‹ Etude sur les Essais de MontaigneChapitre 138 sur 250 · LIVRE SECOND. 2fil · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. 2fil

son aiiio vifvcineiit toi note des discours de la [)liil()soj)liie, aiisquels il faisoit prolessioii de re{jl(!r toutes ses actions; et de vray, il n'est anicuiie sorte de vertu de quov il n'ail laissé de Ircsnotables exemples : En chasteté (de la(jnelle le cours de sa vie donne bien clair tesmoigna^e), on lil de liiv un pareil tiaicl à celuy d'Alexandre et de Scipion, que de plusieurs tresbelles caplifves, il n'en von- Iiil pas seulement veoir une, estant en la fleur de son aajje; car il fent tué par les Parlhes, aayéde trente un ans seul(Miient : 0"'iiit à la iustice, il prenoit liiv mesme la peine d'ouïr les parties; et encorcs que par curiosité il s'informast, à ceulx <pii se presentoient à luy, de quelle religion ils estoient, toutesfois liniinitié qu'il portoit à la nostre ne dounoit aulciin coulrcpoids à la balance : il fcit luy mesme plusieurs bonnes loix; et retrancha une gramle partie des subsides et impositions que levoient ses prédécesseurs.

A propos de cet élofje de l'empereur Julien, ^loulai^jne, pendant son séjour à Home en 1581, lut blâmé par la censure pontificale. Il promit de faire des chaufjements; mais il ii vu fit pas.

Quand, au quatrième siècle, l'empereiu* .Iidien, après avoir abjuré la reli(jion chrétienne, tenta de restaurer le culte du j)aganisme, il eut une malheureuse idée, qui n'avait aucune chance de succès. Elle lui valut le surnom d'Apostat et les ju^^ements rigoureux jusqu'à l'injustice des historiens ecclésiastiques. Le rè^ne de Julien ne dura que deux années. Il fut

tué à trente-deux ans dans une bataille qu'il p,af»na

2r.2 liTl l»K SUR LP:S essais de iMOiNTAIGINE.

contrôles Parthes. Avant son i'è;;ne, pendant un long séjour dans les Gaules, il montra les qualités d'un grand capitaine et d'un hal)ile administrateur. C'était de j)lus un écrivain distingué et de beaucoup d'esprit. Enfin, ce qu'on ne peut dire que d'un très-petit nonjbre d'empereurs, il ne persécuta personne.

CTiAPirnE XX.

NOUS ni; coustons rien de pur,

Il n'est <|ue tioj) Mai (pie nous ne goûtons rien de j)ur, et cette pensé(; a besoin d'être revêtue d'une forme pi(piante et (M'iginale, poui- cpie le lecteur ne tourne j>as la })age. Montaigne l'a bien compris, peut-être trop bien, en s'inspirant dans son langage de l'école cyrénahpie , la moins cliaste de toutes les écoles. Mais laissons-le parler :

Des plaisirs et IjIciis que nous avons, il n'en est aidcnn

exempt de f|uelqiie meslange de mal et d'incommodité

Nostre extreiae volupté a (pielque air de gémissement et de plaincte; diriez vous pas qu'elle se meurt d'angoisse'.' Voire quand nous en forgeons l'image en son excellence, nous la fardons d'epithetes et qnalitez maladifves et douloureuses, ianguexu', mollesse, foiblesse, défaillance, iiiorhiilczzti La ])rolon(lc io\e a plus de sévérité <jue de

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