PAS DE RÉACTION NÉVROGLIQUE
huitième jour, pour ne pas laisser à l'infection opératoire le temps d'apporter de trop grands désordres dans la moellé,.
On trouve néanmoins, à l’autopsie, une myélite diffuse, dont ia propagation vers les régions supérieure et inférieure de la moelle explique l’aggravation des phénomènes présentés. Cette myélite équivalait presque, au point maximum de la lésion, à une section totale de la moelle, puisque les cordons antérieurs seuls présentaient encore un certain nombre de fibres saines : les réflexes rotuliens ont persisté cependant, ainsi que la trépidation épileptoide.
Au point de vue de la topographie anatomique, on peut noter comme dans le cas précédent la résistance de la région moyenne des cornes antérieures, et la propagation de l’hémorragie par le canal central, où elle s’étendait, suivant une disposition moniliforme, depuis le premier segment lombaire jusque dans la moelle sacrée.
Parallèlement, mais sur une étendue beaucoup moindre, l’épanchement avait affecté une forme tubulaire en deux points de la substance blanche . La lésion a présenté les caractères histologiques d’un ramollissement, dû à la fois à la transformation régressive de l’épanchement sanguin dans la moelle, et à l'infection secondaire. La substance blanche à présenté des degrés divers de myélite; on n'a pu surprendre
aucune trace de prolifération névroglique.
ExPértenCE III
Lapin 3. Poids, 2 kgs. vif, en bonne santé, arrive de la campagne. |
7 octobre, — Même opération qu'aux précédents.
Après ouverture du canal rachidien faite aussi petite que possible (2 millimètres de diamètre environ, en tous sens), on ponctionne la moelle, comme pour les précédents, avec l'aiguille d’une seringue de Pravaz. À ce moment, secousse extrêmement vive, qui chasse l’aiguille et nécessite une nouvelle ponction.
Injection intra-médullaire de 4/8 de centimètre cube environ de sang pris dans la plaie et un peu dilué par du liquide céphalorachidien.
Aussitôt, tremblement rapide des deux pattes antérieures ; les postérieures restent immobiles.
Sutures et pansement, comme précédemment.
Immédiatement après, le tremblement des pattes antérieures se reproduit à plusieurs reprises.
L'animal reste immobile. Si on le presse, il progresse en se servant des pattes antérieures seules. Le train postérieur traîne sur le sol, couché tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. De temps à autre, l’animal essaye de ramener en avant ses pattes postérieures ; il parvient avec quelque peine à placer ses cuisses en flexion, mais les segments périphériques restent inertes.
Pas de troubles nets de sensibilité (peut-être un peu d'hypoesthésie).
Réflexes rotuliens absents.
Pas de trépidation spinale aux membres postérieurs, tandis qu’on peut assez bien la faire apparaître aux membres antérieurs, par des chocs légers.
Dans les heures qui suivent l’opération, pas de modifications sensibles, sauf du côté des réflexes rotuliens qui réapparaissent, légers d’abord, trois heures après, puis assez forts six heures
FOYER HÉMORRAGIQUE RAMOLLI 173
apres. À ce moment la recherche des réflexes rotuliens à droite
provoque deux ou trois secousses Conquee dans le pied du même côte.
La paralysie est flasque.
Pas de troubles de sensibilité.
Sphincters sains.
État local de la plaie, satisfaisant. La région n'esl pas douloureuse à la palpation.
L'animal reste couché (train postérieur, côte droit).
8 octobre. — L'animal est dans le même état : couché sur le côté droit. Rétention d'urine. Mêmes signes que le lapin 2 pour la plaie opératoire. État général pourtant moins bon.
9 octobre. — I] est trouvé mort le matin. Il doit être mort dans l’apres-midi de la veille, car la putréfaction est commencée (odeur).
Autopsie. — La plaie est le siège d'une œdème trouble, en quelques recoins le pus a commencé à se collecter. Cette infection semble surtout superficielle. Néanmoins la plaie osseuse n’est pas saine, et les méninges voisines sont nettement enflammées. Au niveau du foyer hématomyélique, la moelle est réduite en bouillie.
Il est fort difficile de distinguer ce qui appartient à la lésion, initiale, à l’infection et au processus cadavérique, qui s'est fait sentir sur toute la longueur de l'organe, qui est diffluent.
On ne peut conserver le foyer dans son entier, et on doit se borner à en prendre la partie inférieure.
EXAMEN MICROSCOPIQUE. — Fixation par le formol, inclusion dans la celloïdine et le collodion, coupes sériées, depuis la lésion jusque dans le cône terminal.
Coloration : éosine hématoxylique, hématoxyline alunée, picro-carmin, Van Gieson.
jo Au niveau du quatrième segment lombaire, les lésions présentent une analogie frappante — au point de vue de la topographie — avec celles du lapin 4 au-dessous du point d’ino-