‹ Etude sur les Essais de MontaigneChapitre 145 sur 250 · LIVRE SECOJND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOJND

so IkicIhm- 011 pii'cos, avecqiies une si cxlremo ferniclé do ooLirajjO-. qu'on ne leur voit lasolier une parole de foil)l(\s.se ou conniiiseralion, iauiais (ouruer le dos, ny faire seulciiiont un niouvcnient lasclie pour (jaucliir au coup (le leur adversaire, ains tendre le col à son espee, et se [uesenter au coup : il est advenu à jilusieurs d'entre eulx, estants Llecez à mort de force plaves, d'en\oycr demander au peuple s'il estoit content de leur debvoir, avant que se coucher pour rendre l'esprit siu' la place. Il no falloit pas seulement qu'ils combattissent et niourussent constamment, mais encores alaigrement; en manière qu'on les hurloit et mauldissoit, si on les veoyoit estriver à recevoir la mort : les fdles mesmes les inci-

toieut :

Ctmsiu-jjlt ad ictus.

Et, quoties victor ferrum iugulo inscrit, illa Delicias ait esse suas, pectusque iacentis Virgo modesta iuliel coiiverso pollice ruinpi •.

Les premiers Romains employoient à cet exemple les criminels : mais depuis on v employa dos serfs innocents, ot dos libres mesmes qui se vendoient pour cet effect, iusques à dos sénateurs et chevaliers romains, et encores

des foimiics : ce que ie trouverois fort estranye et in-

cioyable si nous n'estions accoustumez de veoir touls les iours, en nos guerres, plusieurs milliasses d'hommes estran(jiers, engageants, pour de l'argent, leur sang et leur vie à des querelles oii ils n'ont aulcun interest.

' Lu vierjjc modoste se lève à cliaipic coup; et toutes les t'ois que le vainqueur égorf^e son adversaire, elle s'écrie que cela la charme, et elle fait signe, ^.n renversant le pouce, de percer la poitrine du "Indiateur éti-ndu nir l(>rie. Pi'.ruKXcK.

274 ETUDE SUR LES ESSAIS DE MOM'AIGiNE.

cnAPITIîE XXTV

DE LA GliANDKlH liOMAINE.

MontaigiK' exalte, dans ce chapitre, la grandeur romaine. Il cite César faisant des rois, Popilius traçant un cercle autour du roi Antiochus, lui disant avec une paifaite insolence qu'il n'en sortirait qu'après avoir rendu réponse au sénat en obtenant de ce roi (jiii régnait sur I l'Egypte entière cette liiunbJe réponse : « Je ferai ce (pu- le sénat nie commande. »

Corneille aussi avait en haute estime les Romains, et pensait comme Montaigne (juand il faisait dire à r.milie, au troisième acte de Ciiina, puis à Atlale, au premier acte de Nicomèdc :

Sachez (pi'il n'en est poiiil <pie le ciel u ait f.iit naître Pour commander aux rois et jiour vivre sans maître.

Ce n'était pas tout a fait l'avis du président de Brosses, qui, à vrai dire, n'est pas une grande autoril(''. Il prétend que (;'esl un j)ré|ugé général qui élève si haut le peuple romain, et les raisons qu'il donne ne sont pas absolument mauvaises ; seulement elles pourraient être présentées en meilleur style : « L'habitude " qu'on a contractée, dit-il , de juger favorablement

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