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mes décrites par lui le nom d'Hémokonies (petites -poussières de sang).
STOKES et WEGGEFARTH. — Stokes et Weggefarth ont aussi étudié la question des hémokonies au laboratoire de bactériologie de la section sanitaire de Baltimore et ont fait paraître, dans le Bulletin de l'hôpital John Hopkins de décembre 1897, un article intitulé : « De la présence dans le sang de granulations libres de provenance leucocytaire et de leur relation possible avec Jimmunité. »
Nous allons analyser ce travail qui est intéressant en ce qu'il contient un exposé sur la nature et le rôle physiologique des granulations du sang.
Granulations libres dans le sang :
Après avoir analysé longuement les travaux de Müller, les auteurs relatent leurs recherches personnelles sur le sang de l’homme et de petits animaux et en tirent des conclusions différant en partie de celles de l’auteur viennois.
Les expériences furent faites d'abord à la lumière du jour, puis à celle de la lampe à gaz de Welsbach ; elles portèrent sur boo sujets, dont 100 normaux et hoo malades ; la prise de sang fut effectuée au lobule de l'oreille, avec toutes les précautions nécessaires.
Stokes et Weggefarth insistent particulièrement sur la variation de taille des granulations, qui leur parurent nombreuses dans les préparations fraîches, augmentées chez les malades ayant ingéré des toniques ou
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des boissons alcooliques ; aucune expérience ne fût faite au sujet de leur variation de nombre dans les différentes maladies. | Ils abordent ensuite la question de l'origine de ces particules. | Ils remarquent d'abord qu'à la lumière artificielle, elles resserablent aux granulations des éosinopailes et des neutrophiles, qui restent immobiles à la température de la pièce ; mais si on paraffine la préparation et si on l’expose une heure et plus à 35°, l'aspect de-
vient différent : les leucocytes ont des mouvements .
amiboïdes et les granulations neutrophiles montrent une activité comparable à celle d’un éssaim d’abeilles autour de la ruche : le nombre des granulations libres dans le plasma augmente de façon appréciable. Les granulations éosinophiles sont aussi en mouvement, moins activement cependant. Ces deux variétés suivent la direction des pseudopodes, le protoplasme étant lancé d’abord en avant, les granulations suivant lenterent.
Cette danse caractéristique des granulations neutrophiles peut être bien mise en évidence en mélangeant à Ja goutte de sang un égal volume d’eau distillée additionnée de 1 % d'alcool.
Maintenant une difficulté se présente : peut-on voir les granulations abandonner le leucocyte ? On ne peut l’assurer, même après des heures d'observation : des auteurs croient cependant l'avoir remarqué à diverses reprises dans des échantillons de sang frais exposés à 35° et dans ceux du sang additionné de 1 % d'alcool.
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On sait que Müller ne croit pas à cette origine, car les granulations d'Ehrlich sont dissoutes par l'acide acétique dilué, tandis que celles qu’il décrit ne le sont pas ; d’après nos auteurs des solutions diluées d'acide acétique glacial, ajoutées à volume égal au sang frais, amènent une grande augmentation des granulations libres : mais on continue à en voir de nombreuses dans le protoplasme des deux variétés de leucocytes et on ne peut donc affirmer qu'il y a eu destruction granulaire.
Si une solution à 0,5 % de l'acide est ajoutée à une goutte de sang, les leucocytes éosinophiles et neutrophiles deviennent souvent amiboïdes et les granulations éosinophiles montrent souvent un léger mouvement de trémulation ; les granulations neutrophiles ont un mouvement plus caractérisé, filtrent et remplissent bientôt les pseudopodes. De nombreuses granulations fines sont observées dans les parties claires du plasma et autour des neutrophiles : il semblerait que parfois l’une d’entre elles quitte le leucocyte en acti- vité et devient libre dans le fluide environnant.
: Si on emploie l'acide acétique glacial à 1 %, les leucocytes cessent leurs mouvements amiboïdes et les granulations leur activité ; beaucoup d’entre elles peuvent cependant être mises en évidence dans le protoplasme leucocytaire et il y en a aussi davantage dans le plasma que dans celui du sang non additionné.
Si on emploie des solutions à 5 %, 10 % d'acide et plus, le protoplasme des leucocyles devient clair et à peu près dépourvu de granulations.