CHAPITRE PREMIER
Observations avec autopsies
OBSER VATION I (2)
(Sur un cas d'endartérite et d'endophlébite, probablement syphilitiques, des vaisseaux de la pie-mère spinale, avec thromboses intravasculaires, hématorachis, hématomyélie et infarctus caséiforme de la moelle, siégeant au niveau de l'émergence des deuxième et troisième paires sacrées.)
(Observation présentée déjà à la Société médicale des hôpitaux, le 12 mars 1897, page 369, sous le titre erroné de tubercule solitaire de la moelle.)
M. Marran (Examen histologique, par MM. Gasne et Priipre). Société médicale des Hôpitaux ce Paris, séance du 18 novembre 1898.
Le 12 mars 1897, j'ai présente à la Société médicale des hôpitaux une moelle d'enfant de trois ans, qui présentait des
(1) Les documents qui suivent sont des résumés, pour la grande majorité faits sur le texte original, des observations d'hématomyélie qui nous ont paru les plus importantes. Nous les avons classés, autant que possible suivant leurs parentés étiologiques anatomiques, ou cliniques.
(2) Nous devons à la bienveillante obligeance de M. le professeur agrégé Marfan et de MM. Gasne et Philippe la communication de la pièce et des préparations qui se rattachent à l'observation suivante. Avec leur autorisation nous avons fait dessiner la moelle entière (pour la reproduction de laquelle nous remercions notre ami, le Dr J.-M. Raulin, de l’aide qu'il nous a prêtée) et l’une des préparations les plus caractéristiques. Nous remercions très vivement MM. Marfan, Gasne et Philippe.
altérations rares et curieuses. Je demande la permission de résumer cette communication.
A l’âge de deux ans et deux mois, un petit garçon, sans antécédents héréditaires ou personnels connus, fut pris brusquement d’une paraplégie spasmodique complète, avec incontinence d'urine et des matières fécales. La paraplégie s’améliora, sans guérir complètement, mais les troubles des sphincters persistèrent. En raison du début subit des accidents, je posai le diagnostic d'hématomyélie. Je me demandai si cette hématomyélie était l'expression d’une lésion syphilitique ou d’une lésion tuberculeuse. N'ayant pu trouver d’antécédents ni des signes de syphilis j'avais conclu à l’existence d’un tubercule médullaire avec hématomyélie consécutive. L'enfant mourut et l’autopsie sembla d’abord me donner raison. Au niveau de l'émergence de la deuxième et de la troisième paires sacrées, on trouva une masse caséeuse du volume d’une noisette; la ressemblance avec un gros tubercule était telle que ceux de mes collègues qui avaient assisté à l’autopsie ou qui avaient vu la pièce à la Société n’élevèrent pas un doute à ce sujet; tout le monde considéra cette lésion comme un tubercule. En outre de cette masse caséeuse, l’autopsie montra une hématomyélie de la zone immédiatement sus-jacente, des hémorragies sous-arachnoïdiennes,une phlébite intense et diffuse des veines de la pie-mère, dont le foyer principal correspondait au foyer de l’hématomyélie, Dans toute l'étendue de la moelle, on trouva, surtout dans la substance grise, un piqueté hémorragique. Des lésions de granulie récente furent constatées dans les poumons, ce qui contribua à faire accepter sans réserves le diagnostic de tubercule médullaire.
Pour ne pas détériorer la pièce que je voulais présenter à la Société, je n'avais pas fait au préalable d'examen bactériologique. Le lendemain du jour de la présentation, des lamelles furent frottées sur la matière caséeuse et les bacilles de la tuberculose y furent recherchés; le résultat fut négatif, J’eus alors des doutes sur le diagnostic et je priai MM. Philippe et Gasne de vouloir bien faire un examen histologique complet de la pièce, M. Philippe va vous exposer le résultat de ces recherches. Elles
ont montré qu’il ne s’agit pas de tuberculose. La masse caséeuse n'est qu’un infarctus tuberculiforme. En réalité, le processus peut être reconstitué comme il suit, Il y a une endartérite et une endophlébite extrêmement marquées des vaisseaux de la piemère spinale ét les caractères de ces lésions vasculaires sont tels qu’ils font penser invinciblement à la syphilis. Ces lésions se sont accompagnées de thromboses intra-vasculaires, d’hématorachis, d’hématomyélie et ont provoqué la formation d'un infarctus qui ressemblait absolument à un tubercule. Il s’agit là d’un fait rare et dont l’étude offre un grand intérêt.
Examen histologique, par MM. Gaswe et Prciprx.
A. Lésions médullaires proprement dites. — Au niveau de la 3°racine sacrée, on rencontre la masse grisâtre, un peu sèche, qui, étudiée à l'œil nu, ressemblait singulièrement à un tubercule caséifié.
Les coupes histologiques démontrent, à n’en pas douter, qu’il
- s’agit d’un caillot fibrineux, déjà ancien. Ce caillot occupe une étendue assez considérable puisqu'il correspond, au moins, aux deux tiers de la préparation. Il est entouré par une colonne, plus ou moins épaisse, de globules sanguins.
Plus en dehors, nous rencontrons une paroi limitante, qui n’a pas toujours la même structure. En arrière, au niveau de la moitié postérieure du segment médullaire examiné, cette paroi est dense, épaisse, formée par plusieurslames conjonctives tassées et parsemées de cellules plates à noyaux allongés ; même, elle renferme cà et là des noyaux et fibres musculaires, non disposés toutefois en couche continue : vraiment, à ce niveau, on croirait avoir affaire à une tunique veineuse épaissie. Ailleurs, surtout dans la partie antérieure du segment médullaire, la paroi devient plus mince ; elle se compose seulement de quelques lamelles conjonctives, laissant entre
elles de larges espaces.
Enfin, cette paroi et les tissus environnants sont infiltrés
de granulations ou d’amas pigmentaires, d’un jaune d’or, qui s'étendent assez loin ; évidemment, ce sont les reliquats d’anciennes hémorragies.
Il nous reste à déterminer le siège exact de notre caillot, Sur plusieurs coupes, lesillon médian antérieur se reconnaît aisément, avec sa béance etsa profondeur caractéristiques, ses vaisseaux, etc.; de chaque côté, on distingue encore quelques restes du cordon antérieur mais surtout, cinq à six cellules nerveuses, radiculaires ; ces cellules, devenues globuleuses, avec protoplasma tuméfié et prolongements indistincts, se montrerit à une toute petite distance du bord correspondant de la paroi, très mince, qui limite le caillot à ce niveau. Ainsi, l’hémorragie est bien 2ntra-médullaire : elle a détruit les deux tiers de la moelle ; selon toute vraisemblance, elle est venue des vaisseaux du sillon médian postérieur.
Au niveau de la ® racine sacrée, à l'œil nu, letissu était formé par une masse couleur jus d’abricot. Au microscope, il s’agit encore d’un caillot, également fibrineux, mais parcouru en tous sens de nombreux vaisseaux néoformés, sorte de capillaires tortueux bourrés de globules sanguins. Nous n’avons rencontré aucun élément nerveux.
De même, au niveau de la 5° racine lombaire, le tissu médullaire fait défaut ; toute la préparation est occupée par une seule veine, énormément dilatée.
Dès la 4° racine lombaire, la moelle apparaît parfaitement reconnaissable ; la substance grise se constitue.
Plus haut (2 racine lombaire ; 10° racine dorsale: 6° racine cervicale), les dégénérations secondaires se systématisent.Dans les cordons postérieurs, elles se limitent au système radiculaire sensitif en suivant les lois de Kahler et Pick ; dans les cordons latéraux, quelques fibres des faisceaux cérébelleux directs sont seules dégénérées.
Donc, à partir de la % racine lombaire, les lésions médullaires sont, avant tout, d'ordre dégénératif, c’est-à-dire secondaire.
Résumons les altérations rencontrées dans la moelle elle-
OBSERVATIONS Do
même, et nous pourrons dire que le renflement lombo-sacré a été détruit par des hématomyélies successives ; ces hémorragies enpleine moelle ont subi à certains niveaux des modifications qui, examinées à l’œil nu, en imposaient pour une sorte de caséification tuberculeuse. Ca et là, autour des foyers hématomyéliques, existent des reliquats de tunique vasculaire, vraisemblablement du type veineux.
B. Lésions extra-médullaires (vaisseaux, méninges, racines). — Ces lésions ont été étudiées surdes coupes sériées, depuis le cône terminal jusqu’au renflement lombaire. Signalons d'abord des hémorragies, plus ou moins abondantes, absolument diffuses ; elles siègent partout : immédiatement en dehors de la pie-mere, entre les îlots radiculaires, antérieur ou postérieur, plus loin, au voisinage de la dure-mère. Ces hémorragies anciennes sont constituées surtout par des amas fibrineux, d’étendue très variable.
Les altérations vasculaires sont bien autrement importantes, et par leur intensité, et par leur généralisation.
Les artères et les veines sont prises, de façon sensiblement égale. Il s’agit toujours de vaisseaux d’un certain calibre ; ce sont surtout ceux des sillons, médian ou latéraux ; ainsi, par contre, les petits vaisseaux intra-radiculaires paraissent moins atteints.
- Le siège de la lésion présente une fixité remarquable : c’est la {unique interne qui se prend des le début, et qui reste prise au maximum durant toute la durée du processus pathologique ; le retentissement sur les autres tuniques, moyenne ou externe, est toujours tardif, ordinairement insignifiant, nettement secondaire aux altérations fondamentales de la tunique interne.
La lésion, surtout au niveau des artères, évolue en deux stades : stade cellulaire ou stade initial, stade fibro-formatif ou stade adulte. Dans le stade cellulaire, la partie profonde de la tunique interne, immédiatement adjacente à la tunique moyenne, devient le siège d’un processus prolifératif intense.
Dans le stade suivant, fibro-formatif, les parties les plus internes de la couche cellulaire précédente se transforment : par modifications successives des cellules qui deviennent fusiformes, allongées, apparaissent des fibrilles, des granulations, en dernière analyse, des lamelles connectives, tassées les unes contre les autres.
Et le processus continue ainsi; pour la tunique interne, se rencontrent désormais deux couches pathologiques ; Pune, la plus interne, est surtout connective, lamelleuse : Pautre, la plus externe, est cellulaire ; c’est elle qui forme la précédente par modifications de ses couches les plus anciennes.
Cette lésion, dont nous avons voulu esquisser les principaux stades, présente une topographie assez variée par rapport à la circonférence du vaisseau. Elle peut envahir, dès le début, toute cette circonférence, mais le fait est rare. Le plus habituellement, elle commence par un point isolé de l'artère, sous forme d’un nodule, d’une plaque, d’une végétation. Progressivement, les nodules se réunissent, et, en rétrécissant peu à peu la lumière du vaisseau, peuvent en amener l’oblitération complète.
Mais, au lieu de cette oblitération complète, dans la majorité des cas, nous assistons à la formation d’un caillot. Ce caillot apparaît et dans les artères et dans les veines, mais avec certaines différences que nous aurons à préciser plus loin. En examinant plusieurs coupes superposées, nous avons pu aisément constater toutes les phases histologiques qui ont coutume de se dérouler au cours de coagulations sanguines. D'abord pariétal, simplement appendu, sous forme de quelques filaments fibrineux, à une toute petite aspérité de l’endo-vaisseau, le caillot devient progressivement total, envahissant toute la lumière du canal. Plus tard, il présente des transformations multiples : ici, des capillaires néo-formés le creusent en tous sens, le disloquent, et finalement, le cours du sang peut se rétablir, au moins dans la plus grande étendue de la lumière du vaisseau ; ailleurs, les masses fibrineuses deviennent granuleuses, opaques, en subissant une sorte de nécrobiose,
gées.
énin
emorragies m
Varices au niveau des coupes inférieure
F16. 22. — Moelle de l'observation 1. H
IL nous reste à voir si ces lésions vasculaires, avec ou sans caillot, évoluent différemment sur les artères et les veines. Les deux ordres de vaisseaux sont pris, nous l’avons dit, Cependant, ils sont pris suivant certaines modalités intéressantes à mettre en lumiere. Ainsi, au niveau des artères, le processus est toujours tres actif; les couches cellulaires, néoformées, sont nombreuses, en pleine évolution’ elles élaborent incessamment par leurs zones les plus internes des fibrilles et des lames connectives. De même, le caillot artériel n’est jamais très volumineux ; il nous à paru devoir rester très longtemps pariétal sans aboutir à une coagulation totale. Enfin, les tuniques artérielles résistent, sans se laisser dilater d’une façon sensible.
Au niveau des veines, la lésion est moins nettement proliférative et cellulaire. Ainsi chaque veine se sclérose, par sa tunique interne, lentement, grâce aux lamelles conjonctives qui
se disposent concentriquement, sans infiltrations cellulaires très nettes. Mais les différences entre le processus artériel et le processus veineux se montrent surtout à propos des coagulations et de la résistance des parois.
Le caillot veineux est très vite un caillot total, qui arrête le cours du sang; les masses fibrineuses, énormes, se laissent mal pénétrer par les bourgeons vasculaires ; elles subissent la dégénérescence ir globo, plutôt que la néo-vascularisation. Puis, sans doute sous l’influence de ces coagulations massives, les parois veineuses se laissent dilater, souvent à un degré excessif, et l’on arrive au résultat que voici : la veine d’un sillon, à peine visible à l’œil nu, se dilate au point d'occuper toute la préparation, elle atteint le volume d’un pois où d’une noisette même, avec ses parois épaissies, ses caillots, sa lumière élargie. Souvent aussi, comme sur la coupe passant par l'émergence de la cinquième racine lombaire, la veine est divisée en deux segments; dans l’un de ces segments, le caillot, plus ou moins dégénéré, remplit toute la lumière du vaisseau et se trouve limité par une paroi épaissie, résistante ; dans l'autre segment, le sang circule encore, bordé par une paroi excessivement amincie. Nous voulons insister sur ces sortes de varices
J. Lépine. 16,
veineuses avec thrombose partielle et paroi amincie ; nous avons pu, grâce aux coupes sériées, nous rendre compte de leur ‘fréquence dans toute la hauteur des racines de la queue-decheval et du renflement lombo-sacré. Nous croyons que les hématomyélies, successives, se sont faites surtout par la rupture
F1. 23. — 2 racine sacrée. Hématoxyline alunée, éosine. C. caillot, parcouru par de nombreux vaisseaux néoformés. On n’a représenté les varices veineuses que dans la partie postérieure de la moelle, mais l'organe est entouré sur toute sa circonférence par des veines dilatées contenant des caillots à diverses périodes. En V, veine extrêmement distendue et prête à se rompre.
de la paroi mince des dites veines; ce point nous semble d’autant moins discutable que, sur certaines coupes, nous avons pu surprendre le début même de l'hémorragie à travers la paroi. Ainsi, nous avons rencontré assez souvent une veine
ne de dilatation variqueuse, qui présentait du sane épanché entre les lames conjonctives de ses tuniques, Fi n ce none cette hémorragie interstitielle, disséquant, pour ainsi dire, les parois veineuses, représentait bien ent le premier stade de l’hémorragie vraie, ou de l’hématomyélie
Fic. 24. — Varice veineuse avec thrombose partielle et paroi amincie (veine marquée V dans la figure précédente). Le caillot, en voie de transformation, occupe ici la partie dilatée de la veine. La paroi, d’une minceur extrême en quelques points, est en voie de rupture. En 4, hémorragie interstitielle. L, lumière libre du vaisseau. (Cette figure et la précédente ont été faites d'après une préparation de M. Philippe.)
quand Je sang pénétrait dans le tissu médullaire lui-même. (Voir figures 23 et 24).
Les racines rachidiennes, antérieures ou postérieures, ont échappé aux lésions primitives. Il n’est pas rare de rencontrer certains îlots radiculaires, englobés par des masses fibrineuses
plus ou moins dégénérées, reliquat des hémorragies arachnoïdiennes et méningées ; et cependant, ces îlots radiculaires ont leurs tubes nerveux intacts, sans lésions parenchymateuses ni interstitielles. Si nous exceptons la dégénération secondaire rencontrée dans les racines antérieures proportionnellement aux altérations des grandes cellules motrices, nous pourrons conclure que le processus a épargné les racines rachidiennes.
Nous en dirons autant des méninges. Nous n'avons jamais rencontré, sur nos différentes coupes, un processus méningé assez intense pour mériter d’entrer en ligne de compte dans l'appréciation générale des lésions.
Conclusion. — Dans notre cas, le processus pathologique est une endo-vascularite développée, avec une intensité et une généralisation vraiment remarquables, au niveau des artères ou veines de gros et de moyen calibre. Cette endo-vascularite a envahi les vaisseaux, surtout extra-médullaires, au niveau des sillons de la moelle dorsale inférieure, de la moelle lombosacrée, et dans toute l’étendue du canal dorsal renfermant les racines de la queue-de-cheval. Le processus à abouti, surtout au niveau des veines, à la formation de coagulations sanguines et de varices. Ces coagulations et ces varices ont détruit la moelle sacrée et la partie inférieure de la moelle lombaire par un double procédé, en comprimant le {issu nerveux ou en le pénétrant par un CE Een agique survenu à la suite de la rupture de la paroi vaSéulaire amincie, L’étiologie de cette endo-vascularite massive, chez un enfant de deux ans, reste obscure, si l’on s’en tient à l’observation et à l'anamnèse; mais à cause de ses caractères histologiques et de sa généralisation, en l’absence de tout autre facteur étiologique, plausible à cet âge, il est permis d’incriminer, avec beaucoup de vraisemblance, la syphilis héréditaire précoce.
OBSERVATION 2 Hématomyélie avec hémorragie cérébrale.
Altérations vasculaires.
SACCHEO. Revue médicale, 1836, t. III, p. 265.
Femme de vingt-sept ans, d’un tempérament sanguin ; ictus, aphasie et hémiplégie droite; trois semaines après, nouvel ictus, paraplégie complète et mort quatre jours plus tard,
Autopsie. — Caillot de la grosseur d’un pois vers le milieu de la moelle cervicale. Hémorragie cérébrale plus ancienne.
OBSERVATION 3 Hématomuyélie spontanée. — Athérome.
(De l’hémorragie intraméduilaire ou hématomyélie.) Gorsse. Thèse de Strasbourg, 1870.
Homme de soixante-huit ans, sans antécédents. Sans cause, fourmillements dans les deux jambes, puis, au bout de trois semaines, paraplégie subite aveé violente douleur dans la région lombaire. Pas de perte de connnaissance. Mort quelques jours plus tard.
Autopsie. — Dans les dix derniers centimètres de la moelle lombaire,foyers hémorragiques multiples de la substance grise.
Aucune inflammation à la périphérie des foyers. Pas trace de ramollissement.
Athérome prononcé des artères.
OBSERVATION #4 Hématomyélie. — Anévrysmes miliaires.
Liouvize. Société de biologie, 1872, p. 2.
Garçon de café, vingt-cinq ans. Alcoolique. Paraplégie subite, . chute sans perte de connaissance. Guérison. Trois ans plus
tard, nouvelle paraplégie subite. Mort deux mois et demi après par infection, suite d’eschares.
Autopsie. — Hématomyélie tubulaire occupant toute la région dorsale, une partie de la région cervicale et de la région lombaire. Dilatations ampullaires des vaisseaux (anévrysmes miliaires pour l’auteur).
OBSERVATION 5 Hématomyélie spontanée, — Lésions vasculaires ? (Ein Beitrag zur Lehre von der Spinalapoplexie.) E. Gozprammer. Berliner klin. Wochensch., 1875, p. 698.
Jeune fille de quinze ans et neuf mois, non menstruée, sans antécédents héréditaires et ayant toujours joui d’une bonne santé. Étant assise un jour tranquillement sur une chaise, elle éprouva subitement une douleur si violente, entre les deux épaules, qu’elle en poussa un cri. Cette douleur se répandit rapidement dans le bras droit, puis dans le gauche, en même temps qu'apparut une douleur en ceinture siégeant à la base de la poitrine. Elle tomba de sa chaise et remarqua aussitôt que sa jambe droite était paralysée ; au bout d’une demi-heure la jambe gauche le fut aussi. |
Transportée à l'hôpital, deux heures après l’accident, elle présentait l’état suivant : paraplégie complète des extrémités inférieures ainsi que des muscles du dos et de l’abdomen, anesthésie complète remontant exactement des deux côtés jusqu'aux mamelons, en arrière jusqu’à la quatrième vertèbre dorsale. Le mouvementet la sensibilité sont intacts au-dessus de cette ligne, pas de douleur spontanée dans les extrémités inférieures, à peine un léger fourmillement, la douleur en ceinture au début, ainsi que celle des bras disparaît dès le premier Jour. Conservation des mouvements réflexes ainsi que de l’excitabilité musculaire dans les extrémités inférieures ; paralysie de la vessie, urine normale. Rien du côté du cerveau, température normale, pouis à 80. Diagnostic porté : hémorragie de la moelle.
Au bout de quatre mois, l’état de la malade, qui avait subi
jusque là des variations insignifiantes, présenta des symptômes nouveaux : exagération des mouvements réflexes et secousses involontaires dans les extrémités inférieures, puis contracture des muscles paralysés, d'abord dans l'extension puis définitivement dans la flexion, amaigrissement progressif des cuisses et des jambes.
Cette maladie dura un an ; la malade eut plusieurs atteintes de cystite purulente et finit par succomber aux conséquences du décubitus.
Aulopsie. — Méninges normales, foyer hémorragique siégeant au niveau de la deuxième paire dorsale. Ce foyer d’environ 8 millimètres de long, se compose d’un feutrage de tissu connectif, dans les intervalles duquel on trouve un grand nombre de cellules granuleuses et de corpuscules graisseux, de grandes masses de cristaux d’hématoïdine et des amas de pigment granuleux, absence complete d'éléments nerveux. Les vaisseaux périphériques sont atteints de dégénérescence graisseuse, d'autres de dégénérescenec pigmentaire. Nulle part de dilatation ampullaire des petits vaisseaux.
Au-dessus et au-dessous de ce foyer, la moelle paraît saine. Cependant, l’examen microscopique dénote une sclérose fasciculée ascendante, comprenant les faisceaux de Goll jusqu’au calamus scriptorius, les faisceaux latéraux, jusqu'à la septième cervicale et la partie externe des cornes postérieures à 1! centimètre environ de la lésion. Il existe de même une sclérose descendante des faisceaux latéraux et postérieurs jusque dans le renflement lombaire.
OBSERVATION 6 Anévrysmes miliaires de la moelle. — Ruptures el hémorragies limitées.
(Aneurysmen der kleinsten Rücken marksgefæsse.) Hesozp. Archiv f. Psychiatrie, 1885, XVT, p. 815.
Fille ; quinze ans. Tuberculose pulmonaire. Depuis quelques semaines, signes multiples de lésion encephalique (strabisme,
ptosis, cécité et surdité, céphalée, délire et état démentiel). Parésie des membres inférieurs, d’abord avec diminution, puis augmentation du réflexe rotulien à droite, mort dans le coma.
Autopsie. — Méningite de la convexité, thrembose du sinus transverse gauche. Dans la moelle dorsale très nombreux anévrysmes reproduisant à peu près exactement la disposition et la forme. des anévrysmes miliaires cérébraux. Dimensions à peu près égales dans les différents sens (à peu près sphériques). De 1/20 à 1/2 millimètre de diamètre. Quelques-uns sont rompus et ont donné lieu à de petites hémorragies. Thromboses veineuses multiples concomitantes, que l’auteur considère comme la cause des anévrysmes, ceux-ci étant dans sa pensée
des lésions de stase.
OBSERVATION 7 Hématomuyélie. — Vascularite syphilitique (Spinal thrombosis and hæmorrhage due to syphilitic disease of the vessels.)
Wicriamson. The Lancet, 1894,7 juillet.
Il s’agit d’un homme de 28 ans, alcoolique et syphilitique depuis 2 ans, atlteint de douleurs dans le dos, entre les épaules depuis un mois. lorsqu'un jour se produit brusquement de la dysurie. La nuit suivante, la rétention d'urine devient absolue; le malade constate au réveil la parésie des deux jambes; il peut à peine les détacher du plan du lit. Diminution de la sensibilité aux membres inférieurs, mais pas de douleurs.
