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CONCLUSION DE LA PREMIÈRE PARTIE

LE «LIBER MARTYRÏÏM »

Ainsi, plus nous avançons dans notre enquête, et mieux se précise cette impression que les gestes romains sont apocryphes. Toutefois, avant d’attaquer le cœur du problème, en analysant les origines de ces gestes, il convient de s’arrêter un moment : avant de vérifier Y hypothèse qu’elle nous laisse entrevoir, il faut préciser la certitude qu’elle nous a fait découvrir.

Nous avons recueilli soixante-dix-sept textes comme autant de sources possibles du Martyrologe (édition adonienne), en ce qui concerne l’histoire des persécutions romaines. Le plus grand nombre — quarante-cinq environ 1 — nous ont paru présenter des trait certains d’une double parenté, philologique et psychologique, former ainsi un groupe homogène , cons lituer une unité littéraire.

La pure et simple description des textes nous a conduit à la constatation de ce fait.

Il semble qu’il ait trouvé son expression concrète, s’il est vrai, ainsi que nous allons essayer de le démontrer, que les Gesta Martyrum romains, de même que leur pendant les Gesta Pontificwn ont été réunis dans un même codex et ont formé un véritable liber. Ce sera là, en même temps que la confirmation, la conclusion logique de cette première partie.

1 Cf. supra , p. 43.

Il était naturel qu’à l’époque où s’épanouissait le culte des martyrs on réunit leurs gestes dans un même codex : n’ont-ils pas tous même « matière » et même forme » ; et les copistes qui ont pris plaisir et qui ont trouvé profit à transcrire la merveilleuse histoire de saint Clément, de saint Laurent ou de sainte Agnès, peut-on s’étonner qu’ils y « cousent», nouveaux rhapsodes, la légende de saint Césaire, de sainte Cécile ou des saints Jean et Paul, — à supposer que plusieurs de ces textes, œuvre d’un même personnage, n’aient pas été publiés ensemble, la première fois qu’ils ont vu le jour?

D’autre part, comme on avait réuni en un liber les notices qui retraçaient l’histoire des premiers évêques de Rome, n’était-il pas naturel de placer côte à côte les récits qui racontaient les passions des martyrs ? Les deux recueils devaient se compléter l’un l’autre; l’un appelait l’autre ; l’existence de l’un n’a-t-elle pu contribuer à la formation de l’autre ?

Que l’on se rappelle, en outre, ces itinéraires fameux du v c et du vu 6 siècle qui guidaient les pèlerins aux tombeaux des catacombes; que l'on rapproche de ce fait la multitude des notices martyrologiques qui nous sont parvenues et qui n’ont, semble-t-il, d’autre but que d’illustrer les sèches nomenclatures des Itinéraires . Ici encore ne devra-t-on pas conclure que les deux recueils devaient se compléter l’un l’autre, et l’existence de l’un provoquer la formation de l’autre ?

Un témoignage positif, enfin, atteste explicitement ce Liber Marty rum, dont des raisons de vraisemblance et d’analogie nous faisaient soupçonner l’existence.

En juillet 598, Grégoire I* r adressait à levèque d’Alexandrie Eulogius, qui l’avait prié de lui faire tenir la collection martyrologique d’Eusèbe, la lettre suivante : « Il est toujours utile de s’entretenir avec un homme savant, soit que celui qui l’écoute apprenne ce qu’il savait ignorer, soit qu'il apprenne, ce qui est plus utile encore, ce qu’il savait ignorer. Je suis, en ce moment, au nombre de ceux qui écoutent, moi à qui Votre Très Sainte Béatitude a pris la peine d’écrire et qui dois ainsi lui transmettre les gestes de tous les martyrs qui ont été

LE « LIBER MARTYRUM

recueillis au temps de Constantin de pieuse mémoire par Eusèbe de Césarée. Mais, avant la lettre de Votre Béatitude, j’ignorais et Inexistence de cette collection et l’existence de ces gestes. Je vous rends donc grâces, parce que, instruit par les écrits de votre très sainte science, j’ai appris à connaître ce que j’ignorais. Si j’excepte, en effet, ce que les livres du même Eusèbe contiennent au sujet des gestes des saints martyrs, il n’y a rien d’autre, à ma connaissance, sur cette histoire, dans les archives ni dans les bibliothèques de la ville de Rome, quun seul volume, qui contient peu de chose. Pour presque tous les martyrs, au contraire, nous avons, jour par jour, l’indication de leur passion avec leur nom dans un livre, et chaque jour, en les vénérant, nous célébrons les cérémonies de la messe ; dans ce livre, toutefois, on n’indique pas quel fut le martyre de chacun; on indique seulement le nom, le lieu et le jour de la passion. C’est pourquoi nous savons que, pour chaque jour, comme je l’ai dit plus haut, beaucoup de fidèles, de tous les pays et provinces, ont reçu la couronne du martyre. Mais nous croyons que Votre Béatitude a ce livre. Quant à ce que vous désiriez qu’on vous transmit, nous avons cherché et nous n’avons pas trouvé; n’ayant pas trouvé nous cherchons encore ; si nous pouvons trouver, on vous l’envoie. »

