OBSERVATIONS SANS AUTOPSIES
Hématomyélie du cône terminal.
F. Raymonn. Cliniques, tome I, p. 203.
(Leçon du 24 mai 1895).
Maçon, occupé à ramasser des fruits sous un arbre, lorsqu'il fut pris d'une douleur violente et subite, dans la région lombaire. Au bout de quelques instants, il perdit connaissance pendant quelques heures. Lorsqu'il revint à lui, il se mit à pousser des cris, tant ses souffrances étaient violentes.
Constipation et rétention d’urine, puis incontinence, Plus tard, intégrité de la motilité des membres inférieurs. Douleurs spontanées, en ceinture, persistant dix-huit mois après le début des accidents.
Anesthésie périanale et périnéo-génitale, avec participation de la face postérieure des cuisses. Insensibilité profonde. Érections conservées, mais sans aucune sensation pendant le coït; l'éjaculation même n'étant pas perçue.
Diagnostic : hématomyélie du cône terminal.
OBSERVATION 129 Hémalomyélie du cône terminal.
KF. Raymonn. Cliniques, tome IV, p. 346.
(Lecon du 6 mai 1898).
Homme de quarante-six ans. Chute én arrière de dix mètres de hauteur étant en état d'ivresse. Paraparésie immédiate. Douleurs violentes dans la région sacro-lombaire. Plaie superficielle. Constipation et rétention d'urine. Anesthésie de la partie postérieure des cuisses et des fesses. Puis incontinence persistante des sphincters, anesthésie à distribution classique, correspondant aux lésions du cône terminal ; troubles génitaux accentués.
Même diagnostic.
OBSERVATION 130 Compression hémorragique de la queue-de-cheval ou
hématomyélie du cône terminal.
F. Raymonp. Cliniques, tome IV, p. 367. (Lecon du 13 mai 1898).
Homme de quarante-trois ans. Atteint dans le dos, par la chute d’un gros madrier. En tombant, il heurte violemment le sacrum contre un autre madrier.
. Douleurs violentes. Anesthésie et paraparésie. Rétention Wd’urine et des matières.
Dans la suite, persistance de l’anesthésie (hypoesthésie plutôt, dans le territoire classique). Cette hypoesthésie est totale, également marquée pour les divers modes de sensibilité.
Diagnostic : Lésion radiculaire (compression hémorragique de la queue-de-cheval) probable ; hématomvyélie du cône terminal possible.
OBSERVATION 131 Hématomyélie du cône terminal.
(Klinischer Beitrag zur Lehre von der Innervation der Biase, des Mastdarmes und der Geschlechtsfunction beim Manne.)
BERNHARDT. Berliner klinische Wochenschrift, 1888, n° 32.
Chute sur le siège, d’un second étage; incontinence des matières fécales ; alternatives de rétention et d’incontinence d’urine, anesthésie péri-anale, périnéale, fessière, occupant également la partie postérieure de la cuisse et le fourreau de la verge. Rapports sexuels possibles, avec sensation voluptueuse conservée, mais éjaculation très tardive et très lente.
Diagnostic : Hématomyélie du cône terminal.
OBSERVATION 132 Hématomyélie du cône terminal.
(Ein bemerkenswerther Fall von traumatischer Blasen und Mastdarmlæhmung mit umschriebener Anaesthesie.)
A. HuBer. Wiener medicin. Wochensch. 1888, p. 1309.
Ferblantier, vingt-quatre ans, tombe d’une hauteur de cinq ou six mêtres assis sur le sol. Pas de perte de connaissance, mais aussitôt apres l’accident, douleurs violentes dans les régions lombaire, sacrée et coccygienne, ainsi que dans les jambes. Immédiatement aussi, défécation involontaire et rétention d’urine.
Impotence fonctionnelle totale des membres inférieurs, ayant duré trois à quatre semaines. A ce moment, il put se lever seul, puis marcher.
Dans la suite, persistance des phénomènes suivants : en arrière, anesthésie totale de chaque côté du pli interfessier, dans le territoire des nerfs coccygiens, et au-dessus de ce pli, dans celui des branches postérieures des nerfs sacrés. Diminution
notable de la sensibilité sur le reste de la région fessière des deux côtés, et légère hypoesthésie dans le domaine du petit sciatique, à la cuisse.