Trois jours après, la paraplégie se complete. Tous les réflexes tendineux et cutanés manquent aux membres inférieurs, à l'exception du plantaire, qui peut être obtenu avec quelque peine. Anesthésie totale jusqu’au sixième espace intercostal. Rétention d'urine et incontinence rectale complète. Infection urinaire et mort treize jours plus tard dans le délire. La paraplégie était demeurée flasque, sans modifications,
Autopsie. — Au milieu de la moelle dorsale, hémorragie occupant toute la colonne grise de gauche. La moelle n’est pas sensiblement ramollie à ce niveau. et il n’y a pas, en tout cas, de ramollissement comparable au ramollissement cérébral.
L'hémorragie s'étend en hauteur à # à 5 centimètres. A ses limites supérieure et inférieure, elle est bornée à la tête de la corne postérieure, tandis qu’au centre du foyer, elle empiète, à travers la cemmissure, jusqu'à la région moyenne de la colonne grise du côté droit.
Dans la substance blanche, aux alentours, on trouve disséminés de petits foyers hémorragiques.
Le microscope confirme les renseignements fournis par lPexamen à l’œil nu. Dans la substance blanche, les quelques hémorragies que l’on rencontre sont au voisinage immédiat de vaisseaux dilatés. Dans la substance grise se trouve une quantité de vaisseaux extrêmement dilatés, surtout près des foyers hémorragiques. Quelques-uns sont thrombosés, les parois vasculaires présentent une prolifération nucléaire des plus nettes, à laquelle s’ajoute une infiltration périvasculaire de cellules rondes.
Ces altérations vasculaires, que l’auteur met sur le compte de la syphilis antérieure, sont dans sa pensée les causes des thrombus et des hémorragies; ces deux phénomènes n'étant pas consécutifs l’un à l’autre, mais concomitants.
OBSERVATION 8 Hématomyélie. — Lésions vasculaires alcooliques.
(Ueber einen Fall von Poliencephalitis hæmorrhagica acuta, alcoholica.)
Bœpeker. Psychiatrischer Verein zu Berlin, 2 février 1895.
L'auteur a rencontré, chez un homme de cinquante-deux ans, alcoolique, mort après trente jours de maladie (céphalée, paralysies oculaires, troubles mentaux, parésie progressivement généralisée), diverses altérations hémorragiques de l'encéphale.
De plus, les vaisseaux de la pie-mère rachidienne étaient, comme ceux de l’encéphale, épaissis et athéromateux par places. De distance en distance, on observait des thromboses plus ou moins complètes, et quelques hémorragies dans Île tissu pial.
Dans la moelle même, on trouva des hémorragies au niveau de la région lombaire.
Elles siégaient entre les cornes antérieures et les posterieures, sur les côtés de la commissure, et au voisinage des artères centrales.
En ces points, les vaisseaux étaient notablement élargis, et leurs parois étaient tres épaissies.
OBSERVATION 9 Hématomyélie. — Athérome.
(Ueber die schwere Form der Arteriosklerose in Centralnervensystem.)
JAcoBsonn. Archiv f. Psychiatrie, Bd. XXVII, 1895, p. 831.
Il s’agit d’un alcoolique de cinquante-huit ans, qui présenta des attaques avec ou sans perte de connaissance, des paralysies transitoires, des troubles de la coordination variables, des symptômes bulbaires (paralysie faciale, des cordes vocales, accélération du pouls, de la respiration, etc.).
Autopsie. — On rencontra à tous les degrés de l’artériosclérose des gros et des petits vaisseaux, un certain nombre de foyers de ramollissement, et des hémorragies, qui ne semblaient pas consécutives à des ramollissements, et qui étaient particulièrement abondantes dans la protubérance, le cervelet et les cornes postérieures de la moelle cervicale, dans sa partie inférieure.
Ces hémorragies étaient de volume variable; un certain nombre atteignait les dimensions d’un haricot.
Les foyers étaient en général compacts, et assez bien limités.
En plusieurs points, on trouva au milieu un vaisseau, dont on put retrouver la rupture, d’où partait une traînée de sang. Nulle part on ne découvrit d’anévrysmes miliaires, ni de dilatations anévrysmaliques quelconques, ce qui donne à l’auteur l'occasion de montrer que la présence de ces anévrysmes n’est pas une condition strictement nécessaire à la production des hémorragies dans le système nerveux.
Du reste, comme il le fait remarquer, l’athérome et la sclérose qui atteignaient ces vaisseaux leur donnaient une friabilité suffisante pour qu’une augmentation subite de pression put realiser leur rupture, tout comme s'ils étaient le siège d’anévrysmes véritables.
OBSERVATION 10 Alcoolisme. — Athérome. — Aliénation.
(Un cas d'hématomyélie.)
Jsrrorr. Société de Neurologie el de Psychiatrie de Kazan, séance du 13 mai 1896.
Chez un aliéne alcoolique chronique, à la suite d’un léger traumatisme (chute) survint brusquement la paralysie des quatre membres, de l’incontinence d'urine et des matières. Aucune lésion extérieure.
L'état psychique n’a pas permis d'examen détaillé, mais déja à la première exploration on constatait des troubles sensitifs (à la douleur et à la température) ; les réflexes patellaires étaient exagérés ; le malade se plaignait constamment du froid. Mort huit jours après le traumatisme,
Autopsie. — OEdème de la pie-mère, forte hyperémie de la substance corticale ; athérome des petits vaisseaux du cerveau. Hémorragie médullaire à la hauteur de la troisieme paire cervicale, s'étendant en haut jusqu’au bulbe, et en bas jusqu'à la
région thoracique.
to
Examen microscopique. — Épaississement des parois vasculaires du cerveau et de la moelle, hyperémie; multiplication des noyaux de la tunique externe et gonflement des noyaux de la tunique interne, Dans la moelle, l'hémorragie a détruit les deux cornes postérieures, la corne antérieure gauche, la partie antérieure des cordons postérieurs et en partie la corne antérieure droite. Autour des foyers, phénomènes inflammatoires. L’hémorragie est due à l'altération des vaisseaux.
D’après M. Popoff, le cas démontre avec quelle facilité, chez les aliénés, les traumatismes les plus légers peuvent amener de graves conséquences; la friabilité des os chez eux est bien connue. [ci la chute a provoqué un Vaste épanchement sanguin dans la moelle.
OBSERVATION 11 Hématomyélie. — Hémophilie.
SINCLAIR. The Lancet, 1885, II, p. 1043.
Homme; vingt-quatre ans.Épistaxis fréquentes et abondantes. Trois Jours apres l’une d’elles, douleurs dans les jambes, puis paraplégie complète, Mort le sixième jour avec des troubles respiratoires.
Autopsie. — Foyer hémorragique depuis le niveau de la sixième vertèbre dorsale jusqu’à la huitième.
OBSERVATION 12 Hématomyélie. — Purpura.
(Hæmatorhachis und Hæ&matomyelie bei Purpura mit Sectionsbefund.)
W. Srerren. Jahrbuch für Kinderheilkunde. Bd XLIT, 1896, p. 288.
Enfant de cinq ans, alteint sans cause de purpura (infectieux?) Le septième jour, alors que les taches purpuriques
étaient déjà nombreuses, nouvelle éruption, élat sub-comateux, paralysie brusque des membres inférieurs et du bras gauche. Mouvements de rotation incessants du bras droit. Cri hydrencéphalique. Amélioration légère dans la suite, disparition de la paralysie du bras gauche, puis retour d’un mauvais état général, et mort dix mois après le début.
Autopsie. — Pas de lésions cérébrales.
Dans la moelle, au niveau des dixième et onzième segments dorsaux, on trouve des adhérences serrées unissant les cordons antérieurs aux méninges sus-jacentes, qui sont elles-mêmes fusionnées. :
Au microscope, on trouve en ce point une destruction à peu près complète de la moelle. On ne peut distinguer la substance grise de la blanche. Tout le tissu est envahi par une quantité considérable de pigment sanguin, soit en caillot, soit sous forme de cristaux d’hématoïdine. On ne trouve plus de cellules ganglionnaires. Rien n'indique la place du canal central,
Les travées névrogliques que l’on aperçoit, irrégqulièrement distribuées et rompues, sont augmentées de volume — Prolifération abondante des noyaux névrogliques. Oblitérations vasculaires multiples. — Les lésions se suivent, en diminuant, jusque dans la moelle sacrée.
OBSERVATION 13 Anémie pernicieuse.
(Sur les altérations du système nerveux central dans l'anémie pernicieuse progressive.)
Biroucia. Wratsch, 189%, n°5 11 et 12.
Soldat, vingt et un ans, malade depuis un an environ. A l’autopsie : bothriocéphale dans l'intestin grêle. Quelques petites S veux,
hémorragies tres fines, disséminées dans les centres ner
et en particulier dans la moelle.
Anémie pernicieuse.
(Nervous symptoms and morbid changes inthe spinal cord in certain cases of profound anæmia.)
James TayLor. British Medical Journal, 1895, p. 699.
Un des cas concerne un homme de quarante-trois ans, qui avait présenté des hémorragies rétiniennes et sous-cutanées. La moelle présentait un grand nombre de petites hémorragies, dont T. fait les points de départ de la sclérose disséminée que l’on pouvait également constater.
OBSERVATION 15 Anémie pernicieuse.
(Bidrag till kænnedomen om ryggmærgsfærændringar vid perniciæs anæmi.)
K. PerTREn, Nordiskt medicinskt Arkiv, 1896, n° 7, p. 1.
Les recherches de l’auteur ont porté sur 9 cas d’anémie pernicieuse. Dans 2 de ces cas, les malades avaient présenté d’une manière très nette le tableau clinique d’une affection médullaire.
Dans 4 cas, Petren trouva les vaisseaux de la substance blanche atteints de dégénérescence hyaline; ces altérations lui parurent être la conséquence de la cachexie. Dans 5 cas, il trouva dans toute la moelle de petites hémorragies, ou des points de sclérose localisée, qui semblaient secondaires aux hémorragies.
OBSERVATION 16 Anémie pernicieuse.
(Ein Beitrag zur Kenntniss der im Verlaufe der perniciæsen Anæmie beobachteten Spinalerkrankungen.) TEICHMULLER. Deutsch. Zeitsch. f. Nervenheilk., 1896, p. 385.
L'auteur rapporte un cas d’anémie pernicieuse avec artériosclérose, entérite chronique, paresthésie, et augmentation du réflexe rotulien.
Autopsie. — Petites hémorragies dans les tubercules quadri- Jumeaux et les corps striés. Dans la moelle, sclérose des cordons postérieurs, et de plus, hémorragies dans la substance blanche, et surtout la grise.
Le sillon antérieur était entrouvert par les caillots, et irrégulièrement dilaté. Dans la substance grise, il y avait de nombreuses hémorragies, avec prolifération de la névroglie. Les parois vasculaires étaient épaissies. Dans les cordons postérieurs, en dehors de la sclérose déja signalée, on notait également une prolifération névroglique.
Dans les cordons latéraux, quelques petites hémorragies. Une hémorragie assez volumineuse dans un des cordons antérieurs.
Ce cas est important à la fois par l’intensité des phénomènes hémorragiques, et par l’abondance des lésions de la substance grise.
OBSERVATION 17 Anémie pernicieuse.
(Contribution à l'étude des lésions médullaires dans l'anémie pernicieuse protopathique.)
LeNoBLe. Revue de médecine, juin 1897, p. #25.
Cas d’ anémie pernicieuse primitive survenue chez un homme
de vingt-six ans jusqu'alors très bien portant, et qui, à la suite
d’un traumatisme violent reçu dans le sein droit, commença à présenter de l’amaigrissement, de l’anémie, qui allèrent en s’accentuant, s’accompagnant de selles foncées, de toux sanguinolente, vertiges, céphalée intense, hyperesthésie de la peau. Contractions fibrillaires et fasciculaires des muscles au toucher ; exagération des réflexes, trépidation épileptoïde du pied. Cet élat alla s’aggravant, et le malade mourut par cachexie au bout de cinq mois.
Autopsie. — Sur les coupes de la moelle à différentes hauteurs, de petits foyers hémorragiques allant de lectasie simple à hémorragie diffuse avec infiltration embryonnaire, prolifération de la névroglie, disparition partielle de la myéline; les cylindre-axes ne présentent pas d’altérations, les’ cellules sont respectées, mais il y a raréfaction de leur feutrage intermédiaire,
En somme, lésions diffuses et interstitielles, expliquant en partie les phénomènes d’irritalion constatés pendant la vie.
L'intérêt de ce cas consiste dans la rapidité de l’évolution de la maladie, et dans l'apparition tardive des lésions médullaires, qui ont permis de surprendre dès leur début des lésions dont les autopsies n'avaient jusqu'ici que signalé lPaltération définitive.
OBSERVATION 18 Anéinie pernicieuse.
(The changes in the spinal cord in two cases of pernicious anæmia.)
CLarke. Brit. Med. Journ., 1897, II.
Dans le premier cas, pas de lésions hémorragiques nettes.
Dans le second, la substance grise de la moelle présentait des foyers hémorragiques de dimensions variables, mais toujours microscopiques.
Is siégeaient surtout dans la partie centrale de la substance grise, en arrière des cornes antérieures, au voisinage de la
commissure. Autour des foyers hémorragiques se trouvaient des zones où la substance grise était en partie granuleuse et désorganisée.
OBSERVATION 19 Anémie pernicieuse.
(Rückenmarksverænderungen bei perniciæser Anæmie.)
W.GœBeL. Mitteil. aus den Hamburgischen Staatskrankenanstalten, Bd II, H. 4, p. 1, 1898.
Plusieurs observations avec autopsie, quelques-unes avec petits foyers hémorragiques dans le cerveau. Dans l’une (obser- vation V) il s'agit d’une femme de cinquante ans, ouvrière, qui avait subi des privations multiples. Anémie grave. Mort en un mois et demi. À l’autopsie, petites hémorragies dans la substance grise, surtout dans la moelle lombaire, dans la corne antérieure, la partie antérieure de la corne postérieure, et également dans lecordon antérieur, en un point. Épaississement marqué des parois vasculaires. Il compare ces hémorragies aux hémorragies rétiniennes de l’anémie pernicieuse.
Hématomyélie dans la puerpéralité.
(Des morts subites chez les femmes enceintes.) Movnier. Paris, 185$.
(Thèse de Hayem.)
Femme ; prend froid à la suite de ses couches. Paraplégie, dyspnée, cyanose; mort en treize heures.
Autop$ie. — Épanchement de sang dans le canal rachidien, avec désorganisation de la moelle de la dixième à la douzieme vertèbre dorsale.
J. LÉPINE. 4e
OBSERVATION 21 Hématomyélie à la fin de la grossesse (Ein Fall von Hæmatomyelie.)
Leypen. Zeitschrift f. klinische Medicin. Bd XIII, 1888, p. 225.
Femme, vingt-huit ans. Pas d’antécédents pathologiques. Quatre accouchements antérieurs. Nouvelle grossesse normale, sans accidents. Deux jours avant l’accouchement, se réveille le malin avec de violentes douleurs dans le bassin et la cuisse droite comme si on l’avaittranspercée à coups de couteau. Rien à la jambe gauche, Faiblesse dans le membre inférieur droit, rapidement accrue au point que le lendemain la malade nepouvait plus s’en servir. Le lendemain, rétention d'urine. Accouchement sur ces entrefaites, d’une heure et demie de durée, sans complications, Réapparition des douleurs du bassin et du siege après la délivrance. Anesthésie complete de la jambe droite. Les deux membres inférieurs, qui étaient restés chauds jusque-là, se refroidissent. Deux jours plus tard, la jambe gauche se prend à son tour. Disparition des douleurs à la fin de la semaine suivante.
Fourmillements dans les membres inférieurs et du côté gauche du tronc. Incontinence rectale, persistance de la rétention d’urine.
Amenée à l'hôpital à ce moment, on constate une paraplégie flasque complète, avec perte de tous les réflexes cutanés et tendineux, et une anesthésie également complète remontant jusqu’à la partie supérieure du thorax. Au-dessus, zone d'hyperesthésie de 2 centimètres environ de hauteur. Large eschare, Eschares plus petites, trochantériennes et malléolaires.
Intégrité absolue des membres supérieurs, — Pas d’amélioration dans la suite; crises douloureuses fréquentes. Mort par infection (eschares) cinquante et un jours après le début.
Autopsie. — Ramollissement considérable de Ja moelle dans la région dorsale inférieure, — A l’état frais, pas de microorganismes dans la région ramollie, mais corps granuleux abondants, globules rouges, cristaux d’hématoïdine en grand nombre,
Au-dessus et au-dessous du foyer primitif, qui sur une hauteur de 5 centimètres à peu près, comprenait la totalité du tissu médullaire, hématomyélie tubulaire s'étendant d’une extrémité à Pautre de la moelle, Sur tout son parcours, on constate que cette hémorragie laisse intacte la commissure postérieure et le canal central. Elle est exclusivement cantonnée dans le pôle antérieur des cordons postérieurs, où elle occupe, suivant les hauteurs, une étendue variable. Dégénérescences ascendante et descendante classiques.
OBSERVATION 22 Arrétdes règles. — Hématomyélie.
(Apoplexie de la partie lombaire de la moelle.) Levier, (Thèse de Berne, 1864.)
(Thèse de Hayem, p. 188.)
Fille, dix-huit ans, santé bonne. Réglée depuis quatre mois seulement. Absence de regles à leur date normale ; en méme temps, douleurs violentes dans la région lombaire avec irradiations hypogastriques. Épistaxis. Persistance des douleurs pendant six jours, exacerbations nocturnes. Puis, brusquement, pendant la nuit, paraplégie complète, avec anesthésie correspondante. Rétention d'urine, incontinence fécale.
Entrée quinze jours aprés à l'hôpital, toujours en paraplégie flasque. Eschares sacrées et gangrene humide des extrémités inférieures. Mort avec phénomènes fébriles, cinquante-deux jours apres le début.
Autopsie. — La moelle est ramollie dans une longueur de vingt centimètres ; elle renferme, dans sa partie inférieure, un
foyer hémorragique, qui occupe la fin de la région dorsale et toute la région lombaire, sa couleur est brun foncé; on n’y voit pas de sang fraîchement extravasé; il mesure verticalement onze centimètres ; transversalement de un et demi à trois quarts de centimètre ; il a environ le diamètre d’un tuyau de plume. A sa périphérie, la substance médullaire est colorée soit en gris, soit en jaune-brun ; au-dessus, on trouve, au milieu des points ramollis, d’autres foyers analogues, mais de plus petite dimension, La lésion occupe surtout la partie postérieure de la substance grise avec une partie des cordons postérieurs et latéraux. Les cordons antérieurs sont simplement ramollis, et au-dessus de la dixième dorsale, la moelle paraît saine ; elle renferme cependant encore, au niveau de la quatrième dorsale, un foyer de ramollissement, au niveau duquel les membranes présentent une injection anormale.
Au microscope, on ne trouve nulle part dans la partie ramollie de globules sanguins ; on n’y voit qu’un détritus granuleux, des éléments médullaires désorganisés, de la myéline, une grande quantité de corps granuleux, des granulations graisseuses libres et du pigment brun sous forme de granulations
amorphes.
OBSERVATION 93 Hématomyélie à la fin des règles.
(Beitrwge zur Lehre von der Apoplexie in die Rückenmarkssubstanz) Ercanorsr. (Charité Annalen, année 1874, 1876).
Anna F..., vingt-huit ans, réglée depuis l'âge de seize ans. Les regles s'étaient montrées du 25 au 27 juillet 1874 sans phénomenes particuliers, lorsque le 28 juillet au matin, douze heures apres l'arrêt des menstrues, la maladie débuta par une sensation toute spéciale de la peau depuis l’ombilic jusqu’au x orteils ; prurit léger avec picotement qui dura toute la journée. En même temps diminution des forces dans les membres inférieurs, impossibilité d’uriner, malgré un besoin pressant. Le
lendemain toute la partie inférieure du corps est comme morte pour la malade; la sensation de picotement s'étend jusqu’à la moitié gauche du tronc et au membre supérieur gauche. Faiblesse du bras gauche.
Entrée à la clinique de Frerichs le 30 juillet 4874. À ce moment paralysie complète des membres inférieurs, sans changement de température. Tandis que la partie supérieure du corps est légèrement humectée de sueur, toute la partie inférieure, à partir de l’ombilic, est sèche, complètement insensible. Disparition des phénomènes réflexes. Petites secousses fibrillaires. Conservation de l’excitabilité électrique. Diminution du mouvement et de la sensibilité dans le membre supérieur gauche. Pas de points douloureux sur la colonne vertébrale. Constipation. Dysurie. Pas de fievre.
Les deux jours suivants, la paralysie motrice et l’anesthésie cutanée firent des progres. La fièvre apparut, s’éleva à 40°; enfin la malade tomba dans la somnolence et mourut dans le coma, avec irrégularité de la respiration, le 4° août au soir.
Autopsie. — Toute la pie-mère médullaire est rouge et congestionnée : ses vaisseaux sont gorgés de sang. À un centimètre au-dessus de l'extrémité inférieure, la moelle est légèrement tuméfiée sur une étendue de # centimètres. Au-dessus de ce point, la substance nerveuse, brun rougeûtre, est si ramollie et si altérée qu’on ne peut en distinguer les divers segments. La partie inférieure de la région dorsale à une consistance plus ferme; la sabstance grise, de coloration rosée, présente en plusieurs points, surtout vers les cornes postérieures, de petits foyers sanguins. Au milieu de la région dorsale, nouveau foyer de ramollissement ; plus haut, petits foyers sanguins dans la substance grise et la substance blanche. Ceux-ci sont surtout nombreux et développés, au pointd’atteindre le volume d’une lentille, dans le renflement cervical de la moelle.
Rougeur et hyperémie de la pie-mere cérébrale : léger ramollissement des corps restiformes,
Sans le microscope, dit l’auteur, on croirait avoir eu sous les yeux une myélite aiguë : mais l'examen microscopique démon tre, à ses yeux, qu'il s'agit d’une apoplexie capillaire primitive. Les vaisseaux sont le siège d’altérations remarquables. Très larges, remplis de globules sanguins, ils présentent sur leur trajet d'innombrables dilatations sacciformes ou fusiformes. En certains points, ils sont rompus sur le côté, de sorte que les globules sanguins ont pénétré dans la gaîne de Robin. Enfin, celle-ci cédant à son tour, le sang fait irruption dans le tissu nerveux.
D'un autre côté, les éléments nerveux dans les foyers récents ne présentent pas les caractères de l’inflammation, ni granulations graisseuses, ni prolifération cellulaire. En quelques points, au niveau des foyers anciens on constate une dégénérescence graisseuse des parois vasculaires. Là aussi existe une inflammation secondaire des éléments nerveux.
OBSERVATION 24 Hématomyélie pendant un bain de mer.
(Hémorragie primitive de la moelle.)
BoierT. Association francaise pour l'Avancement des Sciences. Congrès de Marseille, 1891, vol. IT, p. 756.
Il s’agit d’un homme de cinquante-trois ans, sans antécédents morbides héréditaires ou personnels.
Le 26 juillet 1891, il commet l’imprudence de prendre un bain de mer très prolongé. Au bout de deux heures d'immersion, pendant lesquelles il plonge souvent pour prendre des moules, il éprouve dans les deux pieds des fourmillements assez douloureux, mais qui ne durent que quelques instants; il lui semble, à ce moment, que la partie sous-ombilicale du corps a perdu toute sensibilité, Il insiste sur ce fait important que le tronc, les deux membres supérieurs et la face ont conservé toutes leurs fonctions sensitives et motrices. 11 se hâte de sortir
péniblement du bain et il ne parvient à se traîner chez lui qu'avec beaucoup de difficultés; une raideur marquée, siégeant surtout au niveau des deux articulations tibio-tarsiennes, rendait sa marche lente et fort embarrassée.
27 juillet. — Pendant la nuit, une paralysie complète des deux jambes se produit sans troubles sensitifs. Le malade s'aperçoit qu'il articule mal, qu’il parle avec difficulté et qu'il a grand'peine à se faire comprendre de son entourage.
