‹ Étude sur les hématomyéliesChapitre 64 sur 150 · LES. OPPOSITIONS · texte numérisé non relu

LES. OPPOSITIONS

que des arguments sérieux, un certain nombre de faits

lui donnent raison.

Voyons maintenant les arguments qui lui ont été opposés :

Ils peuvent être divisés en deux groupes :

a) Les syringomyélies traumatiques ne proviennent pas toujours d’'hématomyélies. Le professeur Strümpell, MM. Lax et Müller, M. Lloyd ont, comme on l’a vu précédemment, décrit des Cas d’affections traumatiques de la moelle, suivies de symptômes syringomyéliques, sans trace d’hémorragie constatée à l’autopsie. C’est le traumatisme seul qui intervient, qui donne en quelque sorte un coup de fouet à la névroglie qui sommeille. Ces syringomyélies sont traumatiques, mais non hématomyéliques.

b) Le second groupe d'arguments à un point de départ inverse: L’hématomyélie « produit dans les cas de Minor, Pitres.et Sabrasès une réaction névroglique, mais non une gliose vraie. Ce sont de fausses syringomyélies. Et, ce qui donne quelque vraisemblance à cette idée, c'est que certains des cas de Minor ne sont nullement progressifs, comme l’est une gliose vraie, qui se développe comme une tumeur. Ils arrivent en peu de mois à un état clinique où, s’il n’y a pas d'infections ou de complications suraJoutées, ils peuvent demeurer indéfiniment.

Voilà où en est la question. Il est certain que beaucoup de cas d’hématomyélies centrales ont une évolution régressive, et que les symptômes tardifs qu’ils présentent

RÉACTION NÉVROGLIQUE OU SYRINGOMYÉLIE VRAIE ? 117 doivent être mis sur le compte d’une myélite chronique, curable dans la mesure où des dégénérations définitives ne se sont pas produites. \

Les cas à marche progressive et à symptômes syringomyéliques sont en somme rares.

Quant à la lésion anatomique exacte qui intervient en pareil cas, le nombre des examens est encore trop faible pour qu'on puisse formuler des règles générales; nous ne pouvons que nous en tenir aux différents faits publiés.

Récemment, MM. Philippe et Oberthür ont conclu, de l'étude d’une série de moelles syringomyéliques, faite dans le laboratoire du professeur Raymond, que les caractères de la vraie syringomyélie étaient trop tranchés pour qu'il faille la confondre avec les pseudo-svringomyélies dues par exemple à l’hématomyélie. :

L'avenir nous dira s’il y a entre ces différents phénomènes de simples analogies cliniques et anatomiques, ou de vraies différences de nature.

Pour l'instant, les analogies cliniques sont certaines, et quant à la nature histologique de ces réactions névrooliques secondaires, peut-être serons-nous bientôt fixés, lorsqu'on aura mieux précisé la part du Canal central dans leur développement. Dans certains cas, celui de MM. Pitres et Sabrazès entre autres, le canal était épargné, la réaction névroglique s’est faite en dehors de lui. Mais pour d’autres, quelques-uns de M. Minor en particulier, le canal était ouvert, et son épithélium, qui avait proliféré d’une manière irrégulière, avait mis en jeu la multiplication secondaire de la névroglie sous-

jacente. | Or l’on sait — M. le professeur Brissaud en 1894,

118 LA GLIOSE COMMENÇANTE

M. le professeur Joffroy et M. Achard en 1895 l'ont montré — qu'il existe, entre des modifications épendymaires presque insignifiantes et la gliose complètement constituée, toute une série d’intermédiaires.

Il faudrait que l’on pût, pour les syringomÿélies posthématomyéliques, construire une série parallèle. Malheureusement les cas sont rares, et l’on observe surtout dans l’hématomyélie des morts rapides ou des survies indéfinies.

Or, un examen de M. Mouratoff et d’autres encore le prouvent, il est rare de constater une réaction névroglique nette, moins de plusieurs mois après le traumatisme. Le cas de MM. Pitres et Sabrazès avait duré deux ans.

