‹ Étude sur les hématomyéliesChapitre 139 sur 150 · LE · texte numérisé non relu

LE

Arrivé chez lui il ne put ni uriner, ni aller à la selle. Un médecin ayant prescrit un lavement qui fut pris, l’incontinence des matières s’ensuivit aussitôt, et il en fut de même du côté de la vessie.

Amené à lhôpital, on constata, outre les phénomènes sphinctériens, une anesthésie plus ou moins marquée dans la région périnéo-scrotale, et en arrière, dans les territoires cutanés des uerfs coccygiens, des rameaux postérieurs des nerfs sacrés, et du petit sciatique à la cuisse.

Intégrité de la motilité et de la sensibilité dans le reste des membres inférieurs.

Anesthésie anale et rectale. Disparition des érections, qui étaient normales auparavant.

Amélioration progressive.

L'auteur établit le diagnostic entre les affections de la queuede-cheval et celles du cône terminal.

Il montre qu'il ne peut s'agir dans son cas que de cette dernière éventualité. Il se rattache à l'hypothèse d’une myélite aiguë, mais la soudaineté du début, Pabsence de tous phénomènes inflammatoires, l'amélioration lente et progressive rapprochent plutôt, à notre sens, cette observation de celle d’hématomyélie déja publiées.

Un cas d'hémorragie du cône terminal.

STROZEWSkI. Gazeta lekarska, 1898, n° 19 (en polonais). Analyse par Minor. Jahresbericht Neurol. und Psychiatrie, 1898, p. 686.

Femme ; cinquante ans. Paraplégie et anesthésie complète des membres inférieurs, survenues brusquement sans cause, un matin au réveil. Rétention d’urine. Incontinence rectale. Les jours suivants, amélioration des phénomènes moteurs. Persistance d’une anesthésie complète dans le territoire cutané correspondant au cône terminal et de la rétention d'urine.

OBSERVATION 142 Hématomyélie du cône terminal.

(Ueber einen Fall von traumalischer Erkrankung des Conus medullaris.)

Scazeip. Inaug. Dissert. Freiburg in Brisgau, 1898.

Homme; trente-huit ans, chute de 6 à 7 mètres de haut sur le dos. Perte de connaissance transitoire, paralysie complète de la jambe droite, et parésie très marquée de la gauche. Anesthésie des deux jambes. Rétention, puis incontinence d'urine. Anesthésie des muqueuses urinaire et rectale. Anesthésie superficielle des régions périnéale, anale et génitale. Disparition progressive à peu près compléte des accidents moteurs, sauf à la jambe droite (ancienne paralysie infantile de ce côté).

Diagnostic : Hématomyélie du cône terminal.

OBSERVATIONS 143 et 144 ÆHématomyélie du cône terminal.

(Zwei Fælle von Blutung ins Rückenmark.)

Kogrrer. Inaug. Dissert. Bonn, 1898.

1 - Chute en arriere de 1 mètre environ dans un escalier. Paralysie des deux jambes immédiate. Rétention d’urine transitoire. Les mois suivants, persistance de la paralysie dans les muscles des jambes, surtout les péroniers, Exagération des réflexes. Thermo-anesthésie.

Diagnostic: Hématomyélie du quatrième segment lombaire au troisième segment sacré.

IL. — Chute de 4 mètres de hauteur sur le siège et les reins. Douleurs. Paraplégie, rétention d'urine. Paralysie persistante des péroniers avec thermo-anesthésie.

Même diagnostic.

OBSERVATIONS 115 et 146 Hématomyélie du cône terminal.

(Ueber traumatische Erkrankungen des untersten Rückenmarksabschnittes.)

SCHLOMER. Inaug. Dissert. Kiel, 1898.

Deux cas d'hématomyélie du cône terminal.

1. — Homme; chute de 12 pieds de haut sur le siège. Paraplégie. Incontinence d'urine et des matières. Anesthésie à la douleur et à la température dans les limites classiques.

Impuissance persistante.

I. — Homme; vingt-cinq ans, chute de 5 mètres assis sur le sol dur. Mèmes phénomenes. Légere amélioration dans la suite.

OBSERVATIONS 147 et 148 Hématomyélies (la première, du cône terminal).

(Clinical lecture on a case of localised myelitis and a case of paralysis of all four limbs.)

Byrom BramweLzz. The British Medical Journal, 30 april and 7 may 1898.

[. — Homme de trente-neuf ans. Traumatisme léger. Parésie et atrophie de divers muscles des membres inférieurs. Troubles urinaires. Anesthésie du territoire cutané des nerfs sacrés ainsi que du pied et de la jambe, Eschares. Amélioration dans la suite.

Diagnostic : myélite chronique du cinquième segment lombaire et du cône terminal, sous la dépendance d’une hémorragie de la substance grise de ces parties.

IL. — Traumatisme. Paralysie complète du mouvementetde la sensibilité aux membres supérieurs, et paralysie motrice transitoire des membres inférieurs. Subluxation ou fracture de la

cinquième vertèbre cervicale. Dans la suite, persistance de parésie et d’atrophie dans quelques muscles des bras ( deltoïde, biceps, brachial antérieur, triceps, long supinateur. ) Tremblements fibrillaires — Jamais de troubles sphinctériens. Diagnostic : hémorragie légère de la substance grise.

OBSERVATION 149 Hématomyélie par effort.

(Zur Kenntniss der centralen Hæmatomyelie.) BreGmann. Deutsch. Zeitsch. f. Nervenheilk. Bd X, 1897.

Homme de trente ans, sans antécédents pathologiques, qui, en portant sur son dos de lourds fardeaux, fut pris brusquement de douleurs aiguës dans le dos et l'abdomen. En même temps, paralysie vésicale. Quelque temps après, parésie spasmodique de la jambe gauche, troubles incomplets de sensibilité au tronc à gauche. Colonne vertébrale intacte, un peu de sensibilité à la pression de la premiere vertèbre lombaire, Réflexe rotulien très exagéré à gauche, normal à droite. Clonus du pied à gauche; réflexe plantaire faible à gauche, nul à droite.

Ces phénomènes disparurent dans l’espace de deux ans, ne laissant qu’une certaine gêne de la miction et quelques troubles de sensibilité.

L'auteur pense qu'il s’agit d’une hématomyélie, localisable entre le huitième ou neuvième segment dorsal en haut et Île troisième ou quatrième segment lombaire en bas.

OBSERVATIONS 150, 151, 152 Hématomyélies par effort et traumatiques.

(Trois cas de traumatisme de la moelle avec intégrité du rachis.)

SorEL. Archives de médecine et de pharmacie militaires, 1886, p. 343.

Cas [. — Soldat de l'artillerie de marine, vingt-trois ans, faisait partie d’une équipe de six hommes, qui soulevaient

un canon, obligé à des efforts musculaires qui dépassent la mesure de ses forces. Tout à coup, le corps se couvre d’une sueur froide, il éprouve une vive douleur aux lombes, et s’affaisse. Pas de perte de connaissance.

Paraplégie complète avec perte de la sensibilité, douleurs irradiées en ceinture à la région lombaire, incontinence d’urine rétention de matières fécales. Aucune lésion du rachis.

Amélioration légère dans la suite. Mais la parésie et l’anesthésie persistent dans le membre inférieur droit, avec exagération du réflexe rotulien.

Impuissance persistante.

Cas II. — Soldat, vingt-cinq ans. Sans antécédents. Chute au gymnase, sur la nuque, d’une hauteur d’environ 1 mètre.

Paralysie complète (sensitive et motrice) des quatre membres. Pas de perte de connaissance. Paralysie des sphincters.

Amélioration progressive, mais incomplète. Aucune trace de lésion osseuse ou ligamenteuse quelconque.

Cas III. — Soldat, vingt-deux ans. Sans antécédents. Chute de 3 mètres de haut dans une rivière profonde de 60 centimètres. Perte de connaissance transitoire. Intégrité du rachis. Paralysie complète des quatre membres, avec anesthésie. Amélioration incomplète dans la suite.

Diagnostic : Hématomyélie.

OBSERVATION 153 Hématomyélie spontanée de la moelle cervicale. Syndrôme de Brown-Séquard.

(On a case of acute atrophy, etc.)

Ross. The Practitioner, 1882, p. 115.

Ouvrier, dix-neuf ans. Aucun antécédent. Un jour, à son travail, est pris brusquement de douleur vive entre les deux épaules ; quelques instants plus tard, paralysie du bras droit,

et parésie du bras gauche, Puis paralysie des membres inférieurs, quelques minutes plus tard, avec prédominance à droite. Cette paralysie était flasque. Paralysie des sphincters. Priapisme pendant plusieurs jours. Anesthésie de la moitié gauche du corps au-dessous de la deuxième côte; un peu d’hyperesthésie à droite, avec une zone d’anesthésie de la deuxième à la quatrième côte, ainsi que le long du bord cubital du bras droit.

Amélioration dans la suite. Cessation des troubles sphinctériens et de la paralysie. Il ne persiste quelques semaines plus tard qu’un certain état de parésie spasmodique, avec exagération des réflexes. Atrophie persistante de certains groupes musculaires au bras et à la main; à droite, main de prédicateur. Pupille et ouverture palpébrales plus larges à droite qu'à gauche.

Diagnostic : Hématomyélie de la moelle cervicale.

OBSERVATIONS 154, 155 et 156 Syndrôme de Brown-Séquard.

(Klinische Beitræge zur Kenntniss der Halbseitenlæsion des Rückenmarks und der Spinalapoplexie.) HorFrmMAnNN. Münchener medicin. Wochenschrift, 1887, p. 409.

Plusieurs observations, sans autopsie.

Cas 1. — Apprenti, seize ans. A la suite d’un effort violent (fardeau trop lourd porté sur le dos), est pris de douleurs dans les reins, puis, quatre heures après, douleur brusque et violente au niveau des dernières vertèbres dorsales. Chute instantanée, sans perte de connaissance, et syndrôme de Brown- Séquard. Jambe gauche paralysée. Jambe droite anesthésique. Mêmes phénomènes au tronc jusqu’au niveau des dernières côtes.

Amélioration dans la suite, sans guérison complète, | Diagnostic : Hémorragie médullaire,

Cas Il. — Traumatisme de moyenne importance (région cervicale. Syndrôme de Brown-Séquard incomplet et transitoire, avec participation des bras. {L’anesthésie n'était pas complete. Il n’y avait que l’analgésie et la thermo-anesthésie.)

Cas LIT. — A peu près comme le précédent. Avait été diagnostiqué syringomryélie,à cause de la dissociation de la sensibilité. Les antécédents (traumatisme), l’évolution (amélioration) ont fait porter par l’auteur le diagnostic d’hématomyélie.

OBSERVATIONS 157 et 158 Syndrômes de Brown-Séquard.

(Hæmatomyelia.)

Hocx. John's Hopkins Hospital Reports, vol. Il, n° 6.