Dans la soirée la paralysie flasque, sans phénomènes spasmodiques, sans troubles sensitifs, gagne les deux cuisses ; le lendemain matin, il ne peut plus soulever ses deux membres inférieurs au-dessus de son lit et il entre à l'hôpital,
28 juillet. — On constate une paraplégie complète, sans contracture ; le malade ne peut exécuter que quelques contractions musculaires, isolées, limitées au triceps crural ; les membres inférieurs sont flasques ; ils ne peuvent faire le moindre mouvement. Si le malade ferme les yeux, il se rend bien compte de la position de ses jambes : il n’existe à ce niveau ni analgésie, ni troubles sensitifs. Les réflexes rotuliens sont diminués, mais ils ne sont pas abolis.
L'incontinence des urines et des matières fécales est complète ; la température est normale, le pouls est régulier, la respiration n'a subi aucune modification. Il n’existe pas de dysphagie.
29 juillet. — Aux symptômes observés la veille s'ajoute une parésie des deux membres supérieurs, sans troubles de la sensibilité. Les doigts fléchis dans la paume de la main, sans contracture, n’exercent qu’une faible pression qui ne dépasse seulement pas cinq kilos. Les avant-bras sont soulevés avec peine ; les mouvements des bras et des épaules sont à peine appréciables. On note une gêne de la parole et de la déglutition. Le diaphragme se contracte encore normalement. La respiration est régulière. L'incontinence des matières fécales et des urines
persiste toujours.
Vers les deux heures de l'après-midi, le malade ne peut plus
avaler ; une assez grande quantité de salive spumeuse s'écoule le long des commissures. La paralysie du diaphragme fait de rapides progrès ; la respiration devient difficile, le malade est cyanosé ; il essaye en vain de prononcer quelques paroles ; l'asphyxie commence ; il fait quelques mouvements des mains et des avant-bras pour tàcher de se faire comprendre.”
À quatre heures, l’interne de service constate l'état suivant : le malade se plaint d’une forte dysphagie avec sensation de constriction très pénible; il ne peut dire que quelques monosyllabes, La respiration est saccadée, embarrassée ; on n'entend pas de râles ; le malade est cyanosé ; la paralysie du diaphragme augmente rapidement. La température est toujours normale. Le pouls est à peine perceptible. Les battements du cœur sont rapides et peu appréciables.
Pendant la nuit, la dysphagie est à peu près complète ; le veilleur ne peut réussir à faire boire le malade qui, jusqu’au dernier moment, conserve toute sa connaissance ; il ne survient aucun phénomène spasmodique, aucun trouble de la sensibilité ; l'asphyxie lente et progressive augmente et le malade meurt à deux heures du matin.
Autopsie. — Centres nerveux. — Les méninges et le cérveau son fortement vascularisés ; le liquide céphalo-rachidien est peu abondant. Le cerveau ne présente pas d’altérations microscopiques appréciables. Les circonvolutions sont normales. Cette très forte congestion existe encore au niveau du bulbe et sur toute l'étendue de la moelle ; mais les lésions les plus saiïllantes consistent en une série de foyers hémorragiques avec caillots, formés pendant la vie, siégeant au niveau des points suivants :
Région cervicale. — Sur la face antérieure de la moelle, vers la partie inférieure du renflement cervical, on constate, au niveau de la partie médiane, un foyer mesurant 26 millimètres de longueur sur 5 millimètres de largeur, adhérent aux méninges : presque toute la portion de la moelle sous-jacente
parait saine ; cependant, vers le milieu de cette infiltration
re
sanguine, on constate un foyer intra-médullaire faisant après l’ablation des méninges une saillie de 4 millimètres ; ce caillot, rouge brun, à détruit en partie la substance blanche de la moitié droite de la moelle; il n'est séparé de la face postérieure de la moelle que par une tres fine couche de substance nerveuse ; il mesure 10 millimètres de hauteur sur 5 de largeur et 8 de profondeur. Vers le centre du renflement cervical, on aperçoit une seconde infiltration hémorragique, ayant près de 3 centimètres de longueur, qui empiète sur la face antérieure des deux dernières paires cervicales droites : si on fait une section à ce niveau, on remarque que le caillot sanguin s'est loge dans la couche superficielle de la moelle et des racines nerveuses ; la face postérieure de la moelle est envahie par ce foyer hémorragique, sur une étendue d'un centimètre environ, au niveau de la sixième paire cervicale droite, et de # millimètres au niveau de la septième paire du même côté. Si on fait une section de ces deux dernieres racines à 6 millimètres de leur origin? apparente, on constate que ce caillot a entamé leur couche superficielle et s’est incrusté, pour ainsi dire, à leur niveau.
Région dorsale. — Le tiers inférieur de la moelle dorsale est très fortement congeslionné, surtout au niveau des racines postérieures.
Il existe un foyer hémorragique de 12 millimetres de longueur sur 4 millimètres de largeur au niveau de la septième vertèbre dorsale.
Enfin on note un foyer hémorragique de 2 centimètres de longueur au niveau de la première vertèbre lombaire.
Il est inutile d’ajouter que ces quatre foyers hémorragiques, avec caillots, ne sont pas dus à l’action du rachitome, qui a été manié avec le plus grand soin; la formation de ces foyers
pendant la vie n’est pas douteuse.
Examen histologique. — Moelle. — Quelques rares cellules des cornes antérieures rapprochées du foyer hémorragique présentent à la périphérie de leur noyau un aspect granulo-
graisseux, Pas de trace de myélite. Les racines antérieures et postérieures de la région correspondant à l’hémorragie de la moelle offrent une dégénérescence graisseuse très nette et une fragmentation de la myéline indiscutable. À l’examen, au 19 à immersion de Zeiss, du nerf sciatique, on constate un aspect vésiculeux, une fragmentation de la myéline dans un assez grand nombre de fibres nerveuses. Le grand tronc nerveux du radial paraît sain.
Nous avons recherché en vain, dans les vaisseaux des méninges, des traces d’anévrisme miliaire. Les vaisseaux de la moelle avoisinant le foyer hémorragique ne présentaient pas d’altération appréciable de leur paroi, cependant certains offraient- de rares dilatations ampullaires, placées avant leur bifurcation. Sur ces points le diamètre du vaisseau avait doublé.
Les autres organes ne présentaient rien de remarquable, à l'exception des artères, qui étaient légèrement athéromateuses.
L'examen bactériologique du sang recueilli pendant la vie, ou extrait à l’autopsie du ventricule gauche, de la rate et du rein, ne donna pas de résultats positifs. Il en fut de même pour le liquide céphalo-rachidien apres la mort.
OBSERVATION 95 Attaque d’épilepsie. - Hématomyélie.
JENDRITZA. Allgemeine Zeitschrift für Psychiatrie, XLI, 1884.
Homme, soixante-six ans ; épileptique depuis l’âge de seize ans. Dément. Mort cinq minutes apres une attaque d’épilepsie.
Autopsie. — Infiltration et foyer hémorragique dans les premiers segments de la moelle cervicale. Sang exclusivement localisé dans la substance grise.
OBSERVATION 26 Atlaque d'épilepsie. — Hématomyélie.
(Ueber einen Fall von Hæmatomyelie im Cervicalmark.) Wizce. Arch. f. Psychiatrie. Bd XXXI, 1898, p. 535.
V.. , trente-huit ans, Pas d’antécédents nerveux héréditaires. Personnellement, à l’âge de vingt-deux ans, s'engagea dans la légion étrangère. Coup de feu à la tête. Depuis, attaques épileptiques pour lesquelles il est réformé au bout de quelques mois.
Pendant les années suivantes, nombreux excès alcooliques qui augmentent peu à peu les crises Celles-ci deviennent presque quotidiennes.
Il entre alors à l'asile d’aliénés, où on l’observe pendant plusieurs mois. Sept crises pendant la quinzaine qui a précédé l’hématomyélie.
Le 17 avril 4895, à deux heures de l’après-midi, V... tombe sur le sol de la prairie. Sa tête heurte violemment le sol. Cyanose extrême du visage qui persiste après la fin de la phase clonique. Respiration intermittente; toutes les dix secondes environ, une inspiration profonde. Pouls à 64, fort. Pupilles dilatées presque au maximum. On débarrasse la cavité buccale des corps étrangers qui s’y trouvent et on pratique la respiration artificielle. Au bout de cinq minutes la respiration s’améliore et la cyanose se dissipe. On étend le malade sur un brancard, et on l'emporte dans son lit; à la suite, la respiration redevient embaïrrassée ; nouveile séance de respiration artificielle pendant dix minutes. Les inspirations régulières se rétablissent alors, au nombre de vingt-huit par minute, un peu pénibles, Le malade pousse quelques gémissements et quelques plaintes inarticulées, remue la tête de droite et de gauche, ouvre les yeux, mais ne réagit pas quand on l'appelle.
Une heure après environ il revient à lui, et se plaint de fortes douleurs à la nuque, on ne trouve aucune dislocation de la colonne cervicale; la palpation profonde au niveau de lapophyse
épineuse de l’axis semble augmenter un peu la douleur. Celle-ci ne s'irradie point. Les quatre membres sont complètement paralysés, mais la tête est indemne. La paralysie est flasque- Anesthésie complète, pour tous les modes de sensibilité, des quatre membres et du tronc. Au cou, la piqüre est tantôt perçue, tantôt non. A la tête, la sensibilité est normale. Pas de trouble de la température des membres, ni de la coloration de la peau.
La respiration demeure normale pendant tout le reste de l'après-midi : 28 par minute ; le malade se plaint néanmmoins que le souffle lui manque. La déglutition est également atteinte, il avale maladroitement. La soif est intense, la langue et les lèvres sont sèches. Pas de troubles de la parole. Température : 36,8. Pouls : 80.
Le malade est sondé dans la soirée : la vessie contient environ 200 c. c. d’urine jaune clair, sans sucre ni albumine. Pénis déjà turgescent au moment de l’introduction de la sonde, qui provoque une érection plus marquée.
4 gramme de chloral,
18 avril. Le malade a été très agité jusque vers le milieu de la nuit; depuis il a dormi. Pas de miction pendant la nuit. Déglutition un peu plus facile.
L'ouverture palpébrale droite est plus étroite que la gauche, la pupille gauche plus étroite que la droite. Les deux pupilles réagissent à la lumière et à l'accommodation, mais la droite, après chaque expérience, retourne plus facilement à la position intermédiaire.
Pas de paralysie faciale. La langue peut être tirée d’une manière normale, mais non maintenue pendant un moment un peu long sur la ligne médiane, elle tombe de droite et de gauche. Elle est sèche, peu saburrale. Le malade peut également tourner la tête dans toutes les directions, à droite moins bien qu’à gauche. Les mouvements de la tête ne sont pas douloureux. Respiration pénible, 28, régulière, à la fois thoracique et abdominale. Pouls 104-108, bondissant. La paralysie persiste aux quatre membres.
Sensibilité. — Reste complètement supprimée aux quatre membres. Au thorax, l’anesthésie est limitée à droite par une ligne partant du sternum et suivant le bord inférieur de la troisième côte ; à gauche par une ligne suivant le bord supérieur de la quatrième côte. Ces deux lignes se rejoignent en arrière du niveau de la deuxième vertébre dorsale, mais de ce côté, la limite est très indécise, le malade faisant des réponses contradictoires.
En avant, et immédiatement au-dessous de la ligne d’anesthésie, se trouve à droite du sternum une zone large de deux travers de doigt, où les fortes piqüres d'épingle provoquent des secousses dans la musculature des membres supérieur et inférieur du même côté. Du côté gauche, on peut produire un phénomene analogue, mais les secousses sont beaucoup plus faibles qu'a droite (mouvements de défense réflexes ??). — Le malade ne perçoit ni l'excitation qui les provoque, ni les mouvements eux-mêmes. Le réflexe abdominal est nul des deux côtés, le réflexe crémastérien existe, plus marqué à droite qu'a gauche. La recherche dé ce réflexe provoque une érection.
Le réflexe rotulien est net à droite, à Lhcbe on ne constate qu’une secousse vague dans Je quadriceps fémoral. Si l'on cherche plusieurs fois de suite à provoquer ce réflexe, il disparaît pour un long moment, Une heure après, on le retrouve comme précédemment, avec la même différence entre le côté gauche et le droit. Un frôlement de la plante du pied provoque des deux côtés des secousses très nettes dans Île quadriceps.
Le malade se plaint aujourd’hui de douleurs aiguës dans Les talons. On ne remarque rien extérieurement. Il continue à se plaindre ausssi, comme la veille, de douleurs à la nuque, et de soif ardente. Il diminue ses douleurs en penchant la tète en avant.
On est frappé de voir que le malade, resté découvert pendant tout l'examen, non seulement ne sent pas le froid, mais encore
garde la peau également chaude,
Dans l'après-midi, la respiration se ralentitet devient plus profonde, 16 par minute. Le malade se plaint d’oppression. A 5 heures du soir il meurt subitement par arrêt brusque de la respiration et du cœur.
Pas d’hyperthermie post-mortem. Peu d’instants avant la mort étaient apparues des lividités hypostatiques. nettes aux membres inférieurs,
Autopsie. — Résumé : Hématomyélie de la moelle cervicale; pachyméningite externe du crûne; adhérences pleurales droites, péricardite circonscrite chronique; néphrite interstitielle.
Moelle. — Aucune lésion de la colonne osseuse ou des ligaments; aucune hémorragie dans les muscles des gouttières. Dure-mère et pie-mère absolument saines. La configuration extérieure de la moelle est normale. La région cervicale ne semble pas augmentée de volume. A la coupe, au niveau de la quatrième paire cervicale, on trouve une hémorragie de la substance grise au voisinage du canal central. La moelle ramollie fait hernie. On ne fait pas d’autres coupes à l’état frais.
Durcissement au Müller.
Examen microscopique. — Les lésions les plus nettes se trouvent au niveau des troisième et quatrième segments cervicaux. En ce point, sur une hauteur de quelques millimètres, la moelle est élargie, surtout dans son diamètre transversal. Au lieu des chiffres de 8 et 10 millimètres, qui, au-dessus et audessous, représentent les diamètres sagittal et transverse de l'organe, on trouve 9 et 13 millimètres.
L’examen macroscopique des coupes permet déja de se rendre compte de l'étendue des lésions, qui atteignent surtout la moitié droite de la moelle. De ce côté, la corne antérieure seule subsiste à sa place. La corne postérieure est complètement détruite, et il ne reste qu’une portion très limitée de sa région la plus externe; encore n'est-elle pas à sa place normale, mais
OBSER VATIONS 271
repoussée vers l'extérieur, séparée des racines. La corne antérieure gauche présente une configuration à peu près normale, mais la corne postérieure gauche est aussi disloquée et désorganisée que la droite. A leur place, et à la place de la commissure grise, et de la pointe antérieure des cordons postérieurs, on ne trouve plus qu’un tissu sans caractères, formé de débris de toute sorte, où l’on aperçoit des restes de subtance grise et blanche et des globules sanguins.
Dans les cordons postérieurs eux-mêmes, il n'y à que peu d’hémorragie. Celle-ci, dont le centre se trouve dans la région épendymaire, a rayonné plutôt dans les cordons latéraux, et plus encore à gauche qu’à droite. Dans le cordon latéral gauche surtout se trouvent de grosses altérations des conducteurs nerveux. Beaucoup de cylindre-axes sont très augmentés de . volume, et colorés en rouge intense par le carmin. Leur gaîne de myéline n’est pas épaissie; parfois même elle paraît plus mince que normalement et enfin, dans quelques points elle est absente.
Cette hypertrophie des cylindre-axes ne se trouve pas dans le foyer hémorragique lui-même, où les éléments sont complètement détruits, mais dans le voisinage immédiat du foyer.
La pie-mère est décollée presque sur tout le contour de la moelle — sans hémorragie notable,
Il existe encore d’autres lésions, principalement dans les cordons postérieurs où l’hématomyélie n’a presque pas pénétré. Elles consistent surtout en modifications considérables de structure, en déplacement et en dislocations diverses. L'auteur montre qu’elles ne peuvent vraisemblablement être considérées comme les conséquences directes de l’hémorragie, et qu’elles constituent plutôt un exemple de ces anomalies de configuration artificielle, dues à des traumatismes post-mortem, que J. van Gieson a signalées (1).
Ces lésions artificielles se trouvent au niveau des coupes pré-
(4) Van Giesox. The study of the artefacts of the nervous system. The New: York Med.Journal,1892.
cédentes, et peuvent également être mises en évidence au-dessus et surtout au-dessous du foyer hémorragique.
À quelques millimètres au-dessous du foyer initial, les coupes ont de nouveau des dimensions normales; mais la encore, on rencontre des lésions considérables, où il est partois difficile de reconnaître ce qui doit être mis sur le compte de l'hémorragie et ce qui appartient aux altérations cadavériques.. La pie-mère adhère ici de toute part à la périphérie de la moelle. Dans l'organe, les lésions prédominent dans la moitié gauche. Les cornes postérieures sont brisées, repoussées latéralement et séparées des racines postérieures extra-médullaires, Leur tête est complètement détruite; la commissure grise et la moitié postérieure de la corne antérieure gauche sont réduites en fragments. Ces désordres sont la conséquence d’une hémorragie abondante, suite de celle que nous avons rencontrée sur les coupes précédentes. À ce niveau, comme au-dessus, elle empiète sur l’angle antérieur des cordons postérieurs.
Du fover principal on voit partir de plus deux traînées linéaires dans les cornes postérieures, où elles atteignent de chaque côté la substance gélatineuse de Rolando. Mais le tissu nerveux n'est qu'infiltré le long de ces traïnées, et non détruit. De petits foyers hémorragiques se trouvent encore dans tout le cordon latéral gauche, dans la corne antérieure gauche, el aussi la partie périphérique des cordons postérieurs. Le cordon latéral gauche est très endommagé dans la partie contiguë à la substance grise, ou plûtôt au foyer hémorragique qui la remplace. Le cordon latéral droit est sain, à l'exception d’un point très limité à la tête de la corne postérieure.
Quelques millimètres au-dessous, l'aspect macroscopique de la substance grise est presque absolument normal, mais le microscope montre encore des lésions très notables, et en particulier des hémorragies. Des deux extrémités de la commissure grise part une traînée traversant, comme plus haut, les cornes postérieures dans toute leur longueur, pour aboutir au milieu de la substance gélatineuse de Rolando. A gauche, elle est plus longue et plus large qu’à droite. Le voisinage du canal central
est sain. D’autres hémorragies plus fines ont produit quelques désordres dans la tête de la corne postérieure gauche et la région avoisinante du cordon postérieur du même côté jusque vers le septum médian, La zone la plus excentrique du cordon postérieur est saine. À droite, le cordon postérieur ne renferme guère qu’une hémorragie, très limitée. D’autres, capillaires, se trouvent dans la corne antérieure gauche, le cordon latéral et dans la pie-mère. De même que dans les préparations des étages supérieurs, on trouve dans le voisinage des foyers sanguins une grande quantité de cylindre-axes dégénérés ou très hypertrophiés, colorés vivement par le carmin. Ils accompagnent aussi, sur la périphérie de la moelle, les hémorragies importantes de la pie-mère adjacente.
On ne les rencontre pas en dehors de ces localisations, et on
- ne peut les suivre sur des coupes successives lorsque les divers foyers ne se correspondent pas. Il s'agit donc là vraisemblablement d'hypertrophies limitées.
Les dernières coupes pratiquées au niveau du quatrième segment cervical présentent toujours une hémorragie linéaire dans la corne postérieure gauche. Elle diminue rapidement sur les coupes suivantes, pour cesser tout à fait. [I n’y a plus, à ce niveau, d'hypertrophie des cylindre-axes.
Au-dessus de la quatrième paire cervicale, l’hémorragie remonte un peu.
Dans la troisième elle délimite encore quelques foyers dans le cordon postérieur gauche et la substance grise voisine. Le centre de la lésion semble être, conmeau-dessous, la commissure grise, et surtout sa moilié gauche. On en voit parür, dans la corne postérieure, le trait aboutissant à la substance gélatineuse, qui a déja été décrit. Rien dans la corne antérieure gauche.
A droite, infiltration légère de la commissure, hémorragie légère dans la substance de Rolando,
Dans les préparations de la partie supérieure du troisième segment, on ne trouve plus d’hémorragie que dans la corne postérieure gauche. Les dernieres traces s'arrêtent au niveau du deuxième segment, dans la tête de la corne postérieure.
Dans toutes les préparations du deuxième au quatrième segment inclus, les veines sont abondamment gorgées de sang. Les parois artérielles et veineuses sont un peu épaissies, et montrent dans leurs diverses tuniques un certain degré de multiplication nucléaire.
Les autres lésions, qui s’observent en particulier dans les quatrième, cinquième et sixième segments consistent surtout en anomalies de configuration, rapportées comme nous l'avons dit, par l’auteur, à des altérations cadavériques.
Enfin, dans le cordon de Burdach du côté droit, existe une dégénération ascendante, commençant dans le territoire d’entrée de la septième racine cervicale. Il s’agit la d’un vieux processus complètement éteint.
Comme l’auteur le fait remarquer, il est difficile de préciser dans ce cas le point de départ exact de l’hémorragie, car la coupe faite en plein foyer au moment de lautopsie a pu augmenter les désordres déjà existants. Mais on peut cependant affirmer qu'il était, comme dans la regle, dans la substance grise, et que la moitié gauche de la moelle était plus atteinte que la droite.
L’hématomyélie ne s'était pas seulement accompagnée de destruction de tissu, mais aussi de processus actifs, comme, par exemple, l’hypertrophie des cylindre-axes.
Ce cas donne lieu à quelques considérations cliniques intéressantes : d’abord ce genre de mort est une rareté dans l’épilepsie. On à signalé déjà bien des cas de mort dùs à des accidents au cours de l’attaque épileptique (chute dans un escalier, dans le feu, etc.). Mais il s’agit alors de brûlures dans le dernier cas, de fractures du crâne dans le premier, et l’hématomyélie en pareille circonstance n’était point connue.
Comment l'expliquer, en l’absence de toute lésion et de toute hémorragie de la colonne cervicale, des muscles, ou du tissu cellulaire rétro-pharyngé et rétro-æsophagien ?
Les hémorragies ne sont pas rares au cours de l’attaque épileptique, mais elles proviennent plutôt des petits vaisseaux de la peau et des muqueuses, et non de ceux du système
nerveux central. Babinski a observé une grosse hémorragie, mortelle, sous-arachnoïdienne à la vérité, chez un ancien syphilitique, ce qui permet d’invoquer la fragilité spécifique des vaisseaux.
Dans le cas présent, les choses s'expliquent assez bien par l’attitude du malade pendant la chute. Il est certain qu’il remplissait à ce moment les conditions, connues depuis Thorburn, de flexion forcée de la tête, dont l'hématomyélie a déjà été maintes fois la conséquence, surtout au niveau du quatrième segment cervical.
L'hyperémie veineuse du crâne et de la moelle, qui accompagne les attaques d'épilepsie, se trouve être encore une circonstance favorisante. Dans le cas présent, c’est, selon toute évidence, par un tel mécanisme que l'hématomvélie s’est produite. Le malade tombait depuis longtemps déja sur le front au cours de ses acces, et l’hémorragie est survenue au niveau de la quatrième cervicale. Cette localisation explique quelquesunes des manifestations cliniques qu'il a présentées, entre, autres les troubles de la respiration, dus à la lésion du noyau du nerf phrénique.
Il est enfin remarquable qu'avec une telle localisation, et malgre une étendue assez grande en surface de la lésion, le malade ne soit pas mort sur le coup, mais ait pu survivre vingt-sept heures.
L'auteur pense que son cas est un exemple de cette variété (douze sur trente-deux cas, pour Luschka) dans laquelle le nerf phrénique ne tire pas toutes ses racines de la quatrième cervicale, mais recoit encore un filet assez grêle de la cinquième.
Enfin, l'existence des réflexes tendineux, el des secousses réflexes par piqûres d’une zone placée à la partie antérieure du thorax, constituent autant de problèmes qu’il est intéressant de poser.
