LES LÉSIONS
répandue à peu près également dans les deux moitiés de la substance grise, et c’est alors la reproduction plus ou moins fidèles de la lettre H majuscule, dont les jambages supérieurs au trait horizontal sont plus ou moins effacés, par l'intégrité relative des cornes antérieures. Quelquefois, c'est l’exagération de la variété précédente, l'aspect est celui d'un H majuscule grec.
Au sujet de la localisation en hauteur, les plus grandes différences peuvent s’observer.
D'une manière absolue, d’abord, les diverses régions de la moelle ne sont pas atteintes également. Cela tient en partie aux circonstances étiologiques, comme nous le * verrons plus loin. Le plus grand nombre d’hématomyélies constatées à l’autopsie ont porté sur le renflement cervical. Cela veut-il dire que l’hématomyélie y est en réalité plus fréquente, ou bien simplement, ce qui est possible, que la gravité des accidents hémorragiques de la moelle augmente à mesure qu’on se rapproche des régions supérieures, où se trouvent des centres, comme le centre respiratoire, dont la lésion est incompatible avec la vie?
Il semble — c’est du moins l'opinion de MM. Goldscheider et Flatau, que ce soit dans la moelle dorsale que l’hémorragie ait le plus de tendance à s’étendre, soit en hauteur, soit en surface. Cela s’expliquerait, d’après eux, par la quantité moindre, dans cette région, des fibres radiculaires.
En général, pour une hématomyélie d'importance moyenne, avec un foyer comme ceux dont nous venons de donner la topographie possible, la propagation en hauteur n’excède pas un ou deux segments médullaires,
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mais encore une fois, suivant la cause et la localisation, toutes les variétés sont possibles.
L'hématomyélie de la région centrale, la plus favorable au développement de l’hémorragie en surface, l’est également pour le développement en hauteur. C’est avec des hémorragies centrales que l’on a observé, comme déjà Gaultier de Claubry, puis Cruveilhier, ces longues propagations de l’épanchement, auxquelles Levier a donné le nom d’hématomyélies {ubaires ou tubulaires. Ce mot est resté, et il a fait fortune, car il caractérisait d’une manière frappante un certain nombre de cas.
Celui du professeur v. Leyden, que nous avons déjà cité (hématomyélie chez une femme trois jours avant l'accouchement), s’était localisé dans la substance centrale et la pointe antérieure des cordons postérieurs, et on l'y retrouvait d’un bout à l'autre de la moelle. Le canal central était refoulé en avant, mais non rompu, ce qui a fait admettre par le professeur v. Leyden, ainsi que par MM. Goldscheider et Flatau, qu'il ne servait pas à la production de ces hématomyélies tubulaires.
Il semble qu'il y ait en réalité deux sortes d’hématomyélies tubulaires, celle qui se passe du canal central, comme chez la malade de M. v. Leyden — et celle qui rompt la paroi épendymaire, trouve le canal perméable, et chemine le long de sa cavité. C’est ce qu’avaient vu déjà en 1888 MM. Quénu êt Wickham, c’est ce que rencontra, plusieurs fois depuis, M. Minor.
Une dernière particularité, au sujet de la localisation, a été mise en lumière surtout à l’occasion de cas d’hématomyélie traumatique, et récemment le professeur Brissaud en signalait l'importance au cours d’une discussion
à la Société de Neurologie de Paris. Cette particularité est celle-ci :
Leslésions vasculaires peuvent avoir des retentissements très éloignés sur toute la hauteur de la moelle. On peut voir, en particulier, des traumatismes de la région inférieure de la colonne s'accompagner d’hématomyélie dans la région dorsale.
De même, rien n’est plus fréquent, avec des hématomyélies soit traumatiques, soit spontanées, que d'observer à plusieurs segments médullaires de distance, des foyers qu'aucune lésion apparente ne réunit.
Au point de vue de l’histologie des foyers, il y a peu de chose à signaler maintenant, car les modifications importantes des éléments nerveux appartiennent à l’évolution ultérieure des lésions, qui sera traitée plus loin. | Lorsque le fover est compact, qu’il existe un caillot, on n’y retrouve aucun élément organisé ; les cellules ganglionnaires, en particulier, disparaissent très rapidement. Les tubes nerveux sont plus résistants. Il est fréquent dans les autopsies de cas rapidement mortels, ou dans les hématomyélies expérimentales, de trouver un caillot très dense au niveau de la commissure grise postérieure complètement détruite, et, à côté, les fibres à myéline des cordons postérieurs écartées seulement, ou dissociées par l’infiltration, mais non rompues.
Sur les limites du foyer, et dans les tissus où il n’existe qu'une simple infiltration hémorragique, la structure normale dela moelle peut être entièrement conservée, et on voit seulement, dans ce cas, des globules sanguins extravasés qui se sont placés au milieu des divers