En avant, le pénis et le scrotum seuls sont anesthésies.
Peu à peu retour complet de la motilité normale aux jambes.
Incontinence rectale. Rétention d'urine.
Demi-érections fréquentes, insuffisantes, au dire du malade, pour pratiquer le coït. Deux ou trois fois en plusieurs semaines, pollutions sans sensations voluptueuses. Il ne s’agit pas d'éjaculation véritable, mais de flux de sperme par l’urethre.
OBSERVATIONS 133 et 134 Hématomyélies du cône terminal.
(Local anesthesia as a guide in the diagnosis of lesions of the lower spinal cord.) ALLEN SrTarr. The American Journal of the Medical Sciences. 1892, juillet, p. 15.
Cas I. — Accident. Paralysie des sphincters. Anesthésie limitée. Hémorragie de la moelle sacrée.
Traumatisme violent de la région lombaire ; paraplégie immédiate, fortes douleurs. Paralysie vésicale et rectale. Amélioration, puis guérison ultérieure des accidents moteurs. Persistance des troubles sphinctériens, avec analgésie et thermoanesthésie dans le territoire des branches postérieures des nerfs sacrés.
Diagnostic : hémorragie de la moelle sacrée,
Cas IT. — Hémorragic spontanée de la moelle sacrée. Paralysie des sphincters. Anesthésie limitée.
Femme de vingt-huit ans, de santé antérieure parfaite. Après une Journée de fatigue, est prise de violente douleur dans la région sacrée, avec rétention d'urine et des fèces. Pas de troubles de la motilité, mais anesthésie totale de la partie
supérieure de la face externe des grandes lèvres. Pas d’amélioration, dans la suite, et même, un an après, l'anesthésie
avait gagné les fesses et une partie de la face postérieure des cuisses.
Hémorragie du cône terminal.
(Ueber das Centrum ano-vesicale.)
RosenrHaL. Wiener med. Presse, XXIX, 1888, p. 670.
Femme de trente-six ans. À la suite de froid et de fatigues, difficulté d’uriner, sensations pénibles dans la région anogénitale. Quatre jours après, rétention d’urine (transformée un peu plus tard en incontinence) et constipation opinâtre. Anesthésie absolue de la région péri-ano-génitale.
Hématomyélie du cône terminal.
(Centrale Haematomyelie des Conus medullaris.)
Hicrer. Deutsche Zeitschrift [. Nervenheilkunde, Bd IX, p. 185, 12 novembre 1896.
Femme de vingt-huil ans, se précipite au cours d’un incendie du premier étage sur le sol. Chute entièrement sur le siège. Violentes douleurs spontanées et provoquées par la pression. Paraplégie complète, avec hyperesthésie des jambes, rapidement suivie d’anesthésie. Rétention compiète d'urine et des matières.
Quelques jours après, disparition progressive de la plupart des symptômes. [l ne reste bientôt plus aucune trace de la paraplégie, de l’anesthésie complète et généralisée des membres inférieurs, il ne persiste plus qu’une anesthésie dissociée (sensibilité tactile conservée) de la région fessière et périnéale,
de la partie postéro-supérieure de la cuisse (territoire du petit sciatique) et des muqueuses recto-vésico-génitale.
Transformation progressive de la rétention urinaire et fécale en incontinence. Pas de changements dans la suite.
OBSERVATION 137 Hématomyélie du cône terminal.
(Ein Beitrag zu den Erkrankungen des Conus medullaris und der Cauda equina.)
VeLper. Inaug. Dissert. Erlangen, 1897.
Homme ; trente-huit ans, tombe d'une hauteur de six à huit mètres sur les genoux. Douleur à la nuque et impossibilité de remuer les bras, les jambes et la tête. Quelques semaines après, amélioration de cet état. Douze semaines apres l'accident, le malade pouvait faire quelque pas avec des béquilles.
Plus tard encore, on constate les signes suivants : tête et bras normaux. Aux pieds, la paralysie est complète, à l’exception de quelques mouvements très limités de flexion sur le dos. Aucun mouvement des orteils. Atrophie musculaire assez marquée à la cuisse. Anesthésie totale des pieds, et anesthésie a la face externe des deux cuisses. Anesthésie anale, périnéale, scrotale et pénienne. Perte de l'érection et de l'orgasme vénérien.