OBSERVATION 27 Hématomyélie spontanée. Onanisme ?
Massor. in Thèse de Hayem, 1872.
Cultivateur, vingt ans; alcoolique, habitudes invétérées d’onanisme. A la suite d’excès de cette nature, parésie de la jambe droite et des bras, survenue brusquement. Intégrité de la sensibilité. Peu de jours après, troubles respiratoires et mort.
Autopsie. — Dans la moelle cervicale, à dix centimètres au-dessous du bord inférieur de la protubérance, petit foyer hémorragique occupant le centre de la substance grise de la moelle.
Infiltration hémorragique légere dans le renflement lombaire.
OBSERVATION 28 Hématomuyélie congestive. (Stase sanguine).
(Apoplexie de la moelle épinière.)
Düriau. Union médicale, 1859.
Homme, vingt-six ans, mouleur. Travaille pendant six mois dans la position verticale, les bras élevés au-dessus de la tête pour poser des moulures aux plafonds.
Douleurs dans les lombes. Paraplégie, paralysie des sphincters. Anesthésie, Mort le dix-neuvième jour de la maladie, par eschares.
Autopsie. — Foyer hémorragique allant de la huitième dorsale au cône terminal.
OBSER V ATION 29 Hématomyélie par effort (défécation).
(Sudden and unexpected death from rupture of a vessel in the cervical portion of the spinal cord.) Fren. Pace. The Lancet, 1880, I, p. 445.
Enfant de dix ans, née à sept mois, et restée délicate depuis sa naissance. Pendant les dernières années, périodes fréquentes de malaises, qui duraient plusieurs jours, et qui étaient caractérisés surtout par des sensations pénibles, parfois de véritables douleurs à la nuque et dans le dos.
Indisposition légère pendant quatre jours, puis le cinquième, immédiatement après être allée à la selle, mort subite.
A l’autopsie, intégrité de tous les organes, sauf la moelle, Celle-ci était le siège d’une hémorragie abondante dans la région cervicale, et à la coupe on vitun caillot du volume d’une fève.
Le sang était infiltré surtout dans les parties antérieures et latérales de l’organe. La moelle était un peu ramollie à l'entour. Les méninges et la colonne étaient absolument saines.
Le sang était récemment épanché, et l’on put retrouver un vaisseau rompu qui en semblait la source. Il est probable que les efforts de défécation avaient été la cause prochaine de la rupture.
Les accidents antérieurs devaient se rapporter à une affection médullaire ancienne, que l’auteur suppose, mais dont l’autopsie ne fait malheureusement pas mention.
__ OBSERVATION 30 Hématomyélie spontanée.
(Hématorachis avec ramollissement pultacé et infiltration sanguine du tissu de la moelle épinière.)
GauLrier pe CLauBry. Journal général de médecine; 1808. (Thèse de Hayem, p. 202.) Homme, soixante et un ans, de forte constitution, pris un jour de douleur le long de la colonne vertébrale, depuis les
vertèbres cervicales jusqu'au bout du sacrum, Engourdissement dans les cuisses, les jambes et les pieds.
Le même jour, à la suite d’un bain, paraplégie brusque et incontinence d'urine et des matières. Quelques instants après, mort subite.
Autopsie. — Depuis les dernières fausses côtes circulairement jusque aux ongles des pieds, ecchymose générale, plus noire aux doigts de pied. Eau dans les ventricules du cerveau; il s’'écoula du sang assez abondamment du canal rachidien, peu de liquide à l'extérieur de la gaîne méningienne. Jouvris l’enveloppe dans laquelle je trouvai comme une bouillie d’un rouge de sang de bœufet qui se voyait depuis la partie inférieure de l'os du sacrum jusqu’à la troisième ou deuxième vertèbre dorsale où l’on commençait à apercevoir sinon la moelle, au moins un Corps un peu plus formé. A la septième vertebre cervicale, je commencai à trouver la moelle épinière dans son intégrité quant à la forme, mais la couleur était d’un rouge très foncé ; en voulant la fendre, elle s’écrasa sous mes doigts et le scalpel, il n’y eut qu’a son extrémité supérieure où elle conservait encore un peu de sa forme naturelle et de sa consistance ; l’intérieur participait a la même teinte que l'extérieur, mais allant en diminuant à mesure que l’on montait vers la base du crâne et le trou occipital.
OBSERVATION 31 Hématomyélie.
BrescHer. Archives de médecine, 1831, t. XXV, p. 101. (Thèse de Hayem, p. 203.)
Homme, vingt-neuf ans. Début sans cause connue. Douleurs de ventre, rétention d'urine, constipation, faiblesse de la jambe droite.
Cinq jours apres, incontinence rectale et vésicale, paralysie complète de la jambe droite.
Dix jours apres le début, cystite purulente, Fièvre la semaine suivante, et mort avec eschares un peu plus d’un mois après le
début.
Autopsie. — Au niveau de la huitième ou neuvième vertèbre dorsale, coloration noirâtre, ardoisée, au milieu des racines antérieures et postérieures des nerfs vertébraux du côté droit.
Cette coloration noire était due à du sang extravasé dans la substance grise et un peu dans la blanche ; dans quelques points, existait une couleur jaune autour de l’épanchement sanguin. On incisa la moelle transversalement, chaque incision faisait sortir une goutte de sang.
OBSERVATION 32 Hématomyélie spontance.
Hurin. Nouvelle Bibliothèque médicale, 1828.
(Thèse de Hayem, p. 220.)
Homme de soixante-dix ans, de constitution forte, en pleine santé. Trouvé un matin mort dans son lit.
Autopsie. — Petit épanchement sanguin, gros commeun pois dans la substance grise des cinquième et sixieme segments cer vicaux.
Autre épanchement plus considérable, au niveau de la quatrième paire dorsale.
OBSERVATION 33 Hématomyélie.
CRUvVEILHIER. Anat. pathol., 1828.
(Thèse de Hayem.)
Homme, trente-six ans, constitution grêle, habitué à une grande sobriété, éprouva subitement une douleur au cou, avec gène dans les mouvements du bras et de la jambe gauche; il guérit
au bout de trois mois. Cinq ans après, le 10 décembre 1828, il ressentit une douleur vive au niveau des troisième et quatrième vertébres cervicales, avec abolition des mouvements de cette partie ; trois ou quatre jours après, cette douleur s’étendit aux extrémités supérieures et inférieures qui furent successivement paralysées.
La tête était inclinée vers l’épaule droite et ne pouvait être dérangée sans douleur de cette position. Paralysie du rectum et de la vessie.
1° Janvier 1829. — Tête inclinée vers l’épaule droite, douleurs très vives dans le bras droit, et, cependant, depuis quelques jours seulement, il n’y avait dans ce bras que des contractions musculaires très bornées; tout le reste du corps, y compris l'extrémité supérieure gauche, était frappé d’une paralysie complete du sentiment et du mouvement.
La pression était douloureuse dans la région du cou, au niveau des troisieme et quatrième vertèbres.
Mort après quarante jours, par eschares sacrées.
Autopsie. — ÆRachis. — Au niveau de l’origine des quatrième, cinquième et sixième paires cervicales du côté gauche, existait une tumeur violacée, du volume et de la forme d’une grosse amande ; les faisceaux postérieurs de la moitié gauche de la moelle étaient à ce niveau pénétrés de sang, légèrement soulevés, non dissociés ni déchirés. Le foyer sanguin se prolongeait en dehors avec les racines antérieures et postérieures des paires cervicales indiquées, les écartait, leur donnait une teinte violacée, mais qui n’avait point altéré leur continuité,
La substance grise avait été remplacée par du sang concret, qui occupait toute la longueur du cordon rachidien, C'était audessus et au-dessous du foyer apoplectique que la quantité de sang épanché était le plus considérable; elle diminuait progressivement jusqu’à extrémité inférieure de la moelle. Les parois du canal dans lequel était contenu ce sang nouvellement épanché présentaient une couleur jaune serin, indice non équivoque d’un épanchement ancien.
OBSERVATION 34 Hématomyélie spontanée.
Paye. Thèse de Paris, 1826.
(Thèse de Hayem.)
Fille, douze ans. Douleurs et engourdissement dans l'épaule et le côté gauche du cou. Amélioration, puis rechute. Engourdissement des membres, sans paralysie vraie,
Mort subite.
Autopsie. — Dans les deux premiers segments cervicaux (à leur limite) petit caillot du volume d'un haricot, avec léger ramollissement médullaire à la périphérie.
OBSERVATION 35 Hématomyélie.
Moxop. Bull. de la Soc. anat., 1846, p. 349.) (Thèse de Hayem, p. 203.)
Serrurier, soixante-dix-neuf ans, tombe malade sans cause appréciable.
Frissons et douleurs le long de la colonne vertébrale à partir de la région lombaire. Membre inférieur droit paralysé, sans perte de sensibilité. Du côté gauche, les mouvements persistent. mais la sensibilité est abolie compietement. Rétention d'urine. Pouls normal. Parole libre. Cinq jours après, les urines devinrent sanguinolentes; nausées, langue rouge et sèche, pouls fréquent; eschares au sacrum se forment. Agonie longue. Durée trente-quatre jours.
Autopsie. — Foyer apoplectique non circonscrit dans le centre du côté droit de la moelle, au-dessus du rentlement lombaire. La substance grise du côté droit est infiltrée, depuis le renflement lombaire jusqu'en haut de la portion dorsale. En outre il y a ramollissement inflammatoire.
OBSERVATION 36 Hématomyélie spontanée.
(Hématomyélie circonscrite et diffuse de la moelle épinière.) Cozix (17° Observation)
(Thèse de Hayem.)
Soldat, vingt-six ans, bonne constitution. Se réveille un matin paralvsé des membres inférieurs. Sétait levé pendant la nuit pour uriner, et n'avait pu y réussir. Il se sentait, à ce moment, faible sur ses jambes.
Les jours suivants, marche ascendante de la paralysie. Mort quarante-deux jours après, par infection, suite d’eschares.
Autopsie. — Foyer hémorragique au niveau du neuvième segment cervical. Destruction de la substance grise, et infiltration hémorragique de la substance grise d’un bout a l’autre de la moelle,
OBSERV ATION 37 Hématomyélie spontanée. ù (Hématomyélie avec ramollissement£.)
GRISOLLE. Journ. hebd. des progrès des sc. méd., janvier 1836, p. 71.) {Thèse de Hayem, p. 204.)
Matelassier, quarante ans. Sans cause connue, douleurs entre les deux épaules, sans frissons.
Symptômes. — Quinze jours après, étourdissement, chute sans perte de connaissance, paralysie des quatre membres, Envie de vomir, sans vomissement, étouffement, oppression avec aphonie. Dyspnée très violente, anxiété. Vue intacte, déglutition facile. Rétention d'urine. Sterno-mastoïdiens fortement contractés. Respiration exclusivement abdominale, thorax sonore, sensibilité intacte dans toutes les parties de la tête, et aux membres supérieurs, abolie dans le reste du corps. Ni la pres-
sion, ni la percussion, exercées sur le rachis, n’excitent de sensibilité.
La flexion sur la poitrine s'accompagne de douleurs dans le cou. Les symptômes s’aggravent et le malade s'éteint, sans rien offrir de particulier, au bout de dix-neuf jours.
Autopsie. — Pas d’altération de la substance cérébrale. Injection générale des méninges par slase. Arborisations rouges à la surface des membranes de la moelle, surtout à la hauteur des omoplates. Au même niveau ramollissement de six pouces de long. Au centre un caillot noirâtre du volume d'une amande. Le ramollissement s’arrête à un pouce au-dessous de la protubérance. Portion lombaire saine. Le ramollissement affecte les parties centrales de la moelle, Adhérence entre les faces opposées de l’arachnoïde.
OBSER VATION 38 Hématomyélre.
Jaccour. {Des paralysies et de l’ataxie du mouvement), p. 257. (Thèse de Hayem.)
Une femme de vingt-six ans entre en 1862 à l'hôpital de la Pitié, avec une paraplégie complète ; les muscles abdominaux n'étaient pas paralysés, mais il y avait incontinence de l’urine et des matières fécales. Ces accidents ne remontaient qu'a quatre jours. Diagnostic. — Hémorragie dans le renflement crural de la moelle. Même état pendant cinq jours, sans progression de la paralysie ; le sixième jour au matin (le dixieme à partir du début), cette femme est trouvée morte dans son lit ; aucune plainte, aucun mouvement n’avait éveillé l'attention de ses
voisines.
Autopsie. — Foyer hémorragique dans le segment lombaire de l’axe rachidien, parois ramollies et imbibées de sérosite ; déja les éléments du caillot commencçaient à se dissocier ; le foyer occupait la substance grise dans sa lotalité ; il remontait
en haut jusqu'aux premières racines du plexus lombaire, et par en basilatteignait presque l’extrémité inférieure de l'organe ; les méninges étaient assez fortement injectées à ce niveau.
Abondante hémorragie bulbaire protubérantielle et cérébrale (inondation du ventricule latéral gauche paraissant plus récente).
OBSERVATION 39 Hémorragie de la moelle épinière.
BouRNEvILLE. Gaz. méd., p. 451, 1871.) (Thèse de Hayem.)
Femme cinquante-huit ans, malade depuis cinq jours. Début par une douleur siégeant à la nuque et dans le côté du cou : muscle sterno-mastoïdien droit contracturé ; face déviée vers l'épaule droite, pas de rotation des yeux. Parole libre, pas de paralysie faciale; les plis du front, des paupières, les sillons naso-labiaux ne présentent pas de différence.
Bras gauche paralysé ; soulevé, il retombe inerte, toutefois la paralysie n’est pas absolue, car la malade parvient à fléchir les doigts. La sensibilité de ce côté est obtuse. Membres inférieurs normaux.
Pas d'attaque apoplectique antérieure. Trois jours après, accès d’étouffement, grande oppression et mort.
Autopsie. — (Examen fait par M. Charcot). Des sections transversales de la moelle épinière, après macération de quelques jours seulement dans lacide chromique dilué, font reconnaître dans la moitié latérale gauche dela région cervicale un foyer sanguin de forme ovalaire, mesurant dans les points où ilest le plus large quatre millimètres (diam. ant.-post.} sur trois millimètres (d. transv.) et qui s'étend en hauteur depuis le niveau de la première paire cervicale environ jusqu’au niveau de la septième. Ce foyer occupe la moitié interne et posterieure de la corne antérieure gauche de la substance grise.
Il se prolonge en avant dans l'épaisseur du cordon antérolatéral du même côté, suivant la direction du trajet intra-spinal des racines antérieures.
L’épanchement sanguin est en partie seulement de date récente. Sur certains points du foyer, il remonte évidemment à une époque déja éloignée ; car on trouve çà et là des granulations pigmentaires et des masses arrondies, offrant l'apparence d’une cellule, et renfermant des agrégats de globules sanguins. On rencontre en outre, soit dans le foyer lui-même, soit dans l'épaisseur des parties qui entourent les parois :
1° des vaisseaux capillaires présentant de distance en distance des dilatations moniliformes, et dont les parois chargées de noyaux très nombreux offrent ca et là des amas de granulations graisseuses ; 2° des cylindres d’axe dépouillés de myéline -et beaucoup plus volumineux qu’à l’état normal ; 3° de nombreux myélocytes, les uns libres, les âutres enuveloppés dans une petite masse de protoplasma ; 4° enfin des débris de réticulum conjonctif, dont les mailles, d'apparence fibroïde, sont notablement épaissies.
Après durcissement complet de la moelle, l'examen des coupes transversales permet de constater en outre ce qui suit: sur des points de la substance blanche très éloignés des parois du foyer sanguin, dans la partie la plus postérieure des cordons postérieurs par exemple, on trouve des espaces à contours irréguliers où les cylindres d’axe, entourés seulement d'une mince couche de myéline, ont acquis pour la plupart des dimensions énormes (de 0 ‘mill. 026 à 0 mill. 018 pour le diamètre transversal.)
Dans l’intervaile de ces tubes nerveux à cylindre-axes tuméfiés, les mailles du réticulum sont quelquefois épaissies : Le plus souvent elles ne sont pas plus épaisses que dans l’état normal.
Mais ce qui frappe surtout dans cet examen, ce sont les dimensions vraiment colossales que présentent, dans la corne antérieure gauche de la substance grise, au voisinage du foyer sanguin, les cellules multipolaires.
Ainsi, tandis que les plus grosses cellules de la corne droite
mesurent en movenne dans leur plus grand diamètre Q mul. 0495, celles de la corne gauche peuvent atteindre jusqu’à 0 mill. 0825. Les moins volumineuses parmi ces dernières ont encore un diamètre qui mesure 0 mill. 056. D'ailleurs les cellules tuméfiées ne sont pas seulement plus volumineuses qu’à l'état normal; elles sont de plus manifestement déformées. Elles ont perdu leur forme allongée et sont globuleuses ; on les dirait distendues à l’excès, et leurs parois sont comme bosselées. Les prolongements de ces cellules n'offrent plus eux-mêmes leur gracilité habituelle ; ils sont épaissis et tortueux.
OBSERVATION 40 Hématomyélie.
Ferrann. Bulletin de la Société anatomique, 1861, p. 201. (Thèse de Hayem.)
. Homme, vingt-cinq ans. Douleurs et fourmillements dans les membres inférieurs. Troubles moteurs et sphinctériens. Mort par eschares au bout de soixante jours.
Autopsie. — Plusieurs caillots sanguins dans la moelle cervicale. Ramollissement périphérique.
OBSERVATION 41 Hématomyélie spontanée.
VircHow. Virchow’s Archiv, 1, 1847, p. 456.
(Thèse de Hayem.)
Ouvrier, vingt-six ans. Douleurs subites dans les membres inférieurs et aux aines, survenues la nuit. Six heures apres, cessation de la douleur et paralysie de la vessie. Mort deux jours après.
Autopsie. — Depuis le deuxième tiers de la portion cervicale jusqu’à la partie inférieure de la région dorsale, la moitié posférieure de la moelle est occupée par une infiltration hémorragique diffuse, allant jusqu'aux méninges. La source en est
dans la substance grise. Nombreux globules sanguins inaltérés dans les caillots récents, et granulations pigmentaires abondantes, avec cristaux d’hématoïdine.
OBSERVATION 42 Hématlomyélie spontanée.
CLirrorb ALBurT. The Lancet, 1870, IT, p. 84. (Thèse de Hayem.)
Enfant, sept mois, sain; un jour sa mère l’enlève un peu brusquement, et constate un moment après, qu'il est paralysé des quatre membres. Mort avec des phénomènes respiratoires.
Autopsie. — Deux petits foyers hémorragiques dans la moelle cervicale, l’un dans la corne postérieure droite,
OBSERVATION 43 Hématomyélie spontanée.
Crircnert et CurLiNG. Transactions of lie Pathological Society of London, 1848, t. Il, p. 28.
(Thèse de Hayem.)
Homme de quarante-quatre ans, goutteux. Paraplégie brusque, sans cause. Priapisme violent et subit. Vives douleurs intercostales. Mort le quatrième jour, par troubles respiratoires,
Autopsie. — Deux petits caillots entre la deuxième et la troisième paires dorsales. Un peu d'infiltration sanguine en haut jusqu'à la quatrième cervicale, en bas jusqu’à la douzième
dorsale.
OBSERVATION 44 Hématomyélie spontanée.
(Un cas d'hypertrophie de l'épendyme spinal avec oblitération du canal central de la moelle.)
LancerREAUx. Société de Biologie, 1861.
(Thèse de Hayem.)
Homme, vingt-cinq ans. Douleurs dans les reins, puis les membres inférieurs, puis brusquement, raideur et paraplégie
complète, accompagnée parfois de secousses convulsives. Mort par eschares. a
Aulopsie — Au niveau de la troisième vertèbre cervicale, petit noyau sanguin dans la moelle; un peu plus bas, second foyer hémorragique, plus petit et plus ancien que le précédent.
Canal épendymaire oblitéré par hypertrophie et prolifération irrégulière de ses cellules.
OBSERVATION #5 Hématomyélie spontanée.
(Hæmatomyelie.)
A. Fiscuer. Festschrift zur Feier des 50 j. Bestehens des Krankenhauses Dresden-Friedrichstadt. Berliner klinische Wochenschrift, 1900, n° 6, Litteratur-Auszüge, p. 9.
Ouvrier vigoureux, de santé excellente, non-artério-scléreux. Sans aucune cause, il vit apparaître unesérie de symptômes qui s'aggraverent et l’emportérent quatre jours après le début : paralysie complète des quatres extrémités, avec anesthésie concomitante, paralysie des muscles du tronc et des sphincters, paralysie du diaphragme terminale. Mort avec 44°.
Autopsie., — Hémorragie s'étendant de la partie inférieure de la moelle cervicale jusqu’au haut de la région dorsale, La longueur totale était de 7 centimètres environ, l'épanchement était surtout localisé en arrière de la commissure postérieure.
Hémorragie légère au plancher du quatrième ventricule ; quelques extravasations punctiformes de la capsule interne.
OBSERVATION 46 (1) Hématomyélie traumatique.
(Contribution à l'étude clinique et anatomo-pathologique de l’hématomyélie centrale.)
Prrres et SaBRazÈs. Archives de médecine expérimentale, 1898,p. 460.
Homme, âgé de trente-quatre ans, fait une chute sur les pieds, d’une hauteur de vingt mètres, le 40 octobre 1881. Il en résulte, en outre de fractures des jambes rapidement consolidées, une paraplégie incomplète avec troubles sensitifs, abaissement de la température locale, rétention d’urine et des matières fécales, douleurs lombaires s’exaspérant par la pression des apophyses épineuses.
Au bout d’un mois, l’état général du malade s'améliore; il peut uriner tout seul, mais à la rétention succède insensiblement de l’incontinence des urines. Une eschare sacrée, qui s'étend peu à peu sur une surface de sept centimètres, cède à des pansements antiseptiques , Des douleurs fulgurantes sillonnent, pendant quelques jours, les membres inférieurs de haut en bas.
Le 1°” janvier 1882, les troubles médullaires persistent; depuis le jour de l'accident, l’état des jambes, au point de vue du mouvement et de la sensibilité, ne s'est pas amélioré, au dire du malade.
Le 10 avril 1883, la santé générale est satisfaisante, sauf de l’inappétence et de la pâleur de la face. Le malade ne souffre pas habituellement ; il ne se plaint guère que d’un peu de gène dans le bassin et, très rarement, de quelques douleurs fulgurantes au niveau des articulations tibio-tarsiennes.
(1) Nous sommes heureux d’adresser ici l'hommage de nos remerciements respectueux à M. le professeur Pitres, qui à bien voulu nous permettre d'illustrer ce résumé de son intéressante observation par quelques-unes des figures originales, dont nous devons la communication à l'obligeance de M. G. Masson, que nous remercions également.
Les troubles pathologiques sont exclusivement localisés dans la moitié inférieure du corps.
On constate une légère ensellure lombaire et un brusque ressaut dans la ligne des apophyses épineuses, au-dessus du
sacrum.
L'aspect extérieur des deux cuisses est tout à fait normal.
Par contre, les deux jambes sont considérablement diminuées de volume, refroidies, couvertes d’une sueur abondante.
Du côté droit, particulièrement intéressé, le pied reste fixé en extension, les orteils sont infléchis; il existe une ankvylose fibreuse de l'articulation tibio-tarsienne. Tous les mouvements sont à peu près impossibles. Les muscles afrophiés ne réagissant plus aux incitations électriques sont, à droite : les fessiers, le biceps, le demi-tendineux, le demi-membraneux, tous les muscles de la jambe et du pied, À gauche, ont perdu leur excitabilité : les fessiers, tous les muscles de la jambe et du pied, sauf le tibial antérieur et les péroniers. Les muscles de la partie postérieure de la cuisse réagissent moins bien que normalement.
La sensibilité au contact est partout conservée, excepté sur la cicatrice de l’eschare sacrée.
La sensibilité à la piqüre est un peu exagérée à la partie inférieure de la région lombaire.
La surface de l’eschare, les deux régions fessières, la partie postérieure des cuisses sont analgésiques ainsi que la face externe du pied droit.