Deux observations :

Cas EL — Choc dans le dos (planche tombant de huit à dix pieds). Pas d’accidents immédiats. Trois semaines plus tard, violente douleur entre les épaules, survenue subitement ; contracture de courte durée dans les bras. Quelques minutes plus tard, paralysie motrice et sensitive complète des bras et des jambes, ainsi que de la musculature du tronc et des sphincters.

Le lendemain, amélioration dans la jambe gauche, puis dans la jambe droite et le bras gauche. Persistance de parésie et d’atrophie à l’avani-bras droit.

Cas IT. — Chute d’un train en marche. Quelques contusions sans importance. Pas de paralysie pendant six jours, puis douleurs, un soir, du côté droit, et, après quelques heures de sommeil, hémiplégie droite complète. Persistance de la parésie de ce côté, avec thermo-anesthésie et analgésie du côté opposé. Pas de modifications de ce syndrôme de Brown-Séquard dans la suite.

OBSERVATION 139 Syndrôme de Brown-Séquard.

(Zwei Fælle von Rückenmarkserkrankung nach Influenza.)

Derermanx.Deutsche Zeitschrift f. Nervenheilkunde, 18914, I.

Le premier des cas rapportés par l’auteur peut être retenu.

Homme, vingt-cinq ans, sans aucun antécédent. Au cours d’une attaque d’influenza, il s'aperçoit soudain que son membre inférieur gauche est frappé de paralysie flasque complète. En même temps fourmillements et sensations de brûlure du côté droit.

Persistance des troubles moteurs, très atténues à la vérité. De plus, du côté droit, anesthésie au-dessous du sixième espace intercostal. Hémianesthésie droite du pénis.

Diagnostic : Syndrôme de Brown-Séquard par hémorragies capillaires d’origine grippale.

Syndrôme de Brown-Séquard.

(Ueber Hæ&matomyelie.)

Laznr. Berliner Gesellschaft f. Psychiatr. und Nervenkrankheiten, 11 mai 1896.

Laehr présente deux malades : le premier est un homme de vingt-huit ans, dont l’histoire est rapportée d’autre part (Charité-Annalen).

L'autre est un exemple de syndrôme de Brown-Séquard par hématomyélie probable. Il s'agit d’un homme de quarantequatre ans, doreur, atteint en mars de fourmillement et de douleur dans les jambes, sur lesquelles il plie. En quelques instants la paralysie des deux jambes s'installa, le mouvement persistant encore légèrement à gauche, tandis que les extrémités

étaient absolument flasques. On note l'abolition du réflexe rotulien, l’exagération des réflexes cutanés.

Les troubles de la sensibilité remontent jusqu’au quatrième espace intercostal ; du côté droit ils n’atteignent que la face antérieure de la partie supérieure de la cuisse. Ils affectent un type métamérique et varient chaque jour. Du côté gauche on note des troubles partiels de la sensibilité.

L'auteur suppose dans ce cas une hémorragie assez étendue dans la corne postérieure du côté droit.

OBSERV ATION 161 Hémianesthésie et hémiparaplégie croisées (syndrôme de

Brown-Séquard), suite de comimotion médullaire. REYNÈS. Gazette des Hôpitaux, 1895, p. 366.

Ouvrier; dix-sept ans. Dans une rixe, il reçoit trois coups de couteau sans aucune gravité (au bras), et est jeté violemment a terre sur le dos par ses agresseurs. Immédiatement, paralysie de la jambe gauche, qui l’empêche de se relever. Transporté à l’hôpital, on constate la paralysie du pied, de la jambe et de la cuisse gauches, et une anesthésie occupant tout le membre inférieur droit jusqu’au pli génito-crural, qu’elle dépassait même, atténuée pour se perdre au niveau de l’ombilic. Réflexes patellaires très faibles à gauche, normaux à droite. Dilatation pupillaire à gauche.

Guérison complète en huit jours. Diagnostic porté par l’auteur : : Commotion médullaire, réalisée probablement sous la forme anatomique d’une petite hématomyélie.

OBSERVATIONS 162 et 163 Syndrômes de Brown-Séquard.

(H&matomyelia from gunshot wounds of the spine.) H. Cusminc. The Amer. Journ. of the Medic. Sciences, 1898, p. 654.

I.— Jeune femme, vingt-sept ans, reçoit deux coupsderevolver d’un individu placé à sa droite, à quelques pas. L’une des

blessures est sans intérêt, L'autre balle était entrée du côté droit du cou, sur le bord antérieur du trapèze, au niveau du cartilage cricoïde. Elle s'était logée (examen radiographique ultérieur) dans le corps de la sixième vertebre cervicale.

Immédiatement, douleurs vives dans les bras, à la jambe droite et à un moindre degré à l'abdomen et à la jambe gauche. Hyperesthésie extrême au contact.

Hémiplégie droite, à l’exception du deltoïde, da biceps et du long supinateur. La flexion et l’abduction du bras, qui sont encore possibles, sont pénibles. Pour les membres du côté gauche, tous les mouvements sont conservés, mais provoquent une sensation de fatigue analogue à celle que la blessée éprouve en se servant des muscles non paralysés du côté droit.

Anesthésie totale en avant, suivant une zone transversale s'étendant de la troisième côte à la pointe des seins. En arrière, même anesthésie depuis le sommet des deux omoplates jusqu’à l’angle inférieur de l’omoplate à gauche, jusqu’à la partie supérieure de la région lombaire à droite. Même anesthésie au pouce, sur ses différentes faces, sur la moitié externe de l'index en avant et en arriére, et sur le petit doigt et le bord cubital du poignet en arrière.

Anesthésie à la douleur et thermique dans toute la partie gauche du corps, y compris les membres inférieurs , au-dessous des zones d’anesthésie totale, ainsi que le long du bord interne des deux bras. Hyperesthésie à droite, au-dessous des zones anesthésiées — comprenant le trone et la jambe -— ainsi qu’à la face externe du bras droit.

Vives douleurs spontanées dans les bras.

Réflexes rotuliens présents, le droit beaucoup plus faible que le gauche. Pas de réflexes cutanés. Température superficielle plus élevée à gauche qu’à droite.

Rétention d'urine, suivie d’incontinence dans les heures suivantes. Paralysie rectale, sphincter anal relâché, constipation.

Dès le troisième jour, diminution de l’hyperesthésie, surtout au bras droit, exagération du réflexe rotulien droit, diminution notable des douleurs spontanées.

Les jours suivants, amélioration rapide, sans complications, à l'exception d’une pneumonie éphémère de la base droite. Retour de la motilité dans le bras huit jours après le traumatisme, et dans le membre inférieur quelques jours plus tard, avec progrès plus lents dans ce membre qu’au bras.

Six mois plus tard, persistance d'une très légère parésie dans les muscles indiqués par Mann (1) comme conservant le plus longtemps leur impotence fonctionnelle dans les hémiplégies curables (fléchisseurs du pied, de la jambe, de la cuisse ; psoasillaque, couturier, tenseur du jascia lata, ete.).

En même temps, les troubles de la sensibilité évoluaient. L’hyperesthésie se limitait à la moitié droite du thorax, depuis le sein jusqu'a la ceinture, et à la partie interne du bras droit. Dans les mêmes régions, le froid était senti comme douleur. Légère anesthésie tactile et analgésie à gauche, depuis la troisième côte jusqu’au pied inclusivement. Zone très limitée d’hyperesthésie à la piqüre avec anesthésie tactile à la malléole externe gauche.

Atrophie musculaire légère du membre inférieur droit, ayant atteint son maximum vers le trentième jour apres lPaccident, près de trois semaines après le retour de la motilité.

L'auteur discute le diagnostic, hésitant entre l’hématomyélie et l’hématorachis. Il adopte la premiere hypothèse, se fondant sur l'absence de traumatisme direct du canal rachidien (la radiographie ayant montré la balle implantée dans le corps de la sixième vertebre cervicale, le trajet de la blessure n’atteignant pas le canal) et sur la précocité et l'étendue des phénomènes paralytiques. Il admet une subluxation légère de la vertèbre atteinte, produisant, d’une manière analogue aux cas de Thorburn, une commotion médullaire, et une hématomyélie.

Le cas précédent avait présenté, du moins pendant la période de réparation, un syndrôme de Brown-Séquard incomplet. Le

suivant en offre un exemple plus net encore

(1) Mann, Klinische und anatomische Beitræge zur Lehre von der spinalen Hemiplegie. Deutsch. Zeitsch, f. Nervenheilkunde, 1896. Bd. X. p. 1-66.

J. LÉPiNE 24,

IL. — Garçon de quatorze ans; reçoit une balle de revolver à cinq centimètres à droite de la septième apophyse épineuse dorsale. Monoplégie crurale gauche immédiate. Hyperesthésie du même côté. À la jambe et à la cuisse droites, dissociation syringomyélique de la sensibilité. Zone d’anesthésie totale sur le thorax, à gauche, un peu au-dessous de la blessure. Au-dessous, des deux côtés, sur une hauteur correspondant à la distance de lappendice xyphoïde à l’ombilie, hyperesthésie extrème, surtout aux excitations thermiques. Plus bas, on trouve à droite la thermo-analgésie, et à gauche l'hyperesthésie simple déjà signalées.

Évolution rapide vers la guérison. Apparition des premiers mouvements dans la jambe le cinquième jour apres le traumatisme. Trois semaines après, marche possible. Persistance seulement de parésie dans les muscles du groupe de Mann.

Même état des réflexes tendineux que dans le premier cas : . persistance pendant quarante-huit heures, avec intensité modérée, puis abolition complete pendant trois jours, suivie de réapparition, et d'augmentation rapidement progressive jusqu’à l’exagération. Réflexes plantaire et crémastérien abolis à gauche pendant les deux premières semaines. Grandes difficultés dans l’évacuation de la vessie et du rectum.

OBSERVATION 164 Syndrôme de Brown-Séquard.

(Ein Fall von halbseitiger Verletzung des Rückenmarks.)

ReiNaarbr. Deutsche Zeitschrift f. Chirurgie, Bd. XLVIT, p. 89, 1897.

Homme, trente-deux ans, trouvé sans connaissance, coup de poignard à la nuque, à un centimètre à gauche de Ja ligne médiane, juste au-dessus de la limite des cheveux.

Retour de la connaissance le lendemain. Paralysie flasque complète du bras et de la jambe gauches. Aucun trouble du sens : musculaire, non plus que des autres modes de sensibilité du côté paralysé.

OBSERYATIONS SA

Pas de paralysie à droite, mais anesthésie dissociée (analgésie et thermoanesthésie), à partir de la troisième côte et de l'épaule jusqu’en bas. Ouverture palpébrale plus étroite à gauche qu'à droite, pupille gauche beaucoup plus étroite que la droite.

Réflexe rotulien normal à droite. Pas de priapisme. Rétention durine post-traumatique (seulement dans les douze premières heures).

Amélioration progressive, disparitilion de la paralysie et des troubles de sensibilité. Persistance seulement d’atrophie dans quelques muscles de lépaule, exagération persistante du réflexe rotulien et clonus du pied.

