‹ Etude sur les Essais de MontaigneChapitre 155 sur 250 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

aiiltre figure de mesme (jenre incojïiieu à riiomine. De sa tonte sagesse il ne part rien que bon, et coin m un, et i"e- ,<;](' : mais nous n'en veoyons pas l'assortieuient et la relation Nous appelions contre nature, ce qui advient

contre la coustuuie : rien n'est que selon elle, quel qu'il soit. Que cette raison universelle et naturelle chasse de nous l'erreur et l'estonni'nicnt ([ue la nouvelleté nous apporte.

Tout le talent de Montaigne ne peut suffire à expliquer ce qui est inexplicable. Quand nous nous attristons à la vue d'un monstre, d'une malheureuse créature soulevant en nous un sentiment de répulsion et de pitié, il nous est difficile de croire que Dieu dans sa bonté infinie a voulu qu'il en fut ainsi. Est-ce possible? Non; mais ne cherchons pas. Gardons-nous de toucher à de pareilles questions et contentons-nous d'apprendre à notre raison à s'incliner devant d'impénétrables mystères. Les éloquentes paroles de M. Edouard Laboulaye, que je suis heureux de placer ici, sont la meilleure réponse qu'on puisse faire à toutes ces tentatives d'impossibles démonstrations : « A vouloir me démontrer ce qui » est indémontrable, on me rendrait sce])tique. Le » mystère, je l'accepte; il m'entoure de toutes parts. » Dans la nature comme dans mon âme, je sens l'in- " fini qui me déborde; mais la raison me dit que je " puis le sentir et non pas le connaître, moi qui ne

» suis qu'un atome perdu dans l'immensité. La main » qui me soutient et qui soutient aussi les mondes, » je ne la vois pas, je m'y al)andonne et je l'adore. M Pour se donner à nous, Dieu ne nous dit pas de le » comprendre; il nous demande de l'aimer. »

criAPiTBK xxxr.

DF. I.A CIIOLKP.K.

Les réflexions qui commencent ce chapitre s'appli(pient peu, Dieu merci, à notre temps. Les mœurs sont j>lus douces qu'au seizième siècle, et de j)lus nos lois punissent les parents qui maltraitent lenrs entants. Toutefois il faut remar(pier qu'il est tro[) souvent nécessaire de recourir à ces lois, et qu'elles ne sévissent (jue dans des cas extrêmes et contre des parents a érilahlcmcnt dc-natmés. Donc, on peut considérer ce que dit ^rontai;;n{' sur ce sujet comme nappartcnant pas tout ;i fait au passé.

Platar(|ue est admirable ])ar tout, mais priiicipalenieut où il liiyc (les adioiis liuiiiaiiics. On peiilt vcoir les belles clioses qu'il (licl, fil la coiupaiaisou de Lycur^jus et de Niuna, sur ic propos dr la grande siiuplesse que ce nous est, (faliandoiiner les enfants au you\('ruenien( et à la

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