La face externe des deux jambes est hypoalgésique. L’hypoalgésie est moins marquée à gauche qu’à droite.
La sensibilité à la chaleur est totalement abolie dans les régions analgésiques.
On note aussi l'abolition des réflexes rotulien droit'et testiculaire du même côté; à gauche, ces réflexes sont tres affaiblis.
Le chatouillement plantaire détermine une sensation désagréable de fourmillement, mais ne provoque pas de réflexe.
Le 6 novembre 1883, c’est-à-dire deux ans et un mois après
la chute qui avait entraîné la paraplégie, le malade succombait à une pyélonéphrite ascendante.
L'autopsie à montré l'intégrité de l’encéphale.
Le corps de la première vertèbre lombaire est fracturé : un fragment osseux, du volume d’une amande, comprime in situ la dure-mère. Au niveau de cette vertèbre, la moelle — représentée par la partie eflilée du renflement lombaire — n’a
nullement été rompue ; elle a un aspect grisâtre, une consistance molle, et adhère intimement aux méninges. Sur la coupe on trouve, dans la moitié droite, une grosse cavité indépendante du canal central, d'aspect syringomyélique, qui s'est substituée à la substance grise, où il ne reste plus aucune cellule nerveuse, et qui empiete sur le domaine des cordons. (Voir fig. 25). ;
Les parois de cette cavité sinueuse, ayant sensiblement l’étendue d’une pièce de 50 centimes, sont constituées par un anneau d’un tissu fibrillaire très dense qui devient sensiblement plus lâche à mesure qu'on se rapproche de la périphérie de la moelle. Ce tissu se différencie nettement de la substance blanche ambiante qui lui forme une bordure concentrique ; l’épaisseur de cette bordure n’excède pas un demi-millimètre en
arrière, un millimètre en avant, un à deux millimètres latéralement.
Quant à la moitié gauche de la moelle, elle a subi, au niveau de la cavité, un mouvement de coudure et de reploiement vers la droite ; la substance grise se distingue facilementde la substance blanche qui la borde et qui a une épaisseur de 1 à 3 millimètres. La plupart des cellules nerveuses ont disparu ; dans la corne antérieure on en compte 7 à 8, globuleuses ou ovalaires, sans prolongements, munies d’un noyau encore visible ; dans la corne postérieure elles ne sont pas moins altérées.
F16. 26. — Structure de la paroi cavitaine ; cristaux d’hématoïdine.
Les vaisseaux pie-mériens et médullaires, même autour de la cavité, sont tous perméables et ne montrent qu'un peu d’épaississement des tuniques.
La paroi du kyste est constituée par un feutrage inextricable de fibrilles sinueuses enlacées concentriquement, entrecoupées de fins corpuscules nucléaires fusiformes ou polyédriques.
Aucun épithélium ne revêt la cavité. Celle-ci n’est point lisse, uniforme ; lorsqu'on l’examine à l’aide d’un fort grossissement, elle apparaît hérissée d’un fin chevelu de fibrilles mélangées d’amas jaunes ou brunâtres de pigment hématique et de cristaux d’hématoïdine (fig. 8). Ces reliquats d'hémorragie ancienne parsement tout le pourtour dela cavité ; on les rencontre même assez profondément, emprisonnés dans l’épaisseur de la paroi.
Les fibrilles entre-croisées et juxtaposées en faisceau sinueux dont le lacis borde la perte de substance médullaire et qui s’'échappent en fines expansions dans son intérieur sont excessivement grêles ; elles ne présentent aucune analogie ni avec les réseaux de fibrine fibrillaire ni avec les fibres conjonctives ou élastiques ; elles appartiennent manifestement à la névroglie, en raison de leur aspect morphologique, de leurs réactions colorantes et de leurs rapports avec les cellules situées à leurs nœuds d’entre-croisement.
Le groupement de ces fibrilles donne à Pœil nu Pimage d’un liséré rouge, d’un demi à un millimètre d'épaisseur.
F1. 27, — Anfractuosité de la cavité médullaire.
Cette ceinture de sclérose névroglique très dense se continue de dedans en dehors avec un tissu plus lâche, ayant même structure névroglique, faiblement coloré en rose par le picrocarmin : ces fibrilles, au lieu d’être disposées en faisceau onduleux, vont s’éparpillant, se disposant en larges mailles aux angles desquelles sont des cellules névrogliques. Cette gangue de tissu lâche, fibrillaire, mesure 2 millimetres d’épaisseur ; elle correspond aux parties restantes de la substance grise réduite à une charpente névroglique, dépourvue de cellules
nerveuses ; elle constitue comme un trait d’union entre la poche kystique et la substance blanche; les vaisseaux ysont clairsemés, perméables, peut-être légerement sclérosés.
La plupart des fibres qui entrent dans la constitution de l'anneau périphérique de substance blanche sont en voie de démyélinisation, surtout sur les parties latérales de la moelle.
Les anfractuosités du kyste, également saupoudrées de pigment sanguin et d’hématoïdine cristallisée, ontmême structure névroglique que la cavité principale.
Les méninges sont épaissies et envoient çà et la, en des points limités, de larges tractus conjonctifs, parsemés de cellules, dans les zones périphériques de la moelle, au voisinage de la cavité. Ces constatations témoignent d'un processus ancien de méningo-
myélite périphérique, localisé en dehors et indépendant de la formation cavitaire.
OBSERV ATIONS 47 et 48 Hématomyélie dans la dystocie.
(Ueber Befunde von Hæmatomyelie und Bulbærblutung mit Spaltbildung bei Dystokie.) SCHULTZE. Deutsche Zeitschrift f. Nervenheilkunde, VIII, 1896.
Deux observations.
I. — Enfant extrait par forceps (mère : bassin plat, rétréci). Est mort asphyxié pendant les manœuvres.
Autopsie. — Hémorragie entre pie-mère et dure-mere à la base du cerveau, et, en outre, épanchement sanguin coagulé assez considérable dans le canal vertébral.
Pas d’hémorragie dans la substance corticale du cerveau ni dans le centre ovale. Les ventricules ne sont pas dilatés.
Dans la région lombaire de la moelle, les vaisseaux de la pie-mère sont dilatés et remplis de sang, mais aucune hémor-
ragie. Dans la région dorsale inférieure, il existe des hémorragies dans le parenchyme de la moelle, situées à la ‘base d’une corne postérieure. La colonne de Clarke est intacte. Le canal central est normal.
Dans la région dorsale moyenne et supérieure l’hémorragie s'étend et détermine une espèce de fente qui occupe toute la corne postérieure d’un côté. Dans la région cervicale moyenne, les hémorragies gagnent la corne antérieure et dans la région cervicale supérieure elles sont limitées à la région externe de la corne postérieure droite, et à la région interne de la corne postérieure gauche,
Au niveau de l’entre-croisement des pyramides, la corne postérieure d’un côté est envahie par une forte hémorragie ; la partie centrale de cette masse sanguine est ramollie. Le maximum d'intensité de lPhémorragie s'étend du noyau de Phypoglosse jusqu'a la branche ascendante du trijumeau et au corps restiforme. Les noyaux de cette région, celui de l'hypoglosse et du pneumogastrique sont complètement recouverts par ces hémorragies qui ont déterminé une cavité de forme
irrégulière.
Hi. — La deuxième observation se rapporte à un enfant dont la mère présentait un bassin plat rachitique, et où l’on fut obligé de pratiquer la version et l’extraction.
L'enfant étant mort, on trouva encore à l’autopsie des hémorragies dans le canal vertébral, mais pas d’hémorragie cérébrale.
Dans la région lombaire, il n’y avait rien de particulier, sauf une congestion des vaisseaux.
A la région dorsale inférieure et moyenne existaient des hémorragies petites et compactes à la base de la corne postérieure. Les hémorragies envahissaient ici un peu la corne antérieure, et,dans la région cervicale, en certains points, elles occupaient les deux cornes postérieures.
OBSERVATION 49 Hématomyélie dans la dystocie.
(Notes sur quelques lésions microscopiques produites chez un fœtus par le forceps.)
JACQUET. Lyon Médical, XII, 1873, p. 576.
Primipare, Application de forceps. Le fœtus vint au monde asphyxié ; insufflation pulmonaire; on ne put rétablir les mouvements respiratoires.
Autopsie. — Taches sanguines nombreuses à la face interne de la séreuse arachnoïdienne spinale. Extravasations dans la moelle elle-même, donnant à la coupe un aspect tacheté. La substance blanche semblait plus atteinte que la substance grise.
OBSER V ATION 50 Hématomyélie dans la dystocie.
(Blutergüsse in dem Wirbelkanal bei Neugeborenen, und deren Ursachen.)
SCHAEFFER. Arch. f. Gynækol., Bd LIIT, 1897, p. 278.
L'auteur a réuni 17 cas d’hémorragie du canal rachidien pendant l'accouchement. Seize ont trait à des hémorragies épi- ou subdurales, et sont en dehors du cadre de cette étude.
Un seul était un cas d’hématomyélie de la moelle cervicale, avec hémorragies bulbaires concomitantes.
Pour tous les cas, hématorachiscomme hématomyélie,S. insiste sur létiologie (extraction au forceps, par version, manœuvre de Mauriceau, etc.).
OBSERVATION 51 Hématomyélie dans la dystocie.
(Hématomyélie observée chez un nouveau-né.)
D'HerBécourtr. Journ! de méd.de Paris, 19 juin 1898.
Cas observé dans le service de M. Porak (Charité). Femme de vingt-sept ans, rachitique. Sa première grossesse à terme a été
OBSER VATIONS . 297
suivie de l’extraction d’un enfant mort, par application de forceps, après un travail de trois jours.
Les circonstances nécessitant une intervention (pas de progression de la tête, bruits du cœur fæœtal sourds et ralentis), deux applications de forceps Tarnier sont pratiquées sans succès. On emploie alors le forceps Poullet et la tête opère son mouvement de descente, avec rotation à la partie inférieure de l'excavation. Extraction normale.
L'enfant, né en état de mort apparente, porte une ecchymose à la partie antérieure de la mastoïde droite. Il est ranimé au bout de vingt-cinq minutes d’insufflation et de tractions de la langue, mais on constate alors que tout mouvement inspiraloire est supprimé dans la moitié droite du thorax. Pas de troubles oculaires ni pupillaires; respiration diaphragmatique entière, mais irrégulière et saccadée. Pas de paralysie de la langue, Mort au bout de deux heures et demie.
Autopsie. — Pas de rupture musculaire. Le spinal et le pneumogastrique disséqués en entier paraissent normaux.
Le rachis est ouvert ainsi que l’occipital sur la partie médiane. Pas d'épanchement rachidien, pas de lésions des méninges et des origines apparentes des nerfs bulbaires. Pas d’épanchement cérébral ou intra-méningien.
A la section de la moelle cervicale, on voit à l'œil nu un foyer hémorragique très net, siégeant à la base des cornes antérieures. Le foyer est bilatéral, visible sur une étendue de six millimètres environ.
Les coupes examinées avec le D' Durante, chef de laboratoire à la Charité, sont faites de la région moyenne du pont de Varole jusqu’au niveau de la cinquième cervicale où la moelle paraissait saine. |
Dans la portion antérieure du tiers inférieur de la protubérance correspondant à la zone motrice, on observe une dilatation intense des capillaires qui dessinent un lacis autour des différents faisceaux des voies pyramidales, et même dans leur intérieur.
Au niveau des racines du grand hypoglosse, légère dilatation vasculaire ; œdème léger de la tunique externe, l’adventice semble plus lâche que dans les autres portions.
A la région cervicale supérieure, foyer hémorragique bilatéral de la partie externe des deux cornes antérieures. Pas de lésion des parois vasculaires, mais par contre dans la moelleantérieure æt postérieure, dilatation et œdème assez marqué des espaces péri-vasculaires, ainsi qu’autour des cellules des cornes antérieures.
Plus bas on retrouve les deux foyers. Un des rameaux de l'artère collatérale antérieure, au niveau de la racine de la corne antérieure, en pleine substance grise, est atteint d’endopériartérite, lésion qui se retrouve dans un petit vaisseau sur le bord externe de cette corne.
Dans la région cervicale située au-dessus de la quatrième paire, foyer hémorragique tres limité, invisible à l'œil nu, mais qui est remplacé par une dilatation considérable des vaisseaux dans la corne antérieure ; œdeme autour des cellules des cornes antérieures notablement plus marqué que plus haut, surtout dans la région externe des cornes où les capillaires ont résisté.
Conclusions. — Hémorragie congestive bilatérale, vaisseaux déjà malades. Pathogénie non expliquée par un traumatisme amenant des troubles respiratoires localisés et unilatéraux.
OBSERVATION 52 Hématomyélie traumatique.
(Contusion de la moelle par fracture de la colonne vertébrale. Mort subite.)
Haye. Thèse d'agrégation, p. 192.
Homme, trente-neuf ans, de constitution athlétique. Excès alcooliques anciens. Un jour, à la suite d’une fatigue, étourdissement, et chute avec perte de connaissance. Au réveil, il était paraplégique, et on l’amena à l'hôpital.
Douleur vive entre les deux épaules, correspondant à une apophyse épineuse unique, non mobile. On ne détermine pas de crépitation pendant l’examen. La position assise est très pénible.
Paraplégie flasque complète avec abolition de tous les réflexes. Anesthésie complète remontant jusqu’au niveau d’une ligne passant entre la deuxième et troisième pièce du sternum,
Rétention d’urine et des matières. Les membres supérieurs sont intacts. Aucun trouble de lPintelligence ni des sens Spéciaux.
Dix jours après, mort subite au milieu de phénomènes asphyxiques.
Autopsie. — Fracture des deux lames de la quatrième vertèbre dorsale, à la base de l’apophyse épineuse. Fracture de l'extrémité de l’apophyse épineuse de la cinquième vertèhre cervicale. Pas d’autres lésions du rachis.
Dans le canal rachidien, épanchement de sang en dehors de la dure-mère, mais en quantité trop petite pour comprimer la moelle. Quelques caïllots peu volumineux au niveau de la fracture.
La moelle présente en ce point une légéere dépression, et à la, coupe, on voit qu’il existe à ce niveau un ramollissement rouge jaunâtre d’un demi-centimetre de longueur environ. Le microscope montre dans ce tissu ramolli du sang extravasé et des corps granuleux.
Hématomyélie traumatique.
(Paralysie du membre supérieur droit, d’originc spinale.) Coin. Bulletin de la Société médicale des Hôpitaux, 1862 (2° observ.) (Thèse de Hayem)
Homme. Chute sur la tête. Lésion des deuxième et troisième vertèbres cervicales. Hémiplégie droite incomplète, surtout marquée au bras. Augmentation de température dans le membre
supérieur droit, paralysé. Mort subite.
.300 OBSER VATIONS
Autopsie. — Au niveau du troisième segment cervical, petit caillot sanguin.
Hématlomyélie traumatique.
(Zerreissung des Rückenmarks und der Rückenvenen durch Hyperflexion des Kœærpers.) Berz Memorabilien, Heïlbronn, 1873, p. 167.
Gymnaste, vingt-six ans, de constitution athlétique. Au cours d'exercice au reck, chute d’une faible hauteur, dans une telle situation que sa tête était en hyperflexion. Paraplégie immédiate avec paralysie du bras droit. Paralysie des sphincters. Anesthésie jusqu’à la partie supérieure du tronc. Mort huit jours plus tard par paralysie respiratoire.
Autopsie. — Aucune lésion du squelette ou des ligaments de la colonne. Pas d’hématorachis. Aucune réaction inflammatoire. Méninges saines.
Hématomyélie depuis le sixième segment cervical jusqu’au troisième dorsal.
Tous les autres organes sains, y compris le cerveau — ce qui s'explique par le peu de violence du traumatisme en luimême (chute d’un lieu peu élevé, sol sablé). Il n’y a donc pas eu cormmotion dans Ce cas, mais seulement kyperflexion.
OBSERVATION 55 Hématomyélie traumatique.
(Entorse des vertèbres cervicales, contusion de la moelle Epanchement sanguin dans le canal de l'épendyme.)
Quénu et WickHam. Bulletin de la Société anatomique, 1886, p. 638.
Homme, trente-deux ans, tamponné par une locomotive. Paraplégie flasque complète; parésie des membres supérieurs. Anesthésie complète des membres inférieurs et des
OBSERYATIONS 301
trois quarts inférieurs du tronc. Priapisme.Mort subite quelques heures après l'accident.
Autopsie. — Pas de luxation des vertèbres. (Pendant la vie, on avait observé une déformation, qui tenait à la contracture musculaire.) Apophyse transverse droite de la huitième vertèbre cervicale fracturée, sans déplacement et sans possibilité de compression nerveuse quelconque. Déchirure des ligaments jaunes unissant la cinquième vertèbre à la sixième; déchirure partielle du disque fibro-cartilagineux correspondant.
Dans la moelle, hémorragie dans le canal épendymaire, ayant son maximum à l’union des cinquième et sixième vertébres, et s'étendant à deux centimètres en dessus et en dessous.
OBSERVATION 56 Hémalomyélie par élongation nerveuse chez un tabétique. Athérome.
(Ueber Rückenmarksblutung nach Nervendehnung nebst einem Beitrag zur pathologischen Anatomie des Tabes dorsalis.)
Ruwpr. Archiv f. Psychiatrie, 1884, Bd XV, p. 419.
Tabétique, cinquante-huit ans. On lui fait élongation bilatérale modérée du sciatique. Le jour suivant, les troubles de la sensibilité augmentent, il se produit des convulsions cloniques ininterrompues dans les muscles des jambes et du dos, de la paralysie vésico-rectale. Cystite catarrhale, pneumonie et mort.
Autopsie. — À la hauteur de la huitième vertebre dorsale, épanchementsanguin de trois centimètres de haut dans la moelle. Athérome considérable des vaisseaux.
OBSERVATIONS 57 et 58 Hématomyélies traumatiques.
(Cases of injury to the cervical region of the spinal cord ) TuorBurN. Brain, 1887. (4e et 6° observations.) 1. — Homme, trente-six ans. Traumatisme de la evlonne cervicale. Paraplégie brusque, avec paralysie de sphincters,
priapisme. Dilatation pupillaire extrême. Anesthésie des membres inférieurs et du tronc. Mort avec phénomènes respiratoires.
Autopsie. — Rupture du cartilage entre les quatrième et cinquième vertèbres cervicales ; intégrité des méninges, pas de déplacement vertébral. Pas de compression possible.
Dans la substance grise, à ce niveau, nombreuses hémorragies punctiformes,
2. — Homme trente-quatre ans. Recoit une benne de charbon, tombée d’un wagon, entre les épaules. Paraplégie complète, avec anesthésie, paralysie des réservoirs et priapisme. Mort deux jours plus tard.
Autopsie. — Aucune lésion des vertèbres, ni des ligaments, ni des méninges. Foyer hémorragique de deux pouces de haut dans la substance grise, occupant la fin de la moelle cervicale et la partie supérieure de la moelle dorsale.
OBSERVATIONS 59 et 60 Hématomyélies traumatiques.
(Spinal localisations as indicated by spinal injuries.) TRORBURN. Brain, 1888, p. 289.
(Cas 3 et 5.)
1. — Chute d’un mètre. Les signes cliniques sont superposables à ceux de l'observation précédente.
Autopsie. — Dans la moelle, petits foyers hémorragiques multiples au niveau du sixième segment cervical, avec participation du canal central.
2, — Femme de quarante-trois ans. Chute dans un escalier, étantivre. Paraplégie complète, troubles du système respiratoire, anesthésie, troubles des sphincters. Mort le lendemain par arrêt de la respiration.
Autopsie. — Fracture oblique de la septième vertèbre cervicale, avec léger déplacement. Pourtant pas de compression
médullaire. A ce niveau, hémorragie abondante, occupant toute la substance grise, de plus, hémorragie tubulaire remontant jusqu'au troisième segment cervical.
Le canal central était envahi par le sang.
OBSERVATION 61 Hématomyélie. — Fatigue ? Efjort ?
(On a case of primary hœmorrhage into the spinal cord.) SEYMOUR J. SHaRkey. The Lancet, 1891, I, p. 1137.
Enfant de treize ans, Aucun antécédent pathologique héréditaire ou personnel. À la suite de plusieurs heures de patinage, pendant lesquelles il avait fait d'assez nombreuses chutes, il rentre chez lui, un peu meurtri, mais sans localisation grave. En route, il est pris de douleurs violentes dans l'épaule gauche, l’abdomen et les reins. Presque aussitôt, il remarque un affaiblissement extrème des membres inférieurs. Augmentation rapide de ces accidents, si bien que deux heures après avoir quitté la glace, il ne pouvait plus se tenir sur ses jambes, et qu'on devait le porter dans son lit, Il y reste deux jours, puis est amené à Phôpital.
A l'entrée, douleurs persistantes dans l’abdomen et les membres inférieurs. Paraplégie complète avec rétention d’urine. Anesthésie complète remontant jusqu'à la quatrième vertebre dorsale. Au-dessus de la limite supérieure de l’anesthésie, légère zone d’hyperesthésie.
Légère parésie de la main gauche. Réflexe rotulien complètement aboli à droite, presque imperceptible à gauche. Pas de clonus du genou ou du pied, Réflexes abdominal et crématérien supprimés ; plantaire très faible. Myosis bilatéral et absence de réaction à ia lumiere. Tous les organes étaient sains.
Trois jours après, broncho-pneumonie, qui emmena le malade le huitième jour de la maladie. Pas de modifications dans son
état nerveux.
304 l OBSERVATIONS
Autopsie. — Cerveau sain, mais un peu congestionné. Bulbe et mésocéphale absolument sains. Aucune lésion quelconque du squelette, ni des enveloppes rachidiennes. Les ligaments et les méninges sontintacts, non congestionnés.
Au niveau du -troisième segment dorsal, on remarque un ramollissement léger de la moelle, et à la section, on tombe sur un vaste foyer hémorragique, occupant presque toute la surface de la coupe. Un peu de substance blanche, et quelques restes de la substance grise du côté droit étaient seuls épargnés.
Au dessus du foyer, les cornes antérieures et postérieures avaient disparu, remplacées par une cavité contenant du sang, et cette lésion, qui laissait intacte la substance blanche, pouvait être suivie jusqu'a la partie supérieure de la moelle cervicale, s
Au dessous, même disposition, jusqu’au milieu de la région dorsale. La région lombo-sacrée était saine.
L'examen microscopique ne montra en aucun point de la moelle, d’inflammation quelconque. Tout le tissu était sain en dehors des points atteints par l’hémorragie.
A l’exception de la broncho-pneumonie double, aucune lésion viscérale ne fut trouvée.
Hématomyélies traumatiques (Seven cases of intra spinal hæmorrhage — hæmatomyelia.)
Parkix. Guy’s Hospital Reports, XLVIIT, 1891, p. 107.
Cas I. — Fracture de la sixième vertèbre cervicale (sans déplacement) hématomyélie.
Homme, trente-trois ans; étant à réparer une cheminée, tombe de quarante mètres sur le sol d’une pelouse. Perte de : connaissance tres courte. Paraplégie immédiate complète. Les membres supérieurs ont conservé une certaine motilité à
l'exception des doigts, dont la paralysie est absolue. Tous les réflexes supprimés dans les territoires paralysés. Anesthésie complète au dessous du deuxième espace intercostal. Pas d’hyperesthésie. Rétention d'urine. Priapisme marqué. Mort par paralysie respiratoire trente heures après l'accident,
Autopsie. — Fracture de la sixième vertèbre cervicale sans aucun déplacement. Pas d'hémorragie dans les ligaments, qui sont sains, ni dans les méninges. Vers le même niveau, la moelle est ramollie sur une longueur de 2 pouces 1/4. A la coupe foyer hémorragique. Cette hémorragie est à son minimum au niveau de la fracture, Au dessus et au dessous, elle a détruit la substance grise presque entièrement, avec légers prolongements dans la substance blanche. Cette lésion correspond aux
cinquième, sixième et septième vertèbres cervicales.
Cas II. — Ancienne carie vertébrale, traumatisme vertébral. Hématomyélie.
