‹ Étude sur les Gesta martyrum romains (volume 2)Chapitre 39 sur 132 · L AUTEUR DE NAZAIRE · texte numérisé non relu

L AUTEUR DE NAZAIRE

Nazaire et Pontius ont pris forme grâce à des évêques gaulois, vers le milieu du v« siècle *. La légeade milanaise ^ des inventions faites par saint Ambroise est postérieure à la légende ravennate de ces mêmes inventions.

1 J'ai relevé quelques points de contact entre Nazaire, Silvestre et les Tractatus du pseudo-Origène : 1. Ici et là, la polémique contre les Juifs occupe la pensée du rédacteur : cf. iv, 34 ; « saepe nobis adversum Judaeos certamen est...: cur circumcisio data sit populo Israhel... Quam circumcisionem si Judaei magni eestimant, quid acturus est Adam..., Seth..., Enoch... Deinde iu eremo ingens circnmcisorum multitudo prostrata est, et omnes incircumcisi sunt reservati... Qua de re, dilectissimi fratres, calcatis iudaïcis fabulis et haereticorum calumniis, totos in Cbristi amore, totos in evangelii sui sacramento condamus [IV, Batiffol 34-35] ». J'insiste sur le tractatus VIII qui traite explicitement de la question du sabbat : c'est cette périphrase, on l'a vu, qui, dans Nazaire, désigne le Judaïsme, « De sola intérim sabbati observatione tractemus, sino qua Judaei omnem hominem fore ab spe vitae aeternae alienum putant... Respondere potest Judaeus : si sabbatum observandum non erat, cur scriplum est, dicente Moyse : in mente habete diem sabbati... Constat duo gênera esse sabbatorum, unum temporarium, aliud geteriium... [p. 86, 91]». Cf. XI, p. 120-121 : « 0 gens semper incredula Judseorum,... Sed iam cum de perfidia Judaeorum breviter diximus ». Tout cela reflète la même situation que V AUercatio Legis d'Evagre [C. V., 45, 1 (1904) Bralke] et la Vita Silvestri [cf. G. M. R., v] : les Juifs jouaient un grand rôle dans la Gaule du sud au v» et au vi^ siècle. Cf. Concile d'Agde de 506, canons 34 et 40 [Sirmond, i, 168-169J ; les précautions de Césaire [Arnold, Casarius von Arelate, 248], l'histoire du siège d'Arles en 508 [Kurth, CZom'5, 467] ;

2. Ici et là, on célèbre avec le même accent la grandeur du martyre : « Quamquam solemnilas diei et pressens lectio (Daniel, m, 1] admoneat, fratres dulcissimi, ut de bono martyrii debeamus facere sermonem... verendum mihi est ne tam inlustres et beatissimorum martyrum titulos [cf. gestes de Nazaire et de Vincent] inopia aerraocis imminuali minus debilis laudibus persequendo... Spiritus in apostolis Christo lestimonium perhibet, in martyribus... fidem religionis ostendit, in virginibus admirabilem constantiam signatee crucis includit » [xviii et xx, 191, 207, 211] » ; — 3. Rapprocher des passages correspondauts de Silvestre la phrase : sabbatum ergo otium uel ferix in latino uocabulo interpretatur [p. 93] » ; 4. La plus ancienne citation certaine des Tractatus est celle qu'a faite Césaire d'Arles [Morin, R. H. L R., v, 158; Haussleiter, Neue Kirchl Zft. xiii, 140 ; Revue Bénédictine, 1899, 337 et 1906, 174. — Cf. Butler, Journ. of th. stud., 1905, 594]. C'est la preuve que les Tractatus étaient connus dans le Midi de la Gaule, et chez les Lériniens. C'est peut-être le recueil d'interprétations symboliques d'où dépendent à la fois les Tractatus et VAltercatio Legis qui a inspiré à Eucher ses Formules Spiritalis intelligentiœ. — On sait que les Tractatus du pseudo-Origène semblent être détiuitivement attribués à Grégoire d'Elvire (-{- 392), ainsi que l'avait deviné dom Morin. A Grégoire revient aussi le De fide attribué à Pbœbade et les Tractatus sur le Cantique publiés par Heine en 1848 [Wilmart: Bulletin Litt. Ecclésiastique... Toulouse, 1906, 233]. [Cf. aussi de Bruyne : Revue Bénédictine, 1906, 166].

2 Sûr le rapport mutuel de nos versions de Nazaire, cf. infra p. 92-93. Il n'est pas sur que le texte d'Eusèbe nous soit parvenu dans sa teneur authentique et intégrale. Eusebe utilisait-il un texte antérieur?

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