‹ Étude sur les Gesta martyrum romains (volume 2)Chapitre 86 sur 132 · SAINT FLORIAN · texte numérisé non relu

SAINT FLORIAN

régularité des offices. Pourquoi agissait-il ainsi ? N'est-ce pas que l'importance du cimetière venait de s'accroître?

Je note, enfin, que les années 427-440 semblent avoir apporté un calme relatif aux habitants de la Pannonie et des pays Danubiens : au témoignage du comte Marcellin, les Huns abandonnent les deux Pannonies en 427, et c'est vers 441 qu'ils reprennent leurs incursions au sud et à l'ouest \ Qui sait si les habitants de Savaria n'ont pas fait retraite en Italie avec leur saint protecteur vers 440?

Avec le corps ils apportèrent le texte. La tradition de Quirinus mise en contact avec les traditions romaines partagea leur destinée ; elle fut revue, et adaptée au goût du jour, aux environs de Tan 500.

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testes de Comme les gestes de Quirinus, on va voir que les gestes de "'^^ Florian sont un texte des environs de l'an 400, qui fut retouché dans les milieux romains.

jE'?! ces jours-là, Dioclétien et Maximien étant empereurs^ les chrétiens persécutés supportaient avec piété les supplices que leur infligeaie7it les tyrans et participaient ainsi aux promesses du Christ, Certains se cachaient dans les montagnes ^ ou dans des cavernes ; mais d'autres aussi, athlètes saints et fidèles, conquéraient par leur patience {dans les tourments) la

1 An. 427. « Pannoniae quse per L annos ab Hunnis retinebantur a Romanis recepta; sunt. — 441... Hunni, finibus suis egressi Romanorum sola vastaverunt... Hunnorum reges numerosis suorum cum militibus lllyricum irruerunt : Naisum, Siogidunum aliasque civitates oppidaque Illyrici plurima exciderun:. » [M, G. — Auct. antiq., xi, Chr. Minora, ii (1894), p. 76 et 80.

Les grands propriétaires romains ont reconstruit leurs villas en Pannonie, au v© s. [Mommsen : Weihinschrift fur Valerius Dalmalius. [Silzber. Akad. Berlin, t. XXXV (1902) 839], sans doute après 427.

2 D. H. L.,3054. [M. G.— S. R. M. m (1896). aPassiones vitxque sanctorum.,, edidit Bruno Krusch », p. 68J.

230 l'hagiographie pannonienne

victoire et la vie éternelle. Les juges impies luttaient contre les athlètes du Christ ; mais la victoire restait à notre foi vénérable. C'est donc à ce moment que l* ordre des princes sacrilèges parvint à Noricum Ripense : le praeses Aquilinus arriva au castrum de Lorsch et se mit à rechercher furieusement les chrétiens. On arrête une quarantaine de saints ; on les emprisonne ; on les soumet à la torture. Le bienheureux Florian leur succède avec joie : il habitait dans la civitas de Cecium ; de Lorsch il était parti trouver le praeses et affronter le supplice. Près de Lorsch^ sur le ponty il rencontre ses anciens compagnons d'armes, et se fait arrêter par eux : il avait été princeps ofiîcii. c< Éh ! bien, Florian^ lui dit Aquilinus. Que me dit-on ? ... Sacrifie. » — « Je n en ferai rien. Exécute tes ordres. » Le prseses, furieux, ordonne de le faire sacrifier de force. « Seigneur mon Dieu, dit Florian qui élève la voix, j'ai mis mon espoir en toi ; je ne puis te renier ; c'est toi que je sers, c'est à toi que j' offre le sacrifice de louange. Donnemoi la force de supporter les tourments, accueille-moi parmi tes saints athlètes, ceux qui, avant moi, ont confessé ton saint noju. Revêts-moi, Seigneur, de ta force éblouissante [stola candida virtutis tuae], confirme en moi ton Esprit-Saint, ne me laisse pas vaincre par le diable ! » — Aquilinus préfet se moque de lui : « Pourquoi ces niaiseries ? Pourquoi désobéir aux ordres des rois ? » — « Quand je servais dans V armée {des rois) d'ici-bas, j'étais déjà chrétien, en secret. Tu tiens mon corps, mais tu ne peux rien sur inon dme : Dieu seul a pouvoir sur elle. Personne ne me fera adorer les démons, des fantômes. » — Le préfet, furieux, le fait bdtonner. a Faismoi donc jeter dans le feu, lui crie Florian : tu verras si j'ai peur. » — « Sacrifie/ » — « Je sacrifie au Seigneur mon Dieu Jésus-Christ. » Et son visage exprime la joie, bien que les coups redoublent et qu'on lui enfonce des clous de fer dans les épaules. Se vogant vaincu, le praeses prononce la sentence, le fait conduire au fleuve Anisus, avec ordre de le précipiter du haut du pont, le IV des nones de mai. Florian se réjouit à la pensée de la vie éternelle que Dieu a promise à ceux qui l'aiment [quam Dominus promisit diligentibus se]. On lui attaclie une pierre au cou. Il demande qu'on lui permette de prier, se tourne vers V Orient, lève les mains au ciel et dit: « Seigneur Jésus-Christ, reçois mon dme. » // priait depuis une heure environ, sans quon osdt le toucher, quand arrive

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