‹ Étude sur les hématomyéliesChapitre 122 sur 150 · ACCOUTUMANCE · texte numérisé non relu

ACCOUTUMANCE

> Un coup, plus fort. Cri. Paraplégie sans convulsions, ni troubles de sensibilité. Deux minutes après, elle se dissipe progressivement, en trente secondes à peu près.

3° Deux coups consécutifs, plus forts que les précédents. Rien.

j° Un coup, un peu plus fort. Cri. Parésie à peine marquée, et disparue au bout de deux secondes.

5° Un coup, très fort. Mèmes signes, tres atténués, et extrêmement fugaces.

6° Trois coups, beaucoup moins forts, mais consécutifs. Paraplégie complète, claquements précipités des dents, cris. Pas de troubles de sensibilité. Disparition des troubles au bout de cinq minutes. |

Les coups dont le detail précedent ont été chaque fois frappés des la disparition des phénomènes provoqués par le coup précédent. On laisse un intervalle de plus de dix minutes entre eux et le suivant :

7° Un coup, tres fort (comme celui indiqué 5). Résultat presque nul. Parésie tres légère, et disparue en quelques secondes. |

Cette experience montre une sorte d’accoutumance des animaux ou plutôt des régions médullaires percutées aux commotions de la moelle par choc. La seconde série d’expériences par choc sur les cobayes 1 et 2 avait incontestablement donné des résultats moins facilement acquis que la première. Déja, le 18 septembre, on n’avait pu, même avec des chocs assez forts reproduire des paraplégies durant, plus où moins atténuées, jusqu’au lendemain au moins, comme dans les expériences du 13 septembre. Aujourd'hui, avec des traumatismes certainement plus violents, les résultats ont été bien moindres encore.

28 septembre. — L'animal ne se ressent nullement des expériences précédentes. Il est très vif et vigoureux,

Nouveaux coups, Même instrumentation.

1° Un coup fort. Cri, claquements de dents. Pas de convulsions. Aucun symptôme moteur. Sensibilité intacte,

2° Un coup, très fort. Id.

3° Un coup très fort (un peu moins que le précédent), mais appliqué beaucoup plus haut (milieu de la région dorsale, au lieu de milieu de la région lombaire). Engourdissement très léger de la patte gauche, qui reste étendue quelques secondes, puis reprend sa mobilité normale.

4° Un coup très fort (région lombaire). Rien. On enlève alors l’une des trois rondelles de caoutchouc qui entourent l’instrument au point où l’on percute.

5° Un coup très fort (région lombaire). Rien.

6° Un coup très fort (région dorsale). Engourdissement très léger de la patte postérieure droite, très transitoire.

L’accoutumance à la commotion médullaire, qui avait déja été remarquée aux expériences précédentes, d’une manière croissante, a encore augmenté.

29 septembre. — État absolument normal, si ce n’est une certaine hésitation dans la marche, au départ seulement.

30 septembre. -—- Mème état. Poids : 245 gr. (a gagné 50 gr. depuis le 9 septembre).

Nouvelle serie :

1° Un coup, très fort (Région lombaire). Rien.

2, 3°, 4, 5° Coups espacés de cinq ou dix secondes, ou un peu plus, tres forts, au même point. Quelques cris. Aucun trouble moteur ou de la sensibilité objective.

60 Un coup fort (région dorsale supérieure). Rien.

7° Un coup très fort (région dorsale supérieure). Engourdissement extrêmement léger de la patte postérieure gauche, disparu en moins de dix secondes.

4°" octobre. — État normal.

5 octobre. — Même état. Nouveaux coups :

4° Un coup fort (région lombaire). Rien.

20, 30, 4°, Coups forts, espacés (même point). Rien.

5, 6° Successivement. Deux coups forts (région dorsale). Claquements énergiques des dents, aucun signe moteur.

6 octobre. — Mème état qu'avant l'expérience précédente.

7 octobre. — Mème état (aucun trouble quelconque). Nouveaux COUPS :

1e Un coup, très fort (région lombaire). Rien.

2 Trois coups, très forts; consécutifs, sans arrêt. Engourdissement très léger des deux pattes postérieures qui s’étendent et restent inertes pendant une à deux secondes à peu près.

3° Un coup moyen (région dorsale). Mêmes signes.

% Deux coups consécutifs, très forts (région dorsale). Paraplégie, qui est complète pendant dix secondes à peu pres. Puis les mouvements reparaissent et l’animal se remet à courir.

IL est aussitôt sacrifié par inhalation de chloroforme, Mort en trois minutes, Cinq minutes après que le cœur a cesse de baitre.

A utopsie. — Muscles des gouttières. Dans la région dorsale, le point où les coups ont été frappés est marqué par un épanchement sanguin intra-musculaire et dans le tissu cellulaire, de chaque côté de Papophyse épineuse de la quatrieme vertebre dorsale,

Cet épanchement est ancien et il s'est récemment augmente ; quelques filets de sang liquide le parcourent. Largeur : 5-8 millimètres de chaque côté de la ligne médiane. Hauteur : 1 centimètre.

Ecchymoses au même niveau dans la peau.

Dans la région lombaire, même hématome. Mais il est, tout à la fois, plus ancien et moins dense. Pas de caillot proprement dit, mais plutôt infiltration diffuse dans le tissu cellulaire et les muscles. Pas d’hémorragie recente.

Les vertèbres semblent normales partout, ni fracture, ni luxation. Méninges absolument saines. Dure-mere un peu congestionnee, au niveau de la région lombaire surtout, mais cette congestion ne se manifeste que par une simple coloration plus vive des gros et des moyens vaisseaux.

