EXPÉRIENCE X
19 octo're. — Lapin 5. Neuf. Assez vigoureux. Poids : 2 kil. ,200 grammes.
Même instrumentation que pour les expériences sur les cobayes, mais on entoure la partie percutante de l'instrument d’une grosse rondelle de caoutchouc, ce qui amortit beaucoup les chocs.
1° (région lombaire). Un coup faible. Rien. .
2% Un coup fort. Engourdissement très léger des deux pattes postérieures.
3° Trois coups consécutifs, forts. L’engourdissement se reproduit, mais il n’y a pas de paralysie véritable. L'animal laisse les membres postérieurs étendus derrière lui, mais est capable de les ramener en avant, et même de s’en servir pour marcher, avec quelque effort.
4° Six coups, très forts, à quelques secondes d'intervalle.
Des le premier, la paraplégie s’établit — mais moins complete que chez les cobayes soumis à des expériences analogues. Les pattes paraplégiées sont tres capables de faire quelques légers mouvements.
Les coups suivants ne changent rien à la paraplégie.
Trois minutes apres le dernier, les réflexes rotuliens, qui existaient avant l’expérience, ne peuvent être retrouvés.
Quand on repose l’animal à terre, apres avoir cherché les réflexes, on le voit étendre au maximum les pattes antérieures
et postérieures, — les premières jointes, les dernières écartées. La tête est fortement défléchie, les oreilles allongées le long du dos. Constamment la tête dodeline d'une épaule sur l’autre.
Deux minutes plus tard, convulsions des quatre membres, surtout membre antérieur droit, et mort.
Autopsie immédiate. Épanchement de sang abondant dans les muscles de la masse sacro-lombaire qui sont totalement infiltrés sur une large surface correspondant à la région percutée.
Intégrité de tous les organes.
Canal rachidien : dans la région percutée, tres léger caillot sanguinolent à la partie antérieure du canal, — Aucune compression.
La dure-mere est rouge depuis la fin de la moelle cervicale jusqu’au filum terminale.
Épanchement sanguin en nappe extrêmement fine au-dessous d'elle, — mobile en quelques points suivant les positions de la moelle.
Aucune lésion osseuse (fracture ou luxation.) Le sang épanché dans le canal semblait avoir directement suinté des aréoles du tissu spongieux des corps vertébraux, sans trait de fracture, ni destruction d’aucune sorte.
EXAMEN micRoscoPiQuE. — Même fixation, inclusion et coloration que précédemment. |
Dans toute la hauteur de la moelle lombaire, on trouve du sang dans les espaces sous-arachnoïdiens. ;
Le canal central a pris une forme ovalaire. presque circulaire en quelques points, il contient du sang. Les capillaires de la substance grise sont très dilatés, mais les hémorragies sont rares et toujours très limitées.
C’est surtout dans le sixième et le seplième segments lombaires que les extravasations existent. Elles parsèment la substance grise d’un piqueté irrégulier, surtout marqué dans la région centrale.
Le canal contient à ce niveau un assez gros caillot. Nulle part
on ne l’a trouvé rompu.
I. — La commotion médullaire par choc s’accompagne de lésions immédiates et de lésions tardives.
IT. — Les lésions immédiates sont, outre des modifications du côté des neurones qui expliquent les symptômes, et que nous ne pouvons que signaler ici, une congestion intense de la région soumise au traumatisme, avec extravasation et hémorragies d'importance variable.
IIT. — Le sang épanché dans la substance grise se retrouve dans le canal central, distendu, vraisemblablement par la lymphe, sans que la paroi de ce canal soit rompue.
IV. — Les phénomènes tardifs consistent en altérations myélitiques et en réaction névroglique modérée.
V.— Il semble qu’il n’y ait aucun rapport entre l’intensité äes hémorregies en un point donné, et l'intensité de la réaction névroglique.
eng et mme ne