Diagnostic porté : Hématomyélie probablement multiple (cervicale peut-être) mais en tout cas avec prédominance des lésions sur la moelle lombo-sacrée et le cône terminal.
OBSERVATION 138 Hématomyélie du cône terminal.
(Ein Fall von Hæmatomyelie des Conus medullaris, nebst differential-
diagnostischen Bemerkungen ueber Erkrankungen der Cauda equina und des Conus medullaris.)
A. Scie. Zeitschrift f. klin. Medicin, 1896, XXX, p. 87.
Il s’agit d'un homme de trente-trois ans, sans antécédents pathologiques, tombé de 7 mètres de haut sur un sol meuble,
Les pieds portèrent d’abord, puis le siège. A la suite de la chute tres légers troubles de motilité, disparus eu quelques semaines et consistant seulement en gène dans les mouvements de flexion du membre inférieur sur le tronc. Dés l'accident, rétention d'urine à peu près complète. Légère incontinence rectale, marquée surtout pour les matières liquides, mais nulle pour les fèces de consistance normale. Érections conservées.
Anesthésie complète des régions fessière et sacrée inférieure,
se prolongeant à la face postérieure de la cuisse dans tout le territoire du petit sciatique. Même anesthésie dans la moitié postérieure du scrotum et du périnée, moins nette dans la moitié antérieure de ces régions.
Le diagnostic de l’auteur est : hématomyélie du cône terminal, celui de lésions de la queue-de-cheval étant écarté à cause de l’absence de phénomènes douloureux quelconques.
Pas d'amélioration ultérieure notable, ce qui est encore en faveur de l’hématomyélie.
OBSERVATION 139 Hématomyélie du cône terminal.
(Zur Lehre von den Erkrankungen des untersten Rückenmarksabschnittes.)
E. BreGman. Neurol. Centralblatt (travail original), 1897, p. 887.
C’est un cas de lésion du cône terminal, survenue chez un homme de trente-deux ans, d'excellente santé, qui tomba d’un mur de quatre à cinq mètres de haut, assis sur le sol. Pas de perte de connaissance, mais aussitôt après l’accident, vives douleurs dans le bassin et dans les jambes. Paraplégie totale. Le blessé fut emporté à l'hôpital de Praga (Varsovie) où il demeura six semaines. Après la chute, rétention d'urine, remplacée le jour suivant par l’incontinence. Constipation opiniâtre pendant quinze jours, puis incontinence rectale.
La paralysie de la jambe gauche disparut en quelques jours ; à droite, les troubles moteurs persistèrent près de cinq semaines.
Dans les mois suivants les troubles des sphincters persistèrent ainsi que ceux de la sensibilité, observés dès le début, et qui étaient les suivants :
En arrière, anesthésie complète pour tous les modes de sensibilité, dans les région péri-anale et coccygienne. Anesthésie thermique et à la douleur dans le territoire du petit sciatique, des deux côtés.
En avant, thermo-anesthésie et analgésie dans la région moyenne de la cuisse droite. Rien à gauche.
L'anesthésie était presque complète pour les muqueuses vésicale et anale.
Quelquefois le malade avait conscience de la distension de la vessie, quelquefois non. |
Érection conservée. Ni coït, ni pollutions depuis l’accident. Pendant lesérections, émission involontaired’une petite quantité d’urine.
En raison surtout du caractère et de la localisation des troubles moteurs et sensitifs, l’auteur émit le diagnostic d’hématomyélie du cône terminal, avec lésion radiculaire concomitante des première et deuxième racines lombaires droites.
Hématomyélie du cône terminal. (Zur Casuistik der Erkrankungen des Conus terminalis.)
G. Kozsrer. Deutsche Zeitschrift f. Nervenheilkunde, 1898, Bd XII, p. 354.
Apprenti ébéniste, seize ans. Aucun antécédent. Un jour, après avoir travaillé à genoux pendant une heure et demie, penché en avant, il remarqua avec stupeur, en voulant se relever, que ses jambes lui refusaient presque le service. Aucune douleur, aucun malaise, aucune sensation subjective. Il éprouva les plus grandes difficultés à se mettre debout et à rentrer chez lui. Il mit plus d’une heure à faire un trajet qui lui prenait ordinairement moins de dix minutes,