Homme de soixante-cinq ans. Chute de cheval sur la tête. Paraplégie complète, avec parésie des bras. Anesthésie complète jusqu’au niveau d’une ligne passant par l'articulation sternale de la deuxième côte. Pas de réflexe rotulien, seulement tres légère contraction du quadriceps. Réflexes cutanés supprimés, sauf le plantaire. Priapisme. Rétention d'urine. Myosis.
Mort le quatrième jour.
Autopsie. — Légère déchirure ligamenteuse entre les quatrième et cinquième vertebres cervicales. Pas de lésion ni d’hémorragie méningée. Ancienne carie du corps des quatrième et cinquième cervicales. Au même niveau, dans Ja moelle, hémorragie ayant détruit toute la substance grise, avec participation de la substance blanche vers le maximum de la lésion. Au dessus et au dessous, localisation dans la substance
grise seule.
Cas IT. — Traumatisme de la colonne cervicale. Hématomyélre.
Femme de quarante ans. Chute de sa hauteur, à la renverse,sur les marches d’un escalier. La nuque avait porté. Perte de connaissance pendant quelques heures. Paralysie flasque complète des quatre membres. Quelques rares contractions dans le biceps droit. Anesthésie complète au dessous de la deuxième côte. Myosis léger. Absence de tous les réflexes tendineux et cutanés. Respiration pénible, uniquement diaphragmatique. Tête tournée vers la droite. Léger déplacement de l’apophyse transverse de la cinquieme cervicale. Cyanose. Laminectomie sans résultat. Mort le lendemain avec de la fièvre. (104° F., 40° C.)
Autopsie. — Subluxation incomplète de la cinquième cervicale, avec rotation de la tête à droite. Hématomyélie en ce point, semblable à celle des cas précédents. Pas de lésion méningée. Pas de compression directe de la moelle d’une manière quelconque.
Cas IV. — Fracture sans déplacement de la sixième vertèbre cervicale. Hématomyélie.
Homme de quarante-huit ans. Blessé un jour par la chute d’un corps pesant. Perte de connaissance, plaies de tête, fracture compliquée du tibia droit. Paralysie complète des quatre membres et des sphincters. Anesthésie de la jambe droite, hyperesthésie du pied gauche.
Mort huit jours après, de gangrène développée au niveau de la fracture compliquée du tibia.
Autopsie, — Fracture des lames de la sixième vertebre cervicale, avec intégrité du corps de la vertèbre. Ni déplacement, ni compression.
Au niveau de la troisième vertèbre cervicale, en un point où le squelette était absolument sain, hémorragie assez limitée,
localisée dans la substance grise, et s'étendant sur une hauteur d'un pouce environ.
Cas V.— Homme, soixante et un ans. Soulevait un poids avec une chaîne, lorsque celle-ci se rompit. Il reçut la charge sur la tête.
Perte de connaissance. Pas de paralysie immédiate, mais huit heures après, parésie rapidement progressive du bras gauche, puis hémiplégie, puis participation de la jambe droite. Anesthésie incomplète des bras et des jambes.
Mort douze jours après, de broncho-pneumonie.
Autopsie. — Intégrité absolue du squelette de la colonne et
des enveloppes médullaires. Moelle traversée, sur toute la
hauteur du renflement cervical, par une hémorragie tubulaire, uniquement localisée à la substance grise.
Cas VI. — Traumatisme, paraplégie, hématomyélie.
Homme, vingt-huit ans, tombé dans un escalier portant sur la tête un lourd fardeau. Paralysie complète des membres inférieurs, et incomplète du bras droit. Le lendemain, ce dernier est pris à son tour. Anesthésie remontant jusqu'aux clavicules. Réflexes rotuliens conservés. Paralysie vésicale, Hypothermie extrême les jours suivants. (jusqu'a 77° F. — 25° C.) Mort trois semaines après.
Autopsie — Pas de fracture ni de luxation vertébrale, mais diminution de résistance du disque inter vertébral des cinquième et sixième cervicales. Hématomyélie en foyer de Ia cinquième à la septième racine cervicale, prolongée en haut sous forme d’un étroit canal irrégulier, remontant jusqu’au calamus (1).
(1) Le septième cas, ayant survécu, sera signalé dans les observations sans autopsie,
Traumatisme. Hématomyélie du cône terminal, aveccompres-. sion de la queue-de-cheval par des caillots.
Herrer. New-York med. Journal, 22 août 1891.
Homme; trente ans; reçoit un poids assez lourd dans la région lombaire. Paraplégie immédiate et paralysie des sphincters. Plus tard, la paralysie se limita, avec atrophie, au-dessous des genoux. Anesthésie complète dans la région péri-ano-génitale et incomplète dans le domaine du petit sciatique, à la face postérieure de la cuisse, ainsi qu'aux talons et à la face postérieure des jambes.
Mort à la suite d’une lamnectomie, Le cône était détruit par l’hémorragie, dont les caillots entouraient quelques filets de la queue de cheval.
OBSER VATION 69 Hématomyélie traumatique du cône terminal.
(Ueber eine sich auf den Conus terminalis beschrænkende traumatische Erkrankung.)
OPPENHEIM, Archiv f. Psychiatrie, XX, 1888, p. 298.
Chute sur le siège. Lésion de la première vertebre lombaire. Paralysie vésicale et rectale complète. Impuissance. Anesthésie complete de la région péri-ano-génitale, et dans le domaine cutané du petit sciatique à la cuisse.
Ni paralysie, ni anesthesie des membres inférieurs, Mort par infection urinaire.
Autopsie. — Fracture de la première vertèbre lombaire, et à ce niveau, hémorragie dans la substance nerveuse du cône terminal avec destruction du tissu.
OBSERVATION 70 Héimatomyélie traumatique.
(A case of spinal hemorrhage.)
H. Hanprorr. The Lancet, 1894, 14 avril, p. 931.
Jeune fille robuste, dix-neuf ans. Tombe à la renverse dans un escalier, d’une hauteur de moins de deux mètres, sur la tête, le dos, les épaules et les reins. Elle fut étourdie sur le coup, sans perdre connaissance. Quelques instants après, elle se relevait el se rendait chez elle, se plaignant seulement de quelques douleurs de la tête et du dos. Le lendemain, vomissements, la malade s'alite. Fievre, albuminurie et ictère. Le neuvième jour, est-envoyée à l'hôpital. État typhique, température élevée. Pas de paralysie, mais troubles de Ja sensibilité aux membres inférieurs et au tronc remontant jusqu'à la ligne bi-mamelonnaire. Réflexes normaux. Mort dans le coma.
Autopsie. — Pas de fracture du crâne ; un peu de congestion encéphalique.
Pas de lésions osseuses ni articulaires vertébrales, Hématorachis abondant, avec sang dans le canal épendymaire, qui semblait s’y trouver sous forte pression.
Pas d'examen histologique.
OBSERVATION 71 Hématomyélie traumatique avec myélite.
(Ueber einen Fall von traumatischer Myelitis.)
A. Wesrrnaz. Archiv f. Psychiatrie, 1891, Bd XXVII, p. 554.
Femme de trente ans, atteinte de fièvre typhoïde, délirante, au milieu d’un accès de délire, précipitation par la fenêtre du
deuxième étage sur le sol.
Perte de connaissance transitoire, paraplégie flasque complète. Abolition des réflexes rotuliens, du tendon d’Achille, et cutanés des deux côtés.
Sensibité notablement diminuée aux membres inférieurs, difficile à apprécier exactement à cause de l’état d’obnubilation de la malade.
Rétention d’urine et des matières. Mort le septième jour après l'accident, en pleine dothiénentérie, avec bronchopneumonie assez étendue.
Autopsie. — Fracture du corps de la première et de la deuxième vertebre lombaire. Pas de déplacement des fragments, pas de compression quelconque de la moelle ou de ses enveloppes.
La moelle est saine, en apparence, sauf dans la région sacrée. En ce point, elle est ramollie, les limites des substances grise et blanche sont indécises, le tissu a un aspect rougeâtre.
Au microscope : Rien dans la moelle cervicale, ni dans la partie supérieure de la moelle dorsale. Dans la partie inférieure de celle-ci, les espaces lymphatiques périvasculaires sont élargis, dans les cornes antérieures quelques cellules se colorent moins bien. Dans les cordons antérieurs et postérieurs, on trouve un certain nombre de cylindre-axes, soit dépourvus de leur myéline, soit fragmentés.
Dans la région lombaire supérieure, on constate des lésions importantes des cornes antérieures. La région moyenne de ces cornes présente à un faible grossissement un aspect réticulé» dû à la présence de nombreuses lacunes dans le tissu. Ces lacunes correspondent à de petits foyers où les tubes nerveux ont plus ou moins disparu; quelques-unes de forme arrondie» marquent la place de cellules radiculaires plus ou moins complètement détruites.
Les principales altérations portent sur les cellules. Elles sont diminuées de nombre, ont perdu leurs prolongements, présentent une forme arrondie, quelquefois circulaire. Le protoplasma est trouble, avec certains colorants (carmin,
nigrosine) une moitié seulement de la cellule est colorée. Dans un grand nombre de cellules le noyau et le nucléole ne sont plus distincts — chez d’autres le noyau est déplacé excentriquement.
À ce niveau, les cornes antérieures commencent à présenter des bémorragies d’abondance différente. Les vaisseaux qui traversent les cornes antérieures sont distendus par le sang ; dans quelques préparations. on voit à la fois l'hémorragie et le vaisseau qui lui a donné naissance.
Les quelques globules rouges que l’on rencontre sont bien conservés ; les vaisseaux eux-mêmes sont sains, il n’y a pas de prolifération mucléaire au voisinage des hémorragies,
Les hémorragies ne se propagent pas en hauteur. On ne peut les suivre isolément que sur quelques coupes seulement, On remarque quelques extravasations sanguines autour de la pie-mère dilatée.
Les cornes postérieures ne présentent pas de lésions notables.
La substance blanche présente diverses lésions de myélite (destruction ou fragmentation des cylindre-axes, disparition de la myéline) et quelques hémorragies disséminées qui présentent les mêmes caractères que celles des cornes antérieures.
A la partie toute supérieure du renflement lombaire, les lésions sont à peu près les mêmes que précédemment. Quelques hémorragies dans les cornes postérieures.
Dans la plus grande partie du renflement lombaire, les hémorragies augmentent beaucoup en nombre et en surface. On en trouve au moins une à chaque coupe, et souvent plusieurs. Leur siège est la substance grise ainsi que la blanche; cependant, tout autour du canal central oblitéré, on rencontre des extravasations importantes. D’autres, moindres, occupent les cornes antérieures et postérieures. Sur quelques préparations on voit partir de ces cornes postérieures de longues traînées hémorragiques que l’on peut suivre jusque dans les cornes antérieures.
Quelques extravasations dans la substance blanche. Partout où l’on trouve des globules sanguins, ils sont intacts, sans
altérations régressives. Il n’y a aucune modification du tissu nerveux à l’entour des hémorragies.
Mêmes altérations myélitiques que précédemment.
Dans la moelle sacrée, les désordres sont plus accentués. Tandis que jusque-là la forme générale de l’organe avait été respectée, ici la moelle est aplatie, par suite du ramollissement de son centre. La substance grise est disloquée, et on ne peut rien retrouver de la forme des cornes postérieures. Les cordons postérieurs sont complètement détruits. Dans les débris de substance grise, on ne trouvé plus que des vestiges de cellules radiculaires. Nombreuses cellules rondes au milieu du tissu détruit, Enfin, hémorragies abondantes, et de beaucoup plus étendues que celles siégeant à la moelle lombaire. Les globules rouges que l’on peut y reconnaître sont intacts, comme précédemment.
Les portions de substance blanche les plus épargnées présentent à leur maximum les lésions myélitiques déjà décrites, c’est-à-dire l'aspect lacunaire et comme réticulé, la tuméfaction irréguliere des cylindre-axes — jusqu'à vingt fois leur volume normal — contrastantavec l’atrophie ou la disparition de certains autres. La myéline est, de son côté irrégulièrement dégénérée.
OBSERVATION 72 Hématomyélie traumatique.
(Ein Fall von chronischer Rückenmarkserkrankung, présenté par le professeur Baümler au Congrès des neurologistes et aliénistes du sudouest de l'Allemagne, le 7 juin 1890. )
Résultats de l’autopsie :
H, ReiNxoLn. Wanderversammlung der Südwestdeutschen Neurologen und Irrenærzte zu Baden-Baden, 2 et 3 juin 1894. Neurol. Centralb., 1894, p. 507.
Homme de quarante-quatre ans. À l’âge de seize ans, grave accident (pris sous une meule). A la suite, paralysie des quatre
membres ayant duré neuf mois, amélioration plus tard, A quarante-dleux ans, parésie spasmodique des bras et des jambes avec exagération des réflexes.
Troubles de sensibilité aux extrémités supérieures ; signe de Romberg. Troubles de la coordination. Pas d’atrophie musculaire ni de troubles vaso-moteurs ou trophiques. Mort subite.
Autopsie. — Athérome, leptoméningite scléreuse spinale, et de plus, dans la moelle cervicale et la partie inférieure de la moelle allongée, cavité, avec paroi épaissie (syringomyélie). La cavité occupe la région moyenne de la moelle, sous forme d’un trait transversal en arrière de la commissure postérieure. Elle s’élargit à mesure que l’on remonte, et au niveau de l’entrecroisement des pyramides, elle se continue avec le canal central dilate. Mais ce qui attire surtout l'attention, c’est la quantité de pigment sanguin que l'on trouve, nôn seulement dans les parois de la cavité, mais encore dans des régions plus éloignées de la moelle (jusque dans la moelle lombaire) et qui est évidemment le reliquat du traumatisme ancien.
(Hæmatomyelie, kombiniert mit traumatischer Spondylitis.)
Hence. Mitteilungen aus den Grenzgebicten der Medicin und Chirurgie, Bd I, H. 3, p. 400, 1896.
Cas I. — Aliénée ; vingt-cinq ans, se précipite d’un quatrième étage dans la cour. Reste sans connaissance pendant quelques instants. À la suite, paraplégie complète avec anesthésie remontant sur le tronc jusqu’à la troisième côte. Paralysie des sphincters. Mort quarante-huit heures après le traumatisme.
Autopsie. — Fracture du corps de la troisième vertebre cervicale, sans aucun déplacement, Pas d’hématorachis, mais
hématomyélie en petits foyers multiples, occupant toute la région cervicale supérieure. L’un des foyers les plus volumineux a détruit toute la substance grise du côté droit, de la pointe de la corne antérieure à celle de la corne postérieure. Il a trois quarts de centimètre en hauteur. Les hémorragies plus petites se trouvent surtout dans les cornes grises et la région centrale, mais on en trouve de plus quelques-unes dans la substance blanche.
OBSERVATION 74 Héinatomyélie traumatique.
(Traumatism and Hæmatomyelia as causes of Syvringomyelia.)
Sriczer. International Medical Magazine, avril 1896, p. 193.
Fracture de la colonne vertébrale au niveau de la sixième vertèbre cervicale. Mort trente-six heures après l’accident.
Autopsie. — Hémorragies dans les cornes antérieures, empiétant sur la corne postérieure et la substance blanche environnante. La région des commissures et de l’épendyme n’est pas intéressée. La lésion s'arrête à la septième cervicale.
Les cylindre-axes, particulièrement au niveau du faisceau cérébelleux direct, sont tuméfiés; peut-être aussi quelquesuns dans la partie antérieure des cordons postérieurs.
L'auteur étudie ensuite les relations des hémorragies de la moelle épinière avec les myélites et avec la syringomyélie. Il se range à l'opinion de Strümpell, Schultze, Minor, etc., et admet comme eux qu’elles peuvent être suivies de syringomyélie.
Hématomyélies traumatiques.
(Ueber traumatische Blutungen in Rückenmark und Rückenmarkhaüte.)
STOLPER. Monatsschrift. f. Unfallheilk., 1898, n° 2 et Neur. Cent., 1898, p. 369.
L'auteur rapporte 59 cas de traumatismes mortels du rachis. Les autopsies l’ont conduit aux conclusions suivantes :
1° Les hémorragies médullaires se produisent dans tous les traumatismes graves de la colonne vertébrale, et rarement en dehors de ces traumatismes.
2° Les hemorragies extra-médullaires ne sont jamais assez importantes pour créer par elles-mêmes un écrasement de là moelle ou une hémorragie grave. Elles sont toujours liées à un écrasement de la moelle, et n’ont par conséquent aucune signification propre.
3° Les hémorragies extra-durales dépassent en général le foyer médullaire,
& Les hémorragies intra-médullaires ont été observées surtout dans la moelle cervicale — probablement parce que celles de la moelle lombaire sont plus rarement mortelles, et qu’ainsi les autopsies manquent.
5° Les hémorragies centrales se trouvent toujours à côté de lésions d’écrasement,.
6° La propagation de l’hémorragie se fait dans le sens de la longueur de la moelle.
7° En dehors des circonstances de l’accident, il faut encore tenir compte de conditions anatomiques pour expliquer la production de ces hémorragies.
Les hémorragies extra-médullaires ne sont dangereuses que lorsqu'elles sont assez abondantes pour comprimer la moelle. Pour beaucoup de raisons cette particularité est invrai-
semblable,
L’'hémorragie intra-médullaire se produit surtout aux points où la colonne vertébrale présente le maximum de flexion et d’extension possibles.
Il faut tenir compte des lésions de déchirement et de broiement de l’organe dans les hématomyélies tubulaires.
Une hémorragie centrale par choc direct contre la colonne osseuse n’a pas été jusqu'ici anatomiquemept démontrée ; l’auteur pense que de tels traumatismes produisent plutôt de la commotion spinale.
Il décrit de plus un cas d’hémorragie centrale de la moelle cervicale, qui offrait cette particularité, qu’il ne s’accompagnait que de très légères lésions de broiement. Il s'agissait de fracture de la colonne cervicale par coup sur la région occipitale. Paralysie des quatre membres, de la respiration et des pupilles Survie de trente-deux heures.
Aulopsie. — Hématomyélie centrale du deuxième au quatrième segment cervical.
Dans un autre cas rapporté par Stolper, il s'agissait d’une hémorragie tubulaire avec destruction assez étendue du tissu nerveux au niveau du septième segment cervical.
Un troisième cas avait présenté des lésions analogues sans lésions osseuses.
L'auteur montre encore les différences cliniques entre les hémorragies sans lésions de broiement et les hémorragies primitives. Ces dernières passent souvent inaperçues pendant la vie. Elles sont caractérisées par une augmentation des phénomènes paralytiques, qui atteignent leur maximum en peu d'heures.
Il rapporte encore un exemple d’hémorragie centrale étendue du sixième au neuvième segment cervical, et rappelle qu’un certain nombre de ces hémorragies traumatiques peuvent être le point de départ de gliose et de syringomyélie.
OBSERVATION 78 Hématomyélie traumatique.
(Ueber Localisation in Cervicalmark.)
Bruns. 62 Versammlung deutscher Naturforscher und Acrzte zu Heidelbery, 21 septembre 1889
Cas d’hématomyélie traumatique.
Traumatisme de la colonne cervicale. Paraplégie complète avec anesthésie. Paralysie vésicale et rectale. Abolition des réflexes rotuliens. Priapisme. Anesthésie du tronc jusqu'a la deuxième côte. Paralysie des doigts. Flexion de la main presque complètement paralysée. Extension faible ; pronation et supination bonnes ; mouvements du coude et de l’épaule intacts. Le bord cubital de la main, de l'avani-bras et du bras étaient anesthésiés; le bord radial sensible.
Autopsie. — Hématomyélie centrale des septième et huitième segments cervicaux.
OBSERVATION 79 Hématomyélie traumatique.
(Centrale Hæmatomyelie.)
Minor. Archiv f. Psychiatrie, Bd XXIV, p. 693.
Cas V. — Homme cinquante-un ans. Étant chargé, fait en arrière une chute de trois mètres environ de haut. Pas de perte de connaissance, mais paraplégie immédiate avec anesthésie. Mort le lendemain.
Autopsie. — Fracture de la dernière vertèbre dorsale et de la première lombaire, compression de la moelle à ce niveau. Sur tout le reste de la moelle, hémorragie tubulaire, localisée
surtout à gauche, principalement dans la corne postérieure. Dilatation du canal central.
OBSERVATIONS 80,81, 82, 83, 84, 85, 86, 87 Hématomyélies traumatiques.
Minor. Congrès de Moscou, 1897.
Cas L — I. L., vingt-huit ans, fait un jour une chute de quatre mètres de hauteur, sur le sol gelé, Perte de connaissance. Cyanose. Priapisme. Paraplégie. Anesthésie complète jusqu’à l’ombilie. Réflexes rotuliens conservés.
Paralysie des sphincters. Mort avec phénomènes pyohémiques le quinzième Jour.
Autopsie. — Rupture ligamentaire et diastasis entre les huitièeme et neuvième vertébres dorsales. Pachyméningite de voisinage et myélite.
Cas IT. — W.K., trente-cinq ans, maçon. Chute de quinze mètres de haut. Perte de connaissance de vingt-quatre heures de durée. Paralysie complète et paralysie des membres supérieurs et des sphincters. Mort le troisième jour.
Autopsie. — Luxation des cinquième et sixième vertèbres cervicales. Au niveau delaseptième racine cervicale, destruction incomplète de la moelle, Au niveau de la cinquième racine cervicale, hématomyélie centrale à gauche, et traces de sang a droite, avec tendance à la formation cavitaire.
Cas II]. — M. R., vingt ans. Chute de trois mètres et demi de haut, le dos portant sur le sol dallé. Paraplégie. Parésie des mains. Priapisme. Rétention d'urine, Abolition des réflexes
rotuliens. Anesthésie remontant jusqu’au-dessus des mamelons. Mort le deuxième jour.
Autopsie.— Lésions ligamenteuses des deuxième ettroisième
vertèbres cervicales. Hématomyélie de la moelle cervicale audessous, surtout à la hauteur des sixième et septième segments cervicaux. Localisation centrale de l’'épanchement. Le reste du tissu médullaire est normal,
Dans ce cas, le canal central était le siège de modifications importantes. Aspect classique de gliose commencante.
Cas IV. — N.J., dix-neuf ans. Chute de voiture, étant en état d'ivresse. Priapisme. Rétention d'urine. Disparition des réflexes rotuliens. Paralysie flasque des quatre membres. A parür de la deuxième côte, anesthésie complete. Au-dessus, zône de dissociation syringomyélique de la sensibilité. Mort le dix-neuvième jour.
Autopsie. — Arrachement ligamentaire entre les cinquième et sixième vertébres cervicales. Fracture de la cinquième cervicale, avec compression modérée de la moelle. Au-dessus et au-dessous, hématomyélie centrale.
Cas V. — N... S..., trente et un ans. Chute.
Paraplégie flasque complète, supérieure et inférieure, survenue aussitôt ; sans perte de connaissance. Priapisme ; rétention d'urine. Position des bras suivant la description de Thorburn et de Jolly, correspondant à la lésion des cinquième et sixième segments cervicaux. Au-dessous de la quatrieme côte, anesthésie complète et totale. Au dessus, thermoanesthésie et analgésie jusqu’au haut du cou. Mort le dixième jour, avec congestion hypostatique des poumons.
Autopsie. — Luxation de la cinquième vertebre cervicale sur la sixième. Hématomyélie centrale dans la moitié droite de la moelle. Pénétration de la substance blanche désintégrée dans la substance grise de la corne postérieure. Canal central tres dilaté, et repoussé vers la gauche.
Cas VI. — W.S., quarante trois ans. Chute en arrière de trois mètres de haut. Perte de connaissance pendant vingtquatre heures. Paralysie complète de la main gauche ; attitude caractéristique et parésie du bras droit. Paralysie flasque complète de la musculature du tronc et des membres inférieurs. Priapisme. Respiration diaphragmatique. Rétention d’urine. Anesthésie complète depuis le haut de la poitrine, avec dissociation syringomyélique au dessus, suivant une bande de plusieurs centimètres de large. Mort de pneumonie hvpostatique le
treizième jour.
