérébrale se manifeste au contraire quand les cysticerques ont pénétré dans les ventricules : on voit apparaître la céphalée, le vertige, la démarche hésitante, les vomissements, La cysticercose ventriculaire avec épendymite irritative mérite donc d'être rapprochée des épendymites subaiguës et lentes à manifestations hypertensives plutôt peut-être que des épendymites chroniques qui sont très souvent latentes. Rappelons que la pénétration des cysticerques dans le 4* ventricule peut causer la polyurie et parfois la mort subite (Kratter et Bühmig, Hensen).
Chez des rats infectés avec des /rypanosomes, dont les pièces nous furent obligeamment données par notre ami le D' Aÿnaud, nous avons cherché.s’il existait des lésions des parois ventriculaires. Il nous a été possible de trouver le parasite au voisinage de
J'épithélium, mais il n'existait pas de lésions marquées. Pas plus
du restée que dans un cas humain de maladie du sommeil où l'in-
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filtration périvasculaire dans la substance cérébrale etles méninges était très accentuée.
| Toxiques. — Les causes toxiques peuvent-elles provoquer des lésions d'épendymite subaiguë avec infiltration et réactions cellulaires ?.. L'alcool, par exemple, peut-il agir de cette façon? Cela est douteux. 11 est plus probable dans les cas,par exemple, où son action est invoquée comme cause d'hydrocéphalies acquises, de méningite séreuse, de syndrome d'hypertension intra-crânienne (Quincke), qu'il agisse surtout en provoquant des phénomènes congestifs. Il peut être considéré d’une façon beaucoup plus vraisemblable, comme facteur étiologique de lésions dans, les épendymites chroniques sans caractère inflammatoire.
Chez des animaux intoxiqués plusieurs mois par l'alcool (ingestion forcée par cathétérisme), nous n'avons observé, du côté de | l'épendyme, que des phénomènes congestifs et, une fois, des. proliférations épithéliales formant saillies granuleuses sur la paroi. Ce seul fait positif est sujet à discussion au point de vue de son
origine véritable, et ne permet aucune conclusion.
Le plomb est aussi à envisager. Depuis les travaux de M. Mosny « et de ses élèves (MM. Malloizel, Pinard), on sait qu’il détermine des réactions méningées, marquées notamment par une lymphocytose considérable du liquide céphalo-rachidien. Il est très probable qu'il puisse agir de façon analogue en ce qui concerne » les parois épendymaires. Il est très possible, une fois l'attention attirée sur ce fait, que l’on trouve des lésions d’épendymite chez les saturnins. Cela d'autant plus que les phénomènes d’hypertension intracränienne s’observent assez souvent chez ces mala-… des. La stase papillaire à été observée par plusieurs auteurs au cours d'accidents nerveux du saturnisme (Samelsohn, Lubrecht, Stood). Les troubles visuels, comme le fait remarquer Galezowski, sont presque toujours accompagnés de phénomènes tels que céphalée, étourdissement, nausées, vomissements.
Marcel Pinard écrit dans sa revue générale sur la question, que € l’hydrocéphalie accompagnant la méningo-encéphalite saturnine, permet d'expliquer des lésions du chiasma ou de la portion intracrâänienne des nerfs optiques suivies d'amaurose,
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| sans qu'il y ait de lésions visibles à l'ophtalmoscope et avec l'intégrité du réflexe pupillaire ».
.__ Nous avons eu l'occasion d'examiner, dans je service de M. le professeur Raymond, avec MM. H. Claude et Galezowski, un saturnin chez qui le syndrome d'hypertension intracrânienne était très accentué et s’accompagnait de stase papillaire et de paralysie des nerfs inoteurs oculaires externes: la pression du liquide céphalo-rachidien, mesurée à l'aide d’an manomètre à air libre.adapté à l'aiguille de ponction lombaire, faisait équilibre à une colonne de liquide de 510 millimètres dans la position couchée et de 645 millimètres dans la position assise (la normale étant à peu près dans les mêmes conditions de 110 à 150 dans la position couchée).
