‹ Étude sur les hémokoniesChapitre 12 sur 47 · PARLE · texte numérisé non relu

PARLE

gine leucocytaire peuvent avoir un rapport avec les propriétés de défense acquises par le sang dans le cas d’immunité.

Ils relatent à ce sujet les travaux de Metchnikoff, de Büchner, de Hahn, de Bordet, de Schattenfroh, de Denys et Havet, de Bail sur la propriété bactéricide des leucocytes, sur l’origine et le mécanisme de cette propriété, ces cellules paraissant céder une substance germicide au milieu environnant dans certaines circonstances. Bail a notamment observé que par l’injection de staphylocoques dans la cavité pleurale du lapin, les leucocytes abandonnaient leurs granulations, qui se

répandaient dans le milieu ambiant.

Stokes et Weggefarth exposent qu'il résulte de leurs expériences personnelles que la filtration du sérum de lapin sur porcelaine amène une disparition de la propriété bactéricide et qu’on peut la régénérer partiellement en ajoutant à ce sérum filtré un sédiment contenant des leucocytes, des granulations libres et des glabules rouges : puisque, d'après Büchner, les globules rouges ne sont pas germicides, il s'ensuit que cette régénération bactéricide est due à l'addition de leucocytes et de granulations libres et que ces éléments peuvent fournir une substance germicide.

Théorie de l'immunité basée sur ces expériences.

Les leucocytes ne contiennent donc pas seulement une substance bactéricide, ils peuvent aussi, dans certaines circonstances, céder une partie de leur proto-

plasme au milieu environnant ; reste à chercher la preuve expérimentale de l'identité de la substance germicide et de la substance abandonnée par les leucocytes, preuve qui est difficile à obtenir, car la filtration, même à travers double filtre, laisse passer leucocytes et granulations.

Les auteurs ont ajouté le bacille typhique à.,des sangs normaux variés et à des sérums, sans pouvoir montirer aucune, prédilection distincte des bacilles pour les granulations libres ; en mélangeant du bacille typhique virulent à du sang de cobaye immunisé contre la

lièvre typhoïde, les résultats ne furent guère plus con-!

Cluants : les bacilles devinrent de suite immobiles et s’'agglutinèrent, puis au bout de 15 minutes à 35° on observa de fines granulations dansant autour des mailles de l’amas ; ceci resta visible plusieurs heures, mais les granulations ne furent jamais très nombreuses : souvent plusieurs se trouvaient autour d’un seul bacille. |

Hankin pense que les granulations des éosinophiles se répandent graduellement dans le sérum, fournissant ainsi l’alexine.

Le travail de Kanthack et Hardy est à citer aussi : ils injectèrent des bacilles d'anthrax dans les sacs lymphatiques de la grenouille, retirèrent la mixture de lymphe et de bacilles à différents intervalles et obser« vèrent l'échantillon à l'immersion pendant plusieurs heures. Ils trouvèrent que la destruction des bactéries pouvait êlre divisée en deux stades : dans un premier Stade, les leucocytes oxyphiles ou éosinophiles s’appro-

chaient des chaînes de bacilles de l' anthrax, puis s’appliquaient sur elles et déchargeaient leurs granulations par un mouvement vif quand les bacilles montraient des signes de dégénération. Dans le stade suivant des

cellules hyalines à noyau rond ou réniforme, mais dé-

pourvues de granulations, s'approchaient des amas formés d’éosinophiles et de bacilles et déplaçaient graduellement les éosinophiles, puis elles absorbaient les bacilles dans leur protoplasme et beaucoup présenlaient des vacuoles contenant des bacilles fragmentés ; les éosinophiles préparaient donc la bactérie pour l’absorption par les cellules hyalines, mais jamais on ne les a vu l’absorber eux-mêmes.

Bien que Stokes et Weggefarth, dans une série d’expériences plus limitées, faites sur 5 grenouilles, n'aient pas observé nettement l’accolement des éosinophiles aux chaînes de bacilles de l'anthrax, ils ont remarqué cependant qu'après une heure et plus l’éosinophile ne contenait souvent que peu de granulations. Un grand nombre de grosses granulations éosinophiles peuvent être mises en liberté dans le plasma, mais elles sont accompagnées de granulations plus petites ressemblant à des poussières : ces dernières proviendraient du leucocyte finement granulé et à noyau polymorphe de la grenouille, elles sont parfois en mouvement dans la cellule et une fois ils ont vu qu'un leucocyte à QTanulations actives contenait dans son protoplasme un bacille d’anthrax.

En colorant au bleu de méthylène des échantillons pris dans les sacs sous-cutanés de la grenouille où

avaient été introduits quelques bacilles d'anthrax, on pouvait observer une phagocytose typique une demiheure après l'injection : souvent de 1 à 5 bacilles pouvaient être vus dans le protoplasme de la cellule à noyau polymorphe qui ressemble aux cellules ordinaires du pus.

Sur des échantillons durcis, colorés par le triacide d'Ehrlich ou par l’éosine avec du bleu de méthylène, on pouvait voir beaucoup de grandes granulations ressemblant exactement aux grandes granulations intra-

cellulaires des leucocytes éosinophiles et elles étaient

extra-cellulaires, mais jamais de bacilles ne furent vus à l’intérieur des éosinophiles. Ces derniers semblent former la majeure partie des corpuscules blancs de la grenouille, les cellules à fines granulations sont bien plus rares.

Ceci tendrait à prouver que les granulations libres, aussi bien des éosinophiles que des leucocytes à fines granulations, peuvent affaiblir et détruire le bacille de l'anthrax par leur présence dans le plasma et que les leucocytes à fines granulations avec le noyau polymorphe ainsi que la cellule hyaline de Kanthack et Hardy complètent le processus de destruction en englobant la bactérie dans leur protoplasme.

Ces considérations amènent les auteurs à avancer la théorie suivante : LU à

Le pouvoir bactéricide des leucocytes du sang et du sérum de l'homme et de beaucoup d'animaux est dû à la présence de granulations spécifiques, surtout, éosino et neutrophiles.

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