DIAGNOSTIC
Souvent le diagnostic d’une fracture du col radial n’est pas facile à faire sans avoir recours à la radiographie, soit que l’on se trouve en présence d’une fracture à symptômes frustes, soit qu'il existe d’autres lésions traumatiques concomittantes.
Mais 1l n’y a pas de confusion possible avec une luxation du radius par élongation, ou subluxation, luxation incomplète des enfants qui est causée (on le sait depuis les recherches de Duverney, de PINGAUD), par l’interposition partielle du bord libre du ligament annulaire, entre la tête du radius et le condyle huméral, à la suite d’une traction brusque sur l’avant-bras. Il y a bien dans ces cas comme dans les fractures du col, impossibilité de mettre la main en supination, maislà s’arrête la ressemblance. La physionomi: clinique de ces malades est toute spéciale. C’est par exemple un enfant de deux à trois ans, que l’on a retenu brusquement par la main pour prévenir une chute, ou que l’on a soulevé brusquement par l’avant-bras pour lui faire franchir un obstacle tel qu’un ruisseau. Au moment de l’accident l’enfant accuse une vive douleur dans la région du coude ; 1l laisse pendre son avantbras inerte le long de son corps, en pronation plus ou moins complète, et refuse absolument de se servir de ce membre.
En l’examinant on constate que tous les mouvements sont libres sauf la supination. Si l’on imprime alors à l’avant-bras
Te
une supination brusque avec flexion tout rentre dans lordre.
Les luxations ordinaires du radius en avant, en dehors, en arrière sont trop caractéristiques, même isolées pour induire en erreur. Mais rappelons en passant que les luxations du radius en avant sont souvent associées à des fractures du cubitus siégeant à l’union du tiers supérieur ct du tiers moyen, ainsi que l’a montré PERRIN.
Autrement difficile est le diagnostic avec une fracture partielle de la tête radiale, telle que la « Meisselfracture » des auteurs allemands, bien étudiée par RaBourpiN dans sa thèse récente. Dans cette fracture une tranche de la capsule radiale est détachée de la tête du radius. LOBKER en cite trois observations chez des sujets de 16, 20 et 48 ans auxquels il a dû pratiquer une résection (?)
‘Jne erreur commise fréquemment et qui est pardonnable quand le membre est très tuméfié, consiste à croire à une fracture du condyle externe de l’humérus. © 11 est des cas, dit M. Albert Moucuer, où l’examen le plus attentif ne permet pas de préciser le siège radial de la fracture. Que sera-ce dans ces cas (il est vrai, très rares) de fractures partielles de la rotula ou du capitulum humert que j'ai proposé d'appeler le décalottement du condyle articulaire. Si HAN n'avait pas eu entre les mains la pièce anatomique, nous ne lui devrions par la première description de cette fracture qu'il avait prise pour une fracture du col du radius. »
Dans le cas enfin où il s’agit d’une consolidation vicieuse de fracture ancienne du col du radius, le diagnostic peut être très embarrassant, et la radiographie, quoique nécessaire, ne suffit plus, 1l faut demander à l'intervention chirurgicale des renseignements encore plus précis.