CHAPITRE XrX
i)i: LA Liiu r.Ti; dl: conscience.
Il faut remarquer la première page de ce chapitre, et jamais le bon sens ne s'est mieux exprimé pour blâmer les emportements du zèle religieux :
Il est ordinaire de veoir les bonnes intentions, si elles sont conduictes sans modération, poulser les hommes à
des effects tresvicieux. En ce ilebiit, par lequel la France est à présent agitée de onerres civiles, le iiieillenr et le plus sain party est sans doubte celny qni niainlient et la ^eligion et la police ancienne du pais : entre les gents de lîien tontesfois qui le snvxont (car ie ne parle point de ceulx (jni sen servent de prétexte pour, on exercer lenrs vengeances particulières, on fournir à lenr avarice, on siivvre la faveur des princes; mais de ceulx (jni le font ])ar viav zèle envers leur religion, et saincte alïection à maintenir la |)aix el Testât de lenr patrie), de ceulx cv, dis ie, il sen veoid plusieurs ([ue la passion pf)ulse hors les bornes de la raison, et leur laict par fois prendre ties conseils iniustes, violents, et encores temeiaires.
Il est certain (pTen C(vs piciniei's temps que nostre re- (igion counnencea de gaignei' auctorité a\ecques les loix, le /ele en arma |)lusieurs conire toute sorte de livres |)avens, de (juov les gents de lellres souftient une mer- \cilleuse perte; i'estime que ce dt'sordre a\ l plus porté de nuisance aux letlres, (pie lonl- les feux des barbares : Cornélius Tacilus en es! un bon lesmoing; car quo\(pu' Temperenr 'J'acitus, son parent, en enst peuple, par ordonnances expresses, toutes les libi-airies du monde; touleslois un seul e\em|)laire entier n a peu csclia[)|)er la curieuse recherclie de ceulx <|iii desiroieiit labolir pour cinq ou six vaines (■l,^l^-^es contraires à nostre créance.
Ils ont airssi eu cecy-, de picster avseement des louanges faulses à toiUs les empi/reurs (pii laisoient [)Our nous, et condamner- uni\ cr^'lleuienl Inutes les actions de ceulx (pii nous estoieiit adversaires, comme il est avsé à \eoir en l'empereur Iulian, surnommé TAposlat. (Testoit, à la vérité, un tiesgrand liomuieet rare, ("omme celuv qui avoit