Dans nos expériences nous n’avons rien trouvé qui püt faire penser à une réaction névroglique ; ce qui se comprend, les survies n'ayant été que de quelques jours.

BIBLIOGR APHIE

Commotion médullaire (travaux récents).

Zwicke. — Charité- Annalen, 1882.

Duméniz et Pérez. — Archives de Neurologie, t. IX, 1885 pl.

Turrier et Hacrion. — Nouvelle Iconographie de la Salpétrière, 1888.

Wener. — /naug. Dissert, München, 1889.

SCHMAUS. — Virchow’s Archiv, Bd. CXXIT.

+ CLuron. — The Lancet, 189, If, p. 928.

SCAMAUS. — Archiv f. klinische Chirurgie, 1891, Bd. XLII. Mac DouGar. — The Lancet, 1892, I, p. 863.

GUSSENBAUER. — Prager med. Wochenschrift, 1893, p. 485. WaGner. — Beitræge zur klin. Chirurgie, XVI, 1896. WesrPHal. — Archiv für Psychiatrie, XXVIII, 1896, p. 554. STRUPLER, — Zur Kenntniss der reinen Rückenmarkserschütterung, München, 1896.

Suira. — The Lancet, 1896, II, 21 novembre.

F. WizLarD and Sricer. — New-York Med. Journal, 1897. Dr LuzENBERGER. — Annali di neurologia, 1897, f. 5. KIRCHGAESSER. — Deutsche Zeitschrift [. Nervenheilkunde, XI, 1897.

— Münchener med. Wochenschrift, 1898, n° 6.

. Hématomyélie et syringomyélie secondaire.

Minor. — Congrès internat. de Berlin, 1890.

— Société des neurologistes et des aliénistes de Moscou, 1892, et 17 décembre 1893.

— Archio fur Psychiatrie XXIV, 1893, p. 693.

Brissaun. —- Revue Neurologique, 1894, p. 545. Leçons, t. I, p. 168, 206, 1895.

Jorrroy et AcHarp. — Archives de médecine expérimentale, 1895, p. 548.

Scaurrze. — Versammlung deutscher Aerzte und Natur/forscher in Lübeck. Neurol. Centralblatt, 1895, p. 927. Raymonp. — Lecon faite à la Salpétrière le 15 novembre 1895, publiée en 1896, Progrès médical et 1897, Cliniques, tome II, p. 457.

Scnucrze. — Deutsche Zeitschrift f. Nervenheilkunde VII. Minor. — Société des Neurol. et des aliénistes de Moscou, 1895. Rencica. — Club des médecins de Vienne, 1895. Bawur. — /naug. Diss. Kænigsberg, 1896.

Minor. — Archiv für Psychiatrie, XXVIIL, 1896, p. 256.

Saxer. -— Habilitationsschrift, Iena 1896.

Pretrrer. — Centralblatt [. allg. Path u. path. Anatomie VII, 1896, p. 737 (travail original).

Srerrex. —- Jahrb. f. Kinderheilkunde, 1896, XLII, p. 288.

Preirrer. — Verein für innere Medicin, Berlin, 1896, 4 mai, Spicer. — The Journal of Nervous and Mental Diseases, 1896. SCHLESINGER. — Obersteiner’s Instilut A rbeiten, 1896.

WicamanN. — Monatsch. f..Unfallheilkunde, 1897. Minor. — Congrès de Moscou, 1897, 1V, p. 292.

Pirres et SaprazÈs. — Jbid.et Archives de méd. expériment.,

RAYMOND. — Semaine médicale, 1897, p. 125.

ScauLrze. — Berliner klin. Wochenschrift, 1897, n° 39.

HinspaLe. — College of Physicians, Philadelphie, 1897.

Lax und Muzcer. — Deutsche Zeitschriftf. Nervenheilkunde, XIII, 1898, p. 333.

PrarCE BAILEY and Bocrow. — Journal of Nervous and Mental Diseases, 1898, p. 821.

J. Henprie Lioyn. — Brain, 1898, p. 21.

Wacxer et Srozper., — Deutsche Chirurgie, XL, 1898.

Page 1