AUTRES VERSIONS DE LA LEGENDE
vons : 1. La mention d'une localité dénommée ad scm Pèregrinum (San Pellegrino), près Grnes où les saint abordent; 2. Un séjour des saints à Embrun; 3. Nazaire se dit civis gcnuetisis, bien qu'il s'avoue originaire de civitale lloma ; 4. Le pape Lin a été évèque durant douze ans ; 5. Ceratius a une femme, Fortunata. L'auteur supprime le voyage de Nazaire à Rome, auprès de son père converti.
La seconde, G, nous est parvenue dans un texte tronqué l, qui commence à la mission de Dentus dans les Gaules : c'est cette version qui fait de Gervais et Protais les enfants de Nazaire. Ils sont à Embrun avec lui, ils l'aident à construire un oratoire tourné vers l'Orient ; lorsque Néron veut les séduire en leur offrant l'argent de ses trésors, les honneurs de son empire et les filles de ses grands (procerum palatii), ils confessent que Nazaire est leur pères^lon la chair et selon l'esprit, ils refusent de goûter des viandes souillées (des sacrifices), puis ils sont expédiés à Milan, et c'est là que les quatre saints sont ensemble mis à mort. Cette version présente encore les particularités suivantes : 1° lorsque Nazaire confie Gelse à une chrétienne, un soldat dit à Nazaire que cette femme a été sa maîtresse ; 2° à Gênes, Nazaire ressuscite l'enfant (?) : il avait été noyé ; tandis qu'il est mort, Gelse (?) a vu Nazaire causer avec Dieu ; 3° lorsqu'il est jeté à la mer, Nazaire nage ; 4° les saints sont tués ensemble, secrètement, dans 1 ergastulum ; o" les corps sont ensevelis directement dans la maison de Ceratius ; 6° les corps sont portés à la basilique ambrosienne; 7° durant la translation un aveugle très connu est guéri ; 8° Dentus est qualifié de magnus miles (non primus).
Le troisième texte, D, est un texte grec2 d'un caractère composite: il est parent de A et de G, bien qu'il les modifie l'un et l'autre. Il est parent de A, car il ignore Embrun et san l'ellegrino et Fortunata, tout en mentionnant le double ensevelissement des martyrs. Il est parent de G, car il fait mourir ensemble Nazaire-Gelsc et Gervais-Protais, et indique qu'ils sont tombés au sein des flots — sans marcher à leur surface — lorsqu'on les a jetés à la mer. Mais il supprime certains traits de G, ainsi la mise à mort en secret, et surtout le rapport de
1 Analecta, n. 302.
2 P. G., 116, 896. — Le» nom» latins, parfois estropia* dann Ip texta grec, tont aisément reconnaip^ahles. IfcXCs sa KlfliAiov, TîjAspov . - Tpeojepov, Tévo'j<jx =s revoua.
père à fils établi entre Nazaire et Gervais-Protais. De même, il supprime certains détails de A : le prologue, Africanus et Perpétue, le judaïsme d'Africanus et son origine africaine, Cornélius, Dentus, Ceratius, le philosophe, les pontifes du Capitole. Voici, d'autre part, quels traits il ajoute et lui sont propres : 1° allusions ou citations de l'Ecriture, [Mt., xxvm, 19 et § 5 ; Isaïe cité au § 6 ; Psaume 106, 35, cité au § 8] ; 2° détails réalistes [§ 6, Gelse, lorsqu'il est jeté à l'eau, a le cœur tourné : Nazaire le guérit d'un signe de croix ; § 6, la femme de l)movatus est émue de pitié à la vue du petit Gelse] ; 3° traits byzantins [date du 14 octobre ; reliques à Constantinople apportées par Théodose au moment de sa lutte contre Maxime et contre les Scythes ; détails sur Théodose] ; 4° certains détails (la femme de Di.novatus reçoit un nom, Dinomeda ; le rôle de Celse tend à s'accroître ; Nazaire donné par Dieu à ses parents en récompense de leur piété [cf. infra, circonstances de la naissance de Pontius] .
Le quatrième texte, E, est également un texte grec, conservé par les Codices Parisini 1568 et 1540 et récemment publié '. C'est un dérivé de C ; d'où son importance, puisque C est tronqué. Nazaire et Celse sont associés à Gervais et Protais et exécutés en même temps qu'eux à Milan ; Nazaire et Celse sont arrêtés à Embrun ; lorsque Nazaire confie Célse à une chrétienne, un soldat dit à Nazaire que cette femme a été sa maîtresse ; lorsqu'il est jeté à la mer, Nazaire nage ; les corps sont ensevelis directement dans la maison de (Ceratius) Cerealius. — Néanmoins, E modifie parfois G : E ignore la présence à Embrun de Gervais et de Protais et leur comparution devant Néron aussitôt après. — E. ajoute à C : lorsqu'il meurt, Celse a 9 ans et 7 mois ; cnassé de Milan, Nazaire va en Afrique où
1 Par le R. P. Fedele Savio : La leggenda dei Santi Nazario e Celso, VII» partie du volume intitulé Ambrosiana. Scfitti varii puàlicati pet XV Centenario délia morte di S. Ambrogio. [Milano, Gogliati, 1897, iu-40]. — Savio date comme moi la légende du milieu du ve siècle ; il insiste sur la dépendance d'Enoodius * par rapport au texte A [p. 15-17 du tirage à part]. Mais je ne saurais admettre avec lui [p. 21], ut que ce texte soit d'origine africaine, ni qu'il soit le plus ancien. Noter aussi que Ennodius ignore Celse.
* Savio cite notamment ces passages ;
« In stirpe Nazarius bona — de morte lumen addidit... Nerone felix principe — diversa perpessus mala Lustrauit orbem nou graui — pauore cordis algidus Sed ut profanis inderet — quo calle conscendant polos Uerus magister actibus — exempta non uerbis dédit... »