« Utilis 1 semper est docti viri alloeutio , quia aut dicit « audiens, quod neseire se noverat , aut cognoscit, quod est « amplius , id quod se et nescisse nesciebat, Qua in re ex « audientium numéro ego nunc factus sum , cui sanctissima « vestra beatitudo scribere studuit , ut cunctorum martgrum « gesta, quae piae memoriae Constantini temporibus ab Euse- « bio Caesariense collecta sunt , transmittere debeamus, Sed « haec neque si sic collecta sint , neque si sint, ante vestrae « beatitudinis scripta cognovi. A go ergo gratias, q uia sanc - « tissimae doctrinae vestrae scriptis eruditus coepi scire , quod « nesciebam . Praeter ilia enim quae in eiusdem Euscbii libris « de gestis sanctorum martgrum continentur , nul la in arc hi- « vio huius nostrae vel in llomanae urbis bibliothecis esse « cognovi , nisi pauca quaedarn in unius codicis volumine « collecta. Nos autem paene omnium martgrum distinct is « per dies singulos passionibus collecta in uno codice nomina « habemus atque cotidianis diebus in eorum veneratione mis -

1 Monumenta Gei'maniae. Epistol., II, i, p. *28.

LES GESTES DES MARTYRS ROMAINS

« sariim solemnia agimus. Non tamen in eodem volumine, « qms quali ter sit passas indicatur , sed tantummodo nomen, « locus et dies passionis ponitur. Unde fit ut multi ex diversis « terris atque provinciis per dies , ut praedixi, singulos « cognoscantur martyrio coronati. Sed haec habere vos beatis - « simos credimus . Ea vero, quae transmitti voluistis , quae- « rentes quidem non invenimus, sed adhuc non invenientes « quaerimus et , si potuerunt inveniri, transmit timu s. »

Il est clair que saint Grégoire distingue ici, dans l’œuvre d’Eusèbe, deux groupes d’écrits concernant les gestes des martyrs : ceux qu’il ne connaît pas et qu’Eulogius lui demande et qui ont été recueillis au temps de Constantin de pieuse mémoire; ceux qu’il connaît comme étant contenus dans les livres du même Eusèbe ; et l’on ne peut guère douter qu’il ne s’agisse ici des récits fameux relatifs aux martyrs qui sont insérés dans Y Histoire ecclésiastique. Saint Grégoire parle encore d’un troisième ouvrage, qu’il n’est pas plus malaisé de reconnaître : dans ce codex , qui contient les noms de presque tous les martyrs distribués par jour, et qui indique seulement les noms, le lieu et le jour du supplice, sans jamais rien dire de la nature de celui-ci, peut-on voir autre chose, en effet, qu’un exemplaire du férial hiéronymien? Ce n’est pas tout : saint Grégoire nous parle encore d’un quatrième écrit, contenant des renseignements sur les gestes des martyrs, au même titre que les ouvrages d’Eusèbe : « indépendamment de ceux-ci, dit-il expressément, il n’y a rien à ma connaissance, sur cette histoire, dans nos archives ni dans les bibliothèques de Rome, si ce n’est un seul volume qui contient peu de chose. » Il y avait donc, à Rome, en 598, « un (seul) volume », contenant quelques pièces relatives aux « gestes des saints martyrs », comparables aux documents martyrologiques reproduits par Y Histoire Ecclésiastique . On ne voit pas bien quelles autres pièces que les gestes romains, répondant à ce signalement, pouvaient facilement se trouver à Rome, réunies en un volume, au temps de saint Grégoire ; pour comprendre la lettre reproduite plus haut, on doit donc admettre comme probable qu’à la fin du vi c siècle les gestes des martyrs romains étaient réunis en un liber.

LE « LIBER MARTYRCM »

Cette conclusion me paraît très vraisemblable par ellemême 1 . J’ai eu le bonheur d’en vérifier un jour J’exactitude en découvrant une copie du passionnaire grégorien, reproduction à peine altérée du Liber Marty ram.

Le Codex Palatinus Vindohonensis latimis 357 (olim Hist. Ecoles., 14; xiv, A, 14), écrit au x* siècle, sur parchemin, mesure 36 c. 1/2 sur 24 et comprend 271 feuillets d’un même format, numérotés, écrits sur deux colonnes de 31-33 lignes chacune, par un même copiste, semble-t-il. Il contient trois « livres » différents, ayant chacun sa numération particulière; les feuillets numérotés 1-107 portent aussi une autre numération 127-232; les feuillets numérotés 108-206 portent, de même, une autre numération IAlv- 99; les feuillets numérotés 207-271 sont également cotés 1-0 2 .

C’est le second volume (108-206 ou 1 Als-99) qui reproduit . le Liber Marty mm grégorien.

En voici une description rapide 3 .

