LÉSIONS DE LA MOELLE PAR PIQURE
Ces expériences ont porté sur deux animaux : un lapin, chez lequel une tentative d’injection de sang dans la moelle a été, par un accident de l'expérience, transformée en simple piqûre, et un chien,
EXPÉRIENCE I Lapin 4. Poids : 2 kil. 900, très vigoureux et agile,
17 octobre. — Même opération qu'aux précédents. Au moment ou l’on touche la moelle avec la pointe de Flaiguille de la seringue, mouvement extrêmement violent du train postérieur, suivis de mouvements volontaires énergiques de l’animal qui se défend, cherche à mordre, et secoue violemment les liens qui le contiennent.
L'aiguille déja introduite dans le canal rachidien en est chassée.
Nouvelle tentative, suivie de la même résistance et de mouvements désordonnés de l’animal.
En le maintenant fortement on parvient enfin à faire linjection, mais un peu à l’aveuglette,
L'animal détaché ne présente qu'une parésie légère du membre postérieur gauche. Le membre postérieur droit n’a
absolument rien.
Pas de troubles nets de sensibilité.
Réflexes rotuliens extrêmement faibles des deux côtes.
18 octobre. — Mème état. La paralysie de la jambe gauche est cependant plus marquée. L'animal, comme ses congénères antérieurement opérés, reste constamment couché (quant au train postérieur) sur le flanc gauche.
Rétention d'urine, pas tres considérable.
Mort par le chloroforme en trois minutes.
Autopsie immédiate. — Organes sains. Vessie distendue, mais beaucoup moins que chez les lapins précédents. à
Un peu d'infection légère débutant au niveau de la plaie. La plaie vertébrale ne présente pas de traces d’inflammation, et il semble bien que l’élément septique n’ait pas pénétré jusquelà.
On voit que, par suite des nombreuses secousses de l’animal, la moelle n’a pas reçu l’injection de sang. Seul, un point noir montre la trace de la première tentative d’introduction de l’aïiguille dans le tissu médullaire.
En réalité, l’injection a été faite entre la dure-mere et la paroi osseuse, au niveau du quatrième segment lombaire, à gauche.
En ce point, on retrouve le sang, ou tout au moins une partie, qui s’est étalé sur une longueur d’un peu moins d’un centimètre, surtout au-dessous de la lésion vertébrale. Aucune compression, sauf peut-être très légère, an point même de l’injection. Mais ce n’est pas tout. Beaucoup plus haut, vers le milieu de la région dorsale, la dure-mère apparaît rougie par un hématome léger qui lui est sous-jacent. La surface externe de la méninge est absolument saine. Il ne s’agit donc pas d’un hématorachis comme plus bas, et, du reste, il n°y a aucune continuité entre cette lésion, étendue sur une longueur de deux à trois centimètres, et située surtout à la partie postérieure de l'organe, et l'hématorachis expérimental signalé,
EXAMEN MICROSCOPIQUE. — Fixation par le formol. Incision et coloration comme précédemment.