‹ Étude sur les Gesta martyrum romains (volume 3)Chapitre 52 sur 143 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Si Sébastien est l'œuvre d'un Lérinien, si d'ailleurs les Lériniens ont écrit plus d'une page de la Légende chrétienne, on doit s'attendre à trouver à Lérins les rédacteurs d'autres légendes romaines. Quelles sont celles qu'on peut joindre à Sebastien ?

Les gestes de Censurinus, je l'ai montré !, sont étroitement liés aux gestes d'Aurea, et tous deux aux gestes de Sébastien. Mais quels sont au juste leurs rapports? Nos textes ne sont pas les seuls qui aient existé ; et comment parler des versions que nous n'avons pas ? Une étude attentive de celles qui restent m'engage à renverser le rapport que j'avais d'abord conçu :

« G. M. R., i, 246-249. — Cf. 5 teptembre 520. — Censurinus [§§ 13-18] abrège Aurea |§§ 10-16]

j'admets que Censurinus est postérieur à Aurea. Censurinus a été récrit par un clerc cultivé, qui connaissait Sébastien lau § 12, Aurea semble être la marraine de ceux qua baptisés Maxime*], qui peut-être connaissait également Salvien 2, et qui voulait, surtout, introduire dans la légende un exposé précis et exact de l'œuvre de Jésus 3 ; seulement, il paraît hostile aux semi-pélagiens *. — On sait, du reste, les progrès de l'Augustinisme dans le midi de la Gaule au temps de Césaire

1 « Et a fonte sacro eos beata Aurea suscepit ». — Cf. Sebastien, 36 : i suscepti a Sebastiano, feuiinarum autem matres factae sunt Beatrix et Lucina. i

Od connaît mal l'histoire du parrainage. Haroack n'en dit rien dans Mission und Ausbreitung des Christenlums [2e Auflage, 1905], De bonne heure, semble-t-il, l'enfant baptisé a eu un sponsor qui se portait cautiou devant l'assemblée des frères des engagements pris. Tertullien * écrit dans le debaptismo, 18 [P. L., i, 1221J : « Caeterum baplismum non temere credendum esse sciunt quorum ofûcium est... Cunctatio baptismi utiiior est, praeeipue tamen circa parvulos : quid enim necesse est sponsores etiam periculo ingeri...? Si qui pondus intelligant baptismi, magis timebunt consecutionem quam dilationem. » Le parrain a dû naître le jour où le mot de Tertullien a cessé d'être exact : /îunt,non nascuntur christiani [Cf. Const. Ap., m, 16; concil. Nicœ nu m, c. 22 ; s. Basile, Epist., 128]

Je note un curieux passage de Césaire sur les devoirs des parrains : « Hoc itaque vos admoueo, fratres dilectissimi, ut quoties. Paschalis solemnitas venit, quicumque viri, quaecumque mulieres de sacro fonte filios spiritualiter exceperunt, cognoscant se pro ipsis fidejussores apud Deum exstitisse : et ideo semper il Lis sollicitudineru verse charitatis impendant. Admoneant ut castitatem custodiaut, virginitatem usque ad nuptias servent, a maledicto vel perjurio linguam refrènent, caotica turpiavel luxuriosa ex ore non proférant, non superbiant, non iuvideant,... peregrinos excipiaut, et secundum quod ipsis in baptismo dictum est, hospitum pedes lavent... Haec ergo omnia et his similia si filios et filias vestras admooere coutenditis, cum ipsis ad eeternam beatitudinem féliciter pervenietis [Sermon 168, 3, de l'appendice augustinieu, P. L., 39, 2071]. — Il est possible que ce soient les Lériniens qui aient, les premiers, teuté d'organiser la charge de parrain. A cet effort se rattache sans doute l'apparition du parrain et de la marraine dans la littérature hagiographique de Lérins.

2 § i. Dieu dirige l'histoire, il punit ceux qui, comme Gallus, persécutent les saints priant pour l'empire; — admiration pour la primitive Eglise [Censurinus, 12 : cœperuntque primitive Ecclesi-e ducere vitam ; et Adversus Avaritiom, i, 2, abiit quippe Ma egregia ac supereminens dudum pnimm\t: plebis tuœ beatitudo... (éd. Pauly, p. 225)].

■'< « Fides christiana horum trium quos audisti, Pater et Filius et Spiritus Saoctus, ita divisionem in personis confitetur ut tamen unitatem substantiae non dividat...» Le Christ engendré du Père avant les siècles, né delà Vierge Marie à la fin des siècles, daigne partager notre nature, afin de racheter l'humanité de la puissance du diable. Seul de tous les hommes il n'avait pas hérité du péché originel ; ce n'est pas la substance de sa divinité qui a souffert la mort, mais seulement son humanité,... [§§ 3-4J. Cf. infra.

*■ § 8, c superno respectu animos eorum (1) prœventos intelligens. »

* A rencontre de Tertullien, saint Cyprien est favorable au baptême des enfants [Cyprien, de iapsis, 9, et Epist., 59. 2, P. L., 4, 487 et 3, 1050].

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