‹ Étude sur les hématomyéliesChapitre 72 sur 150 · ÉVOLUTIONS DÉFAVORABLES · texte numérisé non relu

ÉVOLUTIONS DÉFAVORABLES

L'état ultérieur des sphincters varie naturellement suivant la lésion, de même que celui des fonctions à localisation précise, le sens génital par exemple. Il est rare pourtant que leur intégrité primitive reparaisse, et l’incontinence légère et variable est à peu près la règle. Elle est même l’un des plus grands dangers qui menacent le malade sorti sauf des premiers accidents, par la cystite et l'infection ascendante qui l’accompagne. Aussi les cas les plus favorables donnent-ils encore, par complications urinaires surtout, un contingent appréciable de morts dans les années suivantes.

Nous venons de parcourir rapidement l’évolution favorable d’une hématomyélie grave. Mais à côté d’elle, et en dehors aussi des cas où la mort est survenue dès le début, il y a des évolutions défavorables.

Celle d’abord où les troubles trophiques sont graves et persistants, où, à la place d’une phlyctène limitée et d’une eschare peu profonde et transitoire, s’installe, dans la seconde ou la troisième semaine, le decubitus acutus.

Celle où la mort survient par une sorte de marche ascendante de l’affection, complication myélitique, qui emporte le malade en peu de semaines.

Celle enfin à laquelle nous avons fait des allusions fréquentes en parlant de la gliose consécutive à l’hématomyélie. En pareil cas, après un temps très long, de plusieurs mois en général, pendant lequel on n'a constaté que la parésie spamodique que nous signalions tout à l'heure, des troubles trophiques, panaris, troubles vaso-moteurs des extrémités, atrophies musculaires, attirent l'attention du malade. Il réclame alors un

LES MYÉLITES APOPLECTIFORMES 129

nouvel examen médical, et l’on constate en outre la dissociation de la sensibilité, et parfois une scoliose commençante. Puis la maladie nouvelle évolue, syringomyélie à laquelle la paralysie spasmodique primitive donne un cachet un peu particulier. Et c'est encore une cause de mort à longue échéance.

Il est enfin, et il faut bien dire qu’ils sont nombreux, des cas qui guérissent complètement, ou à peu près ; ils correspondent aux lésions légères que l’on aurait eu de là peine à diagnostiquer, si le caractère apoplectiforme des accidents primitifs n'avait pas assuré d'emblée la conviction du médecin.

Est-ce bien conviction qu’il faut dire, et ce caractère apoplectiformé a-t-il bien la valeur qu’on est involontairement tenté de lui donner ?

On a pu le croire quelque temps, car les observations de myélite apoplectiforme étaient plus rares et plus incertaines encore que celles d’hématomyélie spontanée. On remarquera que la grande majorité des cas de M. Hayem, ceux surtout qui semblent devoir être rapportés à des myélites, ont eu un début lent et progressif, très différent de la soudaineté de l’hématomyélie classique.

On sait aujourd’hui que la myélite non hémorragique peut se présenter sous le même aspect. Déja des cas de Stull, de Williamson, avaient attiré l’attention. Puis en 1897, le professeur Jaccoud publiait dans la Semaine médicale, p. 271, une observation de myélite où l’autopsie avait permis d’incriminer des streptocoques et des staphylocoques, sans que la plus petite extravasation püt expliquer le début absolument subit des accidents. Ou

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