‹ Étude sur les Gesta martyrum romains (volume 3)Chapitre 93 sur 143 · LA D0X0L0GÏE IN UN1TATE · texte numérisé non relu

LA D0X0L0GÏE IN UN1TATE

rum... mentes y ea proponenda sunt qux a patribus certa dispositione accepimus, ut trinitatis quam nostris sensibus consecratam retinemus, Patris et Filii et Spiritus Sancli unitatem, quœ nullam noscitur habere differentiam , sicut didicimuSy ita Dei populos astruamus K

Et, d'une manière générale, on peut dire que l'élaboration de la doctrine du Saint-Esprit a entraîné les chrétiens à affirmer avec insistance Funité de la Trinité : je rappelle, entre autres, le De Spiritu Sancto de saint Ambroise 2.

Mais je remarque, en même temps, deux faits. Si, dès la fin du ive siècle, on s'intéresse à l'unité de la Trinité, il ne s'ensuit pas que la formule in unitate Spiritus Sa?icti existe dès lors : cette formule a une portée christologique, plutôt que pneumatologique.

En second lieu, les actes des martyrs d'Afrique n'attestent quasi jamais 3 cette doxologie ; il ne faut donc pas trop presser le mot de Fulgence, majores nostri. La formule in unitate ne peut guère être antérieure au ve siècle : nous sommes ramenés à l'époque du Nestorianisme.

Reste que Fulgence et Ferrand attestent l'origine africaine et l'ancienneté relative de la doxologie ; elle fut sans doute formulée au lendemain de Chalcédoine ; (l'Afrique, on le sait, fut ébranlée par la grande affaire du Concile aussi bien que le reste de la chrétienté k) ; elle fut adoptée et répandue par les Romains lors de la querelle du Trisagion.

* Mansi, m, 692 et 868, B.

* P. Z,., 16, 703-814. Cf. surtout i, 12 [colonne 734] ; 13 [735] ; — n, 2-4 [747-49], 10-11 [764-67], 13 [773]; — m, 2, 3, 5, 8, 16 [779-781..]. — Cf. aussi la vie d'Ainbroise par Paulin, § 16 : « unus... arreptus a spiritu immuudo clamare cœpit ita torqueri eos ut ipse torquebatur qui negarcnt martyres vel qui non crederent in Trinitatis unitatem quam docet Arabrosius ». — Cf. le De Sacramentis du pseudo-Ambroise, n, 7, 22. — \P. L., 16, 430, A : in uno Domine baptizari nos iussit...] et Victor de Vita, il. Les évoques réunis à Sicca et à Laribus disent aux ariens : Nous sommes chrétiens et catholiques, et nous confessons hautement la Trinité inviolable dans l'unité divine. La Vie de Mélanie, par Gérootius écrit : « hœc... credens in unitate Trinitatis » [éd. Rampolla, p. 4, ligne 2 1.

3 On ne la trouve que dans les actes de Crispina [Ruinart, 479|, sans doute à la suite d'une retouche. — On la rencontre encore dans un sermon au moins de Césaire [280 de l'appendice augustinien. P. /.., 89, 2276], dans Vin* cent [Parisinus 5269 1, Florinus [Cat. Bruxel. I, 1271-

4 Je rappelle le livre de Vigile de Thapse Contra Euhjchetem Hhri quinque [P. L., 62.95. — Ficker : Studien zu Vigilius von Thapsus, Leipzig, 1897], et combien nous connaissons mal ce personnage. — Le de Trinitatis unitate ad Op'.atum liber [P. L., 62.333] ignore notre doxologie et ne touche pas à ces questions.

210 l'hagiographie augustinienne

La découverte de l'origine africaine de notre doxologie rt maine confirme Phypothèse que nous avons émise touchant les rapports des hagiographes romains avec le clergé d'Afrique. Elle ne saurait, du reste, nous étonner : nous savons que les influences africaines se sont largement exercées sur les milieux littéraires où se rédigeaient les légendes '.

1 Je retrouve, à l'époque féodale, semble-t-il, une preuve de l'influence exercée par Agathe et par Vitus. On lit dans Agathe ; « Sancta enim Agathe leetissime et glorianter carcerem intrauit, et quasi ad epulas invitata gaudens, agonem Domino precibus commendabat [5 lévrier, 622, § 6].

Or, cette phrase est citée dans un passage du Liber Soliloquiorum animœ [§221.

« Hanc tuain dulcedinem ineffabilem et Ma gustauerat uirgo de qua le. gimus quod lœtissime et glorianter ibat ad caroerem quasi ad epulas iavîtata » \P. L., 40, 882].

Je lis, d'autre part, au chapitre xxvu du Liber Soliloquiorum : « insuper facis angelos tuos spiritus propter me, quibus mandasti ut custodiant me in omnibus viis meis... ; ideoque magna cura et vigilanti studio adsunt nobis omnibus horis et locis, succurrentes et providentes necessitatibus nostris... Ambulant nobiscum in omnibus viis nostris, intrant et exeunt nobiscum... Adjuvant laborantes, protegunt quiesceutes, nortantur pugnantes, coronant vincentes... Grandis est eis cura de nobis... » [P. L.t 40, 885].

Vitus s'intéresse de même aux anges gardiens [cf. supra] ; ici et là je retrouve le même détail : coronant vincentes usque dum accipias coronam.

Ce Liber Soliloquiorum animœ ad Deum \P. L., 40, 863-864], où l'on trouve d'admirables pages est très mal connu, et plus encore les sources qu'il utilise. L'auteur est un augustinien qui peut se rattacher à Hugues de Saint-Victor et à Saint-Anselme [cf. les méditations de celui-ci, le De Spiritu et Anima, le de Diligendo Deo] ; l'usage qu'il fait de Vitus et d'Agathe autorise à penser qu'il est né en Sicile ou qu'il y vit. Quelles sont ses sources?

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