‹ Étude sur les Gesta martyrum romains (volume 4)Chapitre 91 sur 108 · SAINT ALEXANDRE DE BACCANO · texte numérisé non relu

SAINT ALEXANDRE DE BACCANO

Dans un article récent [Notes d'hagiographie toscane. — Revue Bénédictine, 1907.112], D. G. Morin se demande de quel endroit Alexandre fut évêque. Il écarte l'opinion de de Rossi, d'Allard, de la Cività Cattolica et de Duchesne, qui placent à Baccano le lieu de son siège comme le lieu de son supplice *. L'itinéraire qu'on fait suivre au martyre [de X... à Rome et de Rome à la villa impériale près Baccano] semble indiquer que le lieu où il est arrêté est éloigné de Rome ; et lorsque l'empereur l'interroge et lui dit : Tu es Atexander qui partent Orientis damnasti , ne semble-t-il pas indiquer que le siège de Tévèché d'Alexandre se trouve en Orient? Justement D. Morin rencontre dans le Synaxaire de Constantinople, à la date du 22 octobre [éd. Delehaye, col. 1556], l'éloge d'un Alexandre, évêque et martyr qui convertit un soldat, Héracleioo, et quatre femmes, Anne, Elisabeth, Théodote et Glycérie ; il est décapité avec elles et avec lui ; on célèbre sa fête à Gonstantinople, dans

réglise qui lui est dédiée, i^Xr^atov xoù àytou recopYiou èv xôp KuTraptaji^.

La date du 22 octobre peut fort bien être une erreur et devoir se lire 21 septembre, anniversaire du martyr de Baccano. Le rédacteur du Sijnaxaire semble suivre et résumer notre texte latin : Héracleios est évidemment Herculanus. Le culte de

1 Bul. A. C, loco citato. — Revue des questions historiques, octobre 1905, p. 393, noie 1, — Civiltà... anno LV, iv, p. 203. — Archivio délia R. Società romana di storia patria, XV (1892), 493.

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Constantinople apporte « une confirmation inattendue de l'allusion... des actes latins aux relations qu'aurait eues avec l'Orient le martyr de Baccano ». Le martyr Alexandre, vénér«jà Haccano, était evêque d'une ville située en Orient.

A l'appui de l'hypothèse, on peut encore faire valoir que la légende latine date sans doute du temps de Vigile \d, supra ] ; et que rien ne s'explique mieux, alors, que l'influence d'une tradition grecque sur une tradition latine. D'autant que, on l'a vu [p. ()-13j, notre auteur ne se fait pas faute de puiser un peu partout les éléments de son récit, notamment dans des textes grecs.

A rencontre de l'hypothèse, on remarque que l'attribution à un martyr d'une origine orientale est un trait fort banal [cf. G. M. R., I., 345-346] ; — que les textes latins ignorent les quatre femmes martyres; — et que le texte grec ignore l'empereur Antonin, Crescentianus, Boniface et Vitalion, la résurrection de l'enfant mort, l'épisode de Cornelianus et de l'archange saint Michel.

Je ne rejette pas l'hypothèse de dom Morin ; mais, avant de l'adopter, me permettra-t-il d'attendre qu'il déniche quelque fait nouveau ?

— Le diptyque de Lucques, dont P. Guidi vient de déchiffrer la colonne de gauche [Revue Bénédictiiie, \^01 , \22]àoxiï\^, ligne 18 : alexandri [les lignes 16 et 17 donnent felicis^ pancrat [ii] ; les lignes 19 et 20 ambro \sï\, z^?7<2/2 5]. Peut-être s'agitil du martyr de Baccano. — 11 est certain que ces noms correspondent au Communicantes du canon romain.

— Page 14, note (delà page 13). Des expressions /?nm?^5 /9«latinus, primus milesy primus senator^ rapprocher encore l'expression primus \dux\ ? exercitus^ qui se lit dans la notice de Constantin (708-715) [L. P., i, 389. 393\].

— Comparer l'inscription delà page 13 avec cette inscription de Slano (district de Raguse), datée de 462.

DP ET REQVIES SGI AC VENERA ANASTASI PRB D. V. ÎD. MART INDICT. X. V. POST es SEVERINï YCT

|G.L L., 14, 623. Cf. diUSSiBulL Daim. ^xxiy (1901), p. 92. et N. B. A. C, vin (1901), 197 ; — d'après Zeiller : Les origines chrétiennes»., de Dalmatie, 130-131 et p. 101, note 1]. K

1. Les mots de l'inscriptioa sont séparés par quatre petites feuilles.

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L'inscription d'Alexandre portait peut-être veiierandus, non venerabilis ; l'auteur du texte aura mal lu l'abréviation.

— Ajouter à la page 14, ligne 10, après le mot Vindohonensis ; « peut-être cette version primitive de A, que j'appelle A', ignorait-elle l'épisode de la veuve et de Tétole; c'est elle que remanie l'auteur de B. » .

— De la résurrection de l'enfant par^ Alexandre, rapprocher une histoire assez analogue que raconte saint Grégoire, Bialogi^ ii, 32. F.L.,66, 192.

Quidam,., rusticus defuncti filii cor pua in idnis ferens..,, ad monasterium venitj Benedtctum patrêm qaœsivit... : « Redde filium meum,.., »... \ir Dei... flexit, gemia et super corpusculum in/antis incubiiit, seseque erigens ad cœlum palmas tetendit dicens : « Domine, non aspicias peccata mea, sed fidem liuius hominis... ; redde in hoc corpiisculo animam quem abstiilistù., » Regrediente anima... corpuscu^ lum piieri omne contremuii.

En rapprocher encore l'épisode du ressuscité de Mebros, qui avait fait d'abord un tour en purgatoire et en enfer, dans Bède : Bistoria Eccles.Anglonnn, v, 12.

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