IRÉNÉE ET FLORIAN
un jeune enragé. « Est-ce ainsi que vous obéissez au préfet », dit-il, et il jette Florian dans le fleuve. Mais aussitôt il a les yeux crevés. Le fleuve dépose le martyr sur un rocher, un aigle accourt le protéger, les ailes étendues en forme de croix. Le bienheureux Florian apparaît à une pieuse femme nommée Valeria et lui indique oit V ensevelir. Elle attelle ses bétes^ va au fleuve y cache le cadavre sous des branchages, comme si elle allait enclore un jardin. Mais voici que, épuisées de chaleur, les bétes s'arrêtent ; Valeria prie, et aussitôt apparaît une source, qui coule aujourd'hui encore. Elle arrive enfin au lieu indiqué, où elle ensevelit le martyr à la hâte à cause de l'horrible persécution, ou s opèrent des guérisons merveilleuses. Ces événements se sont passés au temps de Dioctétien et de Maximien empereurs, devant le prœses Aquilinusj tandis que règne notre véi^itable Seigneur Jésus-Christ, à qui honneur et gloire et pouvoir infini avec le Père et r Esprit dans Vinfini des siècles et des siècles. Amen,
11 est très vraisemblable que les gestes de Florian sont antérieurs au VI* siècle : le rédacteur distingue entre une civitas comme Cetium et un castrum tel que Lorsch. En outre, la fuite en Italie des disciples de saint Séverin atteste clairement le trouble des églises du Noricum à la fin du v® siècle ; Lorsch et Cetium (Mautern, près Krems) ^ sont précisément situés dans cette région du Norique que fuyaient les chrétiens ; et les gestes semblent refléter une situation politique, sinon religieuse, tout à fait normale.
11 est certain que l'auteur de Florian connaissait les gestes àihénée : il y prend une phrase ^ et certaines expressions :
Irénée Florian
« Cum esset persecutio sub Diocle- « In illis diebus, Diocletiano et
tiano et Maximiano imperatoribus, Maximiano imperatoribus, facta est
quando diversis agonibus concer. persecutio christianorum quando di-
tantes christiani a tyrannis illata sup- versis agonibus concertantes chris-
plicia devota Deo mente suscipientes tiani, a tyrannis illatasupplicia devota
praemiis se perpetuis participes effi- mente Deo suscipiebant et promissio-
eiebantur. » nibus Christi participes efficieban-
tur ))
* Sur iElium Caetium, cf. C. I. L., II, 648.
* Le fait a été découvert par M. Krusch, op. cit.. p. 65.
L HAGIOGRAPHIE PANNONIENNE
11 est certain que l'auteur de Florian connaissait les actes de Jules : il y prend certaines expressions ou certains traits. Remarquer, du reste, que Florian et Jules sont d'anciens soldats.
Jules
1. « Quid dicis, luli? Vera sunt haec quâe dicuQtur de te ? [§ 1],