LIVRE SECOND
{javetr; l\'xtx"eine et pliiu contentement, plus de lassis
que d'enioué (Test ce que dicf nu Acrset grec ancien,
de tel sens, « Les dieux ikius vendent tonts les biens qu'ils nous donnent. »
Voiture a dit dans une de ses lettres : « Pour l'ordinaire, la fortune nous vend bien chèrement ce qu'on croit qu'elle nous donne » , et tout le monde connaît les beaux vers de la Fontaine :
II lit au Front de ceux qu'un vain luxe environne, (Jue la fortune vend ce qu'on croit qu'elle donne.
Cette pensée se retrouve aussi dans Voltaire : Le bonheur est un bien que nous vend la nature.
^letrodorus disolt, (ju'eii la tristesse il y a quelque
alliage de plaisir. le ne sçais s'il vouloit dire aultre chose; mais, moy, j'imagine bien qu'il y a du desseing, du consentement, et de la complaisance, à se nourrir en la melancholie : ie dis oultre l'ambition, qui s'y peult encores mesler; il v a quelque uudn-e de friandise et de délicatesse qui nous rit et qui nous flatte au giron mesme de la melancholie. Y a il pas des complexions qui en font leur aliment?
Est quiedam flere voliijitas '.
L'extrémité du rire se mesle aux larmes.
1 Les larmes ont quelque douceur. Ovid:;.
264 ÉTUDE S H lî LES ESSAIS DE MONTAKiXE.
L'esprit proloiuléiiieiit observateur de Montaijjne se montre dans lapajje (|ui teiniine ce cliapitie. Cela, je pense, a été |)en dit; mais il est certain <|ue t'cla n'a jamais ét('' si hien dit :
Il est |);ncill('iii('nt vrnv f|iie, pour riisn{}e de la vie, et service du conuiieice puhllcque, il y peidt avoir de l'excez (Ml la piuc'lr <'t |iei'.s|)i(a(i(('' de ri<xs esprits; ccttt' clarté pénétrante a liop de sidilililc'- el de (•nii()si(('' : il les l'aidl appesantir et esmoiisser pour les rendre pins olieïssauts à l'exemple et à la piaotlipie, et les espessir et obscureir poiu- les proportionnera cette vie tenebieiise e( terrestre •. pourtant se lieuvent les esprits connnuns el ninins tendus, pins prnpi'es et plus lieiiriMix à conduire aihures; et les opinions de l,i pldlosopbie eslevees et ex'pnses se Ireincnt ineptes à rexeicice. (ielte poinclne \ivacilé tTanie, et cette volubilité sonp|)l<' el in([niele, Ironble nos neeociations. 11 faull nianiei' les enlreprinses buuiaines |dns j|iossieri'ment el snperlieiellenient , et en laisser bonne et [jrande p.irt [)onr les droicts de la fortune : il n'esl pas besoin d'esclairer les allaires si prolondenieni el si subtilement: on sy perd, à la c<»nsideration de tant <le Inslres contraires el (ormes diverses
<Jni en recberclie el end)rasse loiites les circonstances et conséquences, il eni|ies(lie son esleclion : un enein moven condnici ej;nalemenl, el snllil an\ e\ecnlif)ns de jp'and el de pelil poitls. lU'jjardez cpie les meilleins mesiia^ieis sont ceidx (pii nous sca\cnl moins dii'c comme ils le soni ; et ([ne ces snHisanIs couleurs léy tout le pbis souvent rien ipn \aille : ie scais un ;;rand dis<nn- et tresexcelleiil peinire de loiile sorle de mesnaee, (pua laissé bleu pilensenienl conler pai' ses maiirs cenl mille li\ l'Cs de