LIVRE SF.r.OND
ce point. An moyen à(je, Cliarlemapiie étal)lit des lif>nes de |)oste ponr faciliter ses coninnniications av(H; son vaste en)])ire. Mais c'est ;i Louis XI (ju(; la France doit une organisation sérieuse et ré^julière des postes. Il est viai que l'édit du 19 juin 1464, éta])lissant cette inslitiitiou, n(,' s'occujic <jue du service du roi : il y consacra des sommes considérables, et, sur toutes les grandes routes de France, il y eut de quatre lieues en (juatre lieues des maitrcs tenant les eheium x eonn/nts <ln roi, (pii portaient, d(.' relais en relais, toutes les dépêches ([ui leur étaient adressées. Enfin Henri III rendit public l'usage de la poste, en créant des messagers rovaux se chargeant dt'.i lettres des j)articuliers. Me voici, dans ce rapide exposé, à Vvpo(pu' où vivait Montaigne, cl je m'em|)resse de lui céder la place :
le n'av pas esté des plus foihies en (•(;( (exercice, (jiii est propre à fjents de ma taille, leriiK! et courte : mais l'en quitte le mestier; il nous essave trop |)Our \- (hirer lony temps. le lisois, à cette heure, que le roy C\ rus, pour recevoir plus facilement nouvelles de touts les coslez de sou empire, qui estoit d'une fort {jurande esteudiie, fcit refjardcr combiiii un <lit'\al [xxivoit fiire de chemin eu un ioiii-, louî dune traicte; et à cette distance, il establit des hommes qui a\oieut cliarj;e (!<• leiiir des (•lie\aulx prests pour eu fiiurnir à ceulx (pii \iendroient vers luv; et disent aulcuns, que c(îtte vistesse d'allei' revieiU à la mesuie du vol des y ru es.
270 J:TUDE sur les essais de MONTAIGNE.
César dict <|iie Liicius Vihiilliiis Uiifiis, ayant haste de porter un advertissement à Poinpeins, s'achemina vers luy jour et niiict, changeant de chevanlx, pour faire dilij;ence : et Iiiy niesine, à ce que dict Siielone, foisoit cent milles par iour sur un coche de louage; mais c' estoit ini furieux courriel-; car, où les rivières luv trenchoient son chemin, il les franchissoit à la nage, et ne se destournoit du droict, |)(>ur aller quérir un jiont ou MU gué. Tiberiiis Nero, allant veoii' sou frère Drusus malade en Allemaigiie, feit deux cents milles en vingt quatre heures, ayant tiois coches. En la guerre des Romains contre le roy Antiochus, T. Semproniiis Gracchus, dict Tite Livc, per disposiios cquos prope incred/bili celcritaie ah Anipliissa tertio die Pellaiii pervenit' : et appert, à veoir le lieu, que c'estoient postes assises, non ordonnées freschement pour cetle course.
L'in\ention de Cecina à r'euvoyer des nouvelles à ceulx de sa maison, avoit hicn plus de promptitude : il empoita quand et soy des arondelles, et les relaschoit vers leurs nids (juani^ il vouioit renvoyer de ses nouvelles, en les teignant de luarcjue de couleur propre à signifier ce qu'il vouioit, selon qu'il avoit concerté avecqiies les siens.
Au théâtre à Home, les uiaistres de famille avoient des pigeons dans leur sein, auscpiels ils allachoient des le(tres, (juaud ils \ouloient mander qiu'lque chose à îeins gents au logis; et esloient dressez à eu rapporter icspoust". ]). lîriilus en usa, assiège'- à Mutiiu'; et aultics, ailleurs.
' Se rtMulil 011 trois jouis d'AinpIiisse à Pclhi, siii- des rlievaiiv du r'dais, avi'c une lapldité jyri'sqiie iricroyaljl<>.