Autopsie. — Fracture de la cinquième vertebre cervicale avec forte compression de la moelle. Au-dessus et au-dessous, hématomyélie centrale, Au-dessous cette hématomyélie ne se trouve que dans la substance grise à gauche; à droite, on trouve une désintégration du tissu médullaire, sans épanchement sanguin. Cette dernière lésion s'arrête au même niveau que l’hématomyélie, c’est-à-dire dans la moelle dorsale supérieure.
Cas VII. — J.S., cinquante-deux ans. Tamponné par un train. Perte de connaissance pendant vingt-quatre heures. Douleur dans la région dorsale inférieure et diastasis perceptible de la colonne. Paraplégie complète. Rétention d'urine. Anesthésie bilatérale totale au-dessous des épines iliaques antérosupérieures. Rien aux bras. Eschares. Mort d'infection le quarante-quatrième jour; la paralysie étant demeurée flasque jusqu’à la fin.
Autopsie. — Fracture de la douzième vertèbre dorsale, avec compression médullaire, destruction partielle du tissu, et nombreux cristaux d’hématoïdine. Au-dessous de ce foyer, au niveau des troisième et quatrième racines lombaires, cavité centrale semi-lunaire dans un tissu plus ou moins détruit par l’hémorragie, le reste de lorgane étant sain. De même, audessus de la région comprimée, cavité centrale, constituée par la désagrégation d’un épanchement sanguin dont on retrouve
FA h! . r . .
d’abondantes traces, avec prolifération névroglique intense
alentour, On peut suivre la lésion jusqu’à la quatrième racine dorsale.
Gas VIE. — $. B., soixante-dix-sept ans.Chute de sa hauteur en arrière sur un sol dallé. Aussitôt, paralysie des quatre membres, incomplète aux membres supérieurs, qui sont dans la position correspondant à la lésion des troisième et sixième segments cervicaux. Pas de réflexes rotuliens. Priapisme, rétention d’urine, anesthésie complète au-dessous de la ligne bimamelonnaire. Au-dessus, anesthésie dissociée remontant Jusqu'au menton. Météorisme intense le jour suivant, mort subite.
Aulopsie. — Luxation de la cinquième vertebre cervicale en avant, À ce niveau, destruction totale de la moelle. Depuis ce point, et en descendant, double hématomyélie, chaque épanchement restant localisé dans l’une des moitiés de la moelle. Celui de droite se termine au niveau du deuxième segment dorsal, tandis que celui de gauche augmente alors, comprimant fortement la partie droite de la moelle, Fin de la lésion au dessous de la quatrième racine dorsale. Au dessus de la lésion transverse, restes d’épanchement en voie de transformation cavitaire, Réaction névroglique du canal central.
OBSERVATION 88 Hématomyélie traumatique.
(A case of partial rupture of the spinal cord without fracture of the
spine.)
Warrs and THomason. Brit. Med. Journal, 13 mars 1897, p. 654. The Lancet, avril, p 956.
Homme, soixante-cinq ans, tombe de sa voiture en marche, étant en état d'ivresse. Il peut se relever, ét faire encore à pied
un mille pour rentrer chez lui. Trois heures après, faiblesse dans la main droite, puis paralysie dans la gauche, puis faiblesse dans les deux jambes. Étourdissements légers, et douleur vague à la nuque. Ces douleurs devenaient aiguës dans les mouvements de la tête. Respiration diaphragmatique. Pas de signes extérieurs d’une fracture vertébrale. Aux bras, prédominance de la paralysie dans les extenseurs. Réflexes rotuliens complètement abolis.
Au dessous de la troisième côte, anesthésie complète pour tous les modes. Anesthésie dans la moitié interne des avantbras, face antérieure et face postérieure, sur le dos de la main
et la moitié externe de la paume. Rétention d’urine. Pas de fièvre. Mort le troisième jour.
Autopsie. — Intégrité du rachis et des ligaments. La mobilité de la sixième vertèbre cervicale sur la septième était peutêtre légèrement augmentée.
A ce niveau la moelle était en partie rompue. Malheureusement la description anatomique est très sommaire, et l'examen microscopique ne semble pas avoir été fait.
(Gunshot wound of the spinal cord.)
Parers. British Medical Journal, 1897, 9 octobre, p. 961.
Une femme de trente-un ans recoit de son mari deux coups de feu dans le dos. L'une des balles avait traversé l’apophyse épineuse de la huitième vertèbre dorsale, et était venue se loger dans le corps de la neuvième, labourant la moelle sur son passage. Guérison de la plaie par première intention, mais paraplégie et anesthésie complètes au-dessous de la onzième paire dorsale. Abolition des réflexes rotuliens des deux côtés. Paralysie des sphincters. Apparition rapide d'’eschares au
sacrum eten d’autres points, Mouvements et secousses involontaires dans les jambes; plus tard, contracture en flexion Mort par infection neuf mois après le traumatisme.
Autopsie. — En outre des lésions directes de la moelle sur le passage du projectile, l’auteur note les lésions de la substance grise (par foyer hématomyélique) beaucoup plus marquées que celles de la substance blanche,
Hématomyélie traumatique.
(A case of traumatic hæmatomyelia )
Wizziaus. The Lancet, 1897, 7 août, p. 311.
Femme, soixante-dix ans, trouvée sans connaissance au pied d’un escalier de neuf marches. Fracture du crâne du côté gauche. Réflexes rotuliens conservés. Le soir, retour relatif de la connaissance, mais pas de la parole. Raideur du bras et de la jambe droite, parésie du côté gauche. Myosis bilatéral et absence de réaction des pupilles à la lumière. Anesthésie à partir du territoire cutané de’ la cinquième racine cervicale. Rétention d'urine. Mort le huitième jour.
Autopsie. — Intégrité du cerveau, même au point de la fracturé. Intégrité du rachis, sauf un trait de fracture dans la cinquième vertèbre cervicale, et apres ablation des apophyses épineuses, intégrité apparente de la moelle. Mais, au palper, ramollissement de la moelle cervicale, et à la coupe, hématomyélie centrale au niveau des troisieme, quatrième, et cinquième segments médullaires. Le sang se trouvait surtout autour du canal central, et était surtout répandu dans la
moitié postérieure de la substance grise.
C'ommotion médullaire (railway spine).
Foresr Wizcarp et Waizciam G. Sricer. New-York Med. Journ., 1897, 6 mars.
Cette commotion est un exemple intéressant d’hématomyélie complète accompagnant des lésions de la colonne vertébrale, mais indépendante d'elles, et relevant seulement d’une cause commune,
Fracture de la onzième vertèbre dorsale, paralysie et anesthésie complète des deux membres inférieurs. Paralysie des sphincters. Mort six jours après l’accident.
Autopsie. — Hémorragies dans les membres et les ligaments au niveau du trait de facture ; dans ie canal vertébral, en dehors de la dure-mère, un caillot.
Dure-mère intacte. Aucune hémorragie dans sa cavité, ni dans les méninges sous-jacentes.
Moelle solide partout, et de consistance normale.
Après durcissement au Müller, lésions microscopiques multiples entre le premier et le troisième segment lombaire. Hémorragies très nombreuses, avec dépôts de pigment hématique,
OBSERVATION 92 Hématomyélie traumatique.
(Zwei Fælle von Querschnittserkrankung des Halsmarkes )
SENATOR. Zeüitsch. f. klin. Medicin., Bd 35, 1898, p. 1.
Le second des cas de Senator est celui d’un homme de trente ans, apporté à l’hôpital de la Charité de Berlin avec une fracture grave de la colonne cervicale, et une paraplégie complète.
Aucun renseignement, on ne sait s’il s’agit d’une chute ou de coups reçus. Ce malade est en état de choc, température audessous de la normale. Respiration presque uniquement diaphragmatique.
La paralysie est complète aux membres inférieurs, accompagnée d’anesthésie totale remontant jusqu'a la deuxième côte, et se prolongeant dans le domaine du cubital de chaque
cote.
Perte de tous les réflexes tendineux et cutanés aux membres inférieurs.
Erection légère. — Vingt-quatre à trente heures après le
traumatisme, eschares de décubitus aux deux fesses; quelques heures plus tard, une autre à la malléole externe droite. Paralysie et anesthésie vésicales et rectales,. Mort vingt-trois jours après le début.
Autopsie.—Traumatisme considérable des septième cervicale et premiere dorsale (fractures et luxation avec déplacement tel, qu'il existe une spondylolisthésis incomplète). Le canal vertébral était tellement réduit, que sur trois centimètres environ, la moelle n'existait presque plus. En ce point, les coupes n'ont pu montrer qu’un tissu détruit, infiltré de cellules rondes.
Mais au-dessus on pouvait remarquer, même à l’examen macroscopique, une cavité dans la partie postérieure de la moelle, qui s’'étendait en hauteur dans le septième segment cervical et dans le sixième.
Cette cavité, d’inégale étendue aux différents étages où on la rencontrait, occupait vers la région moyenne, où elle était le plus large, la plus grande partie des cordons postérieurs. A droite, elle atteignait la corne postérieure, tandis qu’à gauche une zone étroite du cordon de Burdach subsistait encore.
Les parois de la cavité, irrégulièrement anfractueuse, étaient parsemées de cellules à noyaux multiples, mélangées à des détritus de substance médullaire et à une certaine quantité de
pigment sanguin.
De toute évidence, cette cavité était le résultat d’une hémor-
ragie, avec destruction de la substance nerveuse où elle s'était produite.
Pendant la vie, alors que l’on ne soupçonnait pas un déplacement vertébral aussi considérable que celui qui existait en réalité, le diagnostic avait hésité entre compression simple de la moelle, avec hématomyélie secondaire (cette dernière expliquait la paralysie flasque et labsence totale de réflexes aux membres inférieurs), et lésion transverse totale
En réalité, il existait une lésion transverse, mais celle-ci était accompagée d’une hématomyélie assez notable.
OBSERVATIONS 93 et 94 Hématomyélies traumatiques.
(Ein Beitrag zur Pathologie und pathologischen Anatomie des traumatischen Rückeumarkserkrankungen, sog. Hæmatomyelie, secundære Hæhlenbildung.)
Lax et Muerer. Deutsche Zeitsch. f. Nervenheilkunde, 1898, XIII, p. 333.
Deux observations avec autopsies :
La première est celle d’un homme de quarante-quatre ans, campagnard vigoureux, qui étant tombé un jour d’une certaine
hauteur sur le sol dur, vit apparaître instantanément une paraplégie complète.
Ni fracture, ni luxation vertébrale quelconque. — Pas de perte de connaissance. Anesthésie totale, à l’exception du cou, de la tête et des épaules. Paralysie des bras — assez rapide-
ment améliorée, tandis que la paraplégie se maintient.
Plus tard, au-dessous de la ceinture, aux mains et aux avant-bras, la dissociation dite syringomyélique de la sensibilité remplaça l’anesthésie totale, Puis survint de l’atrophie musculaire. et-la paraplégie devint spasmodique. — Myosis bilatéral, immédiatement consécutif au traumatisme, Mort au bout de trois ans de pyélonéphrite.
SNOILYAUASHO A1
Autopsie. — Légère dépression de la moelle vue extérieurement, au niveau du cinquième segment cervical. A la coupe, cavité à ce niveau dans la moitié postérieure de la moelle, Tout autour, prolifération névroglique notable. Sclérose des cordons latéraux et postérieurs ; dégénérescences diverses. La cavité contenait un liquide brunâtre, mais on ne vit pas de caillotsanguin à proprement parler,
Le second cas est également celui d’une paraplégie traumatique, avec paralysie d’un bras. Mort deux jours après l’accident. On trouva dans les deux moitiés de la moelle — dans les cornes postérieures, des hémorragies, qui s’infiltraient en outre entre les faisceaux du cordon latéral droit.
Dans la corne postérieure droite, un foyer hémorragique s’étendait sur une longueur de cinq segments environ, détruisant jusqu’à la substance gélatineuse.
Les auteurs font remarquer que ces deux cas présentaient leur maximum de lésions au point où la colonne vertébrale à son maximum de courbure possible, et l’expliquent par l’inextensibilité relative de la moelle.
Le second est un exemple net et classique de lésions récentes — le premier offrait des caractères moins évidents d’hématomyélie, parce que la substance médullaire ou tout au moins la névroglie s'était réorganisée dans une certaine mesure tout autour du foyer, et parce que le sang avait été résorbé. |
OBSER VATION 95 Hématomyélie traumatique. Myélite ?
(Et Tilfælde af traumatisk Myelitis.) V. Soneec. Hospit. Tidende, 1897, 4, R. VI, 14, p. 374.
Homme, trente-sept ans. Tombe à la renverse dans un escalier. Reste sans mouvement. Paraplégie complète et anesthésie des deux membres inférieurs. Puis amélioration de la sensibilité
dans une jambe. Mais la paralysie suit une marche ascendante Le malade meurt avec des eschares.
Autopsie. — Foyer de myélite(?)sur lequel on a peu de renseignements, Minor, qui critique le cas, le considère comme un exemple d'hématomyélie, avec myélite secondaire possible.
Ce diagnostic est très vraisemblable, surtout du fait de la santé antérieure parfaite, et de ce que la paraplégie s’est installée subitement, dès le moment du traumatisme.
OBSERVATION 96 et 97 Hématonyélies traumatiques
(Hmmediat effects upon the spinal cord of fractures.)
TayLor. Journal of Boston Society of Medical Sciences, décembre 1898.
I. — Femme tombée d’un trapèze à trente pieds de haut dans un filet. Fracture de la sixième vertebre cervicale. Paralysie immédiate. Laminectomie. Mort le troisieme jour.
Autopsie. — Dure-mère absolument saine. Hématomyélie au niveau des sixième et septième segments cervicaux, Hématomyélie tubulaire au-dessus et au-dessous.
Il. — Homme. Chute sur la tête. Paralysie, Perte de tous les réflexes tendineux et cutanés. Mort le dix-septième jour.
Autopsie. — Méninges normales et intactes, y compris la pie-mère. Foyer hématomyélique, avec prolongement inférieur dans les cornes antérieures, et supérieur, sous forme d'hématomyélie centrale classique.
OBSERVATIONS 98 et 99 Hématomyélies traumatiques.
(Zur Casuistik der Rückenmarksverletzung bei Wirbelfracturen.)
Trapp. Deutsche Zeitschrift f. Chirurgie, Bd XLVII, 1898, p. 302.
Cas [. — Fracture de l'arc de la sixieme vertèbre cervicale. Hématomyélie tubulaire. ;
Femme de trente-sept ans. Chute de cinq mètres de haut à travers la trappe ouverte d’une grange. Paraplégie complete avec abolition de tous les réflexes et anesthésie absolue à partir de la troisième côte. Mort trente-six heures plus tard.
Autopsie. — Fracture de la sixième vertébre cervicale. Hématomyélie surtout dans les cornes postérieures, s'étendant du premier segment cervical au deuxième segment dorsal.
Cas IT. — Dislocation vertébrale entre la sixième et la septième vertébres cervicales. Hématomyélie tubulaire.
Homme de quarante-six ans. Traumatisme. Paralysie complète, motrice, sensitive et réflexe, au dessous de la deuxième côte. Anesthésie du bord cubital des bras.
Mort quatre jours plus tard.
Autopsie. — Dislocation vertébrale entre la sixième et la septième vertèbres cervicales. Hématomyélie tubulaire, avec participation des deux cornes antérieures, et de la corne postérieure gauche surtout, depuis la hauteur de la premiere racine cervicale jusqu’à la deuxième dorsale.
(A case of fracture of the spine in the cervical region.)
Courtney. The Boston Medical and Surgical Journal, 13 janvier 1898.
Homme de quarante-trois ans. Chute en arriere le long d’un escalier de douze marches. Perte de connaissance pendant une
heure et demie. Paralysie complète des membres inférieurs, et
incomplète des membres supérieurs. Respiration diaphrag-
matique. Rétention d'urine. Priapisme. Myosis bilatéral. Abo-
lition du réflexe rotulien des deux côtés. Anesthésie des mem-
bres inférieurs, remontant au tronc jusqu'a la deuxième côte. Mort le huitième jour.
Autopsie. — Fracture transversale du corps de la septieme vertèbre cervicale. Au niveau du sixième segment médullaire, hémorragies nombreuses dans la substance blanche, et surtout la grise.
Mal de Pott cervical. Leptomyélite chronique. Poussée de méningo-muyélite aiguë limitée à la partie inférieure du renflement cervical. Hématomyélre.
F. Raymonp. Revue Neurologique, 1893, p. 28 (travail original.)
C..., Marie, vingt ans, perleuse, entrée le 9 mai 1894 à l'hôpital Lariboisière, salle Trousseau, morte le 45 mai.
Pas d’antécédents héréditaires.
Il y a dix-huit mois environ, à la suite de graudes fatigues, elle a vu ses regles se supprimer. Depuis, amaigrissement et toux, fièvre vespérale, sueurs nocturnes.
Phlébite de la jambe gauche il y a huit mois.
Il y a deux mois, abces froid au cou, pour lequel elle est entrée à Lariboisière, dans un service de chirurgie. Douleurs assez vives dans la région de la nuque, s’irradiant dans les deux bras. Pas d'intervention chirurgicale.
Rentrée chez elle améliorée, elle éprouve brusquement, le 29 avril au matin, en se réveillant, des fourmillements dans les deux bras et dans les deux jambes; ces fourmillements étaient plus prononcés aux membres supérieurs qu'aux membres inférieurs, et plus à droite qu’à gauche.
Bientôt, en quelques heures, il fut impossible à la malade de
faire mouvoir ses bras, et ses jambes se refusèrent à la porter. Les jours suivants, cet état ne fit qu’empirer, et on l’apporta de nouveau à l'hôpital.
On constate alors, outre des signes de tuberculose pulmonaire bilatérale, une fistule sur le côté droit du cou, laissant écouler, par la pression, quelques gouttes de pus. De temps à autre, la malade a des élancements douloureux qui partent de la nuque pour s’irradier dans les épaules et dans les bras. Mouvements du cou restreints et douloureux.
Paraplégie complète des membres supérieurs, et impotence presque complète des membres inférieurs.
« C..., couchée dans son lit, ne peut faire aucun mouvement avec les bras. Ceux-ci pendent, inertes, le long du corps. A droite aucune contraction musculaire ne se produit, sous linfluence de la volonté. ni dans la main, ni dans l’avant-bras, ni dans le bras, ni dans l’épaule, A gauche, la malade peut, avec grand peine, mouvoir un peu ses doigts, elle peut aussi par une sorte de mouvement de reptation, écarter légèrement, de trois à quatre centimètres, le bras du tronc.
Les groupes musculaires des deux membres supérieurs sont flasques et amaig'is dans toutes les régions.
L’atrophie ne parait pas prédominer sur une partie plutôt que sur une autre, elle est généralisée, quoiqu’elle soit un peu moins prononcée à gauche, surtout à l’avant-bras.
Pas de mouvements fibrillaires. La sensibilité électrique est conservée. Les muscles se contractent normalement sous l’influence du courant galvanique, l'énergie de la contraction est adéquate à la masse musculaire résistante.
Il existe du côté des membres inférieurs une paralysie moins complète que du côté des membres supérieurs.
C... peut encore écarter les jambes l’une de l'autre de 12 à 15 centimètres, elle relève la pointe du pied et elle fléchit légèrement la jambe sur la cuisse; mais la moindre pression permet de vaincre ces mouvements, qui sont réduits au minimum, La malade ne peut pas se tenir debout, elle s'effondre sous elle, Les membres inférieurs sont maigres, comme tout
le reste du corps, mais ils ne semblent pas être le siège d'une atrophie musculaire, à proprement parler, Les réflexes rotuliens sont sensiblement exagérés.
Les divers modes de la sensibilité sont conservés, sauf sur toute l’étendue du membre supérieur droit, où l’on constate une légère diminution au tact et à la douleur. La sensibilité thermique est conservée. Les réflexes cutanés sont normaux.
La vessie et le rectum fonctionnent normalement. Les muscles de la respiration (thorax et abdomen) n'offrent rien de. particulier à noter.
Etat stationnaire du côté de la paralysie les jours suivants.
Le 15, les douleurs se reproduisent toujours au niveau du cou et dans les deux bras. L'état général est moins bon. De plus une eschare apparaît au siège. Dans ces conditions on se décide à une intervention opératoire, en se guidant sur l’ancien trajet fistuleux. M. le D' Bazy enlève les arcs postérieurs des sixième, cinquième et quatrième vertèbres cervicales, la dure-mère, qui paraît terne est incisée, et le chirurgien tombe sur larachnoïde qui est épaissie, blanchâtre et plus adhérente que de coutume à la pie-mere. La cervelle est très congestionnée, mais il n’existe aucune compression. La dure-mère, les muscles, la peau sont successivement recousus.
Dans la soirée la respiration devient gènée, les voies respiratoires supérieures s'encombrent de mucosités que la malade ne peut expulser, son diaphragme se contracte beaucoup moins bien qu'avant l’opération.
Vers six heures la gêne de la respiration s’accentue encore ; la secrétion bronchique paraît exagérée.
À dix heures la malade tombe dans un demi-coma. Elle meurt a deux heures du matin.
Autopsie. — Les poumons présentent des cavercules tuberculeuses.
« L’apophyse transverse droite de la troisième cervicale est cariée, ainsi que les parties voisines de la lame correspondante. À gauche, entre la lame de la troisième vertèbre cervicale et
celle de l’axis, est un petit abcès, rempli de pus crémeux, qui pénètre dans la cavité rachidienne à travers le ligament jaune. En découvrant la moelle, on constate que la dure-mère adhère à l'arc postérieur de l’axis au niveau de la racine de l’apophyse épineuse, sur une certaine étendue ; en ce point l'os est carié. Dure-mère épaissie, fongueuse, mais il n’existe nulle part de collection purulente, de tumeur ni de déviation vertébrale capable d'amener une compression de la moelle. Gros épaississement de l’arachnoïde.
La pie-mère porte à la face antérieure de la moelle une ecchymose qui s'étend sur les origines des sixième, septième et huitième paires cervicales ; en arrière, l’ecchymose répond aux mêmes paires cervicales et aux première et deuxième paires dorsales.
Sur une coupe transversale, portant entre la septième et la huitième racines cervicales, on aperçoit un foyer hémorragique
dans la corne antérieure droite, qui paraît ramollie,
Examen histologique. — A l'état frais. — Sur des dissociations dans le picro-carmin, on trouve, au niveau des points hémorragiques, de nombreux globules rouges qui ont pris une forme globuleuse,avec de très fines granulations — des leucocytes contenant de grosses granulations pigmentaires, des cellules névrogliques tuméfiées, avec des noyaux allongés ou même bilobés, réunies par petits groupes, — des cellules ganglionnaires globuleuses, avec un noyau altéré ; d’autres qui paraissent saines.
Les vaisseaux sont dilatés par places; leurs gaînescontiennent de nombreux leucocytes ; leurs parois sont infiltrées d'éléments embryonnaires. Il y a peu de corps granuleux. Dans les faisceaux blancs on trouve égalementtrès peu de corps granuleux.
Après durcissement. — La moelle présente dans toute son étendue, des traces manifestes de sclérose chronique, plus avancée dans la moitié supérieure de la région dorsale et dans la région cervicale supérieure. Toute la région cervicale
moyenne et inférieure est le siège d’un processus inflammatoire beaucoup plus aigu, qui paraît avoir déterminé l’hémorragie.
Je décrirai d'abord cette hémorragie qui attire l'attention immédiatement. Sur les coupes transversales, pratiquées au niveau des filets inférieurs de la septième racine cervicale, on constate, à l’aide d’un faible grossissement, qu'elle a envahi toute la moitié externe de la corne antérieure droite, dont elle respecte très bien les limites du côté des faisceaux blancs. En arrière elle se prolonge sous la forme de traînées et de taches dans la moitié externe de la corne postérieure droite. Deplus, on aperçoit quelques.petites taches étoilées dans le cordon latéral droit, où le sang s’est épanché par places en formant un réseau autour des tubes.