Diagnostic de l’auteur: hématorachis; mais Minor, qui discute Pobservation (Jahresberiché über die Leistungen und Fortschritte aus dem Gebiete der Neurologie und der Psychiatrie, 1897, p. 687) considère le cas comme un exemple typique d’hématomyélie centrale, avec épanchement abondant dans la substance grise, et destruction définitive des noyaux d’origine de l’innervation des muscles frappés. Lésion transitoire du centre cilio-spinal et phénomènes accessoires de compression.

OBSER VATION 165 Hématomyélie dans la coqueluche.

(Ueber Rückenmarkserkrankungen bei Keuchhusten.)

Bernuarpr. Deutsch. med. Woch, 1896, n° 50.

Enfant, âgée de cinq ans, Sans antécédents. Au dixieme jour d’une coqueluche, dans un paroxysme violent de toux, apparition de contracture des membres inférieurs, suffisante pour empêcher la marche, et même la station debout. Pas de fièvre, pas d’atrophie musculaire.

Un mois après le début, est examinée par Pauteur, qui trouve une paraparésie spasmodique, avec de légers troubles de sensibilité et de faibles troubles vésicaux. Pas d’atrophie,. pas de modifications des réactions électriques. Amélioration dans les

mois suivants, récidive transitoire un an plus tard à la suite d’une parotidite.

L'auteur pense qu’il s’agit d'hémorragie médullaire, rendue probable par la notion des altérations vasculaires que l'on a rencontrées dans la coqueluche ( dégénérescence graisseuse des parois, dilatations anévrysmatiques, ete, ).

Il suppose une lésion limitée, en raison de l’amélioration consécutive. La rechute s'explique par la moindre résistance de l'organe à une infection ultérieure ( parotidite ).

OBSERV ATION 166 Hématomyélie dans la coqueluche.

(Un caso di paraplegia da pertusse.)

Luisapa. Settimana medica, 1899, n°3.

Enfant de cinq ans, prise de paraplégie cinq semaines apres le début de la coqueluche. La paralysie mit plusieurs heures à atteindre son maximum. Troubles sphinctériens peu accusés. Guérison complète en trois mois ; persistance d'une légère attitude vicieuse (équinisme) au pied droit.

OBSERVATION 167 Hématomyélie par effort.

(Hématomyélie centrale.)

PriByrkorr. Société de Neurologie et de Psychiatrie de Moscou, 22 novembre 1897. ;

Paysan, àgé de dix-huit ans, sans antécédents héréditaires ni personnels, fut brusquement frappé, âu mois de mai 4897, au moment où il déployait un très grand effort musculaire pour retenir son cheval emballé, d’une paralysie des deux membres supérieurs.

Quelques minutes plus tard, la paralysie gagna les muscles du tronc et la jambe droite; en même temps, parésie de la jambe

OBSERVATIONS 51e

gauche, rétention complète d'urine qui dura deux à trois jours, et constipation opiniâtre. Au bout de huit ou quinze jours, survint une amélioration lente et progressive, de sorte que, le 1° juillet, le malade était déja capable de bien marcher, de lever les bras et de plier les coudes.

Mais, déjà à cette époque, l'atrophie des petits muscles de la main était bien prononcée des deux côtés. Cette atrophie ne fit que progresser dans la suite.

A l'examen actuel (novembre 1897), on constate que les mouvements des doigts et des poignets sont faibles et limités des deux côtés; il existe une atrophie dégénérative des petits muscles de la main, des extenseurs et en partie même des fléchisseurs des avant-bras. Pas d'atrophie ni de parésie dans les muscles du tronc et des membres inférieurs.

En outre, on trouve une analgésie et une thermo-anesthésie complète à la moitié gauche de la poitrine et du dos, dans l’espace compris entre le bord inférieur de la cage thoracique, en bas,etla ligne qui passe par le mamelon et le bord supérieur de l’omoplate, en haut.

Dans toute la moitié gauche du corps, la sensibilité douloureuse et thermique est, du reste, très abaissée, de même que du côté droit du corps, à partir de la ligne mamillaire, et plus bas, (y compris la jambe), bien que dans un degré plus faible.

Une certaine diminution de la sensibilité à été constatée pendant un moment du côté cubital des deux mains, dans la région du nerf cutané moyen.

La pupille droite est plus large que la pupille gauche ; la réaction pour la lumière est normale, Les réflexes patellaires sont très exagérés. Phénomène du pied à gauche.

L'auteur admet une hémorragie de la substance grise de la moelle, ayant intéressé les cornes antérieures et postérieures d’une façon inégale des deux côtés. L'hématomyélie est localisée au niveau du huitieme segment cervical et du premier

dorsal.

(Archives de Neurol. 1898,

2° série, t. V, p. 166.)

OBSERVATION 168 Hématomyélie par effort.

(Un cas de monoplégie spinale de la jambe droite.)

J. We. Neurol Centr., (t. or.), 1898, p. 693.

Homme de trente-et-un ans, manœuvre. Malade de la clinique du professeur Mendel.

Alcoolique, rhumatisant et athéromateux.

Deux mois avant l'entrée, montait un escalier en portant un lourd fardeau, lorsqu'il sentit tout a coup une forte douleur dans le genou droit et la cheville droite. Il remarqua en même temps que la jambe droite était devenue tres faible, et qu'il était obligé de la trainer derrière lui, fléchissant sur le genou a chaque pas. |

Quelques jours plus tard, les douleurs disparurent, et ne se sont pas représentées depuis ; mais la paralysie de la jambe ne subit aucune modification.

A l'entrée, l'attention est surtout attirée par les troubles de la démarche. Le malade avance en inclinant le corps à gauche, la jambe droite, qui est en rotation externe complète, reste à peu pres inerte. Le malade ne peut s'en servir pour la station debout.

Au repos au lit, on remarque que le pied droit est tombant.

Varices aux deux jambes. Sudation à la face postérieure de la jambe droite. Pas de troubles trophiques.

Les mouvements provoqués du membre inférieur droit sont beaucoup plus étendus que normalement; mais les mouvements actifs sont presque nuls. La rotation du membre en masse est possible, mais l’adduction et l’abduction de la hanche sont extrèmement faibles. Aucun mouvement des muscles de la jambe (extenseurs ou fléchisseurs). Quelques mouvements légers d'extension et de flexion dans les cinq orteils.

Aucun trouble des divers modes de sensibilité, Abolition des

réflexes rotuliens, du tendon d'Achille et plantaire du côte droit.

Reflexes crémastérien et abdominal normaux.

Perte de l’excitabilité faradique et secousse paresseuse à l'excitation galvanique dans tous les muscles, à exception du couturier et du vaste interne.

Les courants faradiques les plus forts ne sont pas perçus.

Atrophie musculaire nette de la cuisse droite, qui, aux différentes hauteurs, a environ 2 centimètres de circonférence de moins que la jambe.

Depuis, dans les mois suivants, l’atrophie a augmenté, l’impotence fonctionnelle persistant sans modification.

Aucun trouble des sphincters ni de l'appareil génital.

Un an et demi après le début, apparition d’une arthropathie du genou droit. ;

Les circonstances du début, les signes présentés par le malade et l'artério-sclérose ancienne font porter par l'auteur le diagnostic d’héematomyélie, localisée entre le troisième segment lombaire et le troisieme segment sacré.

E fjort violent. Hématomyélie.

(Clinical lecture on spinal hemorrhage.)

Fox. Medical. Times, 1876, 26 août.

Homme de trente-quatre ans, très robuste, Sans antécédents, portant un fardeau très lourd, ressent brusquement une violente douleur dans les reins. Paralysie immédiate de la jambe gauche; incontinence d'urine et des matieres. Atrophie ultérieure de la jambe paralysée. Anesthésie.

Eschare sacrée qui guérit. Persistance d’une parésie Spasmo-

dique.

OBSERVATION 170 Hématomyélie spontanée.

(Hématomyvélie et paraplégie subites.)

Brissaun. Lecons sur les maladies nerveuses, 1, p. 159,

(Leçon du 15 juin 1894.)

Homme de trente-six ans, alcoolique, pris brusquement de paralysie des membres inférieurs pendant une nuit (voir Îles détails dans la partie clinique de ce travail).

Engourdissement progressif des membres inférieurs. Anesthésie et incontinence d'urine, puis amélioration ; démarche spasmodique persistante, ainsi que l’incontinence. Dissociation syringomyélique de la sensibilité.

Diagnostic. Hématomyélie spontanée.

OBSERVATION 171 . ÆHématomyélie spontanée.

(Eigenartiger Fall von Hæmatomyelie — Hæmatomyelia anterior.)

Mourawiere. Neurologisches Centralblatt, 1900, p.50 (travail original.)

Malade présenté le 30 avril 1899 à la Société des Neurologistes et des Aliénistes de Moscou. (Newrol. Centralbl. 1899. p. 1007).

Trente-neuf ans. Cocher. Pas de syphilis. Alcoolisme depuis vingt-quatre ans. Il y a quinze ans, chute, après laquelle il resta sans connaissance une demi-heure. Dans la suite, faiblesse générale extrême, qui disparut spontanément au bout d’un mois.

Début de la maladie actuelle en décembre 1896. En pleine santé, le malade vit apparaître un matin une paralysie rapidement croissante des membres supérieurs. Aucun vertige, aucun phénomene du côté des membres inférieurs à ce moment.

À l'examen, paralysie complète des extenseurs de la main et

OBSERVATIONS Sy

des doigts des deux côtés, parésie notable des petits muscles de la main, surtout à droite ; parésie tres légere des muscles des avant-bras ; paralysie des adducteurs de l'épaule gauche. Atrophie, réaction de dégénérescence dans les muscles atteints.

Légere atteinte de la sensibilité à la douleur et thermique aux mains. Exagération des réflexes tendineux aux membres supérieurs.

Diagnostic. — Hématomyélie tubulaire du cinquième segment cervical jusqu'au premier dorsal inclus, intéressant principalement les groupes cellulaires antérieur et interne des cornes antérieures. Intégrité probable presque absolue des cornes postérieures, en raison du peu de troubles de sensibilité.

L'auteur propose le terme nouveau d’hématomyélie ante- ‘ rieure, à opposer à la poliomvélite antérieure,

OBSERVATIONS i72 et 173 Hématomyèlies spontanées.

(Zur Kenntniss der primæren Rückenmarksblutung. Hæmatomyelie.) v. KrAFrt-EBING. Abeiten aus dem Gesammtgebiet der Psychiatrie und Neuropathologie, Leipzig, 1897.

Deux observations :

Cas I. — Paralysie subite, flasque du membre inférieur gauche avec troubles vésicaux et rectaux. Atrophie musculaire.

Analgésie et thermo-anesthésie.

Cas IT. — Paralysie flasque subite, sans cause, de Ia jambe gauche, Rétention d'urine. Guérison spontanée très rapide.

OBSERVATION 174 Un cas d'hématomyélie spontanée.

MariNesco et Van per Srricar. Annales de la Société de Médecine de Gand, 1894, p. 92, et Revue Neurologique, 1894, 327.

