EXPÉRIENCE
CoBaye 1. Petit, jeune ; poids : 195 grammes, (A servi les jours précédents à des expériences de décompression brusque qui n'ont produit chez lui aucun accident sérieux, ni immédiat ni tardif.)
14 septembre. — L'animal étant tenu par la main gauche, les doigts entourant le thorax, on le frappe avec le manche en bois d’une aiguille courbe.
Ce manche est léger (instrument tout entier pèse 50 grammes). On entoure le manche vers son extrémité, c’est-à-dire dans la partie percutante, d'une grosse rondelle de caoutchouc, qui, en donnant du poids à l’instrument, amortit les coups, et empèche les traumatismes des téguments.
Coups frappés dans la région dorsale inférieure :
4° Trois coups modérés. Rien apres les deux premiers, mais au troisieme, eri et paraplégie, sans mouvements convulsifs ni raideur. Cinq minutes après, l'animal commence à remuer les pattes paralvsées. Aussitôt :
% Un coup plus fort est porté. Paraplégie. Mouvements con-
vulsifs des membres anterieurs. Pas de raideur de la nuque. Pas de troubles appréciables de la sensibilité.
Quelques minutes après, aucun mouvement n'étant revenu dans les pattes paralysées, l'animal est remis en cage.
15 septembre. — Même état. La paraplégie est peut-être un peu moins marquée.
I] remue assez bien les deux pattes et arrive à se traîner.
Mais, tandis que ses compagnons de cage sont propres (le sol de la cage étant à claire-voie, sans fumier), il a les poils de la région hypogastrique, ano-génitale etintercruraleabondamment souillés par l'urine, qui s'écoule seulement par regorgement, l'abdomen étant tendu et la palpation faisant reconnaître un ovoïde vésical volumineux.
Anus entr'ouvert, laissant échapper des matières de consistance normale.
16 septembre. — Même état des sphincters. Paralvsie moins marquée. Les mouvements des paltes postérieures sont assez forts et rapides, mais l’animal hésite quand il essaye de marcher vite, et traîne alors l’une ou l’autre des pattes postérieures.
Peut-être un peu d’hyperesthésie du train postérieur.
On le frappe de nouveau de trois coups modérés, immédiatement consécutifs.
Aussitôt paraplégie complète avec quelques mouvements convulsifs des pattes antérieures. Un peu de raideur de la nuque, disparue en quelques secondes.
Au bout de cinq minutes environ, quelques mouvements légers reparaissent dans les deux pattes. La sensibilité semble avoir beaucoup diminué aussitôt après le traumatisme.
L'animal est remis en cage en cet élat.
17 septembre. — Paraplégie un peu plus marquée que la veille avant le dernier traumatisme, L'animal marche assez vite, mais en progressant surlout avec les pattes de devant. Les postérieures suivent, en esquissant le mouvement de la marche normale, mais il est facile de voir qu’elles servent peu,
car en en étendant une, on voit que l'animal continue à progresser aussi vite, tout en la traïnant inerte derriere lui.
Même trouble des sphincters. (paralysie vésicale et rectale).
Pas de troubles appréciables de sensibilité.
18 septembre. — Paralysie moins marquée encore que la veille. L’animal se sert bien de ses pattes postérieures dans la marche. Cependant, assez souvent, l’une ou l'autre accroche.
Les troubles sphinctériens ont diminué, L’anus est fermé. La vessie beaucoup moins distendue. Pen d'urine sur la région péri-uréthrale, |
Hyperesthésie nette de tout le train postérieur, a la piqüre. s'arrêtant par une zone de transition assez rapide au niveau de la région dorsale inférieure où les chocs ont porté.
Nouveaux coups :
1° Un coup léger : aucun résultat.
2° Successivement, à intervalles de deux à (rois secondes, trois coups de moyenne force. Aussitôt, cris, secousses des muscles antérieurs, claquement des dents, raideur de la nuque (tous phénomenes disparus au bout de dix secondes: et paraplégie restant complete pendant dix minutes.
Au bout de ce temps (pendant lequel l’hyperesthésie à disparu) les mouvements reparaissent, et se rétablissent en peu d’instants avec presque toute leur intégrité.
19 septembre. — Paralysie presque nulle Il ne reste plus qu’un peu d'hésitation dans la marche. Pas de troubles sensitifs. Aucune hyperesthésie. Aucun trouble sphinctérien.
20 septembre. — Il ne lui reste plus aucun trouble d'aucune sorte. Les deux pattes postérieures sont fortes et résistent bien
aux mouvements provoqués.
Il est alors soumis a une expérience de décompression
brusque, qui ne donne aucun résultat. On reprend ensuite les commotions par choc, comme précédemment.
25 septembre. — |* Un coup, aucun résultat.