‹ Etude sur les Essais de MontaigneChapitre 77 sur 250 · CHAPITRE XLV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLV

DE LA BATTAILLK I)K DIîELX,

La bataille de Dreux se livra le 11) décembre 15()2, entre les catholiques, commandes par le connetal)le de ]Nrontmorency et François de Guise, et les reformes, sous les ordres du prince de Condé. Les réformés se crurent d'abord vainqueurs. Mais le duc de Guise, avec des troupes d'arrière-garde, rétablit le combat, et, après une lutte sanglante, l'armée protestante se mit en retraite. Le prince de Gondé fut fait prisonnier, et près de huit mille hommes périrent dans cette sanglante bataille.

Montaigne approuva ce que fit le duc de Guise, à

qui Ton reprocha d'avoir vu les troupes du connétable de Montmorency compromises et ])attues, sans se bâter de venir à leur secours. Il voulut attendre j)our ;i(la(pier en rpieiie les bu^juenots. Un de leurs cbel's dit en le voyant paraitie : « Voilà mie queue <nu; nous aurons de hi j)cineà écorcber!» La victoire donna l'aison au duc de Guise, qui, deux mois après, mourut assassine par un pcntilhomme protestant. .Mais laissons [)arler Montaijjue :

Il V eut tout plein de rares accidenî.s eu iiosire Ijatlaille (le l)reiix ; mais ceulx qui ne favorisent jjas fort la icpiualioii de 1\!. de Guvsc, iiietlenl volontiers vn avant, ipTil ne se pcull excuser d'avoir faict aile et temporisé avecques les forces (pi'il commandoit, ce pendant (pi'oii enfonçoit monsieur le connestable, chef de l'armée, avecques Tarlillerie, et qu'il valoit niieulx se bazarder, prenant l'eunemy par flanc, que, attendant l'atlvantagede le veoir en queue, souffrir une si lourde jK'ite. iMais, «jultre ce <|iie l'issue eu lesmoijjna, <pù en débattra sans passion lue confessera ayseemeni, à mon advis, que le biU et la \isee, non seulement d'un capitaine, mais de cliascpie soldat, doil)t regarder la \ ictf)ii'e eu (^fros; et que nulles occurrences particulières, (piehpie interest (pi'il ^■ ait, ne le d(ub\eul divertir de ce poinct là

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