La deuxième colonne du verso du feuillet 108 commence ainsi :

I Passio sci felicis prb 4 . Factum est autem ut post conpletionem beatissimi felicis presbiteri alius felix germanus eius junior nomine et actione felix et ipse presbiter cum autem adductus fuisset ad iniquissimum draccum urbis praefectum coepit eum conpellere ut idolis inmolaret qui beatus felix presbyter ait puto quod inimici estis deorum vestrorum effecti... 109* per duodecim vero annos ipsa die dominica confectis mysteriis dans pacem universo populo proiciens se in pavimentum in orationem perrexit ad dominum ihesum christum qui vivit et régnât cum deo pâtre in unitate spiritus sancti per omnia

II saecula saeculorum amen. — Passio scorwn sisinnii et

1 D'autant qu'il est assuré (cf. infra) que la plupart des gestes étaient rédigés à la fin du vi* siècle.

* La seconde numérotation du troisième livre s'arrête au folio 39.

* S. E. Monsieur le Directeur de la Bibliothèque Impériale de Vienne a bien voulu se dessaisir, à mon profit, pendant deux mois, de son précieux manuscrit : qu’il me permette de lui en exprimer ici mes très respectueux et très vifs remerclments.

4 Les titres sont presque toujours écrits en onciales, à l’encre rouge.

LES GESTES DES MARTYRS ROMAINS

cyriaci atque zmaragdi et larci. Tempore illo quo maximianus augustus rediit de partibus africae ad urbem romam volens placere diocliciano auguste ut in nomine eius thermas a solo aedificaret, cepit ad invidiam christianorura omnes milites sive romanos ad afflictionem laboris compellere et per varia loca alios... via ostiensi miliario ab urbe Roma plus minus octavo ubi orationes eorum florent nunc et semper et quo usque mundus steterit régnante domino nostro iehsu christo cui UT est gloria in saecula saeculorum amen. — 114* iuliani ortu iuliani imperatoris impiissimi persécutons cruciati sunt in diversis provintiis iussu eius multa millium martyrum eo persequente christianos qui prior fuerat christianus et imperio suo persecutor et sacrilegus extitit collectus enim fuerat a pimenio presbitero urbis rome de titulo pastoris hic pimenius presbiter erudivit iulianus litteris sicut ipse doctus erat omnem grammaticam et rethoricam et geometricam et dialecticam et arithmeticam et philosophiam et omnem legem christianam erudivit eum... ( Après la page 115 T , trois feuillets ont été coupés entre les mots: angelis sotiatus mancipatus sum sicut tu demoniis sed ut cognoscas . — Oretur per me d . i. c . quo niam iudicaturus est vivos et mortuos et regnum tuum et tu mi ora demones tuos et videamus qui exiatidatur...) 117* in ymnis copulabatur usque ad siritium episcopum qui etiam cum presbiteris et diaconibus in eodem loco dno iehsu christo sacrifitium offerebat; cui est honor et gloria in ss. — pas . sce iuliane virg Martyrum perseverantia comprobata eo usque concessit ut ex fide amicis conaretur resistere et inimicos ex ipsis claustris erudiret denique temporibus maximiani imperatoris persécutons christianae religionis erat quidam senator in civitate nicomedia nomine eleusius amicus imperatoris... 121* passa est autem sancta iuliana YII idus februarii sub imperatore maximiano régnante d. n. i. c. qui vivit et régnât cum v pâtre et spiritu sancto in secula seculorum amen. — 121* Passio sancti Valentini . Propheta loquitur ad deum secundum multitudinem tuam multiplicasti filios hominum in ipsa multiplicatione illi spetialiter ad deum pertinent qui vitam suam voverint creatori ita ut corpus et animam christo faciant unde beatus vir teranensis episcopus sanctus valentinus bene vivendo meruit... 124 r ... quique a sancto habundio non longe a corpore sancto sancti valentini sepulti conlaudantes dominum ielisum christum qui vivit et régnât cum deo pâtre una cum spiritu

LE « LIBER MARTYRL'M »

