LIVRE SECOND
C'cstoil à Uonic iinu sijjiiilicatioii du (aveiir, de
comprimer et Ijaisser les poiiloes , et de desfaveur, de les
haiilser et contourner an dehors :
Converso poUice viilgi , Quciiililiol occidnnt jinjuilniitcr ' .
Les Romains dispensoiciil de la guerre ceulx qui estoient blecez au poulce, comme s'ils n'avoient plus la prinse des armes assez ferme. Aujjuste confisqua les biens à un chevalier romain, qui avoit, par malice, coupé les poiilces à deux siens iennes enfants, pour les excuser «l'aller aux armées : et, avant luy, le sénat, du temps de la gueire italique, avoit condamné Caius Vatienus à prison perpétuelle, et luv avoit confiscjué touts ses biens, pour s'estre à escient coupé le poulce de la main gauche, pour s'exempter de ce voyage.
En Lacedemone, le maistre chastioit les enfants en leur mordant le poulce.
J'aime encore mieux le martinet ou la férule, qu'on a cependant très-bien fait de supprimer. Depuis quelque milliers d'années les maîtres ne mordent plus le pouce de leurs élèves; mais il y en a encore qui leur tirent les oreilles. J'ai gardé un médiocre souvenir de l'un de nos professeurs du collège Bourbon cliez qui cette familiarité brutale était vèritablementune manie.
* Dès que le peuple a tourné le pouce en haut, il faut, pour lui plaiie, (jue les gladiateurs s'égorgent. JcvKXAf..
CJTAPITRE XXVr[.
cou Ali 1)1 si:, met. e de la o p.u a u t é .
l'ay souvent ouï <liie (|ii(' l<i couardise est niere de la
cruauté La vaillance, de <|ui c\>st l'effect de s'exercer
seuleiiienl contic l,i lesistance, s'arreste à veoir reniiem\à sa inercy : mais la pusillaniniité, j)oui- dire qu'elle »\sl aussi di' la fesie, ii'.ivant |ieu se ineslef à ce premier roolle, prend poiw sa |)art le second, du massacre et tlii san{;. Les meurires des victoires s'exercent ordinairement par le peupli', et [)ar les officiers du ba[;af|e : et ce (jiii Caict \eoir tant de cruautez inouïes aux fjuerres populaires, c'est que cette canaille de vul;;aire s'ajjiierrit, se gendarme, à s'eiisaiijjlantei- ius(|ues aux coudes, e( desdiiquetter ow corps à ses pieds, n'avaut lessentinu'Ut d'aullre vaillance
!Montai(>"iie ti'iiite ici la (|iiestion du duel, et i'<!n ])OiMrait relever plusieurs enipiiints faits à ce passa(;e par rîonsseaii dans la cinqnanl(3-septièine lettre de la première partie de la JSoiii'el/c fic/oïsc. Tout ce qui a ète dit de |)arfaitenient juste contie le duel ne saurait en abolir riisajje. (l'est un prépi^jL^ qui sera tou|ours plus fort que la raison et ménu' (pie la loi. Son fou- {jueiix adversaire, lîousseau, a vainement amoncelé les ar{;iunents les |)lns forts pour le cond)attre. ^'ai-