‹ Etude sur les Essais de MontaigneChapitre 144 sur 250 · DES MAUVAIS MOYENS EMPLOYÉS A BONNE FIN · texte numérisé non relu

DES MAUVAIS MOYENS EMPLOYÉS A BONNE FIN

Au commencement de ce chapitre quelques mots suffisent à Montaigne pour représenter l'ordre invariable et universel des choses de ce monde :

Il se treuve une merveilleuse relation et correspondance en cette universelle police des ouvrages de nature, qui montre bien qu'elle n'est ny fortuite, ny conduicte par divers maistres. Les maladies et conditions de nos corps se veoient aussi aux estais et polices : les royaumes, les republlfiues naissent, fleurissent, et fanissent de vieillesse, comme nous.

Après avoir parlé de la guerre comme d'un moyen

272 rrrUDE sur les essais de MONTAIGNE.

détestable einj)l()vé (jiiel(|nef()is à une bonne fin, Mo!itai(jne adresse ;i Lycurj^ne nn reprocbe (jui n'est peut-être pas complètement juste :

Lvcurgus, le pins verfnciix ef parFaict le(;i,slat('nr qui liL'iist oncqnos, inventa retle Ircsiniuste façon, pour inslrnire son peu[)le à la tempérance, de laire envvrei' par force les Elotes qui cstoient leurs serfs, à lin (pi'en les veovaiit ainsi perdus »■( ensepvclis dans le \in, les Spartiates prinsent en horreur le dcsborcleiucnt de ("e

vice.

Il me send)le ipu* ces deux mots jxir fmcc sont de trop, et je m'ima;;ine rpie les Ilotes se j)rëtaient assez volontiers à servir aiirsi de leçon aux petits Spartiates. Dans nos villes, )ious avons clia(|ue jour sous les yeux de trop nombreux exemples d'ivrognerie, et, poui' nous les offrir, les gens n'ont pas l'habitude de se faire prier.

Ici Montaigne .s"elè\(' avec (orce cojitre !e barbare usage; des combats de gladiatenrs, et blâme ênergi(piement les Romains d'avoir employé un j)areil moyen pour dresser le penpie a la vaillance,' et au nu'pris de la mort :

C'estoit, à la veiité, un nieiveilleux cxcnipU-, et

d(> trés(;ran(l fruict poiu- rinslituiion (bi |)eup]ci do veoir louis les iours l'ii sa piescnce, cent, deux ccnis, \oiie mille couples (riiommes, armez les uns coutrt; les aidircs.

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