sancto in inmortalia secula seculorum. Amen. — 12i r . (Une vi ligne en haut de la colonne est sautée, puis on lit) : Alexan dri martyris hermetis et eventi. Quinto loco a beato petro apostolo romanae urbis ecclesiae cathedra sedit alexander sanctitate incomparabilis, iuvenis quidem etate sed fide senior totius autem populi verum affectum gratia ei divina contulerat nam et senatorum maximam partem convertit ad dominum ut persecutorera quoque hermen cum uxore et sorore et filiis baptizaret cum mille ducentis quinquaginta servis suis uxoribus quoque eorum et filiis... — 130 r ... ideoque locus ipse haberet proprium sacerdotem usque in odiernum diem sanctorum autem ipsorum natalis est quinto nonarum madiarum benedictus deus in vil secula seculorum amen. — Passio sancti ianuari presbiteri. Temporibus iuliani impiissimi imperatoris divulgati sunt multi christiani cumque haec audisset impius iulianus iracundia plenus iussit eos teneri et in custodia publica mitti erat quidem inter eos quidam christianus nominc ianuarius presbiter senex.... 132 r .... et venientesin via que latina nuncupatur non longe hab urbe roma miliario plus minus unus illic posuerunt eum in cripta sexto idus magias ubi iampridem sanctum epimachum sepelierant in quo otiam loco bénéficia eorum hac virtutes llorent usque in odiernum diem ad laudem et gloriam d. n. i. ch. cui est honor et gloria simul cum deo pâtre in unitate spiritus sancti in secula seculorum amen. — Mil Passio domitille virginis nepte domiciani régis. Xisi studia catholieorum securitatis suae somno quiescerent nulla posset ratione impietas hereseos limites invadere pietatis sed ad evigilandum nos stimulis suis exulcerant et tamen rerum... 135'... textus autem aepistolarum iste est nereus et achilleus servi christi iehsu... 136 r ... ab eorum fallacia liberari gratia d. n. i. ch. tecum finiunt rescriptura nerei et achillei. — vilil Passio sanctorum marcelli nerei et achillei marcellus servus christi sanctis confessoribus nereo et achilleo lectis litteris vestris gaudio sum plenus cognovi enim vos constantes esse et fide et cbrpore... 137 r ... de petronilla vero filia domini mei pétri apostoli quis exitus fuerit quia interrogastis sollicitae x breviter intimabo. — Scae petromllae. Petronillae itaque bene nostis voluntate pétri apostoli clenicam factam nam recolo interfuisse uos cum apud ipsum plurimi discipuli eius reficerent

contigit ut titus reficeret apostolo cum universia te 138 r ...

illic sepelivit ilium (Nicomedem) in quo orantes dominum con-

LES GESTES DES MARTYRS ROMAINS

sequentur que postulant interventu martyrii eius qui passus

XI est pro nomine d. n. iehsu Christi. — Passio domitille virginis , eutices victorinus et maro servi d. n. i. ch. marcello, sic venerunt littere tuae ad sanctos nereum et achilleum iam transierunt triginta dies quod pervenerant ad coronam flavia etenim domitilla inlustrissima * imino christianissima cum isti sui eunuhi docuissent eam ... 139 r ... fabricaverunt ecclesiam in nomine eius in qua prestantur bénéficia domini

XII usque in odiernum diaem. — Passio sanctomm sulpicii et serviliani. Factum est autem postquam homines dei sanctos tulit a solatio domitille Aurelianus dixit ad sulpicium et servilianum iuvenes inlustres viros scio quia conlactaneas domitillae... 140 9 ... in faciès enim suas prostrate orantes dominum recesserunt quarum corpora sanctus Caesarius in sargofago novo simul condiens in profundo terrae infodiens

Xiiï sepellivit. — Passio cesarii diaconi. Sanctum itaque cesarium diaconem luxurius tradidit consulari leontio quem intromisum sub voce praeconia interrogavit consularis dicens : Quid vocaris... 141 r ... sepultus est iuxta terracinam in quo loco mérita eius benae de se credentibus bénéficia praestant in nomine patris et filii et spiritus sancti cui est honor et

xilll gloria in secula seculorum amen. — Passio sanctorum praxedis et pudentiane virginum, omnia quae a sanctis gesta sunt vel geruntur si quis voluerit studiosae perquirere et sibi et plurimis aedificationis exibet fructum et quasi arbor fructifera non sine causa probatur terram occupare dum vivit et cum ipse suis pomis ornatur... 142*... ubi exubérant benefitia divina orationibus sanctitatis eius usque in odiernum diem per eum qui vivit et régnât in secula seculorum amen.

XV — Marcellini et Pétri . Benignitas salvatoris nostri martyrum perse verantia comprobata eo usque processit ut et fldei amicos comprobaret et inimicos et inimicos eorum ex ipsis inferorum claustris erueret denique dum tenerentur petrus exorcistae officium gerens multis vicibus caesus missusque fuisset in obscurissima... collegit lueilla et posuit in veiculo

noctu et adduxit viam labicanam miliario ab urbe tertio et sepellivit subdie IIII nonarum ianuariarum in pace amen. —

xvi Primi et Feliciani V. id . imiias . Temporibus diocliciani et maximiani imperatoris seva fuerat orta tempestas et quicumque 146 T inventus fuisset huius viae sectator dei et idolis consentire noluisset... 150 T est autem basilica ipsorum ab urbe

LË « liber Martyr irto >>

roma miliario quarto X quorum natalis est quinto idus iunii régnante d. n. i. c. cui est honor et gloria in s. s. amen. —

XVII Processi et Martiniani Tempore quo symon magus crepuit intus et impiissimus nero tradidit beatissimos apostolos... ...152 r régnante domino deo atque salvatore n. i. c. qui (cum pâtre) vivit et régnât in unitate spiritus sancti (deus) per omnia