Homme atteint depuis 1890, à la suite d'efforts pour soulever des poids, d’une paraplégie avec troubles des réservoirs, à

recouvre certains mouvements, apres dix mois de traitement. La marche est restée difficile. Obligé, pour cette raison, d’abandonner son métier de tisserand, il devint cordonnier.

A ce moment, l’état est le suivant :

La sensibilité tactile et le sens musculaire sont intacts. Analgésie des membres inférieurs jusqu'a deux centimetres audessus de l’ombilic. Sensibilité thermique abolie avec mème topographie que l’analgésie. Réflexe rotulien gauche tres exagéré. Clonus du même pied et trépidation épileptoïde. À droite, le réflexe est normal.

Couché dans son lit, le malade exécute tous les mouvements qu’on lui ordonne. La marche est difficile. De temps en temps incontinence urinaire. Le sphincter est sain.

La face plantaire de l’orteil droit présente un mal perforant et des excoriations superficielles se montrent à la face dorsale du même pied.

A la partie antérieure de la cuisse droite existe une tuméfaction. L’incision et l'examen des parties intéressées démontrent une dégénérescence des muscles et une ostéo-périostite hypertrophique. Le malade, forcé par son métier de cordonnier àa soumettre sa cuisse à des traumatismes répétés qui ne réveillaient pas la douleur, provoquait des troubles de nutrition quiétaient déja sous la dépendance de la lésion nerveuse centrale.

L'analyse histologique de l'os diaphysaire démontre un travail inflammatoire intense, accompagné d’une néo-formation de tissu osseux périostique et de tissu osseux cndochondral, à un endroit où il n'existe normalement aucune trace de cartilage.

Les auteurs rapprochent cette observation de celles que Minor a décrites sous le nom d’hématomyélie centrale.

OBSERVATION 175 Hématomyélie spontanée,

(A case of spinal haemorrhage) SLEMAN The Lancet. 1891 t. I, p. 426

Homme, vingt-huit ans, sans antécédents. Pris sans cause, brusquement, de rétention d'urine et de fourmillements dans

sc

les jambes. La nuit suivante, paraplégie complete. Pas de réflexes tendineux ni cutanés. Paralysie complète des sphincters. Anesthésie des membres inférieurs. Dans la suite, légère amélioration du côté des sphincters, et de la motilité de la jambe gauche. Persistance de l’anesthésie, Transformation de la paralysie en paralysie spasmodique. Atrophie des muscles atteints. Inefficacité absolue du traitement anti-syphilitique.

OBSERVATION 176 et 177 Hématomyelie spontanée.

(Zur Kenntniss der primæren Rückenmarksblutung. H&matomyelie.) v. KRarrT-EBiNG. Wiener klinische Wochenschrift, 1889, n° 49.

Deux observations sans autopsie.

Cas I. — Journalier, seize ans. Sans cause, subitement, fourmillements et douleurs violentes dans la jambe gauche. Un quart d’heure plus tard, cessation de la douleur, mais paralysie du même membre. Incontinence d’urine et des matières, $

Persistance de légère parésie spasmodique avec atrophie dans la suite.

Cas IT. — Femme, vingt-huit ans. À la suite d’un effort violent, douleurs dans le membre inférieur gauche. Anesthésie et paresthésies multiples. Parésie notable et troubles urinaires.

Guérison complète quelques mois après.

Dans les deux cas, le diagnostic porté a été celui d’hémato-

myélie.

Hématomyélie spontanée.

Boppe. Thèse de Paris, 1881.

Vétérinaire militaire, vingt-sept ans, sans antécédents, Une après-midi de juillet 1876, fait en Algérie une course à cheval

de soixante-quinze kilomètres par une chaleur de 40° à l'ombre et un soleil tres ardent. Le soir, paralysie subite au moment même où il veut descendre de cheval. Paralysie flasque limitée au membre inférieur droit, avec anesthésie du membre inférieur gauche. Rétention d’urine. Incontinence fécale. Plus tard, incontinence d'urine. Pas de fièvre. Impuissance.

Amélioration dans la suite. Transformation de la paralysie en paralysie spasmodique. Atrophie musculaire. Clonus du pied. Guérison incomplète.

OBSERVATION 179 Hématomyélie spontanée.

(Erzésbeli zavarok syringomyelias eloxtodasa spinalis apoplexianal.) (Sur la dissociation syringomyélique de la sensibilité dans l’apoplexie spinale.)

J. Keresziszecay. Magyar Orvosi Archivum, 1894. (Neurol. Centralbl., 1895, p. 78.

Médecin, trente-deux ans, sans antécédents pathologiques. Fut pris brusquement, pendant la nuit, de rachialgie violente, qui le réveilla. Pensant que les douleurs tenaient à une mauvaise position jrise pendant le sommeil, il se leva et fit quelques pas dans sa chambre. Il remarqua alors que sa jambe gauche s’affaiblissait. Il se remit au lit, et trois quarts d’heure plus tard, les deux membres inférieurs étaient complètement paralysés. En même temps, apparaissaient des troubles de la miction et de la défécation. L'entourage effrayé mit des cruches d’eau chaude sous les pieds du malade mais il n’eut aucune sensation thermique, bien que les applications eussent entrainé, comme on le vit plus tard, de véritables brûlures, suivies de phlyctènes volumineuses aux plantes. La partie supérieure du corp$ était absolument saine, mais la paraplégie persista, flasque, avec abolition des réflexes. La sénsibilité tactile et musculaire était conservée, mais, depuis l’ombilic, l’anesthésie

était totale pour la température et pour la douleur. Paralysie vésicale, L’urine devait être évacuée par cathétérisme. Cette opération provoquait souvent une érection. Selles seulement par lavement, mais le malade avait conservé la sensation de l’expulsion des matières et de l’urine.

Dans la suite, peu de changements. Régression légère de la paralysie vésicale et de la paraplégie. Exagération des réflexes rotuliens. \

Le diagnostic porté, en l'absence de tout symptôme de invyélite et en raison de la dissociation syringomyélique de la sensi-

bilité, est celui d’apoplexie de la substance grise de la moelle.

Hématomyélie spontanée.

(Ein Fall von Spinalapoplexie.) GæœBeL. Münchener med. Woch. 1895, ne #1.

Homme de soixante et un ans, bien portant. Alcoolisme ancien, mais pas de syphilis. Artériosclérose notable. Étant occupé à casser de la glace, il fut pris brusquement de vertige, en même temps que les membres inférieurs devenaient insensibles. Douleurs abdominales. Paraparésie persistante, avec atrophie musculaire. Réflexe rotulien nul des deux côtés, le crémastérien et le plantaire sont exagérés.

Diagnostic : Hématomyvélie.

OBSERVATION 181 Hématomyélie centrale.

(Zur Frage von der centralen Haematomyelie.)

VersiLorr. Société de Neurologie et de Psychiatrie de Moscou, séance du 21 avril 1895.

L'auteur cite trois observations. Les trois malades en question n'ont pas d'antécédents nerveux, la paralysie des extrémités est

survenue sans troubles cérébraux ; au bout d’un temps relativement. court, la paralysie rétrocède; on constate alors une atrophie musculaire localisée dans certaines régions des membres frappés, et des troubles diffas de la sensibilité; dans un cas les troubles sensitifs font défaut. La paralysie motrice se dissipa par la suite; l’atrophie, sans s'étendre davantage, s'accentua, elle, sur les groupes musculaires primitivement atteints. La région anesthésique s'étant limitée devint fixe. L'étiologie est incertaine dans ces trois cas. On à noté des abus alcooliques et du surmenage musculaire; la cause occasionnelle est restée ignorée. Pour.ce qui est de la localisation, l’effusion sanguine occuperait une petite région et ne mériterait pas la dénomination d’ « hémorragie tubulaire ».

Un de ces malades à été décrit par Minor qui, a ce propos, a établi des rapports entre l'hématomyélie et le gliome médullaire, Pauteur ne partage pas cet avis, car depuis sept ans, la maladie n'a pas progressé el le malade ne présente aucun signe

de gliome,

Hématlomyélie spontanée.

(Hæmatomyelia and acute myelitis.)

J, Cozuws. N.-Y. Med. Record, 27 mai 1893, p. 648.

Plusieurs observations sans autopsies, entre autre les suivantes : i

I. — Homme; quarante-sept ans. Pas de syphilis. Alcoolisme notable, Etant au travail, soudain, sans aucun prodrome, est pris de paralysie des quatre membres. Violentes douleurs entre les omoplates. Une heure plus tard, avec beaucoup de peine, et étant soutenu, le malade peut rentrer chez lui. Reste alité quatre semaines, la paraplégie n’était pas complète.

IL persiste: légère parésie spasmodique dans les quatre membres. Pas de paralysie véritable. Diminution de la sensi-

bilté. Paresthésies. Troubles vaso-moteurs aux mains et aux pieds. Troubles sphinctériens légers. Exagération des réflexes rotuliens. Diagnostic : Hématomyélie.

IT. — Homme; quarante-trois ans, sans antécédents. Veilleur de nuit, s'endort un soir à son poste. Quand il se réveille, ne peut plus se lever. Douleurs légères dans les extrémités inférieures.

A la suite, paraparésie, légers troubles de sensibilité. Exagération des réflexes rotuliens. Pas de troubles des sphincters.

Le diagnostic d’hématomyélie aurait été fait purement et simplement comme pour le cas précédent, si lon n'avait appris que depuis un mois environ, le malade avait de la faiblesse et de lhésitation dans sa démarche. D'où l’hypothese d’une myélite primitive, avec accidents hémorragiques secondaires ayant produit la paraplégie brusque.

Hématomyélie par dystocie.

(Un cas d’'hématomyélie présumée du renflement cervical.)

K. Raymonp. Cliniques, tome Il, p. 457.

Enfant de six ans. Affection congénitale (accouchement long et tres laborieux; présentation du siege. On a dû exercer des tractions vigoureuses sur le corps de Penfant). Né en état de mort apparente. Quand il à été ranimé, on a vu qu'il était paralysé des membres supérieurs. Persistance de la paralysie. Arrêt de développement des bras et atrophie musculaire, Pseudo-hypertrophie assez notable. Troubles vaso-moteurs très prononcés. Absence complète de troubles de la sensibilité. Manifestations spasmodiques aux membres inférieurs. Absence complète de troubles cérébraux.

Diagnostie : Hématomyélie du renflement cervical.

OBSER VATION 184 Hématomyélie par dystocie.

(Sur un cas de rigidité spasmodique des membres inférieurs.) K. Ravmonn. Cliniques, tome IT, p. 440.

Fille de dix-neuf ans. Née à huit mois, venue au monde en état d’asphyxie. Convulsions violentes dès l’âge de deux mois. Fréquence extrême de ces convulsions dans la première enfance. Rigidité extrême des membres inférieurs. Plus tard, alternatives d'amélioration et d’aggravalion, puis arrêt de Paffection.

On constate alors :

Un état spasmodique, limité aux membres inférieurs, caractérisé par une grande rigidité musculaire, avec légère parésie des muscles fléchisseurs de la jambe sur la cuisse et des muscles moteurs des pieds; pas d’atrophie musculaire. Trépidation spinale quand les pieds touchent le sol.

