‹ Etude sur les Essais de MontaigneChapitre 149 sur 250 · I.rVRE SECOND · texte numérisé non relu

I.rVRE SECOND

nement 11 ;i dit avec cette élocjnontc exagération (|iii lui ('lait liahituelle , ([ii'il regardait les diiels comme le dernier degré de brutalité où les hommes pussent parvenir. H n'en est pas moins vrai que les duels sont aussi nombreux aujourd'hui qu'aulrelois. Seulement la douceur relative de nos mœurs empêche le plus souvent qu'ils aient une issue funeste. On les entoure de toutes les garanties d'humanité compatibles avec le point d'honneur, qui en est la base et l'indestructible princij)e. Les témoins, à présent, au lieu de prendre part au combat, comme au temps de Montaigne, le règlent, le surveillent, s'opposent à toute inégalité, et, presque toujours, séparent les combattants à une première elfusiou de sang-, même légère. On ne peut rien de plus, et le duel, il faut bien le dire, représente une nécessité sociale, à ce point que si, un jour ou l'autre, il cessait d'être atteint j)ar la loi, très-peu de personnes songeraient à réclamer et à s'écrier que les mœurs sont perdues.

Nos percs se eonleiitoieiit de rexeiielier luie iiiiiu'e par un (lesnienti, un desinenti par im coiq:), et ainsi pas ordre; ils estoieut assez valeiu-enx pour ne craindre pa leur adversaire vivant et oultragé : nous tremblons de frayeur, tant (jne nous le veoyous en pieds; et qu'il soit ainsi, nostre belle praclique d'aujourd'hui porte elle pas de ponrsnvvMe à mort, aussi bleu celuy que nous avons offeiisr. (pie re1iiv(|iii nous a offensez? C'est aussi une

espèce de lascheté «[ui a indudiiict en nos combats sin~ (juliers cet iisa[;(' de nous accouipaigner de seconds, et tiers, et quarts : c'esîoit anciennement des duels; ce sont

à cette heure rencondcs et battailles On se servoit

anciennement de personnes tieices, pour [garder qu'il ne s'y feist desordre et desloyauté, et pour tesmoi[;ner de la Fortune du comliat : mais de|)nis ([u'on a prins ce train, (ju'ils s'y enj';a{;ent eulx mesmes, quiconque v est convié ne pi'iilt lionnestemeut s'\ tenir comme spect.iteur, de peur (|u'on ne Inv attril)iie (pie ce soit faulte on d'alfcction ou de cœur. Oultr«> riuiiistice d'une telle action, et vilenie, d'enj;a;jer à la protection de vostre honneur aultre valeur et force que la vostre, ie treuve du desadvantage à ini houniie de Lien, et qui pleinement se fie de soy, d'.dlei' mesler sa fortune à celle d'un second : cliascun court assez de hazard poui' soy, sans le courir encores pour un auitre, et a assez à faire à s'asseurer en sa propre \('rlu pour la deIK'usc» de sa \ ie, sans commelfic chose si cliere eu ui.iius tierces. Car, s'il n'a esté expressément uiarchaudé au couti.iiie , des cpiatre, c'est une partie liée; si \ostre second est à terre, vous en avez deux sus 1rs hias, avecques raison : et de dire que c'est superclielie, elle Test voiremeuf; comuie île <"harfj'er, bien armé, iiu homme qui u\i (jifun lioucon d'espee, ou, tout sain, un homme (pii est desia foit blecé: mais si ce sont advantages que vous ayez (jaijjné en coud)attaut, vous \(>us en pouvez servir sans repioche. J.a disparité et inegualité ne se poise et considère cjue de Testât en cpiov si' commence la meslee; du reste prenez vous en à la fortune: et (piand vous en auiez, tout seid, trois sur vous, vos deux couq)ai^;ii()irs s'eslaut laiss(' tuer, on ne vous fiiicl non plus de tort (jue ie ferois, à la ,';uerre, de douuei' un

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