SAINT GORDIEN
sirnus clans les massacres de 502. L’histoire du Gordien de la catacombe était tombée dans le {dus profond oubli, comme l'atteste, sinon la légère incertitude qui s’attache à la date de son anniversaire 1 , du moins la diversité des compagnons qu’on lui donne. Tantôt il apparaît seul, comme dans le Codex Epternacensis et le Codex Bernensis ; tantôt il est associé à un saint Primolus parfaitement inconnu d’ailleurs 2 ; tantôt il est associé à Epimaque d’Alexandrie, soit par un simple rapport do sépulture 3 soit par un rapport de parenté extrêmement étroit 4 ; et cet Epimaque lui-même apparaît tantôt seul, tantôt associé à un saint confesseur Midon : tous deux se retrouvent h Prétextât, à cette même date, dans le Bernensis et le Wissenburgensis. — Mais il s’est trouvé que le Gordien, père du pape Agapit, était prêtre de saints Jean et Paul 5 et que, à ce titre 6 , il avait L administration des cimetières de la Voie Latine et de la Voie Asinaire jusqu’à la Voie Lavicane — celui de son homonyme, par conséquent — ; il se trouve encore que son compagnon et son ami Dignissimus est prêtre lui aussi, de saints Jean et Paul; du coup, un rapport s’établit entre le nom de Gordien et la persécution de Julien; quelques années passent, ensevelissant rapidement le souvenir de ces événements dans la plus complète indifférence ; la renommée des saints du Celius se répand; le besoin de noircir l'apostat se précise; le lien qui unit Gordien à l’empereur se transforme : la légende est née 7 .
1 VI ou VU, id. maias, simple variante paléographique.
2 FH : VII, id. maias.
3 Gesta Gordiani (édition bollandiste).
4 L'Epitome en fait son frère. R. S., I, 180-181.
* L. P., I, 260, 261, 265. On a sa signature, en cette qualité, au concile de 199.
e R. S., III, 515, 516.
7 On peut penser que saint Gordien de la voie Latine résulte de l'idéalisation du Gordien tué en 502. La chose n’est pas impossible, d’autant que Symmaque laissa un grand renom de sainteté qui dut envelopper ses partisans {L. P., I, 268, 1. 13). Le fait qui heurte l’hypothèse est qu’on ne voit pas que le cimetière portât, avant Symmaque, un autre nom qu’aprés ; de plus, les Itinéraires attestent le tombeau du 9aint.