‹ Étude Sur Les Fractures Du Col Du RadiusChapitre 10 sur 26 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

On peut dire que dans la majorité des cas le traitement des fractures du col du radius est des plus simples.

Mais là encore, comme dans voutes les variétés de fractures, trois modes de traitement sont à notre disposition et trouvent des indications bien précises. Ce sont :

19 L’immobilisation.

20 Le massage et la mobilisation précoce.

39 L'intervention sanglante.

Cependant chercher à maintenir en place les fragments d’une fracture du col du radius au moyen d’un bandage ou d’un appareil, si ingénieux soit-1l, serait illusoire et même dangereux pour le bon fonctionnement de l'articulation. Tout au plus ce procédé pourrait-il servir à calmer la douleur trop violente. S'il n’existe qu'une simple fissure, l’appareil plâtré n’est pas utile, et s’il y a un grand déplacement, un appareil quelconque est absolument incapable d’obtenir le minimum qu’on puisse lui demander, c’est-à-dire d'empêcher la production ultérieure d’un cal vicieux.

Le massage et la mobulisation précoce semblent être, jusqu'ici le traitement de choix, encore que ce procédé ait fait l’objet de nombreuses discussions. Si l’on en croit MM. Nové-Josse- RAND, DEsror, VINCENT et en général les chirurgiens

de l’ÉCOLE DE LYoN, le massage et la mobilisation ont fait plus d’infirmes que l’immobilisation.

« Sans aller aussi loin, dit RABouRrDIN dans sa thèse sur la « fracture de la tête du radius, on peut admettre que ces « deux résultats exaltent d’une manière exagérée l’activité «ostéogénique des lambeaux périostiques détachés, et peut- € être même, favorisent la transformation des hématomes « musculaires en futurs ostéomes.

« Ces faits s’observent particulièrement chez les jeunes sujets dont le périoste est éminemment fertile, et c’est surtout à cet âge que cette méthode doit être, pensons-nous, proserite. »

Cependant pour notre part, en nous basant sur l’ensemble des observations que nous avons recueillies, nous croyons que le massage, quand il est pratiqué de façon précoce, aussitôt que le diagnostic a été posé, est le traitement qui donnera les meilleurs résultats ; mais à condition qu'il soit fait quotidiennement, plutôt deux fois par jour si cela est possible, et en agissant légèrement et méthodiquement à distance du foyer de la fracture. Ce massage sera suivi de mouvements provoqués de l'articulation du coude, destinés à éviter l’atrophie musculaire et l’ankylose. »

Quant à la production d’ostéomes et d’ostéophytes il nous semble quelle doit être le résultat d’une prédisposition spéciale du sujet, ou bien plutôt d’un massage pratiqué sur le foyer même de la fracture, ou à intervalles irréguliers et d’une façon non méthodique. Nous suivons maintenant aux indications de l'intervention sanglante dans les fractures du col du radius.

Il s’agit Ià surtout d'une intervention secondaire à laquelle on aura recours en présence d’une lésion ancienne avec consolidation vicieuse, ou lorsque toutes les autres méthodes de traitement auront échoué.

Elle a sur l’intervention précoce l'avantage important d’être

plus simple, puisqu'elle ne découvre pas un foyer de traumatisme récent et des tissus contus et infiltrés de sang.

Toutefois il nous semble que dans certains cas ou la fracture s’accompagne d’un très grand déplacement elle doit être immédiatement traitée par l'intervention sanglante. Dans cette opération on aura pour but : soit de pratiquer une suture osseuse, (mais dans la plupart des cas les tentatives qui ont été faites ont échoué) soit l’ostéotomie du col qui permettra de reprendre le traitement de la fracture, soit enfin et surtout l’extirpation pure et simple du fragment épiphysaire qui a toujours donné d’excellents résultats fonctionnels.

On s’attachera en même temps à détruire les lambeaux périostiques, cause toujours possible de futurs ostéomes.

Enfin, après l'intervention le membre sera immobilisé dans une écharpe pendant une semaine environ, et c’est seulement au bout de ce temps que l’on pratiquera la mobilisation et le massage, mais de façon prudente.

En ce qui concerne cette extirpation du fragment osseux très déplacé, nous croyons avec WEnDT (DE HALLE) que ses indications doivent être beaucoup plus rares que ne le veut Frirz KoNIG qui préconise cette intervention.

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