‹ Etude sur les Essais de MontaigneChapitre 7 sur 250 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

COMME l'aME descharge SES PASSIONS SLR DES OBIECTS FAULS, QUAND LES VRAIS LUY DEFAILLENT.

Il y a peu de remarques à faire sur ce chapitre, qui est très-court. J'en citerai seulement quelques

1 C'est un soin qu il faut niépilscr pour soi-même et ne pas nc- {TlijTcr pour les siens. CicÉROX.

- Veux-tu savoir où tu seras après la mort? Là où sont les clio>:es qui ne sont pas encore nres.

])]i rases où le style l'evét une forme .fjracieiise et poétique :

Quelles canso.s n'invcnloiis nous des mallionrs qui nous advieiinenl ? A (jnoy tie nous |)iX'noiis nous, à loti <>ii à (Iroiet, pour a\oir ou nous escrimer? Ce ne sont p;is ces tresses Idondes que tu deschires, ny la blanclieur de cette poictrine que despitee tu bats si cruellement, qui ont perdu d'un malheureux plomh ce frère bien avmé : jucns t'en ailleui's.

Le chapitre se termine par une boutade passablement rude :

Ceulx là surpassent tou((3 folie, d'anlant que l'iiu-

pieté y est joincte, qui s'en adressent à Dieu niesme ou à la fortune, comme si elle axoit des aureilles subiectes

à no-tre batterie iMais nous ne dirons iamais assez

d'iniures au desrejjlemeut de notre esprit.

CTIAPîTnE Y.

SI LE CIIKl' d'i NK PLACE ASSIEGEE D O I K T S O I! T I f, POU 11 P A I! L E MENT !•: P, .

Voilà un titre qui appartient bien au tem|)S où vivait Montai[;ne, à ce seizième siècle (jue les ;;uerres civiles et religieuses ont si violemment a(;il('. Alors

JJVRE PREMIER. ' 15

il arriva souvent que des [jouverneiirs de ville se trouvèrent dans des situations difficiles et de {graves hésitations sur le ])arti le moins mauvais à j)rendre. Mais un pareil sujet aujourd'hui n'oflre pas le moindre intérêt, et le livre des Essais aurait été moins lu et serait oul)li(' (lej)uis lonfjtemps, si heaucoup de ses chapitres ressemhlaient à celui-ci.

Il ne contient (jne cpiatre pages tojites remplies de citati(;ns de faits de guerre.

Après avoir parlé de la loyauté repoussant toute ruse, toute surprise, avec larpielle les Romains des premiers temps de la républicpie, les Achaïens et les anciens Florentins combattaient leurs ennemis, Montaigne, qui veut que nous ne poussions rien trop loin, pas même l'héroïsme, admet pour vaincre l'emploi de la ruse :

Nous tenons, dit-il, celuy avoir riionnenr de la (jucne cpii en a le proulît, et disons que où la peau du lyon ne peult suffire, il y fault coudre un loppin de celle du regnard.

Ce dicton, emprunté à Plutarque, était jio])uIaire au moyen âge, et dans certaines armoiries on voit des lions avec des queues de renard.

10 ETUDE SUl'. LES ESSAIS DE MONTAIGNE.

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