XVIII s. s. amen. — Passio sanctarum martyrum Pufina et Secunda, rufina et secunda duae sorores virgines cives romanae pâtre clarissimo genite asterio matrae clarissima aurelia cum fervore persecutionis iussu valerianae et gallieni augustorum... 154 r d. n. i. c. qui cum pâtre et ss. vivit et régnât in s. s. amen, passe

xviiu sunt autem die sexta iduum iuliarum. — Félix pape fuit autem temporibus constantini filio constantini magni principis usque ad constantium augustum Liberius quidam papa urbis romae... deportatus est a constantio eo quod minimae voluisset heresi arianae consentire... 155 T in basilica quam ipse construxerat via aurelia quinto decimo Kl. decembrium in miliario secundo, cuius natalis caelebratur IIII Kl. augustarum ad laudem et gloriam nomini tui deus usque in praesentem

XX diem. — Passio sanctae seraphiae virginis. Cum dies itaque metuendus persecutionis innotuisset christianis multi etiam per orbem terrarum... 158% régnante d. n. i. ch. qui vivit et régnât cum deo pâtre in unitate s. s. per inmortalia s. s. amen.

XXI — Passio sancte susanne virginis temporibus diocliciani et maximiani augustorum fuit quidam prb nomine gavinius de urbe roma frater uterinus gagi episcopi hurbis romae... 165 r ... in universo mundo cum p. et s. s. d. n. i. c. in saecula saeculorum amen. Explicit passio sanctre susanne martyris. —

XXII Incipit passio easebii mense angmto die XIIII. Eodem tempore quod liberius de exilio revocatus fuerat a constantio augusto heretico in eadem tantum dogma ut non rebaptizaret populo, sed unam communionem... /6*Æ T ... et cessavit persecutio non tamen multum tempus donante d. i. c. qui vivit et régnât in

XXIII ss. amen. Explicit passio eusebii. — Incipit passio Sci Agapiti mar mense augusto die XXIII sub antiocho pagano erat quidam puer nomine agapitus timens deum hic omnia sua renuntiavit... 169 r per famulum dei agapitum et per christum dominum nostrum qui vivit et régnât cum deo pâtre et cum &. s. in s. s. amen. Explicit passio sci agapiti martyris. — Incipit passio genesi martyris mense augusto die XXV imperante dioclitiano cum cessassent per annos quattuor ecclesiae

&6 LES GÈSfËS DES MARTŸHS ROMAINS

omnes aepiscopos et sacerdotes in hoc tempore fuit quidam in civitate a roma... 170* ... eodem dioclitiano quarto consule régnante d. n. i. ch. cui est honor et gloria in ss. amen. —

XXV Passio sancli cornelii papae mense september diem XIIII. Temporibus decii caesaris maxima persecutio orta est christianis et praecepit decius 17 1 T ut clerici qui ubicumque inventi fuissent... 173 e ... lucina... qui cum deo pâtre et ss. vivit et régnât

XXVI in s. s. amen. — Incipit passio beati Manricii cum sociis suis sex milia sexeentorum LXV decimo Kl. octobres passionern sanctorum martyrum qui hune locum glorioso sanguine inlustrant per honorem gestorum stilo explicamus ea utique fide qua... 175*... cui est honor et gloria imperium etpotestas

XXVII per omnia ss. amen explicit passio sancti mauritii. — Incipit passio sancti calisti pape rame mense octobr. die XIIII. Temporibus macrini et alexandri incendie divino concremata est pars capitolii a meridiano et intra teinplum iovis ruit manu sinistra aurea... 179 e XIIII Kl. novembrium in pace régnante d. n. i. c. qui vit et régnât deus per omnia s. s. amen explicit

XXVI il passio sancti calisti episcopi — incipit passio beati cesarii martyris natale eius mense novembre die primo tempore quo claudius matrem suant negavit gladio furore arreptus talem auctoritatem per totuin orbem... 183*... ad laudem et gloriam d. n. i. ch. qui vivit et régnât in s. s. amen. Explicit passio

XXVIIII sancti caesarii — incipit passio sancti theodori martyris mense novembre die nono temporibus suis maximianus et maximinus imperatores miserunt per omnein terram regni sui edictum adversus omnes vere christi religionis cultores... — 185*... s. s. qui vivit et régnât et nunc et semper et in s. s. amen explicit passio sancti theodori. — Incipit expositio sancti gregorii episcopi tyronensis ecclesiae liber miracidorum beati démentis martyris atque pontificis in divinis voluminibus refertur quod secretum regis abscondere bo(num) est dei enim mirabilia enarrare 186 e glorificum est et sicut beatus paulus apostolus ait quos presciit et praedestinavit... 187*... implcre dignaius est ch. d. n. cui est honor et gloria in secula

XXXII seculorum amen expliciunt miracula sancti clementi. — Incipit passio 188 e Chrisogoni martyris mense november die vice simo IIII. Pretextati inlustri viri filiam anastasiam legimus a chrisogono viro christianissimo eruditam ad cuius notitiam... 190*... carptim per a 1 micas anastasiae ad ipsius anastasiae