Chez un lapin intoxiqué depuis longtemps par le plomb dont les pièces nous furent obligeamment données par M. Aubertin, nous avons pu constater des lésions du côté de l'épendyme très nettes, marquées par de la disparition du revêtement épendymaire, et des amas de cellules mononucléaires dans la corne frontale.
Il est bien certain que dans des cas semblables Les lésions
épendymaires, si elles sont démontrées par des observations ultérieures, ne doivent pas être senles en cause et qu’elles peuvent être aidées, dans la production de l’hydrocéphalie et du syndrome d’hypertension intracrânienne, par des lésions choroïdiennes, encéphaliques et méningées.
. Ajoutons que des expériences ont été faites par certains auteurs, capables d’intéresser l’étiologie des épendymites toxiques. Cruchet et Verger ont obtenu avec la tuberculine (1/2 cent.cube d’une dilution aux 2/3 de tuberculine servant à l'épreuve des bovidés), des altérations des parois épendymaires et de l'hydrocéphalie transitoire (exsudat renfermant surtout des globules rouges, des polynucléaires et des lymphocytes).
Burr et Mac Carthy ont obtenu des lésions, ce qui n’est du reste pas très surprenant, en injectant dans les ventricules d'animaux de l'acide chlorhydrique dilué et de l'urine stérilisée.
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S 3, — Hpendymites chroniques.
L'étiologie des épendymites chroniques est des plus obscure L’épendymite granuleuse, la plus anciennement connue et ” décrite, est relevée surtout au cours de la paralysie générale. I est certain qu’elle atteint fréquemment dans cette maladie une intensité tout à fait particulière. Mais elle se rencontre aussi dans un grand nombre de cas où la méningo-encéphalite diffuse n'existe pas et où il n'y a aucune raison de penser à une origine syphilitique. 2 |
Les lésions d’épendymite chronique se rencontrent et ont été décrites au cours d’une foule d'affections. Etats inflammatoires chroniques, ramollissements, œædème, atrophie, tumeurs, abcès du cerveau, cachexies artérielles et cancéreuses, anémie grave el simple involution sénile,si bien que la tendance de la plupart des auteurs est de considérer l’épendymite chronique comme une manifestation très banale de la vieillesse ou comme une conséquence de l'artério-sclérose.
Il est en eflet presque impossible de-démèler les causes efficientes de ces altérations et de décider de quelle origine toxique ou infectieuse elles dépendent. Le rôle de l'alcool et du plomb est à envisager et à rechercher dans les formes chroniques autant, peut être même plus que pour des formes de caractère inflammatoire atténué. Au point de vue des lésions artérielles chroniques, nous avons constaté que l'artério-sclérose co existe plus fréquemment avec l’état varioliforme qu'avec toute autre espèce d'épendymite chronique.
Une question intéressante à se poser est celle de savoir si l’épendymite aiguë ou subaiguë avec infiltration cellulaire et caractères inflammatoires peut être le premier stade d'une épendymite chronique. Il est fort probable que l'inflammation des zones sous-épendymaires doit aboutir, quand elle rétrocède, à une sclérose correspondante qui peut prendre l'aspect de la pachy-épendymite par exemple, bien que cette dernière puisse se constituer petit à petit, d'emblée, sous l'influence de causes
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agissant lentement. En ce qui concerne l’épendymite granuleuse la chose est probable aussi et nous avons pu voir au cours de certaines épendymites aiguës humaines et expérimentales des } formations qui paraissaient de date récente et revêtaient le carac- : tère d'ébauches granuleuses.
Nous verrons plus loin quel rôle les épendymites chroniques peuvent avoir dans l’hydrocéphalie. On peut se demander inversement si l'hydrocéphalie ne peut agir en constituant une cause irritative capable de provoquer des lésions épendymaires. Le fait que la plupart des hydrocéphalies chroniques congénitales ue présentent pas d’altérations épendymaires serait en faveur d’une réponse négative à cette question.