Symphérose , femme de Ge tu liu x, frère d' Amantius
Gestes de « martyr, est martyrisée sur l'ordre d'Hadrien , ad Fanum sainte (( fl erC nlis et finalement jetée à l'A/iiene. Son frère Eugène , v F « principal de la curie tiburtine, f ensevelit près de la ville .
« Les corps de ses sept enfants, martyrisés après elle , sont « jetés dans une fosse profonde à un endroit que les prêtre « appellent ad septem biothanatos. Après la persécution, on « leur élève des tombeaux ; on célèbre leur fête le 15 des « kalendes d'août ; on conserve leurs corps au 8 e mille . »
Le rédacteur combine ici deux traditions locales distinctes, . dont on peut reconstituer la physionomie propre avant d’en expliquer le mélange intime.
Sur la voie Tiburtine, le souvenir d’une mère chrétienne martyrisée avec ses sept enfants s’était attaché à la villa d’Adrien : le nom que les gestes donnent à la mère est confirmé 'par le férial 2 , et par les Itinéraires 3 . On en peut dire autant des noms des sept enfants depuis qu'on 4 a expliqué par une erreur de copiste l’étrange méprise du férial au 15 des kalendes d’août, rectifiée, du reste, au 5 des kalendes de juillet. La réalité du martyre, où l’on pourrait être tenté de voir une imitation et comme une réplique des gestes de Félicité ou de la passion des Macchabés 5 est attestée par le passage du férial que nous avons cité et par l’existence des tombeaux mentionnés dans les Itinéraires; elle est garantie d’ailleurs par certains passages de la légende et par les découvertes : un temple d'Hercule est trois fois mentionné dans notre texte : on peut, sans péril, identifier avec riIpaxXsîsv de Tibur que Strabon mentionne à côté du temple de la Fortune de Préneste H . Les sépultures ont même été retrouvées: au xvn e siècle déjà, Bosio 7 avait
1 Cf. Marucchi : Les Catacombes Romaines , p. 225.
* XV. Kal. aug.
4 Duchesne: F. H. Proleg.
& Aubé, I, 290.
6 Strabon., V, III, 11.
7 Bosio, R. S., p. 401 ; III, 40.
remarqué certains restes d’une basilique cémitériale dans une terre de Maffei qui avait, à travers les siècles, gardé le nom de a set te frate ; en 1878, Stevenson a relevé, dans un champ appelé Tavemiicole'i un peu avant d’arriver à CasteW Arcione, les ruines d’une petite basilique à laquelle une autre avait été adossée dans la suite, afin de pouvoir contenir les chrétiens qui accouraient de toutes parts 2 : une communication avait été établie entre les deux absides pour permettre aux fidèles qui priaient dans la nouvelle basilique d’apercevoir la confession : on sait que les premiers chrétiens hésitaient à déplacer les reliques.
L’époque du martyre ne saurait être déterminée avec une entière certitude. Les termes de Svmphérose, 2i>p.?sps0aa et de Biothanatos nous reportent à un âge où le grec était aussi commum que le latin; ce qui conviendrait à merveille à l’époque de cet empereur qu’on traitait de Graeculus. Mais le grec fut sans doute parlé à Tibur plus longtemps qu’ailleurs: Strabon ne dit-il pas que c’était une vraie ville grecque, comme Préneste 3 ?
Sur la voie Salara, une autre tradition s’était développée, à Gabies, gardant la mémoire d’un Getulius, d’une seconde Symphérose, sa femme, d’Amantius et de Cerealis (cf. infra).
Les deux traditions se mêlèrent bientôt dans l’imagination populaire : l’identité de nom des deux Symphérose, celle de Tibur et celle de Gabies (ou Torri) sur la Voie Salara, la communauté d'époque à laquelle toutes deux vécurent, devait nécessairement entraîner la confusion. D’autant qu’une autre cause y contribua encore : le souvenir d’un certain Zoticus s’associa à la tradition salarienne comme à la tradition tiburtine et contribua à les enlacer et aies unir. Ily avait un Zoticus à Tibur 4 , voisin par conséquent de Symphérose et de ses fils ; il y avait un autre Zoticus sur la voie Lavicanc, au dixième mille qui se rattachait au Getulius de la Voie Salaria et par l’homonymie des deux villes où l'un et l’autre étaient vénérés 0 , et par l’homonymie d’un compagnon auquel l’un et l’autre étaient
1 Propriété du marquis Grazioli qui fit les frais des fouilles.
* Stevenson : Scoperta délia basilica di S. Sinferosa e dei suoi selle figli al nono miglio délia via Tiburtina ; 1878. — Bul , 1878, 75.
3 Strabon. « ça*l 5 ,e EXXYivt6aç àpçoTÉpa; », V, 111, 11.
4 Fulvius Cardinalis, p. 16; 10 juin, 262; 18 juillet, 352, § 8.
F. H, 1111, id. februarias.
« Gabies de Sabine (ou Torri) et Gabies de Latium.
8AÏNT LAURENT
associés 1 . De ces multiples rapports résulta bientôt la fusion de la femme de Getulius et de la mère des sept martyrs, et aussi — sans que, à vrai dire, elle se soit jamais complètement accomplie — celle de Getulius et de Zotique — Comment expliquer autrement l’intrusion de Getulius et d’Amantius dans la tradition tiburtine et le silence de la tradition salarienne sur les événements de Tibur? 3 .