Troubles de la sensibilité, occupant une grande partie des membres inférieurs et la partie inférieure de la paroi abdominale. Cette anesthésie est dissociée, mais non à la maniere dite syringomyélique ; la sensibilité à la douleur est conservée; la sensibilité aux impressions thermiques l’est en partie; tandis que la sensibilité tactile est abolie.

Incontinence relative d’urine et des matières, liée à une constipation opiniâtre.

Diagnostic. — Maladie de Little, due à une hématomyélie probable.

OBSERVATION 185 Hématomyélie du cône terminal.

(Klinischer Beitrag zur Diagnose des Affectionen des Conus medullaris.)

LaBiN. Wiener klinische Wochenschrift, 1898, p. 232.

Homme, cinquante-cinq ans, sans antécédents. Chute de voiture. Paralysie complète des quatre membres, Rétention des

Sphincters, Dans la suite, amélioration, et persistance des phénoménessuivants : Parésie spasmodique des quatremembres. Thermo-anesthésie et analgésie dans la région périnéo-génitoanale, avec extension aux membres inférieurs, où elles sont Surtout marquées aux pieds. Abolition des réflexes plantaires. Diagnostic : Hémorragies médullaires multiples : dans la moelle cervicale, légères, ayant laissé la parésie spasmodique des membres ; plus graves dans le cône médullaire et la région lombo-sacrée, ayant laissé les troubles de la sensibilité.

Hématomyélie du cône terminal par redressement brusque d’une luxation congénitale de la hanche.

(Angeborene Hüftgelenksluxation mit Haematomyelie des Conus medullaris.)

SCHLESINGER. Wiener medicin. Klub, 16 novembre 1898.

Enfant de onze ans, traitée d’une luxation congénitale de la banche par le redressement (méthode Lorenz). Aussitôt après l'opération, vives douleurs dans les membres inférieurs, paralysie des muscles de la jambe des deux côtés, incontinence d'urine; anesthésie génitale et anale complète; au périnée, thermo-anesthésie simple. Les mois suivants, peu d’amélioration, sauf du côté des troubles urinaires. Diagnostic : Hématomyélie centrale du cône terminal avec lésions concomitantes de la queue-de-cheval.

OBSERVATIONS 187, 188 et 189

Hématomyélies traumatiques.

(Klinische Beobachtungen über centrale Haematomyelie.) Minor. Arch. f. Psychiatrie, 1896, Bd XXVIII, p. 256.

Cas L. — Homme, trente ans, fait une chute de 2 mètres de hauteur, d’une voiture qu’il était en train de décharger, sur le

sol. Pas delésion osseuse. Perte de connaissance ayant duré une demi-heure; puis paralysie (constatée dès le retour de la conscience) du splénius, du deltoïde et du grand dentelé à droite, et des muscles des membres supérieurs des deux côtés; c’est-àdire lésion allant des quatrième et cinquième racines cervicales à la première dorsale; seules les cornes antérieures paraissent atteintes à ce niveau.

Mais au tronc et aux membres inférieurs il y a perte de la sensibilité à la douleuret à la température, avec simple parésie. Le malade guérit, sauf une atrophie des muscles courts de la main et un certain degré de parésie des membres inférieurs, : accompagnée d’exagération des réflexes rotuliens.

Le caractère apoplectiforme du début des accidents paralytiques, à la suite d’un traumatisme, et la thermo-anesthésie justifient dans la pensée de l’auteur le diagnostic d’hématomyélie centrale.

Cas I. — Homme, vingt ans, tailleur de pierres. Étant en état d'ivresse, tombe d’une hauteur de 2 metres 1/2. Reste sans connaissance un temps indéterminé. Revenu à lui, éprouve une douleur violente dans le cou et est incapable de se relever. On constate alors une hémiplégie gauche (face respectée) et de la parésie du bras droit. Respiration diaphragmatique. Réflexe rotulien nul à gauche, faible à droite. Pas de réflexe abdominal ni crémastérien à gauche. Priapisme transitoire. Sensibilité tactile intacte partout, sensibilité douloureuse et thermique abolie à droite. Alternances rythmiques du pouls pendant quelques jours. Pupilles étroites. Quand le malade sortit, trois mois après, le réflexe rotulien avait reparu, même exagéré, à gauche; les anesthésies rétrocédaient, la thermo-anesthésie moins vite que l’analgésie.

Le bras gauche, quoique bien plus parésié que le droit, présentait la même diminution quantitative de la contractilité électrique. Les interosseux droits étaient en voie d’atrophie,

Le diagnostic de la cause de ce syndrôme de Brown-Séquard

fut hématomyélie au niveau des sixième, septième et huitième cervicales et première dorsale.

Cas IT. — Journalier, vingt-huit ans, syphilis douteuse, mais alcoolisme très marqué. Pas d'accident. Il s’était couché un soir en parfaite santé, après avoir, durant la journée, accompli sans fatigue son travail accoutumé.

Dans la nuit, il veut se lever pour aller à la selle — et constate qu'il lui est impossible de remuer. Les membres inférieurs pouvaient encore accomplir dans le lit de très légers mouvements, mais les bras étaient complètement paralysés. On le transporte le lendemain matin à l'hôpital — à ce moment les jambes étaient complètement paralysées.

Le visage était pâle, mais du côté droit du front, existait une sudation abondante. Pupilles égales ; fente palpébrale plus étroite à gauche.

Paraplégie flasque complète. Paralysie complète également dans les membres supérieurs, légèrement améliorée les jours suivants.

Rétention d’urine ; constipation.

Réflexe rotulien nul à gauche, à peine perceptible à droite.

Sensibilité tactile intacte sur tout le corps, nulle part d'hyperesthésie ou de douleurs spontanées. Dans les deux bras, depuis les doigts jusqu’aux épaules, analgésie et thermoanesthésie profondes.

Sensibilité normale au tronc et aux jambes. La limite de la dissociation de la sensibilité aux bras était régulièrement circulaire.

Vers le dixième jour, l'amélioration de la paraplégie s’accentua, et bientôt le malade put marcher.

Sept semaines après, l’anesthésie dissociée s’arêtait aux deux coudes ; également limitée par un trait circulaire (anesthésie en gant).

Atrophie persistante de la plupart des muscles du membre supérieur. Exagération des réflexes rotuliens.

Retour des sphincters au fonctionnement normal.

388 OBSERYATIONS

Diagnostic : Hématomyélie spontanée au niveau des sixième, septième et huitième segments cervicaux, avec participation de la premiere paire dorsale et du sympathique.

OBSERVATIONS 190, 191, 192 et 193 Hémalomyélies traumatiques.

(Centrale Haematomyelie.)

Minor. Arch f. Psychiatrie. Bd XXIV, p. 693.

Cas L — Homme de vingt-quatre ans. Reçoit sur le dos un sac pesant 460 kilogrammes environ, tombant d’un second étage. Chute et perte de connaissance immédiate. Paralysie des quatre membres, constatée au retour de la connaissance, avec prédominance à gauche des accidents paralytiques. Amélioration de la motilité dans la suite.

Aux mains, anesthésie en gant et hémianesthésie droite à partir du mamelon. Ces anesthésies sont dissociées (persistance de la sensibilité tactile).

Donc syndrôme de Brown-Séquard incomplet, avec analgésie

et thermo-anesthésie.

Cas IT. — Homme vingt-cinq ans. Chute dans un escalier. Ni dislocation, ni fracture de la colonne. Hémiplégie droite, hémi- : parésie gauche. Trois mois plus tard, disparition de la parésie. Persistance de l’hémiplégie droite, accompagnée de contracture. Sensibilité normale du côté paralysé, mais à gauche, analgésie et thermoanesthésie à partir de la deuxième côte.

Cas II. -— Dix-sept ans. Chute d’un troisième étage. Pas de lésions de la colonne vertébrale. Paralysie et anesthésie des quatre membres. Amélioration considérable dans la suite. Analgésie et thermoanesthésie depuis la région sous-mammaire à droite, ainsi que dans les deux tiers inférieurs du bras droit — et à gauche, depuis la moitié de la hauteur entre le mamelon et lPombilic.

Cas IV. — Enfant de douze ans. Chute. A la suite, hémiparésie gauche et diminution notable de la sensibilité à la douleur et thermique à droite.

OBSERVATIONS 194 et 195

Commotions médullaires.

(Contusion de la moelle épinière. Hémiplégie, anesthésie croisées.) E. Sourter. Gazette des Hôpitaux, 1881, p. 219.

Deux cas, tous deux sans autopsie.

I. — Cultivateur, trente ans. Étant debout sur une voiture, est projeté par terre, tombe sur la tête. Pas de perte de connaissance. Douleur légère dans les premières vertèbres cervicales. En même temps, aussitôt après l’accident, hémiplégie gauche avec hémianesthésie droite, accompagnée de dissociation syringomyélique de la sensibilité de ce côté. Les troubles moteurs et sensitifs laissaient le cou et la tête intacts.

Rétention d’urine, à laquelle fit place, quelque temps plus (ard, un certain degré d’incontinence. Constipation persistante.

État stationnaire dans la suite, amélioration insignifiante. |

Il, — Cultivateur, soixante ans. Tombe d’une échelle (de trois mètres de hauteur) sur la tête. Perte de connaissance pendant deux ou trois minutes. Douleur à la nuque. Pas de déplacement vertébral ni de lésion osseuse apparente. Hémiplégie droite, avec anesthésie droite accompagnée de dissociation syringomyélique de la sensibilité. A gauche, simple parésie, mais anesthésie dissociée de même qu’à droite.

Rétention d’urine. Constipation.

Mort le quatrième jour.

OBSERVATION 196 Hématomy élie par dystocre.

(A case of hemorhage, from rupture of the anterior spinal artery.)

FRAENkEL. The Journal of Nervous and Mental Diseases, 1898, p.266.

L'auteur a présenté à la New-York Neurological Society un enfant de deux ans et demi né à terme, par le siège, après un travail difficile. Paraplégie dès la naissance, absence des réflexes rotuliens, mais clonus du pied. Frænkel croit à une hématomyélie, par rupture d’une branche de l'artère spinale antérieure,

OBSERVATION 197 Traumatisme.

(Traumatic hæmatomyelia, | with reports of cases with and without autopsy.)

P. Baizey and Borron. The Journal of Nervous and Mental Diseases, 1898, p. 821.

Ce travail a été communiqué à la New-York Neurological Society, le 4 octobre 1898. Les auteurs déclarent que dans la majorité des cas d’hématomyélie traumatique, la destruction du tissu nerveux est assez étendue pour que l’hémorragie ne constitue guère qu’un accident d'importance secondaire,

Ils décrivent les différents symplômes observés dans leurs cas, qui ne s’écartent pas des descriptions classiques. Ils insistent sur la fréquence plus grande des lésions entre le cinquième segment cervical et le troisième dorsal.

Dans la discussion qui suivit, M. Sachs à émis l’opinion que beaucoup de cas considérés comme des hématomyélies trauma-

tiques pures, étaient en même temps accompagnés d’hématorachis. Il pense que le diagnostic entre ces deux sortes d'hémorragies est souvent impossible.

