II. — Syndrome de Brotwn-Séquard
Nous avons rapproché, dans les résumés d'observations sans autopsie que nous rapportons plus loin, quelques cas de syndromes de Brown-Séquard, survenus à la suite d’hématomyélies présumées. On en trouverait également un assez grand nombre parmi les observations avec autopsié, d'hématomyélies traumatiques surtout.
Presque toujours, ce syndrome de Brown-Séquard n’est qu'ébauché, il y a simplement prédominance des phénomènes moteurs d’un côté, sensitifs de l’autre. Mais les zones d’hyperesthésie manquent fréquemment.
Quand le syndrome est complet, il s’agit presque toujours d’une lésion où les désordres anatomiques sont complexes, et où l’hémorragie n'intervient pas seule. Les plaies de la moelle par armes à feu, même lorsqu'elles ne font qu entamer la substance grise, dans laquelle le sang s'épanche en quelque sorte secondairement, réalisent assez bien ce syndrome.
Ce n'est pas ici le lieu de rechercher la pathogénie du syndrome de Brown-Séquard, on pourra se reporter à ce sujet aux travaux classiques, entre autres aux Lecons des professeurs Brissaud et Raymond.
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UT. — Æématomyélies cervicales.
Ce sont, au point de vue clinique, les plus importantes peut-être par leur nombre et leur gravité. Nous avons déjà suffisamment insisté sur leurs différents modes de production.
Les hématomyélies du fœtus dans la dystocie nous offrent des exemples d’hématomyélies cervicales, auxquelles souvent des signes bulbaires se joignent.
Ces symptômes faisaient défaut dans le cas, déjà cité, de M. Raymond, observé six ans après la naissance.
Le syndrome était alors caractérisé par une monoplégie double des membres supérieurs, avec arrêt de développement et atrophie diffuse des membres paralysés, inégalement répartie entre les différents groupes de muscles. Il y avait en même temps de la pseudo-hypertrophie et des troubles vaso-moteurs. La sensibilité était intacte. Enfin, du côté des membres inférieurs, on constatait un certain degré de rigidité spasmodique, qui manquait aux membres supérieurs.
Souvent, on peut observer des lésions assez limitées du renflement cervical, possibles à diagnostiquer pendant la vie par la localisation des symptômes.
C’est, par exemple, l’hématomyélie traumatique du quatrième segment cervical. Son signe capital est, comme l’on sait, la paralysie du diaphragme, qui a pu, dans quelques cas, être unilatérale. C’est aussi une anesthésie remontant jusqu’à la nuque en arrière. Mais ce type de lésion est rare, car la quatrième vertèbre cervicale, et
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l’espace compris entre la quatrième et la cinquième, lieux d'élection des hématomyélies par élongation, correspondent au cinquième segment cervical et au commencement du sixième.
Le type d'hématomyélie du cinquième segment est caractérisé par la paralysie complète du plexus brachial, celui du sixième laisse intacts les fléchisseurs, phénomène sur lequel Thorburn avait justement insisté, de sorte que les bras du malade, relevés par les deltoides sains, sont maintenus en flexion.
De même, dans le septième, le huitième segment cervical et dans le premier dorsal, dont la lésion est moins fréquente que celle des segments précédents, d’autres types cliniques peuvent exister, correspondant plus ou moins aux schémas classiques.
Mais dans la règle, ces types sont incomplets et surtout mélangés. Leur évolution est courte, et la survie exceptionnelle, à moins qu'ils n'aient succédé à des lésions très limitées. La mort survient en peu d’heures ou peu de jours, en général à la suite de la participation du diaphragme aux phénomènes paralytiques. L'état général est rapidement alarmant ; on a noté parfois une telle augmentation de la thermogénèse que la température peut monter assez haut, malgré l’exagération de la radiation calorique.
D’autres phénomènes d’excitation se voient également du côté des centres médullaires inférieurs. La constipation et la rétention d'urine sont de règle, le priapisme est fréquent.
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