1 Quelques lettres illisibles.

LE « LIBER MARTYRUM

xxxi l finem attingo amen. — Incipit passio sancti donati episcopi erat quidam puer in civitate romana nomine donatus clericus in titulo pastoris nutritus a pimenio presbitero in titulo suprascripto eruditus omnem mundanam sapientiam cum iuliano subdiacono... 193 * iuxta civitatem arretiam in pace régnante d. n. i. ch. cui est honor et gloria in ss 194* saeculorum amen — XXXlli incipit passio sancti alexandri martyris et episcopi mense septembre die XXI in illis diebus cum essent insidia paganorum adversus christianos sub antoninoimperatorebeatissimus alexander aepiscopus... 198*... cuius depositio celebratur XI Kl. octobrium régnante d. n. i. ch. cui est honor et gloria XXXIUI in s. s. amen — incipit passio sancti savini martyris et episcopi cum dit obus diaconibus suis marcellum et superantium mense aprile die XYII idcirco maximo misso sexto veneto vincente pars maior clamavit dicens : christiani tollantur et voluptas constat dictum duo decies... 202* ^ sub die VIII iduum decembrium ubi praestantur benefitia sanctorum usque XXXVI in bodiernum diem — incipit passio sancti concordii martyris KaL ianuariis temporibus antonini imperatoris gravissima persecutio orta est in urbe roma ita ut non emendi nec vendendi cuiquam licentia facilius tribueretur nisi qui diis immolassent... pater gordianus... presbiter de titulo pastoris... 203*.. . spoletana... beati concordii martyris praestante eo pro cuius nomine passus est qui vivit et régnât in s. s. amen xxxvil — incipit cita sancti Laurentii mense februario die IIII a nativitate d. n. i. ch. usque ad consulem dioclitianum annos CCLXX temporibus gagii pape sub cuius temporibus beatus laurentius infinibus genio lati a civitate spolitina plus minus VIII... hostiarius, lector, exorcista, sequens quod interpretatur acolitus deinde subdiaconus deinde diaconus deinde presbiter deinde episcopus fleri... 203*... régnante d. n. i. ch. cui est honor et gloria laus et imperium aeterna potestas qui cum pâtre et ss. xxxvm vivit et régnât in s. s. amen — incipit cita sancti iohannis penarensis martyris mense martio die XVIIII factum est autem 203* cum beatus iohannes egraederetur de provintia syria oravit ad dominum dicens domine deus caeli et terrae deus abraham deus isaac et deus iacob... 204*... cum pâtre et xxxvuil spiritu sancto in saecula saeculorum amen — passio sancti (jregorii spolilini mense décembre die XXII temporibus dioclitiani et maximiani imperatorum talis furor a sacrilegis

LËS GËSÎES DES MARTYRS ROMAINS

exardescebat... 207*.. . ipsi honor et gloria et laus et imperium in saecula saeculorum.

Dans les bibliothèques de Bruxelles, nideNamur, ni de Paris (Nationale), ni de Chartres, dont les Bollandistes ont relevé les manuscrits hagiographiques; dans celles de Bâle ni de Berne, ou de saint-Gall, de Vienne, de Münich ou de Carlsruhe, que j’ai parcourues moi-même, il n’y a pas de manuscrit qui présente un groupement de textes identique à celui-ci, ni seulement du même genre ; nous avons ici vingt-sept gestes des martyrs de Rome (23) ou des environs de Rome (4) se suivant immédiatement l’un l’autre, une seule fois interrompus par les actes de saint Maurice. Ce simple fait dénonce avec évidence rorigine romaine de l’archétype que reproduisait le copiste de notre manuscrit. — Le choix du texte qui ouvre le recueil l’indique aussi clairement ; à Rome seulement on pouvait choisir un texte aussi insignifiant que celui de Félix le prêtre ; son seul mérite était d’être considéré comme romain et d’être vénéré le 14 janvier. — L’origine enfin des cinq martyrs dont les gestes ferment le recueil s’accorde à merveille avec notre thèse: Sabinus, Concordius, Laurentius, Johannes, Gregorius sont tous vénérés en Ombrie, c’est-à-dire dans la province qui entretenait avec Rome, son débouché au sud et son principal marché, les plus fréquents rapports. L’archétype du Vindobonensis 357, qui reproduit un aussi curieux groupement de textes ombriens et romains, a été composé près de l’Ombrie, à Rome.

Cet archétype est certainement antérieur au mouvement littéraire qui se développa à Rome, au début du vil* siècle, au temps des Grégoire et des Boniface (590-625) ; il ne contient aucun des textes rédigés à cette époque, ni celui de Boniface, ni celui d’Eleuthère, ni celui de Lucie et Géminien, ni celui de Martine 1 — lomission des gestes de Martine est particulièrement intéressante, parce que ce sont eux qui, le plus souvent, sont placés au début des passionnaires. — Cet archétype ne contient aucun texte qui soit postérieur à saint Grégoire (f 604) ; il date donc au plus tard de la seconde moitié du vi* siècle. Etant donnés sa date et son origine, étant donné que saint Grégoire ne connaît qu’un seul codex de ce genre, il est

1 Cf. infra .

Lfe « LIBER MARTYRUM »

très vraisemblable que l’archétype de notre manuscrit de Vienne n’est autre que le livre dont saint Grégoire parlait à Eulogius.

