‹ Etude sur les Essais de MontaigneChapitre 52 sur 250 · DE LA MODERATION · texte numérisé non relu

DE LA MODERATION

Ce chapitre pourrait être intitule : De la modération dans les plaisirs du mariage, et à ce propos Montai(}ne aborde bravement une série de ces détails très-risqués où, à vrai dire, il semble assez souvent se complaire. Je ne le suivrai pas dans cette voie, et me contenterai de citer quelques lignes parfaitement chastes de la première page.

On peiilt et trop aimer la vertu , et se porter excessivement en une action iuste. A ce Liais s'accoinmotle la voix divine, « Ne soyez pas phis sages qu'il ne fault; mais soyez sobrement sages. )> l'ay veu tel grand blecer la réputation de sa religion, pour se montrer religieux oultre tout exeuq)le des hommes de sa sorte.

Montaigne a vouhiprobablementparler de Henri III.

l'ayme des natures tempérées et moyennes; l'immoderation vers le bien mesme, si elle ne m'offense, elle m'estonne, et me met en peine de la baptizer

Encore un mot pour recommander ce chapitre amusant aux lecteurs qui aiment le langage plus ou moins gaulois. Ils y trouveront bon nombre de

citations historiques, ne manqueront pas de prendre en haute estime la vertu de hi reine Zénohie, qui, une fois enceinte, /aisso/f courir son niary loiil le temps de stt ronccp/ioii, et pourront enfin l'aire leur jirofit de la rc'ponse de l'empereur J^lius Verus à sa femme, qui se plai.'piait de (jnoy il se laissoit aller ci. ranioiir (r<inliri's l'cnniies : « C'est par conscience, lui dit-il; » le iiK/j-irn/c eslanl nu nom d hoimeur et de dir/iiite, » }ion de Jolastre el l/iseive coneupiscciice. »

Je sou])çounc l'empereur J'iius Verus d'avoir été un franc hypocrite.

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