CONCLUSIONS DE. MINOR
défini de la corne postérieure, notamment l'angle formé par la commissure postérieure et la limite interne de la colonne de Clarke, |
L’irruption du sang dans les cordons latéraux doit être consi dérée comme un phénomène exceptionnel, et dans ce cas l'hémorragie se cantonne le plus souvent dans la région du processus réticulaire de la corne antérieure, En tout cas l’auteur n’a jamais vu l’extension de l’hématomyélie dans les cordons pyramidaux.
V. — La forme histologique de ces foyers localisés se résume avant tout et le plus souvent en une accumulation de sang pur sous forme d’hématomyélie centrale ; d’autres fois on peut constater l’hématomyélie macroscopiquement et trouver à lexamen microscopique la formation de fissures et de cavités dans les mêmes régions. On peut également trouver une simple « désintégration centrale » avec, ou sans mélange de sang.
Enfin, dans quelques cas, l’hématomyélie préexistante avec destruction de parties centrales peut être le point de départ de formation de grandes cavités. Dans les cas anciens ces cavités peuvent s’entourer d’un anneau detissu névroglique hyperplasié.
VI. — Dans ces cas, le canal central se montre généralement non pas oblitéré, mais ouvert; sa lumière est souvent beaucoup plus grande qu’à l’état normal (tendance à l’hydromyélie); sa configuration est très variable ; l’épithélium qui tapisse le canal et les cellules périépendymaires ont une grande tendance à la prolifération (gliose débutante).
Par endroits on voit la lumière du canal se diviser en deux ou trois parties.
VII — Quant aux phénomènes cliniques, en dehors de la perte du réflexe rotulien, déjà connue dans les localisations les plus diverses du traumatisme de la moelle épinière, il faut accorder une attention spéciale à l’existence d’une zone parfois considérable, de dissociation syringomyélique de Ja sensibilité,
J. Lépine, 8.
114 GLIOSE SECONDAIRE A L'HÉMATOMYÉLIE
trouvée souvent par l’auteur dans les segments situés immédiatement au-dessus de la région complètement anesthésiée. Cette zone d’analgésie etde thermo-anesthésie peut être expliquée par l'existence d’un foyer central ascendant (le plus souvent hématomyélie centrale) ou, autrement, elle en fait présumer lexistence. Si cette constatation se trouve justifiée dans d’autres observations d’affections traumatiques de la moelle, à l’exclusion des cas de myélite transverse, ce phénomène peut acquérir une grande valeur au point de vue médico-légal, comme signe différentiel.
VII. — Il y a lieu d'admettre que, dans le cas de dissociation syringomyélique exclusive, il n'existe qu'une seule lésion centrale localisée. Ces cas arrivent rarement à l’autopsie, car, à l'instar de la poliomyélite aiguë, ils ne sont pas absolument mortels.
X. — La tendance toute particuliere de l’hématomyélie centrale à ne pas quitter les limites extérieures de la substance grise, à ne pas pénétrer dans la substance blanche, surtout dans les voies pvramidales, engage à un certain scepticisme envers la théorie qui veut expliquer ie {ype Brown-Séquard dans beaucoup de cas d'hématomyélie centrale par une irruption du sang dans les cordons latéraux.
X. — Toutes les observations cliniques et anatomiques nouvellement réunies par l’auteur parlent en faveur de la présomption qu’il existe une catégorie de syringomyélies vraies progressives, hématomyélogènes.
Ces conclusions, qui servent également à l’histoire de l’'hématomyélie traumatique en général, reçurent, à ce même Congrès de Moscou, une confirmation importante d'un travail de M. le professeur Pitres et de M. Sabrazes, qui parut dans les Archives de médecine expérimentale quelques mois plus tard, et dont on trouvera plus loin, en
PITRES ET SABRAZÈS 115
même temps que quelques-unes des figures originales, d'assez longs extraits.
Le cas de MM. Pitres et Sabrazès concernait un homme, atteint par un traumatisme grave, et chez lequel avait évolué un complexus syringomyélique à peu près complet. A l’autopsie, on avait trouvé une hématomyélie centrale de la partie effilée du renflement lombaire. Le foyer de sang épanché en pleine substance grise avait été le point de départ d’une cavité volumineuse, sur les paroïs de laquelle s'étaient déposés des amas d’hématoïdine amorphe et cristallisée.
La névroglie ambiante avait progressivement formé une capsule, qui, de proche en proche, avait successivement empiété sur la substance grise et sur les divers cordons. Autour de ce kyste d’origine hématique évoluait sourdement un processus progressif de gliose tendant à gagner excentriquement la périphérie de la moelle.
D'autres observations sont venues, depuis, montrer que l’on pouvait observer, à la suite d’une hématomyélie, un processus de gliose, en dehors même du traumatisme. Le cas de M. Steffen, d’hématomyélie dans le purpura, dont nous avons déjà parlé, et dont la survie fut de plusieurs mois, avait présenté à l’autopsie, tout autour du foyer primitif, une réaction névroglique abondante.
Il en fut de même dans un cas de M. Spiller, dans un autre de M. Pearce Bailey, du professeur Jolly, de Berlin, traumatiques, ceux-là.
Cliniquement, divers exemples en ont également été apportés.
Il y a donc, en faveur de la théorie de M. Minor, plus