M. Frænkel à fait observer qu’en pareil cas, la présence ou l'absence des réflexes rotuliens acquérait une grande valeur diagnostique.

OBSERVATION 198 ÆHymatomyélie traumatique.

(Ein Fall von Hæmatomyelie.)

Benba. Deutsche med. Wochenschrift, 1896, p. 710.

Homme de quarante ans, maître de gymnastique, d’une santé robuste. Au cours d’un exercice de natation, un soir qu’il se trouvait déjà un peu fatigué pour avoir fait beaucoup de eymnastique dans la journée, il fit un mouvement brusque pour éviter l’eau qui entrait dans sa bouche, et rejeta violemment la tête en arrière. Aussitôt vive douleur dans le dos et les jambes, qui perdirent à l'instant la sensibilitéet le mouvement, On dut le retirer de l’eau et le reporter chez lui. Il put néanmoins monter, à grand'peine il est vrai, l'escalier de sa demeure. — Les jours suivants, faiblesse extrême des membres inférieurs, sans paralysie véritable. Rétention d’urine incomplète.

Quelques semaines après, démarche spasmodique, parésie persistante, analgésie et thermo-anesthésie de la jambe droite et du côte droit du tronc.

Plus tard, amélioration progressive, puis guérison.

Ce cas a soulevé une discussion sur son interprétation. Tandis que l’auteur, s'appuyant sur la dissociation syringomyélique de la sensibilité, en fait un cas d’hématomyélie, Schindler (Deutsch. med. Wochensch., 1896, p. 765), invoquant la précocité des phénomènes spasmodiques, penche pour le diagnostic d’hématorachis.

OBSERVATIONS 199, 200, 201, 202 et 203 (Ueber Nervenkrankheïiten nach Rückenverletzungen.)

Lagur. Charité-Annalen, XXII, 1897.

L'auteur a trouvé, sur huit cents observations recueillies de 1893 à 1896 à la clinique du professeur Jolly, vingt-neuf cas dans lesquels un traumatisme vertébral figure dans les antécédents.

Parmi ces cas, plusieurs rentrent d’une manière évidente dans le cadre de l’hématomyélie, soit directement, soit par les discussions qu’ils soulèvent.

1° Hématomyélies traumatiques pures, sans lésion vertébrale apparente, deux cas.

Observation V.— Homme vingt-huit ans. Tombe d’un arbre sur les pieds; dans la suite, douleurs persistantes à la partie supérieure de la colonne lombaire, paraplégie, paresthésie des deux membres inférieurs, incontinence incomplète de la vessie et du rectum.

Cinq mois après, persistance de l’analgésie, de la thermoanesthésie dans le territoire des nerfs sacrés des deux côtés. Perte des réflexes tendineux et cutanés. Persistance des troubles urinaires, rectaux et génitaux.

Un an après, même état.

Observation VI. — Trente-sept ans. Cocher. Est précipité un jour de sa voiture, qu'il conduisait assis de côté, les jambes pendantes, par l’échappement dela roue d’arrière du côté où il était. Tombe sur les pieds, puis sur les genoux, et ne peut se relever. Immédiatement, paraparésie intense des membres inférieurs, un peu améliorée dans la suite. Secousses musculaires et paresthésie, plus marquées à droite.

Trois mois après, légère inégalité pupillaire (la pupille droite plus étroite), tremblements fibrillaires dans les muscles des régions dorsale inférieure, lombaire et crurale. Secousses

brusques dans ces muscles. Démarche spasmodique ; le malade se fatigue rapidement. Tonus musculaire exagéré aux extrémités inférieures, clonus du genou et du pied. Troubles vaso-moteurs de la peau. Analgésie et thermo-hyperesthésie allant de la deuxième vertèbre dorsale jusqu’au territoire de la première racine sacrée, sans limitation nette,

Trois mois plus tard, dix mois après l'accident, disparition des secousses. Amélioration de l’état de la sensibilité.

2 Hématomyélies discutables. Les observations II et IV en offrent des exemples :

Observation IIT, — Ouvrier de dix-sept ans, tombe sur le dos, portant un lourd fardeau. Pendant le reste de la journée, faiblesse extrême des deux membres inférieurs, qui ne lui permet pas de rentrer chez lui sans aide. Le lendemain tout était rentré dans l’ordre, mais quatre ou cinq semaines après, apparition d’une paraplégie spasmodique. Plusieurs mois plus tard, secousses spontanées dans les muscles des membres inférieurs. Difficulté de la miction, incontinence fécale. Pas de douleurs, mais hypoesthésie légère sous tous les modes audessous de la cinquième côte, plus marquée dans la région supérieure du territoire anesthésié.

Persistance sans amélioration de la paralysie spasmodique des jambes, du tronc et de l’abdomen.

Exagération des réflexes. Cypho-scoliose des vertèbres dorsales supérieures, Hyperhydrose du territoire paralysé.

Observation IV. — Trente ans, instituteur.

A l’âge de neuf ans, il tombe dans un escalier. Quelques mois plus tard, faiblesse des jambes. Six mois après, incontinence d'urine et des matières. Reste un an au lit. Un an et demi aprés le traumatisme, apparition d’une cypho-scoliose.

État stationnaire depuis la vingt-deuxième année, consistant en anesthésie thermique et analgésie, faiblesse motrice, troubles des réactions électriques, diminution des réflexes et modifications vaso-motrices dans les territoires correspondant aux

racines sacrées de la cinquième à la première, la cinquième racine lombaire étant atteinte pour une partie égalemeut.

À l’occasion des deux cas précédents, l’auteur examine s'il s’agit soit d'hémorragies capillaires, insuffisantes pour produire au moment même de l'accident le syndrôme paralytique de l’hématomyélie, mais susceptibles d’être le point de départ de réactions ultérieures, inflammatoires ou dégénératives. Ou bien, deuxième hypothèse, si l’on est en présence de foyers primitifs de dégénérescence.

Il attire en outre l'attention sur ia gibbosité apparue, dans chacun de ces deux cas, assez longtemps après le traumatisme. Il ne saurait donc être question, comme il le fait tres justement remarquer, de lésions vertébrales conséquences directes de l’action traumatique, mais bien plutôt de ces spondylites posttraumatiques, décrites entre autres par Kümmel, Schanz, Heidenhain, etc.

3° Syringomyélies influencées par le traumatisme.

Le travail de Laehr renferme six cas (observations IX à XV) dans lesquels le traumatisme a été, de toute évidence, le point de départ du processus syringomyélique. Dans un autre (obs. XV) la syringomyélie avait déja débuté, mais le traumatisme lui a donné une violente impulsion. Toutes ces observations, malheureusement sans vérification anatomique, se prêtent à la discussion au sujet de l'existence d’une hémorragie médullaire à l’origine de certaines syringomyélies posttraumatiques.

OBSERVATION 204 Hématomyélie traumatique.

(Hématomyélie centrale tubulaire chez les enfants.)

Mourarorr. Revue Russe de Psychiatrie et de Neurologie, 1896, et Revue Neurologique, 1897, p. 363.

Observation clinique(sansautopsie)ayant trait à un garçon de huit ans, sans antécédents héréditaires, chez lequel, immédia-

tement après une chute sur le dos (sans perte de connaissance) s’est développée une paraplégie complète avec analgésie totale, ‘incontinence d'urine et des matières fécales.

Deux ans après l'accident, on constate une amélioration notable du côté des sphincters, une atrophie considérable des muscles des membres inférieurs, portant surtout sur les extenseurs, état spastique très prononcé des muscles affectés; contracture des jambes, pied en équinisme très intense, démarche paréto-spasmodique, exagération des réflexes) ; analgésie et thermo-anesthésie remontant au tronc jusqu’à la hauteur de la deuxième vertebre lombaire (en ligne circulaire); le tact est normal (donc dissociation de la sensibilité) ; troubles vaso-moteurs de la peau des membres inférieurs.

L'auteur diagnostique une hématomyélie centrale, localisée: dans la substance grise, notamment dans les cornes postérieures (d’où l’analgésie et la thermo-anesthésie) et les cornes antérieures (d’où l’atrophie musculaire); les cordons latéraux paraissent touchés (d’où les phénomènes spasmodiques); les cordons postérieurs sont sains (d’où intégrité du tact). Le principal foyer hémorragique doit se trouver au niveau de la région lombaire de la moelle, entre les deuxième et cinquième vertèbres lombaires. De là, plus haut et plus bas, l’hémorragie a été moins considérable, et la destruction de la substance nerveuse est partielle et incomplète.

GUSSENBAUER. Prager med. Wochenschrift, 1893, n°S 40 et #1.

Homme, trente ans, sans antécédents. Est précipité un jour d’un tramway en marche, et, heurté par un wagon, reçoit un coup violent dans le dos. Perte de connaissance très transitoire puis pendant une demi-heure, aucune manifestation pathologique, à l'exception de douleurs violentes dans la région lombaire,

A ce moment commencent des sensations paresthésiques dans les jambes, puis des troubles objectifs de la sensibilité dans la moitié gauche de l'abdomen, les hanches et le scrotum. A la suite, paralysie de la jambe gauche, parésie de la droite, exagération des réflexes rotuliens, rétention d'urine. Exagération de ces phénomènes le jour suivant. Le troisième jour, disparition des troubles de la sensibilité, et le quatrième, amélioration de la motilité.

Guérison complète quelques semaines plus tard.

L'auteur fait le diagnostic de lésion de la moelle au niveau de la onzième ou douzième dorsale, lésion consistant probablement en foyers hémorragiques.

Ces hémorragies, d’abord insignifiantes, peuvent avoir augmenté dans les heures qui ont suivi le traumatisme ; ce qui expliquerait l’aggravation du lendemain; avec leur résorption progressive est survenue la guérison complète.

OBSERVATION 206 Coup de feu de la colonne vertébrale.

(Contributo allo studio delle lesioni violente del midollo spinale.)

Ninni. Riforma Medica, 1897, n° 24.

Coup de feu de la colonne vertébrale. Syndrôme de Brown- Séquard. Du côté paralysé, arthropathie du genou. Du côté anesthésié, thermoanesthésie et analgésie, intégrité des sensibilités tactile et musculaire.

OBSERV ATION 207 Hématomyélie traumatique.

(Ueber einen Fall von traumatischer Hæmaiorrachis bezw. Hæmatomyelie )

Binswancer. Medicinische-naturwissenchaftliche Gesellschaft in Iena, Deutsche medicinische Wochenschrift, 1898, p. 160, 23 juin 1898.

Trente et un ans. Tombe d’un marchepied de wagon sur le sol ({ mètre de hauteur environ). Sensation de chaleur désagréable

dans la jambe droite ; plus tard, faiblesse de ce membre, paresthésies, ataxie; signe de Romberg léger. Hyperesthésie à la douleur aux deux jambes, surtout à droite.

OBSERVATION 208 Hématomyélie traumatique.

(A case of fractured spine with some unusual complications.) Lyons, The Lancet, 1898, p. 1749.