On peut préciser davantage et déterminer avec quelque vraisemblance l’origine de ce passionnaire grégorien. Si l’on met à part les cinq textes ombriens (Savinus, Concordius, Laurentius, Johannes, Gregorius), qui le terminent, ainsi que les deux textes toscans (Donatus, Alexander) qui les précèdent, on constate que les vingt-sept gestes restant sont régulièrement distribués suivant F ordre liturgique , depuis le 14 janvier (Félix) jusqu’au 24 novembre (Chrysogone), deux textes exceptés. La passion de Vibbiane (4 janvier) et celle de Julienne de Cumes (16 février) sont placées après les gestes de Marcel (16 janvier), avant ceux de Valentin (14 février) : il y a là une interpolation évidente.

L’introduction des gestes de Julienne de Cumes 1 (ou de Nicomédie) n’a guère pu se produire qu’à un moment oü s’épanouissait le culte de la sainte. Or la correspondance de Grégoire I ar avec Benenatus 2 et Fortunatus 3 nous invite à penser qu’aux environs de l’an 600 ce culte prenait une extension notable ; c’est alors sans doute que les gestes de la sainte ont été rédigés et introduits dans le passionnaire romain. — L’interpolateur aura introduit les gestes de Vibbiane en môme temps que ceux de Julienne. Les gestes de Vibbiane sont intitulés Iuliani; le dévot de sainte Julienne, trompé par ce titre, aura cru sans doute pieusement agir en rapprochant de sa sainte Julienne un saint Julien. Ce n’est pas tout. Les gestes de Vibbiane (Julien) sont vraisemblablement du même auteur que les gestes de Donat d’Arezzo. Tous deux insistent sur les soins que Pigmenius prit de Julien enfant ; les gestes de Vibbiane se présentent comme l’œuvre d’un Donatus

1 Mombritius, II, 41. — 16 janvier 873.

* Gregorius Benenato episcopo Tundaritano. Januaria religiosa femina petitoria nobis insinuationc suggessit quod habetur in subditis... oratorium se pro sua devotione fundasse, quod in honorem sancti Severini confessons et Julianae martyris desiderat consecrari. » (Epist., IX, 84; P L., 77, 1015.)

3 Gregorius Fortunato episcopo Neapolitano. Januaria religiosa femina sanctuaria beatorum Severini confessons et Julianae marlyris oblata petitione (Epist. IX, 85; P. L., 77, 1015.)

LES GESTES DES MARTYRS ROMAINS

sitbdiaconns regionarius s. sedis apostolicae ; qu’y a-t-il d’ctonnant à ce que ce Donatus ait écrit de même la vie de son patron ? L’interpolateur de Cumes, contemporain de saint Grégoire, aura donc ajouté à la fin de sa copie le texte qui suivait sans doute les gestes de Vibbiane, qu’il avait sous les yeux. — C’est à lui aussi qu’il faut peut-être attribuer l’introduction des gestes d’Alexandre de Baccano 1 ; c’est lui enfin, plus vraisemblablement encore, qui a adjoint le petit liber ombrien au liber romain; il était contemporain de saint Grégoire (590-604) et à quelle époque les rapports de Rome avec l’Ombrie ont-ils été plus fréquents qu’alors?

Le passionnaire grégorien n’est donc, semble-t-il, qu’une édition augmentée d’un liber romain antérieur. Mais n’est-il pas à craindre que les gestes introduits par le second ’ éditeur en aient chassé d’autres? Les cultes des saints connaissent les vicissitudes des choses humaines; tel qui brille aujourd’hui d’un radieux éclat sera éclipsé demain par un rival plus heureux, souvent plus jeune. J’ai peine à croire que les miracula Clementis reproduits par notre texte aient fait partie du Liber martgrum primitif; ils pourraient bien avoir été introduits, à la place des gestes eux-mêmes par l’interpolateur de Cunies, tout heureux de répandre un texte nouveau alors et qui racontait de si prestigieuses merveilles. — En même temps que les gestes de saint Clément, le second éditeur, sensible à la nouveauté, n’aurait-il pas fait disparaître encore, avec les gestes de sainte Cécile peut-être 2 , un autre texte vénérable, les gestes de Maris et de Marthe? A la fin du vi® siècle, les vieux saints persans étaient éclipsés sans doute par la jeune sainte de Nicomédie, devenue la patronne de Cumes. On s’expliquerait ainsi que les gestes de Valentin de Terni ne se trouvent pas dans le liber ombrien ajouté par le second éditeur et qu’ils aient pris place dans le liber romain, l’édition princeps : les gestes de Maris racontent l’histoire d’un Valentin de Rome; l’homonymie des saints aura rapproché leurs textes.

