‹ Étude Sur Les Gesta Martyrum RomainsChapitre 71 sur 161 · SAINTS PIERRE ET MARCELLIN · texte numérisé non relu

SAINTS PIERRE ET MARCELLIN

Gestes des saints Pierre et Marcellin.

Gestes de saint Laurent.

avoir fleuri dans le Viens Dionysii et Panchratii. — Il est vraisemblable que l’histoire de ces traditions n’a pas été sans se ressentir — comme celle de Basilide et de Sophia, — de la présence en ces parages de l’église manichéenne.

« Arthemius, geôlier de Pierre et Marcellin, converti par eux « ainsi que Candula sa femme et Paulina sa fille , est mené « via Aurélia sur V ordre du vicaire Serenus : il rencontre « avec les siens Pierre et Marcellin accompagnés (T une foule « nombreuse , refuse de s'échapper, est exécuté . »

Le souvenir de ces saints est attesté par les Itinéraires au cimetière de Pancrace. Arthemius s’y trouve expressément nommé; quant à Paulinus qui l’accompagne, il est permis d’y voir une déformation paléographique de Paulina. Leur association à Pierre et Marcellin est rendue probable par l’éloignement de leurs tombeaux.

« Ahdon et Sennen, rois de Cordula en Perse, pris par « De ce, ensevelissent les chrétiens: ils sont emmenés par lui à « Rome au moment où Galba meurt et où Sixte est emprisonné . <( Ils comparaissent devant Dèce et Valérien préfet le 5 des « kalendes d'août, refusent de sacrifier à V idole qu'apporte « Claudius , prêtre du Capitole, crachent sur une idole du « Soleil et sontègorgéspar des g ladiateurs dansC amphithéâtre . « Leurs corps sont recueillis par le diacre Quirinus, ensevelis « par lui dans sa demeure, dans un cercueil de plomb, le « 3 des kal. (F août. A l'évoque de Constantin, les martyrs « révèlent le lieu de leur sépulture, et ils sont transportés au « cimetière de Pontien .

La date de Ieuranniversaire est confirmée par le chronographe et le férial; le lieu de leur sépulture parcesdeux mêmes textes et les Itinéraires. L’époque de leur supplice peut être placée

1 Marucchi : Les Catacombes Romaines , p. 58.

avec vraisemblance sous Dèce ou sous Valérien. Le rédacteur a vraisemblablement emprunté au Liber Generationis — ou à un texte en dépendant, — les noms des pays qu’il veut que Dèce ait soumis, après avoir vaincu les Perses, la Babylonie, la Bactriane, l’Hyrcanie, la Cordula, l’Assyrie 1 .

De là vient peut-être l’introduction dans la légende d’un certain évêque de Babylone nommé Polychronius, que Dèce martyrise avec son clergé au cours de sa campagne orientale : ce Polychronius est attesté par le férial 2 , mais son association à Abdon et Sennen est évidemment légendaire. Le rédacteur, qui connaissait le Liber Generationis et utilisait le calendrier, a peut-être puisé à d’autres sources écrites : il note assez exactement l’attitude de Dèce, dévot du paganisme officiel et traditionnel, et indique avec quelque précision le caractère propre de la persécution de 250 : Dèce ordonne de poursuivre non pas les chrétiens expressément dénoncés comme Trajan, ni ceux qui font de la propagande comme Sevère, ni ceux qui appartiennent au clergé comme Maximin : il fait traquer les simples fidèles 3 .

L’origine orientale d’Abdon et Sennen est assez bien attestée par leurs noms ; leur qualité royale est fort douteuse. Ce n’est pas que des princes orientaux ne soient souvent venus à Rome: en 65, c’est Tiridate 4 , en 202 Abgar IX 5 , en 216 Abgar X 6 , en 244 Abgar XI 7 , en 252 Tiridate 8 , en 323 c’est Hormisdas le frère aîné de Sapor II qui vient se réfugier à Rome 9 . Le séjour de ces princes devait, semble-t-il, disposer le populaire à garder le souvenir de leurs pompes exotiques : d’autant que le triomphe d’Aurélien, où parut Zénobie, avait

* Cf. Chronica Minora (M. G., T, 106).

5 XIII. Kal. mar. (Rossi-Duchesne, 22). — L'attention était sans doute attirée sur ce nom par le Polychronius des Apocryphes Symmachiens (Cf. aussi Moschus X. — P. L., 74 175.

3 « Si quos profanos christianos inueneris in urbe, protinus ad tormenta trahi eos non ditfugeres. » L'édit authentique est perdu (Origène. Hom. IX in Josue). Rapprocher de celui que donnent les gestes cet autre qui a été publié à Toulouse en 1664: Dec»' Augusti Imperatoris Edictum adversus christianos , nunc primum editum a Bernardo Medonio (Tolosae, Bosc. 1664).

4 Dio, LXIII, 2-7.

6 Gutschmid : Osroene , 35.

4 Dio LXXVI1, 12. — Gutschmid, 37-44.

7 Gutschmid, 44.

8 Mommsen; llist. Rom. r X, 280.

* Zosime, 11, 27.

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