Cocher, vingt-huit ans. Chute de voiture. Faiblesse immédiate dans les membres inférieurs, suivie, au bout de douze heures, de paralysie complète de la jambe droite et de parésie intense de la gauche. Douleur vive dans le dos, vers la neuvième vertebre dorsale. Réflexe rotulien aboli, rétention d’urine et constipation, eschares. Amélioration progressive dans les semaines suivantes et guérison à peu près complète.

Diagnostic: Hématomyélie.

OBSERVATION 209 Traumatisme.

(Hæmatomyelie.)

Biékeces. Wiener medicinischer Klub, 8 novembre 1893.

Chute du haut d’une meule de foin sur le sol. Pas de lésion de la colonne, mais parésie d’abord flasque, puis spasmodique des membres inférieurs, s’accompagnant alors d’'exagération du réflexe rotulien, Anesthésie thermique et analgésie incomplètes, parésie de la musculature d’une main. Pas d’atrophie musculaire.

Diagnostic porté: Hématomyélie traumatique.

Parwix. Guy's Hospital Reports 1891 (voir observations 62 et ‘suivantes).

Cas VIL — Traumatisme de la région cervico-dorsale. Para-

lysie spastique. Survie.

Homme ; vingt-cinq ans. Tombé, portant un lourd fardeau sur le dos. Dans sa chute, flexion forcée de la tête sur le sternum. Perte de connaissance transitoire. Paraplégie avec rétention d'urine ; plus tard incontinence. Parésie des bras, surtout marquée pour l'extension. Anesthésie irrégulière el éphémère, Dans la suite, amélioration de la paralysie. Persistance d’un état spasmodique des membres inférieurs, et de la paralysie des extenseurs des bras. Atrophie musculaire; main en griffe,

surtout à droite.

Diagnostic : hématomyélie probable des sixième et septième

segments cervicaux.

Hématomyélie traumatique.

(Ein Fall von traumatischer Hæmatomyelie.)

STOMMEL. Freie Vereinigung der Chirurgen Berlins, 12 Februar 1900, Deutsche medicinal Zeitung, 22 Februar, p. 191.

Cocher assis sur le siège de sa voiture, passait sous une porte cochère très basse. Il avait la tête fortement baissée, afin de n'être point heurté. La voiture s'étant élevée brusquement pour passer le seuil, il fut violemment poussé contre la voûte, la tête en flexion forcée, — Perte de connaissance, et paralysie complète des quatre membres. Le soir même, disparition de la paralysie à gauche, persistance à droite. De ce côté, rétrécissement de la pupille et de la fente palpébrale. Aucun signe de fracture, ni de luxation, ni de lésion quelconque du squelette ou des parties molles.

Le diagnostic porté est celui d’hématomyélie du sixième segment cervical au premier dorsal.

Quelques troubles de la sensibilité persistants.

OBSERVAFIONS 399

OBSERVATION 212 Hématomyélie traumatique.

(Ett fall af traumatisk hæmatomyelie.)

PERMAN. Hygiea, 1899, p. 512.

Maître d'équitation ; cinquante et un ans. Chute de cheval en arrière, de telle manière que c’est la région cervicale inférieure et la région dorsale supérieure qui portent sur le sol. Pas de perte de connaissance, mais paralysie immédiate, complète aux membres inférieurs, incomplète au bras. Respiration difficile. .Myosis bilatéral extrême. Vive douleur à la pression des vertèbres cervicales inférieures. Anesthésie complète au tronc et aux membres inférieurs ; hyperesthésie au‘bras. Paralysie vésicale et rectale. Amélioration progressive en quelques mois, avec persistance d’un état paréto-spasmodique aux membres inférieurs.

Diagnostic: Hématomyélie, par luxation vertébrale spontanément réduite.

OBSERVATIONS 213 et 214 Traumatismes.

(Beitrag zur Lehre von den traumatischen Affectionen des Ruckenmarks.)

Oprer. Inaug. Dissert. Berlin, 1888.

Cas I. — Chute de plusieurs mètres de hant. Fracture de la sixième apophyse épineuse cervicale. Paralysie, avec atrophie du membre supérieur gauche, dans le domaine du médian et du cubital. Rétrécissement de la pupille gauche.

Cas IL. — Chute de trois mètres et demi sur la tête. Parésie et atrophie consécutives, limitées au cubital et au radial du côté gauche. Rétrécissement de la pupille gauche.

Diagnostic : Hématomyélies légères et limitées.

OBSERVATION 215 Traumatisme.

(Beitrag zur Lehre von der Hæmatomyelia traumatica.)

Bernaarpr. Neurologisches Centralblatt, 1900,p. 198 (travail original).

Homme, trente-huit ans, sans antécédents. Renversé par une voiture. Perte de connaissance pendant moins d’une heure, puis douleurs extrêmes dans les bras et les jambes, troubles urinaires et rectaux, et les jours suivants, état parétique des quatre membres. Impuissance.

Amélioration rapide dans la suite. Disparition des douleurs au bout de trois semaines, et vers la même époque, amélioration de la motilité, disparition des troubles des sphincters; retour de la fonction génésique. Il persiste plusieurs mois apres une parésie notable du grand dentelé du côté droit, un état parétique également marqué à la main droite. Exagération légère du réflexe rotulien à droite. Hyperesthésie à la face externe de la cuisse gauche.

Diagnostic : Hématomyélie au niveau des quatre derniers segments cervicaux.

OBSERVATION 216 Hématomyélie traumatique.

(Ein Fall von Hæmatomyelitis und Sepsis.)

NoïHNAGEL. Allgemeine Wiener med. Zeitung, 1894, p. 320.

Homme, vingt-huit ans. Traumatisme de la colonne. Renversé par une machine dans une scierie. Rétention, puis incontinence d'urine et des matières. Paraparésie légère des membres inférieurs, Surtout des extrémités périphériques. Impuissance, Légère atrophie de la jambe gauche.

Infection urinaire.

Diagnostic : Hématomyélie lombo-sacrée.

OBSERVATIONS 217 et 218

Hématomyélies traumatiques.

HEnLe. Mitteilg. aus den Grenzgebieten der Med. und Chirurg. 1896 (Voir observation 73, p. 313).

Cas IL. — Homme de trente-huit ans. Travaillait à des terrassements, penché vers le sol, quand de lourdes pierres tom bèrent sur son dos d’une hauteur de cinq pieds. Perte de connaissance et paraplégie, avec paralysie des bras. Conservation presque absolue de la sensibilité. Pas de troubles sphinctériens. Cinq semaines après, les mouvements avaient reparu dans les bras, et au bout de dix-sept semaines, le malade pouvait se lever et marcher avec quelque peine. Persistance de la paraparésie, à forme spasmodique pendant quelques mois, ainsi que de l’analgésie à la jambe gauche, puis guérison à peu près complète.

Diagnostic de l’auteur : Hématomyélie.

Cas IT. — Homme de quarante-six ans, sans antécédents. Chute de trois metres de hauteur. Pas de perte de connaissance, mais il ne put se relever sans aide. Pourtant, avec l’aide de deux personnes, il put, à grand’peine il est vrai, rentrer chez lui à pied, faisant un trajet de une heure et demie pour un homme normal. Douleurs violentes dans les reins et la cuisse gauche. Huit jours après, étant resté couché depuis l’accident, il remarqua de la parésie des jambes, qui persista. Paresthésie thermique et analgésie à droite, à la jambe et dans la région lombaire. Prédominance des troubles moteurs à gauche.

Diagnostic : Syndrôme de Brown-Séquard incomplet, par hématomyélie avec foyer dans la moitié gauche de la moelle lombaire.

Si (æ)

OBSERVATION 219 (Anomalous symptoms following traumatic hemorrhage into the spinal cord.)

W. Leszynski. Journal of Nervous and Mental Diseases, 1899, p. 231.

Homme de trente-cinq ans. Chute d’un deuxième étage. Paraplégie immédiate complète avec paralysie vésicale. Puis, amélioration, avec persistance d'une paraparésie spasmodique avec dissociation syringomyélique de la sensibilité aux jambes et aux pieds.

Diagnostic : Hématomyélie traumatique.

Maladies organiques du système nerveux d’origine traumatlique.

SÆNGER. Monatsschrift f. Unfallheilk., 1897, n° 10.

Dans ce travail, qui signale un grand nombre de cas très différents de maladies organiques du système nerveux d'origine traumatique, on trouve deux cas de syringomyélie et une hématomyélie du segment inférieur de la moelle chez une femme alcoolique.

OBSERVATION 221 Hématomyélie secondaire.

(A case of syringomyelia.)

J. CarLaw. British Medical Journal, 1898, 31 décembre.

Début à quatorze ans par atrophie progressive des muscles de la main droite, puis de la main gauche.

Quatre ans plus tard, paraplégie subite, avec amélioration ultérieure. Persistance d’atrophies localisées et de dissociation Syringomyélique de la sensibité étendue à presque toute la surface du corps.

Diagnostic : Gliose ancienne, hémorragie consécutive ayant produit la paraplégie brusque.

OBSERVATION 222 Gliose ancienne. Hématomyélie traumatique.

(Ueber Stærungen der Schmerz-und Temperaturempfindung in Folge von Erkrankungen des Rückenmarks.)

Lagnr. Archiv f. Psychiatrie, 1896, Bd XX VIII, p. 773.

Ce mémoire, très documenté, contient, entres autres observations, un cas d'hématomyélie présumée, dont voici le résumé tres succinct.

Cocher, quarante-et-un ans. Dans l’enfance, maladiesdiverses. A treize ans, brülure étendue du dos, quine fut pas perçue comme douloureuse. Cavalier, réformé au bout de quelques mois pour crampe dans la hanche gauche empêchant l’équitation.

Fièvre typhoïde à vingt-sept ans, influenza à trente-neuf. Un jour, sans cause appréciable, en pleine santé, vertige subit, pendant qu’il était occupé au pansage des chevaux. Perte de connaissance et chute subite en arrière, le siège heurta le marchepied d’une voiture, et la tête contre une portière.

Depuis, douleurs violentes dans le siège et parésie spasmodique des membres inférieurs. A l'examen, on ne constate aucune lésion vertébrale quelconque. En dehors de la paraparésie, on note l’affaiblissement des muscles du ventre, du psoas iliaque, et des muscles des gouttières vertébrales.

Tremblements fibrillaires étendus, réflexe. abdominal faible. Thermo-anesthésie (surtout marquée pour le froid) et analgésie incomplète depuis le haut de la région mammaire

jusqu’en bas du tronc, avec prolongement dans la moitié inférieure des bras et de la partie antérieure des jambes. Entre la ligne bi-mamelonnaire et l’ombilic, hypoesthésie légère au tact. Motilité et sensibilité un peu plus atteintes à gauche qu’à droite.

Inégalité pupillaire. Troubles vasomoteurs au tronc et aux extrémités. Hyperhydrose à gauche. Main succulente, |

Lediagnostic porté est: Ancienne gliose centrale(thermoanesthésie à l’âge de treize ans). Hématomyélie traumatique récente. Siège probable dans les cornes postérieures depuis la moelle cervicale jusqu'a la moelle lombaire. Maximum des lésions dans la région dorsale moyenne inférieure, avec participation des cornes antérieures. Côté gauche un peu plus atteint que le droit.