Si le second éditeur de Cumes, ail temps de saint Grégoire,

1 Ces gestes, ainsi que les gestes de Sabinus ont peut-être été introduits au x* siècle ; les quatre derniers textes ombriens sont rangés dans l’ordre du calendrier.

- C'est vers 590 que Grégoire de Tours écrivit son livre in Gloria Marlyrum. Noter ici un trouble dans la numérotation des pièces : on passe brusquement de 29 (Théodore} à 32 (Chrysogone) ; il devait y avoir 30 (Cécile). 31 (Clément).

LE « LIBER MARTYRUM

a sacrifié ainsi deux ou trois gestes anciens pour répandre deux textes nouveaux, a-t-il borné là ses suppressions ? Les gestes de Donat et d’Alexandre n’ont-ils pas pris la place d’autres passions, un peu démodées aussi? Je croirais volontiers qu’ils ont chassé les gestes d'Anastasie et peut-être à' Eugénie. Les gestes de Chrysogone sont brusquement interrompus 1 par les gestes de Donat ; il est naturel de penser qu’ils devaient être complétés par leur suite naturelle, les gestes d’Anastasie. On a vu, d’autre part, que le passionnaire grégorien s’ouvre par les gestes de Félix prêtre; c’est évidemment parce que le second éditeur voulait commencer au mois de janvier qu'il a choisi ce texte, malgré son insignifiance rare. Jadis l’année liturgique commençait à Noël ; comme le férial hiéronymien, le Liber Martyrum devait commencer ce même jour et s’ouvrir, en conséquence, par les gestes de sainte Anastasie. L’hypothèse est confirmée par le Codex Parisinus latinus 3779, qui représente la tradition du passionnaire grégorien et qui commence au 25 décembre. Le second éditeur aura rejeté à la fin de son manuscrit les passions des saintes vénérées à Noël qui ouvraient le liber qu’il avait sous les yepx, parce qu’il voulait commencer au mois de janvier; puis il les aura à demi sacrifiées — ne reproduisant dans les gestes de Chrysogone que la première moitié des gestes d’Anastasie, — comme il avait sacrifié déjà les passions de Clément et de Maris.

Une autre raison nous invite à penser que le liber s’ouvrait sur les gestes complets d’Anastasie. Le culte de cette sainte était très florissant parmi les Grecs de Rome, avant et pendant l’occupation byzantine 2 ; or, c’est de l'époque byzantine que semble dater le Liber Martyrum dont le dévot de sainte Julienne, au temps de saint Grégoire, nous donna une réédition remaniée. Les gestes de Calliste (14 octobre) sont immédiatement suivis des deux gestes de Césaire (1 er novembre) et de Théodore (9 novembre), qui dénoncent la date de la première édition. Théodore est un martyr grec dont le culte fut importé à Rome, selon toute vraisemblance, par les soldats de Bélisaire et de Narsès; c’est au pied du Palatin, la forteresse

1 Avec ceux-ci, il n'y a, dans la copie de Vienne, que deux textes incomplets : ceux de Praxèdeet de Sérapie.

2 Cf. infra.

02 LES GESTES DES MARTYRS ROMAINS

grecque, qu’est établie son église ; si c’est au temps de Léon III (795-816) qn’elle est pour la première fois mentionnée dans les textes 1 , la mosaïque qu’on y voit encore remonte certainement au y i° siècle. — Les gestes de Césaire sont plus caractéristiques 2 que ceux mêmes de Théodore; notre manuscrit de Vienne, bien qu’il reproduise déjà une brève histoire du modeste diacre, à la fin des gestes de Nérée, nous présente un autre texte racontant la même légende, mais enrichie, cette fois, embellie et développée, la passio maxima des Bollandistes. Or le culte de ce saint Césaire, auquel s’intéresse si vivement le premier éditeur, est encore un culte grec ; c’est aussi sur le Palatin que Césaire est vénéré : c’est le 21 avril, anniversaire de la fondation de Rome, que sa fête est célébrée; c’est la racine même de son nom Kataaptsç, qui l’a prédestiné, semble-t-i], à devenir le protecteur des Césars et le patron des Impériaux; et, de fait, à peine installés à Rome, ceux-ci lui ont consacré un oratoire, et l’extension du culte a provoqué le développement de la légende. L’édition primitive du liber qui reproduit, à sa place selon le calendrier, cette légende nouvelle, a été composée à la même date que celle-ci ; le Liber Martyrum romain, qui fut remanié au temps de saint Grégoire, remonte à l’époque byzantine.

Nous avons donc retrouvé le Liber Martyrum dont nous soupçonnions l’existence. Ce livre exprime, il symbolise, il incarne, si j’ose ainsi dire, la double parenté qui unit les gestes romains. C’est de ce point de vue surtout qu’on doit en apprécier l’intérêt et en mesurer l’importance 3 .

Voilà donc déterminé le fait que nous nous sommes proposé d’étudier; reste à en donner l’explication en analysant les causes qui l’ont produit.

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