‹ Étude sur les hématomyéliesChapitre 117 sur 150 · PIQURES DE LA MOELLE · texte numérisé non relu

PIQURES DE LA MOELLE

1° Au niveau de la plaie médullaire

(5° segment lombaire.)

L’instrument a pénétré dans le cordon postérieur gauche à peu près à moitié chemin entre le sillon collatéral et le sillon médian. Il a suivi une direction antéro-postérieure, puis a pénétré dans la corne grise, un peu en arrière et en dehors de la colonne de Clarke.On trouve en ce point un caillot irrégulier à bords anfractueux, dont le centre est compact, mais sur les bords duquel les éléments normaux du tissu sont entourés par une simple infiltration hémorragique. Une petite traînée se dirige en avant et à droite, dans la direction de la région centrale, parallèlement au bord interne de la corne.

Tout le reste de la substance grise est sain. Le canal central est très dilaté par une substance hyaline. On distingue d’assez nombreux globules blancs et quelques tres rares globules rouges. Il n’y a pas trace d’hémorragie dans le parenchyme nerveux de la région centrale, les vaisseaux sont dilatés par le sang, et beaucoup de capillaires sont très apparents, mais on ne voit pas de ruptures. L’épthélium épendymaire est intact, et ne semble pas proliféré, non plus que la névroglie sous-jacente.

La substance blanche est saine, sauf dans le voisinage du trajet de l'instrument. Dans cette région, les tubes nerveux et le tissu intercalaire sont complètement détruits; dans le reste du cordon postérieur, et aussi dans le cordon postérieur du côté opposé, on trouve tous les intermédiaires entre la simple tuméfaction des cylindre-axes, dont quelques-uns sont énormes, et leur désintégration granuleuse complète

Le foyer de la corne postérieure gauche ne semble pas dù à l'ouverture d’un vaisseau de la moelle, et correspond vraisemblablement à l’épanchement d’une goutte de sang que contenait l’aiguille de la seringue de Pravaz. On se souvient qu’un Aer que mouvement de l’animal a déplacé l'aiguille avant qu’on ait

pu pousser l'injection.

190 MYÉLITE SECONDAIRE

20 — Au-dessous de la lésion principale.

Dans le même segment de moelle, mais un peu au-dessous, on constate que la moitié gauche de la moelle est nettement augmentée de volume, comme on peut s’en rendre compte par l'examen de la figure 18. Le sillon postérieur est demeuré à sa place normale, mais le sillon antérieur est repoussé vers la droite.

L'examen des coupes montre que cette augmentation tient à diverses lésions,siégeant dans la corne antérieure gauche surtout.

En effet, le foyer hémorragique déjà mentionné, et que l’on retrouve à ce niveau, n'est plus le seul. Toute la substance grise du côté gauche est parsemée de petites extravasations qui se sont faites autour de capillaires dilatés à l’extrême, et dans la corne antérieure, ces hémorragies ont été suffisantes pour constituer deux petits foyers tres apparents.

Dans toute cette région, la substance grise est nettement ramollie. Il y a une infiltration assez marquée de petites celluies rondes, et les éléments nerveux sont en voie de transformation. Mais surtout, ces lésions de ramollissement ne correspondent pas à des points directement atteints par l’instrument vulnérant, comme dans le cordon postérieur du même côté. Il s’agit d’une myélite secondaire, qui existe dans la substance grise, et plus encore dans la substance blanche. Dans le cordon antérieur gauche, en effet, les lésions sont très accentuées, Travées vides de tubes nerveux, donnant à la coupe un aspect piqueté, a un très faible grossissement, cylindre-axes tuméfiés, hyalins ou granuleux abondent. C'est ce ramollissement qui crée l’augmentation de volume, et qui déforme l'organe. ;

Ainsi, à ce niveau, on observe, à la fois, un foyer dû à l’injection d’une très petite quantité de sang, et siégeant dans la corne postérieure gauche — une zone de destruction mécanique du tissu, avec un peu de sang, sur le trajet de l’instrument, dans le cordon postérieur gauche — et, de plus, des

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