‹ Étude sur les ex-dono et dédicaces autographesChapitre 6 sur 29 · TH. GAUTIER · texte numérisé non relu

TH. GAUTIER

Voici un Ex-dono que j'ai trouvé sur la traduction d'Horace de Jules Janin, appartenant à M. Francis

Petit, l'expert érudit que tout le Paris artistique connaît; tracé au crayon sur le faux titre, il affecte de conserver la forme surannée du dix-huitième siècle :

« Pour M. Francis Petit, le grand juge des vivants et des morts. À

Son tout dévoué. JULES JANIN. »

Comme pendant, citons cet Ex-dono de Charles Blanc sur une Grammaire des arts du dessin (Paris, 1867) :

« À Paul de Saint-Victor, maître en l’art d'écrire et d'écrire sur l’art. CHARLES BLANC. »

Je ne suis pas encore assez loin de J. Janin pour ne point raconter une histoire d'Ex-dono dont il est le héros.

Un célèbre relieur appelé par Janin qui voulait lui confier quelques travaux, eut l'attention délicate de choisir, pour échantillon de son savoir-faire, un exemplaire de cette même traduction d'Horace.

Le volume relié sur brochure était habillé de maroquin plein, non rogné, doré en tête, orné d’encadrements sur des plats, de dentelles aux bords intérieurs, de nervures, de petits fers, etc., etc., tout ce que le bon goût autorise, tout ce que le luxe peut se permettre.

Janin fut flatté de voir son œuvre si richement enveloppée et, sans s'informer du nom du propriétaire de ce beau livre, il écrivit sur le faux titre :

« Ami inconnu, je te salue. 17.

C’est encore Janin qui mettait sur : Petits Romans d'hier et d'aujourd'hur (in-123 Paris, APRES ces deux vers mystérieusement intimes :

« Maxime, entre nous deux, le pari suspendu, Quel bonheur, cher ami, c’est moi qui l’ai perdu! Janvier 1870. J. JANIN. »

Puis sur la Poésie et l'Éloquence à Rome au temps des Césars (Paris, 1864).

« À mon maître, à mon ami, M. Sainte-Beuve.

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