OBSERVATION 223 Hématomyélie secondaire.

(Ein Beitrag zur Aetiologie und Symptomatologie der Syringomyelie.) Lagse. Deutsch. med. Woch., 1898, p. 279.

Observation de syringomyélie à symptômes unilatéraux (épaule et bras droits) avec atrophie musculaire et pseudohypertrophie. Les symptômes, très légers au début, se développèrent brusquement à la suite d’une chute sur la tête.

Diagnostic : Hématomyélie secondaire.

OBSERVATION 224 Hématomyélie spontanée (bain froid).

Personnelle, recueillie à la consultation de M. le professeur Raymond.)

X..., vingt-quatre ans. Profession Libérale, Aucun antécédent héréditaire ou personnel. Ni alcoolisme, ni syphilis.

Un jour, aux bains de mer, en entrant dans l’eau, il s’effondra brusquement et disparut. Les personnes présentes crurent qu’il venait de perdre pied — et se portèrent à son secours — mais

l'eau ne venait qu’à la poitrine d’un homme de taille moyenne, et le malade, de taille élevée, était du reste très bon nageur. On le retira immédiatement de l’eau et on l'emporta. Il était complètement paraplégique. Légère douleur dans la région lombaire, revêtant le caractère d’une brûlure. Cette douleur semble avoir précédé de quelques instants l’ictus. Rétention d'urine, transformée en incontinence, qui a persisté depuis.

Pendant deux jours, incontinence des matières, depuis, constipation. Il resta quatre mois au lit; la motilité ne revint dans les {membres inférieurs qu'un mois environ après le début, Elle fut d’abord presque insignifiante, et a suivi depuis une amélioration lente et progressive.

Pas de douleurs spontanées, Au début, anesthésie complète des deux membres inférieurs et de la moitié inférieure du tronc.

Examen (huit mois après le début). — Le malade marche lentement, à grand’peine, avec une béquille et une canne; la jambe gauche traîne, presque inerte. Au repos, la force musculaire est en partie conservée à droite, très affaiblie à gauche. Atrophie musculaire modérée à gauche.

Sensibilité tactile et à la piqüre : plus diminuée à droite qu’à gauche, où elles sont presque normales.

Réflexes rotuliens exagérés des deux côtés. Trépidation spinale facilement provoquée ; spontanée à gauche quand la jambe est dans la demi-flexion, le pied reposant sur le sol.

Réflexes de Babinski en extension des deux côtés.

Incontinence d’urine absolue. Constipation. Les autres organes sont sains. les bras ont toute leur force. Pas d’hystérie.

Diagnostic : Ébauche de syndrôme de Brown-Séquard par hématomyélie spontanée.

OBSERVATION 2925 Décompression brusque.

(Ueber Luftdrucklæhmungen.) Drascue. Wiener med. Wochensch., 1898, n° 1.

Un ouvrier de quarante-quatre ans, après avoir travaillé six heures dans un caisson à plus de deux atmosphères de pression, :

fut pris, au moment de la décompression, de paresthésie dans les mains et les avant-bras, et de douleurs aiguës dans les deux jambes. Après avoir passé douze jours à l'hôpital, il travailla de nouveau pendant six heures à une pression de deux à trois atmosphères. Au moment de la décompression, les accidents précédents reparurent, plus graves, accompagnés de douleurs d'oreille, d’oppression, de douleurs vives dans la poitrine, et d’un certain degré d’obnubilation.

Il dormit plusieurs heures, puis reprit sa connaissance entière, Mais il ne put alors marcher, ni même se lever. Anesthésie totale jusqu'aux genoux. Paralysie faciale droite pour les mouvements de la mimique spontanée; les mouvements volontaires étant conservés. Hyperesthésie de la partie inférieure du thorax. Parésie des adducteurs et des abducteurs de la cuisse, et des extenseurs de la jambe. Exagération des réflexes tendineux aux membres inférieurs. La sensibilité revint aux extrémités, mais le trajet des troncs nerveux aux bras et aux jambes devint douloureux à la pression. Pas d'amélioration ultérieure.

(Hématomyélie par décompression brusque (maladie des caissons.)

Jean Lépine. Revue de Médecine, 1899, 10 juin, p. 480.

B..., trente-six ans, terrassier, aucun antécédent héréditaire ou personnel. Depuis le printemps de 1898, il travaillait dans les caissons à air comprimé, sans en avoir jamais éprouvé d’inconvénients, lorsque, le 30 septembre dernier, le caisson où il se trouvait, avec plusieurs de ses compagnons, éclata. La rupture eut lieu dans la chambre supérieure, en communication par une cheminée étroite avec la cloche inférieure où l’on travaillait.

Au moment de l’accident, B... se trouvait au-dessous de la cheminée. L’ébranlement aérien le renversa, mais il ne se fit

aucune blessure en (ombant. Il se releva, aida les autres à redresser l'échelle de sauvetage jetée à terre, et remonta avec eux les cinq à six metres qui les séparait du sol. Plusieurs secondes s'étaient écoulées, car l'accident ayant supprimé la lumière électrique qui éclairait les travailleurs, il y eut tout d'abord un instant de confusion, facile à comprendre. — L'eau

entrait, et elle dépassait 1 m. 50 de hauteur quand les ouvriers sortirent.

Une fois dehors, B... put faire quelques pas, trois mêtres environ, dit-il, puis il s’affaissa lourdement. Ses jambes demeurèrent inertes, et on dut lPemporter. Il ressentit alors une douleur sourde dans les reins, qui lui parut être profonde, et qui s’exaspéra un peu plus tard, pour s’atténuer de nouve au une heure environ apres l’accident. En même temps son urine s’écoulait sans qu'il s’en rendit compte. Les jambes étaient complètement inertes et insensibles.

Le lendemain, on transporta le malade à l’Hôtel-Dieu, où il fut admis dans un service de chirurgie. Il y resta quatre jours, puis on le ramena chez lui. Plus d’une semaine se passa encore, sans modifications dans son état; puis quinze jours environ après le début, il put faire quelques mouvements des membres inférieurs. La sensibilité réapparut en même temps, et s’améliora progressivement. L’incontinence d'urine persistait, ainsi qu’une constipation opiniâtre.

A la fin du deuxième mois, il put se lever et marcher un peu. Mais à la paralysie flasquedu début avait fait suite la contracture, et aux douleurs sourdes, de véritables douleurs en ceinture, fréquentes et tenaces, et d’autres irradiées dans les membres inférieurs, à type fulgurant parfois, mais revêtant le plus souvent la forme de brûlures persistant plusieurs minutes. Les troubles sphinetériens cessèrent à cette époque. Depuis, l’état du malade n’a fait que des progrès insignifiants.

Le 4 avril 1899, il se présenta à l’hospice de l’Antiquaille, et les commémoratifs qu'il rapportait le firent admettre dans le service de chirurgie de notre maître, M. le professeur Augagneur, dont nous avions en ce moment l’honneur d’être l’interne.

C’est son état à cette date, six mois et demi après l’accident, que nous rapportons.

On est tout d'abord frappé de la démarche, qui est hésitante et incertaine, Le malade traîne les pieds, et, de temps à autre, l’une de ses jambes, parfois les deux, sont agitées d’un tremblement épileptoïde assez intense qui le force à s’arrêter.

La force musculaire est notablement diminuée, à peu près également pour lesdivers segments, et de chaque côté. L’atrophie existe, plus prononcée peut-être aux jambes qu'aux cuisses. A 15 centimètres au-dessus de la rotule, dans la position couchée, la circonférence de la cuisse est de 38 centimetres à droite et de 36 à gauche. Enfin, la contracture est assez marquée.

La sensibilité est inégalement atteinte dans ses divers modes:

Au contact, elle est nettement diminuée pour les deux membres inférieurs au-dessous d’une ligne à peu près horizontale, passant à 20 centimètres à peu près au-dessous de l’épine iliaque antéro-supérieure. Au-dessus, elle est légèrement diminuée, mais seulement par places, qui servent de transition avec l'abdomen, où elle est absolument normale, des deux côtés.

Les troubles de la sensibilité à la douleur sont beaucoup plus marquées ; ils remontent aussi plus haut sur la cuisse que ceux de la sensibilité tactile. En arrière, en particulier, la piqûre n'est pas perçue, ou est perçue comme un simple contact, dans toute la partie cruro-fessière du territoire du petit sciatique, ainsi que dans les régions interfessière et coccygienne, territoires des branches postérieures des nerfs sacrés, et du plexus coccygien.

La sensibilité thermique est un peu moins atteinte, et ses troubles semblent localisés surtout dans les segments inférieurs, jambe et pied.

Enfin les réflexes tendineux sont très exagérés. On provoque avec la plus grande facilité le clonus du genou et du pied, parfois par un simple frôlement,.

Les réflexes cutanés sont très affaiblis, le plantaire rare et lent, le crémastérien nul.

Il n’y à nulle part de zone d’hyperesthésie.

Les troubles trophiques, en dehors de latrophie musculaire déjà signalée, sont représentées par une cicatrice profonde à la fesse droite, large comme une pièce de 5 francs au moins, et par deux autres, plus petites, à la fesse gauche dans la région hypoesthésique. Elles correspondent à des eschares, apparues quelques jours après l'accident, et dont le malade, en raison sans doute de l’anesthésie complète qu’il avait alors, n’a gardé qu’un tres vague souvenir. L’urine est claire et normale ; il ne reste plus trace de l’incontinence primitive.

Les autres organes sont sains, l’état général est bon, les bras ont conservé une force remarquable; on ne trouve aucun stigmate d'hystérie.

Les circonstances du début, l’évolution des accidents, les symptômes actuellement constatés, {out conduit à penser que nous sommes en présence d’une hématomyélie pardécompression brusque.

Dans le cas de notre malade, la pression au moment de accident devait, d’après les renseignements recueillis, se trouver entre deux atmospheres et deux atmosphèeres et demie. La décompression à été brusque, en quelques secondes, la communication avec l'air extérieur ayant été largement ouverte par l'explosion. De plus, on se souvient qu'il était Juste audessous de la cheminée, et qu’il subit ainsi la décompression brusque d’une manière plus directe que ses compagnons, restés indemnes.

Enfin, les quelques instants qui furent nécessaires aux ouvriers pour relever l'échelle et remonter correspondent au temps que l’hémorragie mit à se faire, avant l’apparition des premiers symptômes. Le malade étant sorti l’avant-dernier, sur sept, il est probable que plus d’une minute s’était écoulée depuis l'explosion, lorsqu'il tomba. Quant à la lésion, elle fut vraisemblablement de peu d’étendue, il n’y eut pas de perte de connaissance, et surtout les symptômes très marqués du début rétrocédèrent assez rapidement.

Au sujet de sa localisation, le degré notable de dissociation syringomyélique de la sensibilité que le malade présente, et sa

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