‹ Étude sur les hématomyéliesChapitre 130 sur 150 · HÉMATOMYÉLIES PAR DÉCOMPRESSION ATMOSPHÉRIQUE BRUSQUE · texte numérisé non relu

HÉMATOMYÉLIES PAR DÉCOMPRESSION ATMOSPHÉRIQUE BRUSQUE

Comme on pourra le voir plus loin, les expériences dans lesquelles nous avons soumis des animaux à des décompressions brusques nous ont montré d’autres lésions que des hémorragies, qui n’y occupent qu'une place secondaire.

Nous avons déjà montré que chez l’homme, l’hématomyélie se produisait beaucoup plus facilement dans ces conditions que chez l’animal, à cause de la richesse du système vasculaire.

Nous ne signalerons ici que les lésions hémorragiques, l’ensemble des lésions devant faire l’objet d’un autre travail, mais nous rapportons néanmoins les plus importantes de nos expériences, moins pour la description des lésions hémorragiques, que pour fournir des exemples de la symptomatologie que ces accidents produisent chez l'animal — accidents assez comparables à ceux qui surviennent chez l’homme, que, faute de place, nous n'avons

pu décrire dans ce travail.

Ces expériences ont porté sur trois cobayes et sur six lapins.

Les expériences I à VI seront laissées de côté, comme n’ayant fourni que des résultats négatifs, faute d’instrumentation suflisante.

Il nous manquait en effet la possibilité de produire une compression très forte et une décompression très brusque. Ces conditions étaient nécessaires pour amener la mort rapide des animaux, avant que des infarctus hémorragiques aient eu le temps de se produire, seul moyen de savoir si les hémorragies étaient, en pareil cas, toujours secondaires au ramollissement, ou si elles existaient parfois primitivement.

Nous avons pu réaliser ces deux conditions dans l’usine de produits chimiques de MM. Durand, Huguenin et Ci, à Saint-Fons près Lyon, grâce à l'extrême amabilité des chefs de la maison, auxquels nous sommes heureux d'adresser ici l'hommage de notre reconnaissance.

Un grand autoclave, éprouvé à plus de 100 atmosphères, a été mis en communication avec une pompe à compression d'air de la compagnie Westinghouse, semblable à celles, qui, sur les locomotives, compriment l’air des freins.

L'autoclave lui-même pouvait être mis en communication directe avec l’air par un robinet à large ouverture.

La pompe Westinghouse, mue par la vapeur, permettait d'atteindre en peu de minutes une pression de 10 atmosphères ; en ouvrant le robinet de l’autoclave on faisait tomber cette pression en quelques secondes.

A. — Expériences faites sur des lapins

Expérience VII

Lapin 7. Poids : 2 kil. 430. Mis dans lautoclave à 2h. 50: A 2 h. 56, la pression est à 8 atmospheres.

Décompression brusque, en quatre secondes.

L'animal est retiré un peu abasourdi de l’appareil. Le cœur est rapide, les pupilles un peu dilatées. Aucun trouble de motilité. Au bout de deux minutes, il va et vient comme si de rien n'était.

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