La moelle semble saine extérieurement. Aucune modification. Nulle part il n’y à de compression possible,

EXAMEN MICROSCOPIQUE. — Fixation par le formol, sauf quelques

parties par le liquide de Müller. Inclusion et coloration, comme précédemment.

L'aspect des coupes est assez différent suivant les régions considérées : à la région lomhaire, moyenne et inférieure (où les coups ont été portés), on est frappé de l’infiltration sanguine tres légère, mais diffuse, qui occupe presque toute la substance grise, on ne retrouve plus un seul globule rouge intact ; il n’y à pas non plus de foyer proprement dit, pas de caillot, le tissu n’est pas détruit, mais la coupe est en quelque sorte saupoudrée de pigment sanguin.

I y a, de plus, une abondance extrême de petites cellules rondes, surtout au voisinage des vaisseaux, dont les parois en sont infiltrées; on ne voit pas de capillaires dilatés, ce sont les vaisseaux de moyen calibre qui servent de point de départ a linfiltration embryonnaire.

Le canal épendymaire est rompu en plusieurs endroits ; certaines de ces ruptures sont evidemment artificielles ; d’autres, en rapport avec la dilatation du canal par un amas de pigment sanguin, sont peut-être dues à une hémorragie.

Par comparaison avec des moelles saines de cobaye, il semble que les novaux de la névroglie soient tres augmentés de nombre, surtout dans les cornes postérieures. En tout cas, l’épithélium épendymaire n’est pas prolifére.

A la périphérie de la moelle et jusqu’au voisinage de la substance grise, il existe une mryélite assez marquée des cordons blancs, aboutissant, soit à la disparition {otale des tubes nerveux, soit, en quelques points surtout, du cylindre-axe, la gaine de myéline étant conservee. C’est, on le sait, ce qu'avait vu déja Schmaus.

La pie-mère est peut-être légerement épaissie dans la région postérieure.

Les cellules ganglionnaires semblent saines.

Dans la région dorsale, on ne trouve presque plus de pigment sanguin et le processus réactionnel est évidemment moindre. 11 n’y a presque pas de myélite, quelques cylindreaxes seuls ont disparu et il n'y a plus d’infiltration de petites

cellules rondes autour des vaisseaux. La région cervicale est

saine.

Résumé. — Après trois semaines d'expériences, un cobaye présente une infiltration sanguine diffuse, légère et ancienne de la substance grise, une réaction myélitique assez intense, et des modifications douteuses de la névroglie.

EXPÉRIENCES IT et IT

Les observations des cobayes 2 et 3 devraient normalement prendre place ici; ces animaux ont été également étudiés pendant assez longtemps etont présenté, entre autres particularités intéressantes, ce phénomène déja remarqué chez le cobaye 1 et qu'on retrouve chez les suivants, c'est-à-dire une accoutumance remarquable aux expériences. Maïs par suite de circonstances accidentelles, l'examen anatomique n’a pu être fait. Il est donc impossible de les présenter comme des cas d’hématomvélie. Leur histoire clinique sera rapportée d'autre part.

ExPéRIENCE IV

CoBayE #4 (neuf). — Amené la veille de la campagne. Grande

taille, extrémement musclé et fort. Poids : 395 grammes. 8 septembre. — Mème instrumentation :

4° Un coup, faible (région lombaire). Rien. L'animal se défend, cherche à mordre, mais aucun phénomène nerveux.

2 Trois coups forts, à quelques secondes d'intervalle. Rien.

On enlève, comme précédemment, la rondelle superficielle de caoutchouc.

3° Un coup fort. Cri et claquement de dents énergique.

4° Deux coups, forts. Paraplégie bilatérale, persistant un peu plus de dix secondes, puis rapidement disparue.

5° Un coup, très fort. Paraplégie complète avec anesthésie S'arrêtant au niveau de la région percutée. Vingt-cinq secondes apres, quelques mouvements, puis retour du mouvement et de la sensibilité.

6° Trois coups, moins forts. Paraplégie. Durée : dix secondes.

7° Cinq coups, moins forts encore, même résultat.

8 Un coup, un peu plus fort. Même résultat. Convulsions violentes dans les pattes antérieures. Mais, cette fois-ci, la paralysie dure, l’anesthésie à la piqûre est complète. L'animal se retourne constamment et mord avec fureur son arriere-train paralysé.

Treize minutes après, des piqûres profondes aux pattes postérieures provoquent de très légers mouvements. Deux minutes plus tard, animal replie l’une après l’autre à moitié ses pattes postérieures, jusque-là completement étendues. Mais l’amélioration de la paralysie s’en tient la. La sensibilité semble revenir un peu, mais l'animal, resté vif et désireux de s'échapper, continue a se traîner sur les pattes antérieures.

Vingt-cinq minutes apres le dernier coup, aucun changement n'étant survenu, il est reporté dans sa cage.

(Ces expériences ont été faites le même jour que d’autres, sur les cobayes 1 et 2. Elles étaient destinées à montrer si la résistance que présentaient ces derniers était due au progres de leur développement physique, ou à une véritable accoutumance. La sensibilité plus grande du cobaye 4, dont la force physique était évidemment supérieure à celle de ces animaux, à tranche la question dans le sens d’une immunité acquise à la suite d’une série de traumatismes.)

29 septembre. — Paralvsie persistante, complète pour les segments périphériques des membres atteints, mais incomplète seulement pour le segment central (cuisse) cequi donne à l'animal un aspect tres special.

En effet, tantôt il traine derrière lui ses deux membres inférieurs inertes, tantôt, au contraire, il ramène les deux cuisses en avant, et les maintient repliées en progressant, de sorte qu’il glisse sur ses genoux. Enfin, quelquefois il reste

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