Sur des coupes pratiquées à quelques millimètres plus bas, l’hémorragie de la corne antérieure droite est plus petite et moins compacle ; elle forme un groupe de trois à quatre taches diffuses, et respecte l’angle externe de la corne, où se voient de belles cellules nerveuses. Dans la corne gauche, on trouve ici une hémorragie encore plus petite, disposée par taches un peu plus distinctes qu’à droite.
Sur des coupes longitudinales, pratiquées au dessus et au dessous des points où ont été pris les coupes précédentes, on aperçoit l’hémorragie de la corne droite sous la forme d’une bande jaunâtre, à bords parallèles, qui s'étend en haut et en bas, sans empiéter sur la substance blanche, à toute la longueur de la huitième racine cervicale, et à la moitié inférieure de la septième. À gauche, l’hémorragie, beaucoup moins compacte, mais également très bien limitée à la substance grise, commence beaucoup plus bas que l’hémorragie droite, et descend à deux millimètres enviren au dessous d’elle.
A un fortgrossissement on aperçoit les globules rouges qui sont très bien conservés, et qui forment plutôt une infiltration diffuse des tissus qu’un foyer véritable.
Tout au travers des globules rouges, sont parsemés de très nombreux leucocytes, reconnaissables à leurs noyaux multi-
lobés; ils s'accumulent surtout en certains points, autour de vaisseaux volumineux. Les vaisseaux de cette région ont des parois très altérées ; leurs éléments semblent dissociés par les leucocytes qui remplissent leurs gaînes.
Les cellules nerveuses qui sont comprises dans l’hémorragie, sont transformées en des blocs arrondis d'aspect cireux ; leurs noyaux ne se colorent plus. En dehors des points infiltrés de sang, on trouve des cellules qui sont en contact, dans leur espace péricellulaire, avec trois ou quatre leucocytes, elles sont ratatinées, leurs prolongements sont cassés irrégulièrement et leurs noyaux déformés ; elles ont tout l'aspect de cellules mortes. À côté, on en voit qui sont encore intactes.
A la périphérie des taches hémorragiques, les noyaux de la névroglie sont plus abondants que partout ailleurs, de plus, des leucocytes sont disséminés dans tout le tissu. Les altérations vasculaires diminuent progressivement à mesure que l’on s'éloigne, pourtant elles restent considérables dans toute l'étendue de la coupe, aussi bien dans la substance blanche que dans la substance grise ; elles consistent dans une prolifération embryonnaire des éléments des tuniques externes avec infiltration leucocytiques ; la tunique interne est relativement intacte. Les vaisseaux volumineux sont les plus malades.
Les méninges participent à cette inflammation aiguë; la piemère est épaissie et tout infiltrée de leucocytes, ainsi que les racines de la moelle, Parachnoïde et la dure-mère, indépendamment des lésions chroniques que je décrirai plus loin. On aperçoit des amas énormes de cellules migratrices, particulierement au milieu des filets radiculaires et contre la pie-mère à ce niveau.
En résumé, on constate dans toute cette région des lésions inflammatoires qui ont un caractère évident d’acuité, et qui sont certainement récentes. Cette méningo-myélite s'atténue progressivement à mesure que lon remonte ou que l’on descend, et on retrouve bientôt les lésions de sclérose diffuse chronique sur lesquelles est venue se greffer, en un point limité, cette poussée aiguë qui paraît avoir amené l’'hématomyélie... »
(Nous passons, dans l'exposé des lésions microscopiques, de même que nous l'avons fait pour l’observation et le protocole d’autopsie, ce qui s’écarte du cadre de cette étude). Dans sa conclusion, le professeur Raymond montre que la mort a été amenée, au cours d’une lepto-myélite chronique diffuse légère, par une poussée localisée de méningomyélite aiguë et récente, qui, à la faveur des lésions vasculaires, a déterminé une hématomyélie. Les accidents médullaires graves datent de cette complication. On pourrait discuter sur l’époque de l'apparition de l’hémorragie,et par conséquent sur son rôle dans l’évolution des phénomènes morbides.
En effet, l'opération que la malade a subie, portant sur une moelle déjà altérée, aurait très bien pu produire l’hématomyélie, d'autant plus qu’au premier abord il semble étonnant que du sang puisse rester seize jours épanché, sans que les globules soient détruits.
Je crois néanmoins que les choses se sont passées ainsi que je viens de le dire, et celte conviction est basée à la fois sur des faits anatomiques et sur des considérations cliniques.
En effet, on ne s'expliquerait pas que dans l’espace de quinze heures, que la malade a vécues après l’opération, il ait pu se produire une accumulation aussi considérable de leucocytes dans le foyer hémorragique ; de plus, beaucoup de ces leucocytes contenaient des granulations pigmentaires volumineuses, ainsi que l’a montré l’examen à l’état frais. D'ailleurs, on comprend fort bien que dans un foyer aussi peu étendu, le sang ait pu rester en contactavec la circulation suffisamment pour vivre encore longtemps.
Enfin, au point de vue clinique, il ne manquait aucun des symptômes de l’hématomyélie : début brusque des accidents, paralysie, puis atrophie, exagération des réflexes dans les membres inférieurs, douleurs vives au point malade et douleurs irradiées dans les membres, plus tard eschare, en un mot le tableau était complet. Les moindres détails de la maladie trouvent également une explication rigoureuse dans la disposition de hémorragie ; c’est ainsi que la paralysie prédominait
OBSERVATIONS Son
à droite, de même que le foyer de la corne droite était plus considérable que celui de la corne gauche ; que le membre supérieur droit seul présentait quelques troubles de la sensibilité cutanée, de même que la corne postérieure droite seule était lésée,
Je dois ajouter pourtant que l'opération a peut-être fait progresser lhémorragie, ainsi que le montre l’aggravation rapide des symptômes qui a suivi.
Néammoins, l'hypothèse d’une compression médullaire par le mal de Pott coexistant était tellement plausible que le seul traitement rationnel était l'intervention chirurgicale, qui aurait pu être très profitable à la malade s’il s'était agi d’une compression médullaire. Dans tous les cas, l'opération n'a certainement pas avancé de beaucoup la mort, »
OBSERVATION 102 Myélile hémorragique.
(Hématomyélite.)
LEBEAU. Ayrchives Belges de médecine militaire et Gazette hebdomadaire, 1855, p. 660.
(Thèse de Hayem.)
Soldat de vingt ans. Symptômes de fièvre typhoïde. Pas de taches rosées lenticulaires. Le dixieme jour, engourdissement des membres supérieurs, rétention d'urine alternant avec lincontinence, insensibilite et immobilité des membres inférieurs.
Mort le dix-huitième jour.
Autopsie. — À la hauteur de la cinquième cervicale, dans l'étendue d’nn centimètre, épanchement occupant le ce ntre de l'organe, sous forme d’un noyau rouge, assez dur, du volume d'un gros pois.
OBSERVATION 103 Hématomyélie avec myélite.
Trier. Hospital Meddelelser, Bd IV, 1855.
(Thèse de Haye.)
Matelot, trente-trois ans, pris subitement d’hémiparésie droite, puis d’hémiparésie gauche. Anesthésie jusqu’à la quatrieme côte. Constipation ; rétention d'urine. Mort.
Autopsie. — Hématomyélie tubulaire, d’un bout à l’autré
de la moelle. Aspect moniliforme de l'épanchement, sur une coupe longitudinale de l'organe.
OBSERVATION 104 Méningo-myélile hémorragique.
Weger. Journal hebdomadaire, 1829, p. 20.
(Thèse de Hayem.)
Cas d’un enfant, atteint de mal de Pott et pris de paralysie du bras droit.
Autopsie. — Méningo-myélite, avec hémorragie du volume d’un pois dans la moelle au niveau de l’atlas,
OBSERVATION 105 Méningo-myélite hémorragique.
Nowar. Archives de Médecine, 1838.
(Thèse de Hayem.)
Homme; trente-quatre ans. Myélite progressive.
Autopsie. — Sang en assez grande abondance dans le renflement cervical.
OBSERYATIONS 339
OBSERVATION 106 Myélile hémorragique.
Oce. Transactions of the Pathological Society of London. (Thèse de Hayem.)
Homme; quarante-neuf ans. Paraplégie progressive pendan dix jours.
Auiopsie. — Foyer hémorragique dans le dixième segment dorsal.
Méningo-myélite hémorragique.
LAGARDELLE. Courrier Médical, 9 mars 1861.
(Thèse de Hayem.)
Homme ; vingt-six ans. Myélite ayant évolué en onze jours.
Autopsie. — Foyer hémorragique dans le dixième segment dorsal. Myélite au voisinage.
OBSERVATION 108 Myélite hémorragique.
Kaœsrer. Archiv voor Genees en Naturkunde, 1869, p. 426. (Thèse de Hayem.)
Homme; quarante-huit ans. Fourmillements dans les membres inférieurs, puis un matin, paraplégie complète. Mort par eschares.
Autopsie. — Myélite diffuse avec infiltration hémorragique.
Pas de foyer sanguin.
OBSERVATION 109 Méningo-myélite hémorragique.
Ducuer. Thèse de Hayem.
Homme quarante-quatre ans. Myélite ayant évolué pendant
quatre mois.
Autopsie. — Méningo-myélile purulente avec pigment
tres abondant.
OBSERVATION 110 Myélite aiguè hémorragique. Gliosarcome.
(Ueber acute hæmorragische Myelitis.)
Wyss. Congrès de méd. int. de Wiesbaden, 1898.
L'auteur à rapporté un cas — à la vérité un peu obscur — de gliosarcome de la moelle, accompagné à distance d’extravasations sanguines qu'il rapporte à des thromboses veineuses multiples.
Les lésions étaient étendues sur toute la hauteur de Paxe médullaire, avec leur maximum à la région moyenne,
La dissémination de ces thrombus veineux, leur organisation sur quelques points, les réactions inflammatoires et iles émigrations leucocytaires qui accompagnaient les vaisseaux malades, poussent l’auteur à admettre qu’il ne s’agit pas dans ce cas de lésions agoniques.
Les différents caracteres anatomiques et l’abondance des extravasations justifient, d’après lui, le terme de myélite hémorragique. :
OBSERVATION 111 Syringomuyélie et sarcomatose de la moelle.
ORLowskt. Aychives de Neurologie 2e série. Vol. VI. 1898. p.161.
Dans une observation de sarcomatose de la moelle ayant évolué en un an et quelques mois chez une enfant de quatorze ans, l’auteur signale, parmi les lésions anatomiques, d’assez nombreux foyers hémorragiques secondaires (V. p.166, F71,etc.). Un de de ces foyers est figuré dans un dessin de la page 174.
OBSERVATION 112 Fièvre typhoïde. Hématomyélie.
(Abdominal Typhus, complete motorische und sensorische Paraplegie aller # Extriæmitæten, Blasen und Mastdarmlæhmung).
ARTHUR SCHire. Gesellschaft der Aerste in Wien, séance du 9 juin 1899. Prager medicinische Wochenschrift, 1899, p. 435.
Au cours d’une fievre fyphoïde, confirmée par le sérodiagnostic, apparut une paralysie des quatre membres, avec anesthésie, et paralysie des sphincters. La paralysie des muscles abdominaux donnait un type inusité de respiration. À chaque inspiration, on voyait l'abdomen se distendre et se ballonner. Conscience intacte. L’anesthésie atteignait en hauteur jusqu'à la troisieme côte.
Mort au bout de seize heures par paralysie du diaphragme.
Autopsie. — À la hauteur du cinquième segment cervical, : la moelle est ramollie. Pas de bacilles typhiques. Le maximum des lésions est au niveau du quatrième segment cervical. Les cornes antérieures et postérieures sont injectées de sang, les vaisseaux de la substance grise tres élargis et dilatés, leurs tuniques sont, en quelques points, dissociées par des hémorragies interstitielles,.
On rencontre en outre des extravasations nombreuses en dehors des gaïnes vasculaires.
Aucune trace de réaction inflammatoire. Le processus peut être suivi jusque dans le deuxième segment cervical, en ce point, il est atténué.
Au-dessous du foyer principal, «plusieurs segments médullaires sont sains, puis on retrouve de nouveaux foyers : en particulier dans le cinquième segment dorsal, puis dans les huitième et neuvième dorsaux. Pas d’inflammation quelconque
Pas de bacilles.
ea
Il s’agit d’une hématomyélie multiple, dont la localisation sur le centre respiratoire a causé la mort.
Ce cas peut avoir un certain intérêt, dit l’auteur, au point de vue de la question des myélites infectieuses, où l’on discute toujours pour savoir si les lésions sont primitivement vaseulaires, ou parenchymateuses.
Dans le cas présent, il y avait des hémorragies laryngées — qui, jointes à l’état de la moelle, donnent à penser que les lésions vasculaires étaient primitives. |
OBSERVATION 113 S'yringomyélie hémorragique.
(Ueber einen Fall von Syringomyelie mit Sectionsbefunde.)
KorB. Deutsche Zeitsch f. Nervenheilkunde, 1896.
C’est un cas de syringomyélie a marche classique, ayant évolué en plusieurs années, et sans traumatisme dans les antécédents.
Dans le protocole de l'autopsie, qui a montré une syringomyélie typique (cavité centrale avec gliose), auteur signale, au voisinage du canal central, quelques foyers d'hémorragies récentes.
OBSERVATIONS 114 et 115 S'yringomyélie avec hémorragies.
(Zur Pathogenese der Syringomyelie.)
ReoLicH. Wiener Medicinischer Klub, séance du 27 novembre 1895.
L'auteur insiste sur la difficulté que l'on a à établir la pathogénie de la syringomyélie. Les faits qu'il apporte semblent justifier l’hypothèse que la syringomyélie peut quelquefois être consécutive à une hémorragie médullaire,
Il présente des préparations de deux moelles :
La première appartenait à un enfant âgé de cinq mois, et mort des suites d’une hydrocéphalie énorme.
On trouve le canal central très élargi dans la partie dorsale inférieure et envoyant un diverticulum dans le cordon postérieur. En dehors de cette hydromyélie, assez fréquente dans l’hydrocéphalie, on constate plus haut dans le cordon postérieur une cavité qui ne communique pas avec le canal central, et qui envoie des prolongements dans la substance grise des cornes postérieures jusqu’à la tête de celles-ci.
Celle-ci doit donc être considérée non comme une hydromyélie, mais comme une syringomyélie. Un examen approfondi démontra cependant que cette cavité n’est en quelque sorte qu’un prolongement du diverticulum ci-dessus décrit du canal central. On trouva notamment dans le diverticulum, aussi bien que dans la cavité syringomyélique elle-même ou dans ses parois, des signes manifestes d'hémorragies, des extravasations récentes, et du pigment sanguin contenu dans les cellules. Il est probable qu’une hémorragie avait éclaté dans le diverticulum, et s'était propagée en hauteur sous forme d’hémorragie tubulaire.
Il y à une analogie évidente entre ce cas et ceux publiés par Schultze.
L'autre série de préparations a trait à un enfant, atteint de spina bifida. On trouve également de l'hydromyélie, et aussi des hémorragies étendues dans les environs du canal central.
Redlich conclut de ces observations que la relation entre la syringomyélie et l’hématomyélie doit au moins être étudiée.
Schlesinger reconnaît l’importance des faits de Redlich. I a, pour sa part, observé maintes fois des hémorragies dans la cavité syringomyélique et ses parois. Toutefois, elles peuvent être consécutives à la syringomyélie, où, comme l’on sait, l’altération des vaisseaux est fréquente, et par conséquent, la rupture facilement provoquée par de légers traumatismes.
Les constatations de Redlich expliquent la pathogénie d’une
série de cas atypiques de syringomyélie, tels que ceux de Leyden (cavité symétrique dans les cordons postérieurs).
OBSERVATION 116 Syringomyélie et hémorragies.
(Ueber Spaltbildungen in der Medulla oblongata und über die anatomischen Bulbærlæsionen bei Syringomyelie.)
SCHLESINGER. Obersteiner’s Institut, Wien, 1896.
Dans ce travail, l’auteur étudie les lésions bulbaires de la syringomyélie. Les résultats de ces recherches sont en faveur de l'origine hémorragique de certaines de ces cavités (diverticules latéraux surtout).
OBSERVATION 117 Lymphosarcome hémorragique.
(Klinische und pathologisch-anatomische Beitræge zur Chirurgie der Rückenmarkstumoren.)
Bruxs. Archiv f. Psychiatrie, 1896, Bd XX VIII, p. 97.
L'une des observations de l’auteur est celle d’un homme de vingt-huit ans, atteint de Iymphosarcome du cou, avec tumeur métastatique de la dure-mere rachidienne, comprimant la moelle au niveau de la cinquième vertébre dorsale. Paraplégie flasque complete, abolition des réflexes tendineux aux membres inférieurs, persistance du réflexe plantaire. Hyperesthésie.
Autopsie. — En outre de la tumeur, qui était limitée à la dure-mère et comprimait seulement la moelle, on trouva de la myelite par compression, et, au-dessus et au-dessous, d'assez nombreuses hémorragies.
Celles-ci étaient surtout abondantes dans la partie supérieure du troisième segment dorsal. À
Elles étaient presque toutes localisées dans la région centrale, au niveau de la tête descornes postérieures et du sommet des cordons postérieurs. Quelques autres, moins importantes, étaient disséminées dans le reste de la substance grise, et dans la substance blanche avoisinante.
Angiosarcome de la moelle. Hémorragies nombreuses avec formations cavilaires
(Ein Fall von centralem Angiosarkom der Rückenmarks.)
GLASER. Archi f. Psychiatrie, 1885, Bd XVI, p. 87.
Femme, quarante-deux ans. Pendant une grossesse, douleurs lancinantes dans les membres inférieurs. Paraparésie après l’accouchement. Troubles de coordination, démarche ataxospasmodique. Troubles de la sensibilité et des sphincters. Troubles psychiques. Durée totale de la maladie : deux ans.
Autopsie. — Angiosarcome central de toute la moelle, avec nombreuses hémorragies disséminées. En quelques points: transformation des foyers hémorragiques en cavités.
OBSERVATION 119 Syringomyélie. Hémorragie.
(A case of gliomatosis of the spinal cord (and syringomyelia) with recurrent hemorrhages.)
CH. Dava. The Journal of Nervous and Mental Diseases, 1894, ne 9: p. 966.
Homme. Syphilis récente. Douleurs dans les jambes, puis paraplégie assez brusque et complete, améliorée dans la suite,
Anesthésie à droite, remontant jusqu’à la douzième dorsale. Douleurs persistantes. Grosse exagération des réflexes.
Autopsie. — Élargissement fusiforme de la moelle, au niveau de la onzième dorsale. La section à cet endroit met en évidence un vaste foyer hémorragique. A l’examen histologique on constate que le gonflement de la moelle est dû à la substitution, à la plus grande partie du tissu méduallaire, de l’infiltration gliomateuse. Celle-ci est infiltrée de points et de cavités hémorragiques. Il existe de la dégénération secondaire, ascendante et descendante; selon la systématisation ordinaire des faisceaux blancs.
OBSERVATION 120 Myxome hémorragique.
(Ün cas de compression de la moelle par une tumeur.)
RYBALKYNE et BirouLia. Soc. de Psychiatrie de Saint-Pétersbourg, 15 avril 1895, et Revue Neurologique, 1895, p. 361.
Il s’agit d’un homme de quarante ans, atteint brusquement un jour par de vives douleurs dans les membres inférieurs. Il tomba, et ne put se relever, la jambe gauche était completement paralysée. Abolition du réflexe rotulien, conservation de la sensibilité. Plusieurs mois après, amélioration progressive, aboutissant à une guérison presque complète, puis, un an après cette amélioration, mort d’un cancer de l’estomac,
Autopsie. — Néoformation de cinq centimètres de long et de deux de large, au-dessus du renflement lombaire, entourant et comprimant la moitié gauche de la région dorsale inférieure de la moelle. Cette tumeur est histologiquement un myxome, développé aux dépens de l’arachnoïde. Il est très vasculaire.
Les auteurs supposent que le début brusque de l'affection
s'explique par une hémorragie médullaire au voisinage de la tumeur en voie-de développement,
OBSERVATIONS 191 et 122 Hémorragies dues à des tumeurs médullaires.
(Ueber acute Hæhlenbildung im Rückenmark.)
Kæppex. Berliner Gesellschaft f. Psychiatrie und Nervenkrankheiten, 11 juillet 1892.
Deux observations avec autopsies
Cas I. — Paralysie atrophique des deux membres inférieurs. Thermoanesthésie et analgésie ; troubles vésicaux.
Autopsie. — Sarcomatose comprenant le plexus sacré des deux côtés, et en partie aussi le plexus lombaire. De plus, dans la moelle cervicale, cavité sans communication avec le canal central, et sans paroi propre.
Dans la substance grise avoisinante, du même côte et du côté opposé, on trouvait de nombreuses hémorragies. D'autres, plus petites, existaient en différentes places, accompagnées d'infiltration plus ou moins diffuse de globules rouges dans le tissu. Aucune trace de réaction inflammatoire quelconque. Le reste de la moelle était normal.
Cas IE. — Homme, Faiblesse et contracture dans les membres inférieurs, tremblement des mains, etc. À l’autopsie, moelle saine, sauf dans la partie supérieure du renflement cervical, En ce point, anomalie congénitale d'un côté de la substance grise (deux cornes antérieures) avec, dans la partie postérieure de chacune de ces cornes, une hémorragie assez importante, avec tendance à la transformation cavitaire. Pas de myélite.
‘L'auteur pense que l’hétérotopie congénitale à été, dans Île second cas, la cause de l’hématomyélie, She
OBSERVATION 123 Syringomyélie et hémorragies.
(Syringomyelia.) BERKLEY. Brain, 1889, p. 460.
Homme, vingt-huit ans. Syringomyélie classique. Sur les parois de la cavitéet dans la moelle, l'autopsie montre les traces d’une hématomyélie récente assez abondante, qui semble avoir été la cause de la mort, qui fut rapide.
OBSERVATION 124 Hématomuyélie chez un paralytique général.
Boucaarp et Loisox. Journal des sciences médicales de Lille, VAI, 1886.
Paralytique général, trente-neuf ans. Fut pris de convulsions violentes huit jours avant sa mort; puis de paralysie.
Autopsie. — Hémorragie dans le renflement lombaire, dans la corne antérieure droite. Légere infiltration en arriere.
Hématomyélie par décompression brusque.
(Primary hæmorrhage into the spinal cord.) Erus. The Lancet, 1891, 1, p. 1229.
Officier de marine anglais, vingt-huit ans, de santé parfaite. Descendu dans un scaphandre à 120 pieds de profondeur, y reste dix minutes, puis remonte rapidement, en une minute et demie. Faiblesse immédiate des membres inférieurs. Pas d’aggravation sensible pendant une heure, Au bout de ce temps, paralysié complète en quelques minutes. Paralvsie des sphincters.
OBSERYATIONS 349
Les jours suivants, marche ascendante de la paralysie. Mort le sixième jour.
Autopsie. — Hémorragie de la moelle dorsale (pas de détails dans l’observation).
OBSERVATION 126 Hématomyélie chez le cheval.
TrisBor. Thèse de Hayem, p. 227.
Cas d’un cheval saisi de paraplégie un jour d'hiver, en sortant de son écurie. Mort le lendemain.
Autopsie. — Congestion très accentuée du renflement lombaire. À ja coupe, cavité occupée par un volumineux caillot récent.
Renflements anévrysmatiques des capillaires en ce point, presentant une certaine analogie avec des anévrysmes miliaires.
OBSER VATION 127 Hématomyélie chez le chien.
(Ueber Hæmatomyelie beim Hunde.
H. ScazesiNcer. Wiener Medicinischer Klub. 29 novembre 1893, et
Arbeiten aus dem Institut f. Anat. und Physiol. des Nervensystems
(Obersteiner), 1894, Heft II, p. 28.
Chien de trois ans. A la suite d’un traumatisme tres léger, crises fréquentes de convulsions en hyperextension, hyperesthésie extrême de la peau, paralysies, rigidité vertébrale, hyperthermie, troubles vésicaux et rectaux.
Autopsie. -— Hématorachis tres étendu, avec pénétration par
places dans l’intérieur de la moelle, et hémorragie tubulaire consécutive dans la substance grise centrale.